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Jules Charles-Roux

administrateur de sociétés, personnalité politique française
Page d'aide sur l'homonymie Pour les autres membres de la famille, voir Charles-Roux.

Jules-Charles-Théodore Roux, dit Jules Charles-Roux, né à Marseille le et mort à Paris le est un industriel, armateur et homme politique français.

BiographieModifier

JeunesseModifier

Issu d’une famille installée à Marseille depuis le XVIIIe siècle, petit-fils de Louis Honoré Arnavon, il passe son enfance entre la fabrique de savons de son père, le village de Sausset-les-Pins (où sa famille possède un château) et la campagne de Montredon. Il fait ses études au Lycée Thiers[1] puis à la faculté des sciences de Marseille, qu’il complète par les cours du chimiste Chevreul à Paris afin de pouvoir reprendre l'entreprise de son père avec le plus de compétences possibles.

 
Portrait de Claire Charles-Roux, née Canaple - par Stanislas Torrents.

Il épouse Marie-Claire Canaple, nièce d'Edmond Canaple. Sa fille, Marie-Louise Charles-Roux (1871-1912), épousera le marquis Jacques du Tillet, quant à son fils, François Charles-Roux (1879-1951), il sera ambassadeur et membre de l'Institut de France (sa propre fille, Edmonde Charles-Roux, sera l'épouse de Gaston Defferre).

Industriel et armateurModifier

 
Compagnie marseillaise de navigation

Au décès de son père, il prend la direction de l’usine qu'il modernise entièrement. En 1877, il s’associe avec son beau-frère Charles Canaple et à deux, ils parviennent à représenter 10 % de la production marseillaise sur la fin du siècle. Il est nommé cette année-là administrateur de la Banque de France de Marseille en 1877, en même temps que Gustave Luce et Joseph Bonnasse.

Il mène un combat actif pour la reconnaissance de la profession de fabricant de savon. Il obtient aussi plusieurs médailles et distinctions internationales qui viennent consacrer son entreprise. Par ailleurs, même si on ne connaît pas réellement sa politique à l’égard du personnel, on peut supposer un type de gestion paternaliste, si l’on se fie à la politique d’action sociale qu’il met en place avec la Caisse d'épargne, dont il occupe le poste de directeur pendant quelques années.

Dans les années 1900, il couronne son parcours en accédant à la présidence de plusieurs compagnies maritimes, parmi lesquelles la Compagnie générale transatlantique, dont il redresse la situation en 1904. Il exerce par ailleurs la présidence de plusieurs autres sociétés ayant un lien avec le transport maritime (chantiers navals, banques et compagnies d'assurances), dont la Compagnie marseillaise de navigation à vapeur Fraissinet et Cie, les Chantiers et Ateliers de Provence, les Chantiers et Ateliers de Saint-Nazaire, de la Société de construction de Levallois-Perret, de la Compagnie d'assurances maritimes « La Foncière-Transports », et devient enfin président du comité central des Armateurs de France, de 1910 à 1917.

Il est également membre du conseil des directeurs de la Caisse d'épargne des Bouches-du-Rhône et vice-président de la Compagnie du Canal de Suez, ainsi qu'administrateur des Raffineries de Saint-Louis, du Comptoir national d'escompte de Paris, de la Compagnie coloniale de Madagascar, de la Société des Mines de Soavinarivo.

Homme politique et colonialisteModifier

Jules Charles-Roux est élu au conseil municipal de Marseille en 1887 (adjoint au maire délégué aux finances de 1888 à 1891), puis deux ans après député conservateur social et enfin conseiller général des Bouches-du-Rhône en 1895. Il se fait le porte-parole du libéralisme économique, contre les orientations protectionnistes défendues par le ministre Jules Méline. Bien qu'en 1898 il ne se représente pas au poste de député, son influence demeure importante au regard du rôle essentiel dans la politique coloniale de la France jusqu'au début du XXe siècle.

Ardent promoteur de la colonisation, il en fut aussi un des acteurs essentiels. Président de l'Union coloniale française à partir de 1903, il soutient l'expansion française en Tunisie, au Dahomey et à Madagascar. Il fut le fondateur de plusieurs comités coloniaux, président de la Société de géographie de Marseille, ami de Gallieni et Lyautey dont il favorisa la carrière. À l'Exposition universelle de 1900, il créa une section des colonies et organisa en 1906 l’extraordinaire Exposition coloniale de Marseille dont il fut le commissaire général et Édouard Heckel son adjoint. Il est l'ami de l'explorateur français Aimé Olivier de Sanderval[2].

MécèneModifier

Il soutint activement les peintres locaux contemporains tels que Stanislas Torrents, Joseph Suchet et Gustave Ricard. Il devint un des piliers du Cercle artistique de Marseille en organisant des expositions de peinture, conférences et concerts. Ardent défenseur de l'identité provençale, il apporta sa contribution financière à la fondation du Museon Arlaten à Arles ainsi qu'à l'achat du palais du Roure à Avignon pour en faire un musée de la langue provençale. Grand admirateur et ami de Frédéric Mistral, il devient majoral du Félibrige en 1909.

DistinctionsModifier

Il était commandeur de la Légion d'honneur[3]. et de l'ordre du Christ du Portugal, officier d'Académie, officier de l'ordre du Médjidié.

Le il est élu membre de l'Académie de Marseille[4].

Notes et référencesModifier

  1. Rollin, Paul, 1932-2003., 26 siècles d'éducation à Marseille : une chronique du temps passé, Éd. européennes de Marseille-Provence, (ISBN 2911988167 et 9782911988165, OCLC 469443733, lire en ligne)
  2. "Le Roi de Kahel" de Tierno Monénembo
  3. « Cote LH/2412/26 », base Léonore, ministère français de la Culture
  4. Joseph Fournier, Auguste Rampal et Étienne Martin, Deux siècles d'histoire académique (1726-1926) : Notice publiée à l'occasion du bi-centenaire de l'Académie, Marseille, Académie des sciences, lettres et beaux-arts de Marseille, , 215 p. (notice BnF no FRBNF33232765), p. 169

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Collectif, Jules Charles-Roux, le grand Marseillais de Paris, Marines, 2004 (ISBN 2-915379-06-8)
  • Roland Caty, Éliane Richard et Pierre Échinard, Les patrons du second Empire, Picard, Paris, 1999, p. 113-116, (ISBN 2-7084-0557-8).
  • Colonel Henri Charbonnel, De Madagascar à Verdun - Vingt ans à l'ombre de Gallieni, Éditions Karolus 1962, Page 156
  • « Jules Charles-Roux », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]

Liens externesModifier