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Université de Kinshasa

université congolaise située à Kinshasa
Université de Kinshasa
Univeristé de Kinshasa - Blason.svg
Blason de l'UNIKIN
Histoire et statut
Fondation
(65 ans)
Type
Nom officiel
Université de Kinshasa
Régime linguistique
Recteur

Daniel Ngoma ya Nzuzi

(depuis 2015)
Localisation
Campus
Mont-Amba
Localisation
Pays
Localisation sur la carte de la République démocratique du Congo
voir sur la carte de la République démocratique du Congo
Red pog.svg
Chiffres-clés
Étudiants
29.554[1]
Enseignants
1.929
Divers
Devise
Scientia splendet et conscientia: "Science sans conscience n'est que ruine de l'âme."
Membre de
Site web

L'université de Kinshasa, communément appelée UNIKIN, est un établissement francophone d'enseignement supérieur universitaire situé dans la ville de Kinshasa en République démocratique du Congo. Fondée en 1954, elle s'appelait à l'origine l'Université Lovanium[2].

Elle est située dans la commune de Lemba, qui elle-même se trouve dans le district du Mont-Amba. Elle accueille 29,554 étudiants pour l'année académique 2018-2019[1].

Sommaire

HistoireModifier

Université LovaniumModifier

Article détaillé : Université Lovanium.

L’histoire de l’Université de Kinshasa commence en 1924 avec la création, par l’Université catholique de Louvain, d’une Association médicale qui devait s’occuper de la santé et de l’éducation au Congo. De cette initiative résulta la création par des professeurs de cette université, de la Fondation Médicale de l’Université de Louvain au Congo (FOMULAC) et plus tard, en 1927, du premier établissement de santé construit à Kisantu dans le Bas-Congo où eut lieu le premier cours de formation des infirmiers.

En 1932, l’Université de Louvain créa, sur le même site, une section d’agronomie, à laquelle s’ajoutèrent une section des sciences administratives et commerciales en 1936, et une section s’assistants médicaux en 1937.

En 1947, ces trois sections furent regroupées sous l’appellation de "Centre Universitaire Congolais de Lovanium", qui fut transféré du site de Kisantu à celui de Kimwenza, et qui devint l’Université Lovanium en 1954[3].

Lovanium est l'ancien nom (latin) de Louvain. Le 15 janvier 1954 s'ouvre le premier cours pré-universitaire sous le rectorat du Père jésuite Maurice Schurmans (1901-1970). Des trente étudiants inscrits, onze (ceux qui avaient réussi les cours pré-universitaires) entament la première année académique qui s'ouvre dix mois plus tard, en octobre 1954, dans des bâtiments encore inachevés [2].

Université nationale du ZaïreModifier

Article détaillé : Université nationale du Zaïre.

En août 1971, l'université Lovanium fut fusionnée avec l'université de Kisangani (protestante), aussi connue sous le nom de « université Libre du Congo »[4] et l'université de Lubumbashi, aussi connue sous le nom de « université officielle du Congo »[4](fondée en 1956 par l'université de Liège) pour former l'université nationale du Zaïre, l'UNAZA.

En 1981, l'université nationale du Zaïre est à nouveau scindée en trois établissements : l'université de Kinshasa, l'université de Kisangani et l'université de Lubumbashi : UNIKIN, UNIKIS, UNILU. Par l’ordonnance-loi no 81-142 du , l'université de Kinshasa est nationalisée et garde depuis lors sa dénomination.

L’université aujourd’huiModifier

À partir de 1981, l'université prend son nom actuel, « université de Kinshasa », ou « UNIKIN ». Et elle est nationalisée. Ce qui, apparemment, d'après le site web de l'université elle-même, ne serait pas la meilleure chose qui lui soit arrivée : « Cette nationalisation a auguré la déchéance de l’université de kinshasa, caractérisée par une dégradation progressive de son patrimoine, un désengagement graduel de l’État qui ne parvenait plus à subventionner l’université et une détérioration des conditions de travail aussi bien des étudiants, des enseignants, des chercheurs que du personnel adminsitratif »[5].

Les années élastiquesModifier

Une année élastique[6] est une année académique qui peut s'étendre sur plus d'un an. À l'UNIKIN, les années élastiques sont fréquentes et peuvent s'étendre de 13 à 24 mois. Ce phénomène peut avoir plusieurs causes : une cause ou raison politique qui engendre à son tour des manifestations, voire même la fermeture temporaire de l'université ; un problème interne à l'université qui engendre des grèves de professeurs ou des grèves d'étudiants. La grève la plus récente est une grève de professeurs. Ces derniers sont payés en francs congolais à un taux de change qui n'est pas le taux du jour, mais à un taux antérieur... En théorie, ils devraient être payés 1.000 dollars par l'État plus recevoir une prime de l'université de plus ou moins 500 dollars (en fonction du nombre d'inscrits). En pratique, à cause de ce taux de change défavorable, ils gagnent beaucoup moins. C'est pour cette raison qu'ils ont fait grève en octobre 2018[7]. Il y avait déjà eu une grève quelques semaines plus tôt. Toutes les facultés ne sont pas touchées de la même manière par ce phénomène.

