Cucugnan

commune française du département de l'Aude

Cucugnan
Cucugnan
Vue générale de Cucugnan.
Blason de Cucugnan
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Aude
Arrondissement Narbonne
Intercommunalité Communauté de communes Corbières Salanque Méditerranée
Maire
Mandat
André Doumenc
2020-2026
Code postal 11350
Code commune 11113
Démographie
Gentilé Cucugnanais
Population
municipale
123 hab. (2017 en diminution de 7,52 % par rapport à 2012)
Densité hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 51′ 07″ nord, 2° 36′ 11″ est
Altitude 360 m
Min. 218 m
Max. 822 m
Superficie 15,33 km2
Élections
Départementales Canton des Corbières
Législatives Troisième circonscription
Localisation
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Cucugnan
Liens
Site web www.cucugnan.com

Cucugnan Écouter (en occitan : Cucunhan) est une commune française, située dans le département de l'Aude en région Occitanie.

Ses habitants sont appelés les Cucugnanais.

GéographieModifier

LocalisationModifier

Commune des Corbières située au pied du mont Tauch sur le Verdouble et sur le terroir viticole Corbières (AOC). Elle est limitrophe du département des Pyrénées-Orientales.

Communes limitrophesModifier

Géologie et reliefModifier

Le Grau de Maury, col situé à 432 mètres, permet d'accéder à Cucugnan en provenance de Maury.

Cucugnan se situe en zone de sismicité 3 (sismicité modérée)[2].

HydrographieModifier

Voies de communication et transportsModifier

ToponymieModifier

Cucuquieno en 359, Cucunianum en 951[3], Cucugnanum, Chugunanum en 1195[3]

Cucugnan (Cucunhan en occitan).

De l'anthroponyme gaulois Cucculus.

HistoireModifier

 
Vue partielle du village.

Cucuniano est mentionné par écrit pour la première fois en 951, lorsque le comte du Razès, Roger Ier de Carcassonne fait don d'une partie du territoire de Cucugnan à l'abbaye de Lagrasse. Le territoire de Cucugnan fait alors partie du pagus du Perpertusès, division administrative du comté du Razès, alors sous la souveraineté des Carolingiens.

Vers 863-864, le comté du Razès passe aux mains du comte de Carcassonne.

Après la guerre du Razès, qui débute en 981, le comte de Besalú prend en main, vers 1010, le commandement du Perapertusès.

À la fin du Xe siècle, l'émiettement du pouvoir carolingien entraine la multiplication des forteresses sur les hauteurs telles que Quéribus et Peyrepertuse.

En 1070, Cucugnan est cité lors des serments prêtés au comte de Besalú par les nobles.

En 1111, Peyrepertuse et tout le territoire qui lui appartient, dont Cucugnan, entrent dans le domaine du comte de Barcelone

En 1140, Bérenger de Peyrepertuse rend hommage au comte de Barcelone pour la Forteda de Cucuniano. Un ouvrage fortifié, dépendant des seigneurs de Peyrepertuse, est mentionné dès le début du XIIe siècle.

En 1193, le seigneur de Cucugnan est cité pour la première fois. Il fait partie de la branche cadette des seigneurs de Peyrepertuse.

De 1209 à 1255, pendant la croisade des Albigeois, le seigneur de Peyrepertuse se joint à la résistance languedocienne, puis se soumet au roi de France saint Louis en même temps que le comte de Toulouse en 1241.

En 1258, le traité de Corbeil, entre les royaumes de France et d'Aragon, fixe la frontière dans le Fenouillèdes. Cucugnan sera ainsi en première ligne lors des guerres contre les Espagnols jusqu'au traité des Pyrénées de 1659.

À la fin du XVe siècle Cucugnan est détruit. Le traité des Pyrénées mettra fin à cette situation avec l'annexion par la France du Roussillon.

Au XVIe siècle, un nouveau village voit le jour au-dessous du village médiéval totalement ruiné. En 1692, les archives font état d'une maison du seigneur, qui était située, selon la tradition orale, en face de l'église actuelle. Ce village semblait fortifié comme semble l'attester une porte fortifiée située à l'ouest.

Politique et administrationModifier

 
Rue de Cucugnan.

Administration municipaleModifier

Liste des mairesModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
mars 1977 2008 Alain Mounié PS Conseiller général
mars 2008 2014 Joël Gauch    
2014 En cours André Doumenc SE Entrepreneur en bâtiments
Les données manquantes sont à compléter.

Population et sociétéModifier

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[4]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[5].

En 2017, la commune comptait 123 habitants[Note 1], en diminution de 7,52 % par rapport à 2012 (Aude : +2,19 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
214214239252267283301312282
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
299288271280268262261231218
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
228217226201224225184154146
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
157124102113128113131133133
2017 - - - - - - - -
123--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2006[7].)
Histogramme de l'évolution démographique

EnseignementModifier

Manifestations culturelles et festivitésModifier

 
Vignobles devant le mont Tauch.
  • Festival du conte Cont'en Corbières Cucugnan Padern.

SantéModifier

SportsModifier

ÉconomieModifier

 
La route des vins à Cucugnan.

Culture locale et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

 
Vierge enceinte.

Cucugnan est dans une plaine à laquelle on accède par le grau de Maury qui est dominé et qui fut contrôlé par le château de Quéribus, dernière citadelle Cathare et sentinelle française aux portes de l'Espagne jusqu'en 1659 (traité des Pyrénées, déplaçant la frontière à la chaîne des Albères).

