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La Fille de Vercingétorix

Album de bande dessinée de la série Astérix

La Fille de Vercingétorix
38e album de la série Astérix
Logo de l'album.
Logo de l'album.

Scénario Jean-Yves Ferri
Dessin Didier Conrad
Couleurs Oui

Personnages principaux Astérix, Obélix, Adrénaline (fille de Vercingétorix), Adictosérix, Blinix (fils d'Ordralfabétix), Surimix (fils d'Ordralfabétix), Selfix (fils de Cétautomatix)
Lieu de l’action Village gaulois en Armorique (et au large)
Époque de l’action Antiquité

Première publication
ISBN 978-2864973423
Nb. de pages 48
Albums de la série Astérix

La Fille de Vercingétorix est le trente-huitième album de la bande dessinée Astérix, scénarisé par Jean-Yves Ferri et dessiné par Didier Conrad. Publié le , sa sortie correspond presque jour pour jour au 60e anniversaire de la création, le , des aventures d'Astérix[1].

Genèse de l'albumModifier

L'invention par le scénariste d'un torque celtique fictif, prétendument découvert en 2016 au large de la Bretagne, serait à la base de l'intrigue. Sur ce torque, sorte de collier gaulois, daté des environs de 49 av. J.-C, se trouverait gravée l'inscription Rigos Duxtir, signifiant en langue celte « la fille du roi »[2]. Pour accentuer le côté humoristique de cette pseudo-découverte scientifique, Jean-Yves Ferri l'a attribuée à un professeur, un certain Evariste Contenssieux, de l'Université libre de Quaibec (Saône et Loire) lors de la conférence de presse organisée le 10 avril 2019[3] pour annoncer le futur album. Il s'agissait en réalité d'un prétexte à l'invention d'une descendance pour le chef gaulois Vercingétorix, même si l'inscription Rigos Duxtir correspond à du celtique parfaitement documenté et signifie réellement "la fille du Roi".

UniversModifier

ScénarioModifier

Un soir, trois personnes à cheval arrivent au village gaulois et se rendent dans la hutte du chef Abraracourcix. Agecanonix et Abraracourcix en reconnaissent deux. Il s'agit de deux chefs Arvernes, Ipocalorix et Monolitix, vétérans ayant combattu comme eux à Alésia, qui depuis la défaite escortent et protègent Adrénaline, la fille de Vercingétorix. Ils viennent la confier aux irréductibles Gaulois, le temps de trouver un navire pour l'emmener avec eux à Londinium en Bretagne, pour organiser la résistance. Ils expliquent également qu'elle porte autour du cou, comme symbole de la résistance, le torque (collier) que son père lui a confié après la défaite. Adrénaline est pistée par le traître Adictosérix. Son but est de la capturer et de reprendre le torque puis de la faire élever "à la romaine" par César. En partant, les vétérans préviennent les villageois que l'adolescente a tendance à fuguer.

Le lendemain, le village fait la connaissance d'Adrénaline, qui sympathise avec Selfix et Blinix, les fils adolescents de Cétautomatix et d'Ordralfabétix. Bien que surveillée tant bien que mal par Astérix et Obélix, elle met au point un projet de fugue nocturne, avec l'aide des deux ados. Elle rêve de s'enfuir vers une île lointaine où les Romains ne pourront la retrouver. Mais Adictosérix, ayant retrouvé sa trace et entendu son projet d'évasion, tentera avec l'aide des Romains de la capturer. Entre-temps, au large, près du village, les pirates en panne de vent décident d'aller faire le plein d'eau douce dans la forêt. De nuit, pour éviter de faire de "mauvaises" rencontres...

 
Torque gaulois découvert en Italie.

La nuit tombée, Adrénaline réussit sa fugue (grâce à ses nouveaux amis qui ont détourné l'attention du garde Simplebasix). Tout le village se lance rapidement à sa recherche. Pendant ce temps-là, elle rencontre les pirates venus faire le plein d'eau douce dans la forêt. Elle s'enfuit avec eux, tandis qu' Adictosérix, toujours sur ses traces, rejoint discrètement le navire des pirates. Grâce aux informations fournies par Selfix et Blinix, Astérix et Obélix embarquent avec eux sur la barque d'Agecanonix pour rejoindre le navire pirate. Pendant ce temps, les Arvernes ont réussi à trouver un bateau appartenant à un jeune Gaulois, Letitbix, qui rêve de paix et d'aventures exotiques.

