Irkoutsk

ville de Russie

Irkoutsk
(ru) Иркутск
Blason de Irkoutsk
Héraldique
Drapeau de Irkoutsk
Drapeau
Irkoutsk
Administration
Pays Drapeau de la Russie Russie
Région économique Sibérie orientale
District fédéral Sibérien
Sujet fédéral Drapeau de l'oblast d'Irkoutsk Oblast d'Irkoutsk
Maire Viktor Kondrachov
Code OKATO 25 401
Indicatif (+7) 3952
Démographie
Population 623 562 hab. (2020)
Densité 2 072 hab./km2
Géographie
Coordonnées 52° 19′ nord, 104° 14′ est
Altitude 437 m
Superficie 30 100 ha = 301 km2
Fuseau horaire UTC+08:00 (IRKT)
Heure d'Irkoutsk
Cours d'eau Angara, Irkout
Divers
Fondation 1652
Statut Ville depuis 1686
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Oblast d'Irkoutsk
Voir sur la carte administrative de l'Oblast d'Irkoutsk
City locator 14.svg
Irkoutsk
Géolocalisation sur la carte : Russie
Voir sur la carte administrative de Russie
City locator 14.svg
Irkoutsk
Géolocalisation sur la carte : Russie
Voir sur la carte topographique de Russie
City locator 14.svg
Irkoutsk
Liens
Site web www.irkutsk.ru
Sources

Irkoutsk (en russe : Иркутск) est une ville de Russie méridionale et la capitale de l'oblast d'Irkoutsk, en Sibérie centrale. Sa population s'élevait à 623 562 en 2020, faisant d'elle l'une des villes les plus peuplées de la région économique de Sibérie orientale. Depuis sa connexion au Transsibérien à la fin du XIXe siècle, elle est surnommée le « petit Paris de la Sibérie »[1].

GéographieModifier

Irkoutsk s'étend à 55 km au nord de l'extrémité méridionale du lac Baïkal, à 182 km au nord-est de la frontière russo-mongole et à 4 205 km à l'est-nord-est de Moscou[2]. Elle est située à environ 145 km à l'est de la chaîne du Saïan oriental, au confluent des rivières Angara et Irkout. L'Angara, qui a une largeur de 580 mètres à cet endroit, est traversée par le barrage hydroélectrique d'Irkoutsk et trois autres ponts en aval. La rivière Irkout, dont la ville tire son nom, est un petit cours d'eau, qui se jette dans l'Angara juste en face de la ville.

Panorama d'Irkoutsk.

Irkoutsk se trouve dans une région de collines couvertes de taïga, paysage typique de la Sibérie orientale, qui s'oppose à la steppe ouverte et plate qui caractérise la Sibérie occidentale.

Selon le plan prévisionnel d'Irkoutsk, la ville doit fusionner avec les villes industrielles satellites Chelekhov et Angarsk pour former une nouvelle ville de plus d'un million d'habitants.

La ville se situe à la même latitude (à dix minutes d'arc près) que des villes comme Amsterdam et Varsovie en Europe, ou que du village d'Eastmain au Québec (Canada).

HistoireModifier

En 1652, Iakov Pokhabov (ru) établit un comptoir pour la traite des fourrures avec les Bouriates. Les Cosaques s'y installent et Irkoutsk acquiert le statut de ville en 1686. La cité s'épanouit grâce à l'exportation de l'or, de l'ivoire de mammouth et de la zibeline vers la Chine. Au XIXe siècle, les fortunes se bâtissent rapidement grâce aux mines d'or qui attirent les pionniers. Dans ce Far East, qui n'est pas encore relié au reste du pays par le Transsibérien[3], criminalité et violence sont le lot quotidien des habitants[N 1]. Tavernes et cabarets attirent les mineurs et les marchands.

Le pouvoir tsariste envoie des prisonniers et les opposants politiques dans la région afin d'exploiter les gisements de fer : les artistes, officiers et aristocrates décabristes se retrouvent exilés à Irkoutsk[N 2] et voulurent en faire un foyer culturel majeur[3]. Un incendie du 4 au réduit en cendres la plus grande partie de la ville qui comptait alors près de 33 000 personnes. Le gouverneur oblige alors les habitants à rebâtir leurs maisons en pierre. Pendant la guerre civile qui suivit la Révolution russe de 1917, la région d'Irkoutsk fut le théâtre de sanglants combats entre les Blancs et les Rouges. En 1920, Alexandre Koltchak, le commandant du plus grand contingent de forces anti-bolcheviques, y fut exécuté, ce qui anéantit la résistance anti-bolchevique.

Le centre historique de la ville est inscrit sur la liste indicative au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1998[4].

