Joseph-François Reste

administrateur colonial et homme politique français

Joseph-François Reste de Roca (nommé parfois aussi François ou François-Joseph ou encore Dieudonné), né à Pia dans les Pyrénées-Orientales le [1] et mort à Paris le [1],[2], est un administrateur colonial français. Il fut gouverneur général de l'Afrique-Équatoriale française et gouverneur de Côte d'Ivoire.

BiographieModifier

Né le à Pia dans les Pyrénées-Orientales, il est le fils de Marie Merlué et de Joseph Reste, docteur en droit et propriétaire terrien. Il étudie à la Faculté de Marseille puis la physiologie et l'histologie à la Sorbonne avant d'entrer en 1898 à l'école Coloniale.

Il débute comme administrateur stagiaire à l'île de Nossi-Bé, au large de Madagascar, où il négocie en 1905 le départ de l'escadre russe, sur fond de guerre russo-japonaise. Muté à sa demande en Afrique Équatoriale Française en 1912, il dirige d'abord le Commissariat spécial pour les sociétés concessionnaires puis est affecté au commandement de la région de la Likouala aux Herbes, au Congo français. En 1918, il est nommé directeur des affaires économiques à Brazzaville.

Il est lieutenant-gouverneur au Tchad de 1923 à 1926, gouverneur du Dahomey de 1928 à 1930, où il ouvre le la première route terrestre menant de Porto-Novo à Cotonou[2], et fonde le musée d'Abomey .

Rappelé en France, il est en 1931 et 1932 le directeur de Cabinet de Paul Reynaud, ministre des Colonies avant de repartir en Afrique en tant que gouverneur de la Côte d'Ivoire, où il met en place la première foire-exposition à Abidjan, le . Il décide en 1932 un programme de relance, avec un syndicat ivoirien d'acheminement de la main d'œuvre et l'annexion de six provinces de la Haute Volta, l'actuel Burkina Faso. Il déclare la colonie spécialisée dans le café-cacao, mais en 1939, la production ne dépasse toujours pas 55 000 tonnes contre 3 000 000 tonnes de la Gold Coast.

Nommé Gouverneur Général de l'AEF en 1936 jusqu'à sa retraite en mai 1939

Après avoir participé à la Résistance française dans les Pyrénées, il devient maire du Perthus. Il est élu député, représentant le territoire de Côte d'Ivoire, à la première Assemblée constituante le . Lors de ce scrutin, le second député du territoire, représentant les « non citoyens », était Félix Houphouët-Boigny, futur président de la République[Note 1]. Il y avait alors, pour ce territoire, un député représentant 2800 votants et un député représentant environ 10 millions de personnes[3].

Pendant son mandat de député, il est nommé juré à la Haute Cour de justice dont la mission était de juger les hommes du Régime de Vichy, c'est-à-dire le chef de l’État français, le maréchal Pétain, les membres de ses gouvernements (Président du Conseil, ministres, secrétaires d’État), les commissaires généraux, les résidents généraux, les gouverneurs généraux, les hauts-commissaires.

Il n'est pas réélu lors du scrutin de la deuxième Assemblée constituante en .

Le , il a été élu à l'Académie des sciences d'outre-mer. François-Joseph Reste de Roca a publié en 1936 Terre d'ombre et de lumière, hommage à l'Afrique, puis en 1943 chez Stock À l'ombre de la grande forêt[2].

MandatsModifier

DécorationsModifier

ÉcritsModifier

  • (fr) Dieudonné Reste, Le Dahomey, réalisations et perspectives d'avenir, Paris,
  • (fr) Dieudonné Reste, Terres d'ombre et de lumière, Paris,
  • (fr) Dieudonné Reste, À l'ombre de la grande forêt, Paris,

BibliographieModifier

  • (fr) Marcel Souzy, Les Coloniaux français illustres, Paris, B. Arnaud,
  • Jean Rifa, « François-Joseph Reste de Roca (1879-1976) : Ancien gouverneur général de l'Afrique équatoriale française, député de Côte d'Ivoire », La Semaine du Roussillon, no 656,‎ du 4 au 10 décembre 2008 (lire en ligne).

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Les habitants des colonies étaient considérés comme des « sujets » français sans droit de représentation. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Régime de Vichy a conservé l'administration du territoire de Côte d'Ivoire jusqu’en 1943, année où le GPRF réussit à prendre le contrôle de l'AOF. La conférence de Brazzaville en 1944, la première Assemblée constituante de 1946 conduisirent à des réformes : la citoyenneté française fut alors accordée aux « sujets » africains et le droit de s’organiser politiquement et syndicalement leur fut alors reconnu

RéférencesModifier

  1. a et b Autorité BnF
  2. a b c et d Fiche sur le site de l'Assemblée nationale
  3. Félix Houphouet-Boigny, ouvrage de Frédéric Grah Mel, consulté le 3 juin 2009

Articles connexesModifier

Liens externesModifier