Sur le navire pirate (qui vient de piller le navire phénicien d'Epidemaïs), Adictosérix menaçant, armé d'un arc, est vite neutralisé par Adrénaline, montée en haut du mât du guetteur Baba. Astérix et Obélix montent à bord du navire en laissant les deux autres adolescents et Idéfix sur la barque. Adrénaline décide de naviguer en direction de Thulé avec les pirates (sans le capitaine qui considère cette proposition comme acte de mutinerie). Mais à ce moment-là, Astérix et Obélix prennent le dessus sur le navire romain venu récupérer la fille. Mais durant la bataille, Adictosérix revenu à lui prend en otage Adrénaline en haut du mât. Obélix abat le mât, les envoyant tous les deux à la mer. Les deux adolescents et Idéfix sauvent la fille et mettent en déroute Adictosérix, qui s'enfuit en nageant vers la côte, poursuivi par un requin. Le torque de Vercingétorix est tombé au fond de la mer. Les Gaulois retournent au village, pendant que le navire pirate coule une fois de plus, à cause de la voie d'eau due à l'arrachage du mât.

Au village, les deux "papas" adoptifs d'Adrénaline sont de retour avec la troupe de résistants. Adrénaline leur avoue que le fameux torque qui devait servir de signe de ralliement est à l'eau et qu'elle ne veut plus les suivre dans leur combat. Les Arvernes se font une raison, d'autant plus qu'ils ont trouvé un nouveau signe de ralliement : le casque de cérémonie de Vercingétorix, qui avait été donné en récompense à l'un d'entre eux. De plus, Adrénaline sympathise avec le jeune capitaine Letitbix et décide de l'accompagner dans son voyage vers des îles lointaines et merveilleuses. Adrénaline fait alors ses adieux émus au village, qui est selon elle le digne héritier de Vercingétorix. Grand banquet final avec la troupe des résistants Arvernes.

PersonnagesModifier

 
Vercingétorix jette ses armes aux pieds de César, de Lionel Royer, 1899.

Astérix, guerrier gaulois et ami d'Obélix, le livreur de menhirs du village et son petit chien Idéfix, ainsi que la plupart des habitants du village gaulois. D'autres personnages apparaissent dans cet album, le plus notable étant Adrénaline, une jeune fille présentée comme étant la fille du grand chef gaulois Vercingétorix, vaincu autrefois à Alésia, ainsi que les mystérieux membres du FARC (Front arverne de résistanche checrète) qui accompagnent la jeune fille et qui semblent bien connaitre le vieux Agecanonix, vétéran de la guerre.
Une grande partie de l'intrigue se déroule sur le navire des pirates (avec la présence de ces derniers à bord) au large du village. Jules César, son fils Brutus, ainsi que le le traître Adictosérix (gaulois collaborateur des romains) et quelques soldats romains (tentant d'être discret pour ne pas subir les baffes d'Obélix) sont aussi présents dans l'album[4],[5].

ÉvocationsModifier

SociétéModifier

  • Le FARC (Front Arverne de Résistanche Checrète) qui regroupe un groupe de résistance arverne fait référence au FARC, groupe révolutionnaire sud-américain[6].
  • La crise d'adolescence avec la jeune Adrénaline et les jeunes du village gaulois

Arts et cultureModifier

Caricatures et allusions à des personnages célèbresModifier

  • Malgré une supposée ressemblance du personnage central avec l'activiste Greta Thunberg évoquée dans la presse, les auteurs de la BD, expliquent qu'il s'agit d'une coïncidence, le dessinateur Didier Conrad explique même s'être inspiré de sa fille pour créer ce personnage[10].
  • Les silhouettes des deux résistants Arvernes pères adoptifs d'Adrénaline évoquent celles de Churchill et de Charles de Gaulle.
  • L'un des pirates est une caricature de Charles Aznavour, et les paroles qu'il prononce évoquent à chaque fois des titres du chanteur (La Bohème, For me formidable, Emmenez-moi, Je m'voyais déjà)[9].
  • En ce qui concerne le traître pisteur Adictosérix, il semble être une caricature de Gérard Depardieu. Ce dernier est natif de Châteauroux, et Adictosérix est présenté comme un Biturige (Berrichon), mais Didier Conrad dément cette affirmation[9].
  • Simplebasix, le garde, porte un casque à visière réalisé par Selfix qui le nomme "casquette", ce qui fait penser doublement penser au rappeur Orelsan (qui porte sa casquette à l'envers et est l'interprète de la chanson Basique)