PopulationModifier

Recensements (*) ou estimations de la population[5]

Évolution démographique
1856 1875 1897 1923 1926 1939 1959 1970
24 10032 51251 47387 60098 400250 181365 893450 941
1979 1989 2002 2006 2010 2012 2013 2014
549 787626 135593 604578 073587 891597 846606 137612 973
2015 2016 2017 2018 2019 2020 - -
620 099623 424623 736623 869623 479623 562--

ClimatModifier

Irkoutsk est à la limite entre le climat subarctique et le climat tempéré continental. Le mois le plus chaud de l'année est juillet avec une température moyenne de 18 °C tandis que le mois le plus froid est janvier avec une température moyenne de −19 °C. Les précipitations varient beaucoup en fonction de la période de l'année : les pluies les plus intenses ont lieu en juillet (116 mm) ; à l'opposé, il ne tombe que 7,9 mm en janvier. Le manteau neigeux tient au sol en moyenne 159 jours par an, de la mi-octobre à début avril.

  • Température record la plus froide : −49,7 °C ()
  • Température record la plus chaude : 37,2 °C ()
  • Nombre moyen de jours avec de la neige dans l'année : 100
  • Nombre moyen de jours de pluie dans l'année : 90
  • Nombre moyen de jours avec de l'orage dans l'année : 14
  • Nombre moyen de jours avec du blizzard dans l'année : 10.
Relevé météorologique d'Irkoutsk
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −23,3 −21,1 −13,8 −3,9 2,4 7,7 11,3 9,7 3,3 −3,8 −12,7 −20 −5,4
Température moyenne (°C) −18,3 −15,2 −7,1 2,1 9,7 15,2 17,7 15,5 8,9 1,3 −7,8 −15,2 0,6
Température maximale moyenne (°C) −13,1 −8,2 0,2 8,8 17,1 22,6 24,4 22,2 15,9 7,7 −2,3 −10,4 7,1
Précipitations (mm) 12 8 12 18 33 71 116 89 53 24 20 16 471
Source : Pogoda.ru.net

TransportsModifier

La ville est desservie par le train (Transsibérien) depuis 1898 et l'avion :

  • de Moscou en avion (4 216 km ou 6 h de vol) ou en train (5 185 km ou près de 87 h) ;
  • de Novossibirsk, 2 h 10 en avion et 34 h en train.

L'aéroport international d'Irkoutsk est le principal aéroport de la région.

Les transports en commun d'Irkoutsk sont assurés par le tramway d'Irkoutsk (5 lignes), le trolleybus (10 lignes), l'autobus et un train de banlieue.

PatrimoineModifier

La ville d'Irkoutsk est surnommée « le Paris de la Sibérie » en raison de son patrimoine architectural :

SportModifier

La ville abritait de 1957 à 2008 le club de football du Zvezda Irkoutsk. Une deuxième équipe apparaît à partir de 2001, le Zénith Irkoutsk, suivie d'une troisième qui se forme peu après la disparition du Zvezda en 2009, le Baïkal Irkoutsk. Tous ont évolué au niveau professionnel au sein des championnats russes.

PersonnalitésModifier

Sont nés à Irkoutsk
Décédés à Irkoutsk

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Dans son livre «En Sibérie» C. Thubron note : «Avant de se coucher, les maîtres de maison avaient coutume de tirer des coups de feu d'avertissement de la fenêtre de leur chambre.»
  2. Selon l'écrivain Colin Thubron, à cette période : «Il était apparemment de bon ton de faire laver sa garde-robe à Londres, même si on ne la revoyait plus pendant un an.»


RéférencesModifier

  1. Jared Diamond, Natural Experiments of History (lire en ligne)
  2. Distances à vol d'oiseau ou distances orthodromiques
  3. a et b Colin Thubron (trad. de l'anglais par K. Holmes), En Sibérie, Paris, Gallimard, , 471 p. (ISBN 978-2-07-044616-2), chap. 6 (« Le grand lac »)

    « Mais d'autres voyageurs ne mentionnaient pas grand-chose en dehors de l'indolence et de la prétention. »

  4. UNESCO Centre du patrimoine mondial, « Centre historique d'Irkoutsk - UNESCO World Heritage Centre », sur whc.unesco.org (consulté le 27 février 2018)
  5. « Recensements et estimations de la population depuis 1897 », sur pop-stat.mashke.org(ru) « Office fédéral de statistiques, Recensement de la population russe de 2010 », sur Service fédéral des statistiques de l'État russe(ru) « Population résidente par municipalité de la Fédération de Russie au 1er janvier 2012 » [rar], sur gks.ru(ru) « Population résidente par municipalité de la Fédération de Russie au 1er janvier 2013 » [rar], sur gks.ru
  6. (de) [1] Hans-Christoph Hoffmann, Die Theaterbauten von Fellner und Helmer, München, Prestel, 1966, p. 82.

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexesModifier

Liens externesModifier