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Léon Leyritz

peintre et sculpteur français
Léon Leyritz
Naissance
Décès
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FréjusVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Léon Leyritz, né Léon Albert Marie de Leyritz le [1] à Paris et mort le à Fréjus[2], est un peintre, sculpteur et décorateur français.

Il est surtout connu pour son amitié avec Maurice Ravel.

BiographieModifier

L'artisteModifier

Léon Leyritz se forme d'abord à Paris à l'école municipale Bernard Palissy où il obtint une récompense en 1903[3]. Il est ensuite l'élève de Jean-Paul Aubé, puis, à partir de 1906, d'Antonin Mercié à l'École des beaux-arts de Paris. Il obtient le prix Chenavard en 1914.

Après l'armistice, vers 1920, il sculpte le modèle d'une statue de poilu qui fut éditée à de nombreux exemplaires par la fonderie Durenne et qui servit de figure pour des monuments aux morts de la Première Guerre mondiale[4].

En 1926, il réalise la devanture du fleuriste André Baumann en panneaux de Lap[5] bleu au 96, boulevard du Montparnasse à Paris. En 1928, 1929 et 1930, il participe à des expositions d'œuvres en Lap à Antony[6],[7].

Léon Leyritz est également décorateur pour le théâtre, par exemple pour Knock de Jules Romains dans la mise en scène Louis Jouvet à la Comédie des Champs-Élysées (1923), Pétrus de Marcel Achard dans la mise en scène Louis Jouvet à la Comédie des Champs-Élysées (1933), Intermezzo de Jean Giraudoux dans la mise en scène Louis Jouvet à la Comédie des Champs-Élysées (1933), Fils de personne d’Henry de Montherlant dans la mise en scène Pierre Dux au théâtre Saint-Georges (1943).

Il réalise aussi des décors pour l'Opéra de Paris dont Le Festin de l'araignée d'Albert Roussel (1941)[8], Boléro de Maurice Ravel (1941-1942)[9], Ma mère l'Oye de Maurice Ravel (1942), Pavane pour une infante défunte de Maurice Ravel (1947), les décors de cette dernière œuvre ayant déjà servi à l'Opéra-Comique (1946).

L'ami de Maurice RavelModifier

Léon Leyritz est surtout connu pour son amitié avec le compositeur Maurice Ravel, de 1927 à la mort du musicien en 1937, et pour le buste qu'il fit du musicien[10]. C'est leur amie commune, la soprano Marcelle Gerar qui fit les présentations entre les deux artistes : « Ayant rencontré Ravel chez moi, Léon Leyritz manifesta le vif désir qu'il avait de faire l'effigie du Maître. Je servis d'intermédiaire, et la réponse fut : - Je veux bien à condition de ne jamais poser… C'était une gageure, le sculpteur la tint. Il eut cependant la permission de prendre quelques croquis pendant que Ravel répétait sa Sonate avec Asselin »[11],[12]. Le buste de Ravel par Leyritz fut inauguré le au domicile du compositeur, lors d'une fête organisée par Marcelle Gerar et connue sous le nom de L'Impromptu du Belvédère. Selon la cantatrice, le compositeur aurait déclaré : « C'est mon meilleur portrait ! »[11]. Ravel confirma son jugement en 1930 lorsqu'il demanda que fût publié un cliché du buste dans le programme d'un concert à Biarritz, en plus d'un cliché d'un autre buste de lui réalisé en 1928 par la nièce de Gabriel Astruc, Louise Ochsé (en) : « Vous recevrez d’autre part la photo de mon buste par Leyritz. On les mettra les 2 sur les programmes : il y en aura pour tous les goûts, même pour le mien »[13]. En 1932, Ravel déclara dans un entretien à José Bruyr : « c’est encore Leyritz qui m’a fait le plus ressemblant »[14]. Le , un exemplaire du buste fut inauguré au foyer de l'Opéra de Paris par le ministre Jean Zay pour marquer le premier anniversaire de la mort du compositeur[15],[16],[17].

En 1930, Léon Leyritz, secondé par Claude Coquerel, réalise la décoration de style « paquebot » d'un appartement pied-à-terre de Maurice Ravel dans l'immeuble que possédait son frère Édouard Ravel (1878-1960) à Levallois[18],[19],[20]. En 1932, un fauteuil conçu par Leyritz pour Ravel fut exposé au 22e Salon des artistes décorateurs au Grand Palais comme rapporté par Gaston Varenne : « Le fauteuil en aluminium exécuté par Leyritz pour le compositeur Maurice Ravel, paraît-il, est souvent mal jugé par le public irrespectueux. Je l'ai entendu comparer à une chaise à électrocuter ! J'apprécie davantage la fantaisie déployée par le même artiste dans sa fontaine de coquillages. Elle introduit une note bien amusante dans la salle de fraîcheur, en rocaille, imaginée par Coquerel, pour le sous-sol d'une maison de campagne »[21].

En 1933, Léon Leyritz accompagne Maurice Ravel, diminué par une maladie neurologique, chez ses amis Meyer au Touquet[22].

En février et mars 1935, à l’initiative de la danseuse et directrice de ballet Ida Rubinstein, Léon Leyritz accompagne Maurice Ravel, de plus en plus gravement touché par la maladie, en voyage en Espagne (Madrid, Séville) et au Maroc (Marrakech, Télouet, Fez) via Saint-Jean-de-Luz[23]. Après ce voyage, en 1936, Léon Leyritz réalise une maquette de décor pour le Boléro avec au premier plan un palais oriental, rappelant celui de Télouet et, à l’arrière-plan, une usine dotée de plusieurs cheminées rappelant une usine du Vésinet. Ce décor correspondait à une volonté du compositeur exprimée dans un entretien en 1933 : « Quant à mon Boléro, c’est à une usine que je dois de l’avoir conçu. Un jour, j’aimerais le donner avec un vaste ensemble industriel en arrière-plan »[9]. En décembre 1941, quatre ans après la mort du compositeur, le Boléro est donné avec le décor de Leyritz à l'Opéra de Paris[24].

En 1947-1949, Léon Leyritz est un des membres fondateurs de la Fondation Maurice Ravel. En 1959, au nom du frère de Ravel, il donne des décors et objets de l'appartement du compositeur à Levallois à la Ville de Levallois[25],[14]. En 1975, pour le centenaire de la naissance de Ravel, d'une part il prêta à la Bibliothèque nationale de France des documents pour les besoins d'une grande exposition Maurice Ravel (photographies, portraits du compositeur et d'amis et interprètes de ce dernier, décors)[26], d'autre part il tourna dans le film documentaire Maurice Ravel. L'homme et les sortilèges de Paul Danblon et Alain Denis[27].

FamilleModifier

Léon Leyritz, sans descendance, se marie à Paris le en premières noces avec l'artiste peintre et sculptrice Jeanne Hélène Vesques (1885-1940) avec, parmi les témoins, les trois sculpteurs Jean-Paul Aubé, Laurent Marqueste et Antonin Mercié[28],[29].

Le , il se marie en secondes noces à Paris avec Andrée Chéret[30].

ExpositionsModifier

Notes et référencesModifier

  1. Acte de naissance no 33 de l'année 1888 de l'état civil de la Mairie du 16e arrondissement de Paris.
  2. Date et lieu de décès précisés en mention marginale no 3 sur l'acte de naissance no 33 de l'année 1888 de l'état civil de la Mairie du 16e arrondissement de Paris.
  3. « Les écoles professionnelles de beaux-arts et de dessin », Le Petit Journal,‎ , p. 2 (lire en ligne, consulté le 10 avril 2019).
  4. Liste des monuments aux morts dont Leyritz est l'auteur sur monumentsmorts.univ-lille.fr.
  5. À partir de 1926, Leyritz a recours à la technique dite du Lap brevetée par Jean-Charles Séailles et son épouse Spéranza Calo-Séailles.
  6. Le Patrimoine. Lap, une aventure technique & artistique, Antony, Ville d'Antony, (lire en ligne).
  7. a et b Marcel Temporal, « L’exposition du Lap », Art et Industrie,‎ .
  8. A.H., « À l’Opéra : spectacle de danse », Comœdia,‎ , p. 6 (lire en ligne, consulté le 10 avril 2019).
  9. a et b Cornejo 2018, p. 1448
  10. Jacques Guerbois, « Célébration aujourd'hui du centième anniversaire de la naissance de Maurice Ravel. À Fréjus, M. Léon de Leyritz sculpteur et ami du compositeur se souvient », Nice Matin,‎ (ISSN 0224-5477).
  11. a et b Marcelle Gerar, « L’impromptu de Montfort », La Revue musicale, no 187,‎ , p. 182-185 (182).
  12. Allusion au violoniste André Asselin (1895-1993), avec lequel Ravel joua effectivement en concert à diverses reprises.
  13. Cornejo 2018, p. 1247.
  14. a et b Cornejo 2018, p. 1553.
  15. « L’anniversaire de la mort de Ravel a été célébré hier », Le Populaire,‎ , p. 6 (lire en ligne, consulté le 20 avril 2019).
  16. M.M., « Le drame des dernières années de Maurice Ravel évoqué par son frère. Du 6 février 1934 au 28 décembre 1937… », L'Intransigeant,‎ , p. 2 (lire en ligne, consulté le 10 avril 2019).
  17. Maurice Brillant, « La mémoire de Ravel », L'Aube,‎ , p. 2.
  18. Cornejo 2018, p. 1025, 1251.
  19. Maurice Ravel, Paris, Bibliothèque nationale, (ISBN 2-7177-1234-8, notice BnF no FRBNF34570056, lire en ligne), p. 69-70.
  20. Maurice Ravel 1875-1975, Paris, Sacem, (ISBN 2901047017, notice BnF no FRBNF43356460), p. 84.
  21. Gaston Varenne, « Le XXIIe Salon des Artistes Décorateurs », Art et Décoration,‎ , p. 193-200 (198) (lire en ligne, consulté le 15 avril 2019).
  22. Cornejo 2018, p. 1313.
  23. Cornejo 2018, p. 61, 972, 1329-1332.
  24. « Le Boléro de Ravel est entré à l’Opéra. Déclarations de M. Jacques Rouché administrateur général des Théâtres lyriques nationaux », Le Figaro,‎ , p. 4 (lire en ligne, consulté le 10 avril 2019).
  25. Manuel Cornejo, « Éditorial. “Bolérite” aiguë », Cahiers Maurice Ravel, no 18,‎ , p. 9-30 (13-14) (ISBN 978-2-8404-9722-6).
  26. Maurice Ravel. Bibliothèque Nationale. 1975, Paris, Bibliothèque Nationale, 78 p. (notice BnF no FRBNF34570056, lire en ligne).
  27. Produit par la RTBF.
  28. Date et lieu de premier mariage précisés en mention marginale no 1 sur l'acte de naissance no 33 de l'année 1888 de l'état civil de la mairie du 16e arrondissement de Paris ; acte de mariage no 489 de l'année 1912 de l'état civil de la mairie du 3e arrondissement de Paris.
  29. « Mariages », Gil Blas,‎ , p. 4 (lire en ligne, consulté le 10 avril 2019).
  30. Date et lieu de second mariage précisés en mention marginale no 2 sur l'acte de naissance no 33 de l'année 1888 de l'état civil de la mairie du 16e arrondissement de Paris.
  31. Peintures de Elmiro Celli et de Léon Leyritz, Paris, Galerie Druet, , 8 p..
  32. René-Jean, « Les petites expositions », Comœdia,‎ , p. 2 (lire en ligne, consulté le 10 avril 2019).
  33. René Chavance, « Les expositions », La Liberté,‎ , p. 2 (lire en ligne, consulté le 10 avril 2019).
  34. Jean d'Horton, « Au Salon des Humoristes », Comœdia,‎ , p. 1-2 (lire en ligne, consulté le 10 avril 2019).
  35. « Expositions ouvertes », La Revue des beaux-arts, no 358,‎ , p. 11 (lire en ligne, consulté le 10 avril 2019).
  36. « Bourses de voyage », Comœdia,‎ , p. 6 (lire en ligne, consulté le 10 avril 2019).
  37. « Au Salon d'Automne », Art et décoration,‎ , p. 2 (lire en ligne, consulté le 10 avril 2019).
  38. « Galerie Druet », L'Art et les Artistes,‎ , p. 138 (lire en ligne, consulté le 10 avril 2019).
  39. « Les expositions », La Renaissance pollitique, littéraire et artistique,‎ , p. 9 (lire en ligne, consulté le 10 avril 2019).
  40. « L'exposition du Lap », Comœdia,‎ , p. 3 (lire en ligne, consulté le 10 avril 2019).
  41. Ivanohé Rambosson, « L'exposition du Lap ou le jardin sous la pluie », Comœdia,‎ , p. 3 (lire en ligne, consulté le 10 avril 2019).
  42. « Les élections au Salon d'Automne », Comœdia,‎ , p. 3 (lire en ligne, consulté le 10 avril 2019).
  43. M.-A.D., « L'art décoratif et la décoration théâtrale au Salon d'Automne », L'Art et les Artistes,‎ , p. 104-105 (lire en ligne, consulté le 10 avril 2019).
  44. Y.S., « Les innovations et les surprises du XXIIe Salon des Arts Décoratifs… qui vient d’ouvrir ses portes au Grand-Palais », Paris-Midi,‎ , p. 2 (lire en ligne, consulté le 15 avril 2019).
  45. a b et c « Le musicalisme fait son tour d'Europe », Comœdia,‎ , p. 3 (lire en ligne, consulté le 10 avril 2019).

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Peintures de Elmiro Celli et de Léon Leyritz, Paris, Galerie Druet, , 8 p.  
    Catalogue d'exposition dont un exemplaire est conservé à la bibliothèque de l'INHA.
  • Jean-Jacques Grüber, « Le Lap, ses artistes et ses techniques », Échos d’Art,‎ .
  • Roland-Manuel, À la gloire de… Ravel, Paris, Nouvelle Revue Critique, (notice BnF no FRBNF32580891), p. 152, 176, 188-189, 240-244.
    Première biographie de Ravel évoquant ses liens avec Leyritz et reproduisant des clichés communiqués par Leyritz (buste de Ravel, appartement de Ravel à Levallois).
  • Marcelle Gerar, « L’impromptu de Montfort », La Revue musicale, no 187,‎ , p. 182-185.  
  • (en) Madeleine Goss, Bolero : The Life of Maurice Ravel, New York, Henry Holt and Company, , p. 207, 240-241, 250.
    Passages du livre évoquant les liens entre Leyritz et Ravel, ce livre fut réédité en 1945 chez un autre éditeur Tudor publishing company.
  • Speranza Calo-Séailles 1885-1949, Antony, .  
    Livre paru anonymement et à compte d'auteur mais rédigé par Jean-Charles Séailles, le veuf de la mezzo-soprano et artiste objet du livre, richement illustré en couleurs, avec des œuvres de Léon Leyritz.
  • Serge Lifar, Le livre de la danse, Paris, Société française de diffusion musicale et artistique, (notice BnF no FRBNF32385376).
    Livre comportant en illustrations un dessin de Lifar en torero dans Boléro par Leyritz en 1944 (p. 22), une photographie du décor du Boléro de Ravel par Leyritz en 1941 (p. 168) et une photographie de Serge Lifar en torero dans le même Boléro de 1941 (p. 169).
  • Ravel au miroir de ses lettres : correspondance réunie par Marcelle Gerar et René Chalupt, Paris, Robert Laffont, (notice BnF no FRBNF32558157), p. 221-222, 253-254, 258-259.
    Passages du livre évoquant les liens entre Leyritz et Ravel, notamment le voyage de 1935 en Espagne et au Maroc, ou l'anecdote du cadeau de Leyritz à Ravel d'un « oiseau mécanique acheté à un camelot sur le trottoir du boulevard Haussmann », objet qui émerveilla le compositeur et est aujourd'hui conservé au Belvédère.
  • Jacques Guerbois, « Célébration aujourd'hui du centième anniversaire de la naissance de Maurice Ravel. À Fréjus, M. Léon de Leyritz sculpteur et ami du compositeur se souvient », Nice Matin,‎ (ISSN 0224-5477).
    Dernier entretien connu de Léon Leyritz à la presse écrite.
  • Portraits de musiciens : Collection Isabelle Prouvost. Vente aux enchères publique. Lundi 7 décembre 1992 à 14h Drouot-Richelieu Salle 4. Étude H. Poulain et R. Le Fur. Expert Thierry Bodin, Paris, Drouot Fondation, (notice BnF no FRBNF35603503).
    Reproduction (n°86) d'un dessin au crayon de Maurice Ravel par Léon Leyritz avec pour légende « Étude pour le / premier buste de Maurice Ravel / À Madame Marcelle Gerar / Affectueusement / Léon Leyritz ».
  • Maurice Ravel, L'intégrale : Correspondance (1895-1937), écrits et entretiens : édition établie, présentée et annotée par Manuel Cornejo, Paris, Le Passeur Éditeur, , 1776 p. (ISBN 2-36-890577-4, notice BnF no FRBNF45607052).  
    Contient 2 correspondances de Maurice Ravel à Léon Leyritz (1927-1930) et 7 correspondances de Léon Leyritz sur Maurice Ravel (1935) durant leur voyage commun en Espagne et au Maroc.

Liens externesModifier