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Village d'Astérix et Obélix

village de fiction
Village d'Astérix et Obélix
Univers de fiction
Présent dans lʼœuvre
Créateur

René Goscinny (scénariste)

Albert Uderzo (dessinateur)
Première apparition
Caractéristiques
Type
Village
Localisation

Le Village d'Astérix et Obélix (ou village gaulois, ou encore village des irréductibles gaulois) est un village fictif jouant un rôle central dans la série de bande dessinée française Astérix. C'est dans ce village où vivent les héros de la série Astérix et Obélix, ainsi que d'autres personnages principaux.

Un village sans nomModifier

Le village n'a pas de nom, les auteurs n'ayant pas jugé nécessaire de le baptiser. D'ailleurs, il n'est pas prouvé historiquement qu'à l'époque de l'action, des villages de cette taille aient porté de nom. Cependant, notre village est appelé couramment le « village des fous », en particulier par les Romains[1].

Situation du villageModifier

Le choix des bédéistesModifier

Le village se situe en Armorique, comme il l'est fréquemment rappelé dans la série, sans qu'il ne soit donné plus de précisions sur son emplacement exact. Cependant, on sait qu'Albert Uderzo (le dessinateur) choisit de le placer en Bretagne, région où il a vécu. L'unique contrainte que lui donna René Goscinny (le scénariste) est qu'il soit positionné près de la mer, afin que les héros puissent voyager par voie maritime[1].

Emplacement sur des cartesModifier

C'est ainsi qu'à partir de l'épisode Le Combat des chefs, une carte de la Gaule ouvre chaque album, avec une loupe situant le village quelque part sur les côtes armoricaines du nord. En examinant la fameuse carte, on pourrait situer le village dans un rayon de 50 kilomètres autour de Roscoff, dans le Finistère.

Au début de l'album Le Tour de Gaule d'Astérix, une carte de la Gaule est travée (avec les frontières actuelles de la France), avec les différentes étapes du périple qui sont positionnées. Le village y est situé au nord-ouest de la Bretagne.

Pourtant, dans le dessin animé Les 12 Travaux d'Astérix, la loupe agrandit ce qui apparaît comme étant le littoral de Saint-Brieuc, situant ainsi le village à proximité de Binic.

Quoi qu'il en soit, ce que n'ont pas prévu les bédéistes en imaginant ce village, c'est que par la suite, de nombreuses localités prétendront se trouver à son emplacement, y compris jusqu'à l'extrême nord de la France[1].

Des candidats pour le titre de « village d'Astérix »Modifier

Erquy (Côtes-d'Armor) est sans doute le plus tenace de ces candidats au titre de « village d'Astérix ». Dès 1961, Jean-Pierre Alain, le tenancier de la maison de la presse erquiaise avait tiqué en regardant la carte ébauchée sur la première planche d'Astérix le Gaulois : pour lui, sa commune se trouve bien sur l’emplacement du village. Sa conviction s'est rapidement étendue aux autres habitants. Il faut dire que le cap d’Erquy se situe au nord de la Bretagne, près duquel se trouvent trois petits îlets, semblables à ceux de la carte introduisant les albums. Le site se situe près d'un lieu dénommé « camp de César », ce qui pourrait en partie faire pencher pour cette localité. Mais l'étude de la vie du dessinateur apporte un indice de taille. Cette ville portuaire était un des endroits préférés du dessinateur, lorsqu'il habitait avec son frère la région de Saint-Brieuc, sous l'Occupation. Il a d’ailleurs continué à en fréquenter ses plages une fois devenu père de famille. Uderzo fut d'ailleurs invité en 1996 par le Figaro Magazine lors d'un article sur ce village[a],[1],[2],[3]. C'est ainsi que le site internet de l'office de tourisme de la ville consacre une page à cette anecdote[4].

De toutes manières, le scénariste a souligné que tout cela relève de la mascarade et que « En vérité, la réalité ne doit jamais se substituer à la fiction, même quand elles possèdent des accointances étranges et troublantes »[3]. D'ailleurs, Erquy n'est pas la seule localité à pouvoir revendiquer se trouver à l'emplacement du fameux village. D'autres candidats sont aussi de la partie, tels que Perros-Guirec et Le Yaudet (eux aussi dans les Côtes-d'Armor)[5].