En dépit de ces difficultés, "l'UNIKIN reste une université de renom en République démocratique du Congo, l’un des plus prestigieux établissements du pays"[8].

OrganisationModifier

DirectionModifier

 
Bâtiment du rectorat.

L'université est dirigée par un Comité de gestion composé de quatre membres : le recteur, le secrétaire général académique, le secrétaire général administratif et l’administrateur du budget. Pour l'année académique 2018-2019, il s'agit respectivement du Professeur Daniel Ngoma Ya Nzuzi, du Professeur Célestin Musao Kalombo Mbuyu, du Professeur Godefroid Kabengele Dibwe et de Madame Christine Basosila Paoni[9].

Liste des recteursModifier

Organisation des étudesModifier

L’université est divisée en facultés, qui possèdent des degrés d’indépendance divers. Chaque faculté se compose de départements et de centres de recherches.

Elle organise des enseignements de 1er, 2e et 3e cycles dans toutes les facultés. Les études du 1er cycle s'appellent graduats. Elles durent trois ans. Les étudiants parlent de "G1", "G2", "G3". Les études du 2ème cycle s'appellent licences. Elles durent deux ans. Les étudiants parlent de "L1" et de "L2". Les études du 3ème cycle s'appellent comme partout ailleurs un doctorat.

Le minerval (frais d'études) s'élève à 300 dollars[8] pour une année de graduat. Il s'élève à 275 dollars pour les licences.

FacultésModifier

L’université est composée des douze facultés suivantes : faculté de droit, faculté de lettres, faculté de médecine, faculté de médecine vétérinaire, faculté de pétrole, gaz et énergies nouvelles, faculté polytechnique, faculté de psychologie et science de l'éducation, faculté des sciences, faculté des sciences agronomiques, faculté des sciences économiques et de gestion, faculté des sciences pharmaceutiques, faculté des sciences sociales, administratives et politiques [11].

 
Un auditoire de polytechnique.

DépartementsModifier

Chaque faculté est composée de plusieurs départements. La faculté de droit a quatre départements : droit privé et judiciaire, droit pénal et criminologie, droit international public et relations internationales, Droits de l'Homme[12]. La faculté de lettres a quatre départements : lettres, langues, histoire, philosophie. La faculté de polytechnique a trois départements : électricité, génie mécanique, génie civil. La faculté de psychologie et des sciences de l'éducation à trois départements : psychologie, science de l'éducation, gestion des entreprises et organisation de travail et d'agrégation. La faculté des sciences a cinq départements : physique, chimie, biologie, géosciences (géologie et géographie), mathématiques et informatique.

La faculté des sciences agronomiques a cinq départements : phytotechnie, zootechnie, économie agricole, chimie et industrie agricole, gestion des ressources naturelles. La faculté des sciences économiques et de gestion à deux départements : économie, gestion. La faculté des sciences pharmaceutiques a sept départements : pharmacologie, chimie médicale et pharmacognosie, galénique et analyse des médicaments, sciences bio pharmaceutiques et alimentaires, options professionnelles des industries et analyse des médicaments, pharmacie d’hôpital et communautaire, biologie médicale. La faculté des sciences sociales, politiques et administratives trois départements : sociologie et anthropologie, sciences politiques et administratives, relations internationales.

La faculté de médecine à huit départements : chirurgie, CNPP, gynécologie, médecine interne, médecine physique et réadaptation, odonto-stomachologie, science de base, médecine tropicale[13].

Entités décentralisées et écolesModifier

En plus de ces douze facultés, on trouve également sept entités décentralisées dépendantes de l'UNIKIN : les Cliniques universitaires,

 
Cliniques universitaires de Kinshasa.

le Centre Neuro-psycho-pathologique, le Centre hospitalier du Mont-Amba, le Groupe scolaire du Mont-Amba, l’Institut technique médical, la Régie de construction, l’École régionale postuniversitaire d’aménagement et de gestion intégrée des forêts et des territoires tropicaux.

L'UNIKIN a également deux écoles : École de santé publique et École Régionale postuniversitaire d’Aménagement et de gestion Intégrée des Forêts et des territoires Tropicaux (ERAIFT).

BibliothèquesModifier

L’université de Kinshasa possède une bibliothèque centrale qui compte approximativement 6 700 ouvrages. Le journal Le Monde qualifie cette bibliothèque universitaire de "décharnée"[8].