Cucugnan est un village artisanal, surmonté par l'église Saint-Julien-et-Sainte-Basilisse mentionnée pour la première fois en 1360 et abritant une Vierge enceinte.

Les vestiges d'un castrum sont encore visibles au-dessus du Moulin d'Omer en activité. La commune de Cucugnan dévoile dans ses montagnes et sa garrigue une multitude de bâtiments anciens (XIIIe).

Tout au sommet du village, le moulin seigneurial avait été préservé à la suite de la Révolution française. Particularité remarquable de ce moulin, il bénéficie toujours d'un droit de mouture et d'un contingent de 837 quintaux. Les conditions aérologiques exceptionnelles de la vallée du Triby et de la fréquence des jours ventés ont permis sa remise en exploitation au début de 2006. La chaîne complète du grain au pain peut être un but de visite.

Moulin d'Omer
 
Le moulin surplombant le village et remis en exploitation en 2006.

Le moulin est bâti à même le rocher en pente, au-dessus de trois anciennes aires de battage.

Ce moulin à vent qui est mentionné sur des documents d'archives en 1692, appartient, alors, aux seigneurs de Cucugnan et le restera jusqu'à la Révolution.
En 1838, il est en ruine.
En 2003, le bâtiment et le mécanisme sont réhabilités. Ses ailes, en frêne habillées de toile, s'orientent grâce à un toit pivotant. La poutre maîtresse est en chêne, les engrenages sont en buis et les meules en granit.

Église Saint-Julien-et-Sainte-Basilisse

Le vocable[8] de l'église laisse à penser qu'un bâtiment religieux existait à l'époque carolingienne, sans impliquer pour autant la présence d'un habitat regroupé. Toutefois l'église est mentionnée à partir de 1360.

Quand les seigneurs de Cucugnan affirment leur pouvoir, le lieu de culte est déplacé dans leur château en haut du village.

Cette église, très détériorée, est démolie vers 1860. Ses pierres servent à la construction de l'église actuelle qui a été restaurée en 1991.

Cette nouvelle église de style néo-gothique est composée d'une nef à trois travées, d'un chœur polygonal, de deux chapelles formant transept et un clocher.

Château de Quéribus

Gardien du Grau de Maury, Quéribus est perché sur un étroit piton rocheux à 728 mètres d'altitude. Il surveille le massif des Corbières, la Fenouillèdes et la plaine du Roussillon.

Ce château est mentionné pour la première fois en 1020, sur le testament de Bernard Taillefer, comte de Besalú.

En 1111, le territoire entre dans le domaine du comte de Barcelone et garde la frontière nord du royaume d'Aragon.

Lors de la croisade des Albigeois, le château abrite les religieux cathares, Benoit de Termes, diacre du Razès s'y réfugie et y meurt en 1241. En 1255, défendu par le chevalier Chabert de Barbeira le château tombe aux mains des croisés français d'Olivier de Termes et entre dans le royaume de France.

En 1258, avec le traité de Corbeil qui fixe la frontière dans le Fenouillèdes, Quéribus devient une pièce maitresse du dispositif défensif français, dont le centre de commandement est Carcassonne. Il est l'un des cinq fils de Carcassonne : Queribus, Aguilar, Peyrepertuse, Puilaurens et Termes.

Entièrement reconstruit par les rois de France à la fin du XIIIe et XIVe siècle, il perd son intérêt stratégique en 1659 lors du traité des Pyrénées.

Le château de Quéribus est classé monument historique depuis le .

Patrimoine naturelModifier

Le Grau de Maury est un col du Massif des Corbières qui marque la limite de l'Aude et des Pyrénées-Orientales.

Personnalités liées à la communeModifier

  • Alphonse Daudet publie dans L’Événement du , puis dans le recueil des Lettres de mon moulin en 1869, une nouvelle intitulée : Le Curé de Cucugnan. C’est la plus célèbre version de l'histoire du sermon de ce bon curé qui, voulant faire revenir ses ouailles dans le droit chemin, leur raconte un voyage imaginaire au paradis, au purgatoire puis en enfer, où il trouve tous les anciens Cucugnanais. Achille Mir en a écrit une adaptation en provençal : Lou sermou dal Curat de Cucugna en 1886[9]. Une structure - baptisée théâtre Achille-Mir - présente toute l'année un spectacle conté et animé qui s'intitule Le Sermon du curé de Cucugnan, avec la voix d'Henri Gougaud.
  • Marcel Pagnol a réalisé en 1954 dans son film "Les Lettres de mon moulin", avec trois autres contes du livre de Daudet, une adaptation cinématographique du" Curé de Cucugnan".

HéraldiqueModifier

  Blason
Fuselé d'argent et de sinople, à la croix cléchée et pommetée de douze pièces de gueules, brochant sur le tout.
Détails
Le statut officiel du blason reste à déterminer.
Alias D'argent, à une fasce fuselée d'argent et de sinople.

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

  • « Cucugnan », dans Alphonse MAHUL, Cartulaire et Archives des Communes de l'ancien diocèse et de l'arrondissement administratif de Carcassonne , chez V. Didron, Paris, 1863, volume 4, p. 531-538 (lire en ligne)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

RéférencesModifier

  1. Carte IGN sous Géoportail
  2. Plan séisme
  3. a et b Carte archéologique de la Gaule romaine, E. Leroux, 1959, Numéro 12, page 196.
  4. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  5. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
  8. Vocable est le nom du saint auquel une église doit son appellation.
  9. La Revue félibréenne. 1887-1888 [lire en ligne]