La ville de Condate (Rennes) joue un rôle important dans plusieurs aventures de la série pour différentes raisons. Par exemple, plusieurs anciens habitants du village s'y sont installés (Fablala, les parents d'Astérix et Obélix...). Uderzo s'explique ce choix par le fait qu'il s'agissait à l'époque d'une des rares grandes villes[6]. On peut donc supposer que le village se situe dans la région de Condate.

En 1993, un article du journal anglais The Independent affirmait que le village d'Astérix et Obélix avait été retrouvé. Une équipe d'archéologues franco-anglaise, dirigée par le spécialiste de l'histoire celtique Barry Cunliffe, aurait découvert les vestiges d'un ancien village datant de l'âge du fer en Bretagne. Les ruines étaient si bien conservées que l'on pouvait totalement reconstituer le plan du village, avec de multiples similitudes avec le village de la BD. Sauf qu'il s'agissait d'un canular du 1er avril[1].

Habitants du villageModifier

Parmi les habitants du village gaulois, citons les principaux :

Configuration du villageModifier

Si Albert Uderzo n'a jamais réalisé un plan détaillé exact du village, avec l’emplacement défini de chaque habitation, il essaye malgré tout d'en tenir compte, afin de garder une cohérence dans le déplacement des personnages d'une image à l'autre[1]. Notons tout de même des éléments constants au fil des albums :

  • Son emplacement entre une forêt dense (regorgeant de sangliers) et le littoral. Il est traversé par une rivière qui se jette dans la mer, avec un puits à proximité.
  • Une palissade défensive en troncs de bois aboutissant en pointes tout autour, avec une entrée principale.
  • La présence d'une salle de classe, dans laquelle Panoramix et, parfois, Assurancetourix donnent cours aux enfants.
  • La carrière de menhirs d'Obélix (comme une pancarte l'indique), située au bord de la mer, d'où ont été sans doute tirés les dolmens qui parsèment les alentours.
  • Un vaste espace, sorte de place centrale, où aboutissent plusieurs chemins en terre battue cheminant entre les maisons. C'est là où se tient généralement la distribution de potion magique.

Certaines huttes sont reconnaissables par leurs caractéristiques :

  • Celle d'Assurancetourix est positionnée en haut d'un arbre, au milieu du village, en bois et en chaume.
  • Celle de Cétautomatix et sa famille est entièrement en bois, rehaussée d'un étage, avec une enclume devant, située près du centre. Mais dans le premier épisode de la série, sa maison est en pierre et en bois.
  • Celle d'Ordralfabétix et sa famille est en pierre et en chaume, avec un étal de poissonnier et une longue enseigne en bois bleue à son nom. Elle se trouve près du centre, en face de la maison du forgeron.
  • Celle d'Abraracourcix, située près du centre, est en pierre et en chaume, avec une tête d'auroch et deux boucliers au-dessus de la porte.
  • Celle de Panoramix est en pierre et en bois, avec devant un nichoir à oiseaux. Mais dans le premier épisode de la série, il habite un arbre creux au milieu d'une forêt.
  • Celle d'Obélix et Idéfix, située près de la carrière, est basse, en pierre et bois, avec une niche devant.
  • Celle d'Astérix est en pierre et en bois, dotée d'un étage, avec un banc devant. Elle est semblable à d'autres huttes, comme celle de Plantaquatix (père de Falbala), qui dispose d'une façade à encorbellement.

Il est à noter que plusieurs albums montrent une vue aérienne du village, de manière plus ou moins précise, permettant de comparer l'évolution de sa configuration :

InstitutionsModifier

Le conseil du villageModifier

Il s'agit d'une des institutions du village, où siègent plusieurs membres importants ou représentants de villageois. Le conseil possède le pouvoir de bannir un habitant du village en cas de faute grave[7]. Ainsi, dans l'album Astérix et le Chaudron, le héros Astérix est banni du village par le conseil pour s'être fait voler le chaudron rempli de sesterces que Moralélastix, un autre chef gaulois, avait confié au village. Ce bannissement, prononcé au nom des lois immuables du village, montre à quel point la communauté prime sur l'individu. Astérix, en acceptant naturellement ce bannissement, accepte d'être traité comme une monnaie d'échange pour réparer un autre village ; il reconnaît, comme n'importe quel autre habitant du village, qu'il doit aux institutions de la tribu une part de son identité et doit donc s'acquitter d'une dette généalogique[8].

Les membres du conseil sont le druide Panoramix, le barde (Assurancetourix), l'ancien (Agecanonix) et le chef (Abraracourcix), chacun détenant une part d'autorité dans le village. Le druide est l'intermédiaire des dieux, le barde s'occupe de l'éducation de la jeunesse, l'ancien a un avis primordial (comme dans Le Domaine des dieux), et le chef est le représentant des villageois.

Le chefModifier

Durant la période où se déroule la série, c'est Abraracourcix qui occupe la place de chef du village, après avoir succédé à son père. Néanmoins le titre de chef n'est pas transmis héréditairement : il est élu démocratiquement par les autres habitants du village, quand un de celui-ci conteste sa place de chef. Peu après la bataille d'Alésia, à laquelle il a participé, Abraracourcix récupère dans une taverne le bouclier de Vercingétorix. Celui-ci, comme le reste des armes du grand chef gaulois, deviennent dès qu'elles sont déposées aux pieds du vainqueur romain un symbole de la résistance et de l'indépendance du peuple gaulois. Jules César lui-même ne s'en empare pas, et elles restent sur place jusqu'à leur vol par un légionnaire romain peu scrupuleux. Dépositaire de cette relique, le chef du village incarne l'indépendance de la communauté gauloise. Il n'est lui-même pas le propriétaire du bouclier, qui ne peut être une possession personnelle, comme les bijoux et la couronne de France sous l'Ancien Régime appartenaient à l'État et non au Roi[9]. Le chef du village possède des pouvoirs qui mal utilisés peuvent faire éclater le village dans des luttes internes. Ainsi dans l'album Astérix et Cléopâtre le chef utilise son droit de censure en interdisant à Obélix de réaliser des menhirs de forme égyptienne[7].

Le druideModifier

Dans la série, le rôle de druide du village est occupé par Panoramix. Le druide détient le secret de la potion magique, qui se transmet seulement de bouche de druide à oreille de druide depuis la nuit des temps[10]. Il a aussi le rôle de faire la classe aux enfants[11] (sauf dans certains albums, où c'est le barde qui s'en occupe). Il s'occupe aussi de guérir les blessés.

BibliographieModifier

Notes et référencesModifier

RéférencesModifier

  1. a b c d e et f Olivier Andrieu, Le livre d'Astérix le Gaulois, Les Éditions Albert René, , p. 6 à 9
  2. « Le village d'Astérix ? À Erquy, par Toutatis! », Le Télégramme,‎ publié le 25 octobre 2009 modifié le 25 octobre 2009 à 07h02 (lire en ligne)
  3. a et b Albert Uderzo, Uderzo se raconte (lire en ligne)
  4. « Astérix et Erquy, quel rapport ? » (consulté le 17 novembre 2019)
  5. Rémi Langlet, « Où se trouve le village d’Astérix ? », sur France Région, (consulté le 17 novembre 2019)
  6. "Condate était la grande ville armoricaine de l'époque. J'avais le choix, sinon, avec Darioritum (Vannes). En revanche, Brest n'existait pas encore, même si elle est citée dans les albums, pour le simple plaisir de faire un bon mot, le plus souvent." Olivier Andrieu, Le livre d'Astérix le Gaulois, Les Éditions Albert René, 1999, p. 54
  7. a et b Astérix ou les lumières de la civilisation, p. 18
  8. Astérix ou les lumières de la civilisation, p. 52-53
  9. Astérix ou les lumières de la civilisation, p. 27-28
  10. Astérix ou la parodie des identités, p. 76
  11. Astérix ou la parodie des identités, p. 79

NotesModifier

  1. « En 1996, Le Figaro Magazine a eu l'idée de faire un article sur le village d'Erquy et a loué un hélicoptère pour en prendre une photo aérienne. Celle-ci devait me représenter à l'intérieur de l'engin, montrant du doigt le village. J'en ai été quitte pour la frousse de ma vie. Je n'étais pas attaché, mes pieds pendaient dans le vide, il pleuvait et l'eau, à travers les pales de l'appareil, me cinglait le visage. L'hélicoptère se penchait au maximum pour offrir la meilleure prise de vue possible. Et on me demandait, bien entendu, de sourire et d'avoir l'air naturel ! » Olivier Andrieu, Le livre d'Astérix le Gaulois, Les Éditions Albert René, 1999, p. 6 à 9