Depuis 2012, la bibliothèque de l'université de Kinshasa accueille un point d'accès à l'information doté de six postes de travail[14]. La bibliothèque centrale possède une salle de lecture de 500 places assises.

Outre celle-ci, l’université, au sein de chaque faculté, dispose d’une bibliothèque spécialisée, c’est-à-dire ne traitant que la matière de la faculté. Il est très difficile d'estimer le nombre d'ouvrages de ces bibliothèques parce qu'une partie d'entre eux ne sont accessibles qu'aux professeurs. Si on en demande la raison aux bibliothécaires, ils répondent invariablement « c'est une mesure prise pour ne pas endommager les livres ! »

Quelques personnalités liées à l’universitéModifier

Étudiants de l'université de KinshasaModifier

Professeurs à l'université de KinshasaModifier

  • Marcel Lihau, Professeur de droit à partir de 1963 et ensuite Doyen de la faculté de droit.
  • Tshiunza Mbiye, Professeur d'économie depuis 1976.
  • Mabi Mulumba, Professeur d'économie depuis la fin des années 80.

Galerie de photosModifier

BibliographieModifier

  • Gillon, L., Servir, en actes et en vérité, Duculot, Paris, 1988.
  • Lututala, M.B., Pertinences et effets pervers de la privatisation de l’enseignement supérieur et universitaire en RDC, Travaux et recherches de l’Université Kongo, n° 1, 2002.
  • Makosso, B. et al., Enseignement supérieur en Afrique francophone – Crises, réformes et transformations, Dakar: CODESRIA, 130 p., 2009.
  • Malengreau, G., L’Université Lovanium – des origines lointaines à 1960, Kinshasa: Editions universitaires africaines, 235 p., 2008.
  • Matangila, M. L., L’enseignement universitaire et supérieur au Congo-Kinshasa. Défis et éthique, Kinshasa: Espace L’Harmattan, 2003.
  • Mbata Mangu, A.B. et al., Universités et libertés académiques en République démocratique du Congo, Dakar: CODESRIA, 214 p., 2005.
  • Mpevo Mpolo, A., Les quatre tournants manqués de l'université congolaise. Analyse des réformes académiques du Congo-Zaïre (1971-2011), L'Harmattan, Paris, 2012, 366 p. (ISBN 9782296960596)
  • Joseph Kalala Mukoma, « Les Bibliothèques universitaires congolaises : perspectives historiques », dans 3e conférence nationale des Bibliothèques et Centres de documentation de la RDC, Kinshasa (24 mai – 28 mai 2005), (lire en ligne)
  • Ndaywel È Nziem, I., Les années Unaza, Contribution à l'histoire de l'université Africaine Tome 1 Editions l'Harmattan, 2018
  • Ndaywel È Nziem, I., Les années Unaza, Contribution à l'histoire de l'université Africaine Tome 2 Editions l'Harmattan, 2018
  • Trefon, T., “Public Service Provision in a Failed State : Looking Beyond Preda- tion in the Democratic Republic of Congo”, Review of African Political Economy, n° 119, pp 9-21, 2009.
  • Verhaegen, B, L'enseignement universitaire au Zaïre: De Louvanium à l'UNAZA (1958-1978) Editions l'Harmattan 1978

RéférencesModifier

  1. a et b « Présentation de l'université », Université de Kinshasa (consulté le 26 mars 2019)
  2. a et b Françoise Hiraux, « Catalogue de l'exposition Lovanium présentée à Louvain-la-Neuve, au Forum des Halles, du 26 avril au 9 mai 2008. », www.uclouvain.be (consulté le 17 juillet 2016)
  3. « Université de Kinshasa » (consulté le 28 mars 2019)
  4. a et b « Université de Kinshasa », sur jeuneafrique.com
  5. « L'historique »
  6. Bernard Mumpasi Lututala, « L’Université de Kinshasa : « colline du savoir », colline des transactions » (consulté le 29 mars 2019)
  7. Radio Okapi, « Les professeurs de l'université de Kinshasa de nouveau en grève » (consulté le 29 mars 2019)
  8. a b et c Joan Tilouine, « L'université de Kinshasa et ses profs fantômes sous sanctions américaines », Le Monde Afrique,‎ (lire en ligne)
  9. « Organe dirigeant »
  10. « Nouveaux dirigeants à l’Unikin, Ifasic et ISP »
  11. « Facultés », Université de Kinshasa (consulté le 16 mai 2019)
  12. « Droit (départements) »
  13. « Médecine »
  14. « Inauguration du point d’accès à l’information de l’AUF à l’Université de Kinshasa », AUF, 14 octobre 2012 [1],

AnnexesModifier