AccueilModifier

Accueil critiqueModifier

Selon le Parisien, il s'agit du « meilleur album Astérix depuis le départ d'Albert Uderzo ». Le journaliste Christophe Levent souligne notamment « des trouvailles de scénario mais aussi graphiques à chaque page, un rythme effréné ». Les auteurs Jean-Yves Ferri et Didier Conrad livreraient ainsi l'album « sans doute le plus abouti, cohérent et original depuis leur arrivée »[11]. Dans le même ton, Arnaud Gonzague, pour le site littéraire BibliObs du journal L'Obs salue un album « savoureux », et « nimbé d’une sorte de mélancolie douce », qui parvient à traiter avec justesse le thème de l'adolescence en évitant justement une représentation « trop archétypale »[12]. C'est également l'avis de Romain Brethes pour Le Point, qui considère que ce nouvel opus « pos[e] brillamment la question de la succession et du conflit entre générations au sein du village gaulois ». Romain Brethes compare la subtilité du scénario à l'album de Tintin les « Bijoux de la Castafiore, avec un récit en trompe-l'œil qui tourne un peu en rond, et dont les enjeux dramatiques ne sont pas forcément ceux que l'on croit »[13].

Pour Mathilde Serrell, La Fille de Vercingétorix s'inscrit dans la vague d'un « féminisme washing » qui, « malgré les meilleures intentions des auteurs », ne cherche pas à bouleverser les structures narratives : en effet, l'héroïsme féminin y serait calqué sur l'héroïsme masculin et l'héroïne, qui « doit forcément être marqué[e] par la vigueur, le refus des attributs de la séduction, et l’expression d’une indépendance farouche », « reste celle qu’on protège et qu’on délivre »[14].

Selon Quentin Girard du journal Libération, l'album serait un « ratage complet dont on ne sait pas trop quoi sauver » considérant qu'il n'y a rien d'original dans cette histoire[15].

VentesModifier

Dix jours avant sa sortie, l'album est numéro un du classement des meilleures ventes dans la catégorie BD sur le site de vente en ligne Amazon[16]. Le tirage total est de 5 millions d'albums (dont 2 en français et 1,6 en allemand). En quatre jours d'exploitation en France, il atteint la première place du Top 15 BD et du Top 20 Livres avec des ventes s'élevant à 545 000 unités ou 565 000 unités[17].

Notes et référencesModifier

  1. Cf. Astérix : Le 38e et prochain album s'appellera "La fille de Vercingétorix", sur 20 minutes.fr [1]
  2. Cf. Site livres hebdo, page "Le nouvel album d'Astérix se dévoile un peu" : [2]
  3. Laurent Melikian, « Une fille de chef pour Astérix », sur actuabd.com, (consulté le 14 mai 2019)
  4. Site 20minutes.fr, article "Astérix : On a lu « La fille de Vercingétorix » avec ses auteurs Jean-Yves Ferri et Didier Conrad", consulté le 26 octobre 2019.
  5. Site bfmtv.com, article "La Fille de Vercingétorix: ce que l'on sait du nouvel Astérix", consulté le 26 octobre 2019.
  6. Site lamontagne.fr, article "La fille de Vercingétorix : les Arvernes sont de retour dans l'univers d'Astérix et Obélix, consulté le 27 octobre 2019.
  7. Site lepoint.fr, article "Montée d'Adrénaline pour la sortie du nouvel album d'Astérix", consulté me 26 octobre 2019.
  8. a et b « Montée d'Adrénaline pour la sortie du nouvel album d'Astérix », Actu.orange.fr,‎ jeudi 24 octobre 2019 à 08h54 (lire en ligne)
  9. a b et c Site lejdd.fr, page "Nouvel album d'Astérix : "L’héroïne a des points communs avec Greta Thunberg, mais c’est un hasard", consulté le 27 octobre 2019
  10. Site Radio Canada, article "Dévoilement de la couverture et de l'héroïne du nouvel Astérix", consulté le 27 octobre 2019.
  11. Christophe Levent, « «La Fille de Vercingétorix» : le meilleur album Astérix depuis le départ d’Uderzo », sur leparisien.fr,
  12. Arnaud Gonzague, « Bonne nouvelle, par Bélénos, le nouvel « Astérix » est savoureux ! », sur nouvelobs.com,
  13. Romain Brethes, « « Astérix », la révolution en marche  ? », sur lepoint.fr,
  14. Mathilde Serrell, « Astérix et le "féminisme washing" », sur franceculture.fr,
  15. Site next.liberation.fr, article "Astérix et La Fille de Vercingétorix, à se tailler les Arvernes par Quentin Girard, consulté le 26 octobre 2019.
  16. « Pourquoi les personnages féminins ont été longtemps absents d'Astérix », sur Le Huffington Post, (consulté le 24 octobre 2019).
  17. « Zoom sur les meilleures vente de BD du 6 novembre 2019 | BDZoom.com » (consulté le 9 novembre 2019)

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Frédéric Bosser, « La Fille de Vercingétorix : Oh, les filles », dBD, no 139,‎ décembre 2019 - janvier 2020, p. 104.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier