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Clara Malraux

écrivaine française
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Malraux (homonymie).
Clara Malraux
Nom de naissance Clara Goldschmidt
Naissance
Paris
Décès (à 85 ans)
Andé (Eure)
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture français, allemand
Genres

Clara Malraux, née Clara Goldschmidt le à Paris 5e, et morte le à Andé (Eure)[1], est une écrivaine française.

Sommaire

BiographieModifier

Clara Goldschmidt, de nationalité allemande, passe son enfance à Auteuil dans une famille juive aisée et cultivée, entre une mère oisive et un père absent. Elle est bercée par les lectures de Shakespeare, Balzac, Corneille et Hugo[2].

En 1920, elle entre comme traductrice à Action, revue d'avant-garde où elle rencontre certains artistes, comme Cendrars, Picasso, Cocteau, Aragon et André Malraux. Elle fait la connaissance de ce dernier au cours d'un dîner organisé par Florent Fels. Il occupe une chambre à l'hôtel Lutetia, au no 45 du boulevard Raspail à Paris. Ils partent ensemble en Italie : Florence, Venise, puis faute d'argent, rentrent d'urgence en France. Elle épouse André Malraux le 21 octobre 1921[1]. Ils se jurent l'un l'autre une grande indépendance et de pouvoir divorcer à leur guise. Ils partent en voyage de noce à Prague, puis à Vienne et passent les fêtes de fin d'année à Magdebourg, berceau de la famille Goldschmidt. Au début de 1922, Clara Malraux part avec son mari à Berlin, puis en Tunisie et en Sicile. Malraux dirige alors une collection aux Éditions du Sagittaire. En 1923, Malraux réussit à se faire réformer. Il place l'argent de son épouse en bourse dans des valeurs mexicaines (notamment des mines d'or) qui s'effondrent ; ils sont ruinés[3].

Pour se refaire, Malraux a l'idée de voler des statues d'art khmère et les revendre. Les voilà tous les deux, accompagnés de l'ami de Malraux, Louis Chevasson, en route vers le Cambodge. Arrivés au temple de Banteay Srei, vers la mi-décembre, ils découpent les sept bas-reliefs, qu'ils emballent et emportent. Arrivés à Phnom-Penh le 23 décembre 1923, ils sont arrêtés sur dénonciation et assignés à résidence. André est condamné le 28 octobre 1924 à trois ans de prison ferme, et Louis Chevasson à un an et demi. Clara Malraux est acquittée. Repartie à Paris, elle mobilise en faveur de son mari les intellectuels en vue de l'époque : Marcel Arland, Louis Aragon, André Breton, François Mauriac, André Gide, Max Jacob. En appel, la peine d'André Malraux est réduite à un an et huit mois avec sursis. Rentré à Paris en novembre 1924, il demeure avec sa femme quelque temps au no 39 du boulevard Edgar Quinet (domicile qui n'existe plus aujourd'hui). Cette aventure lui inspire son œuvre : La Voie Royale.

En 1925, ils repartent en Indochine, descendent à l'hôtel Continental à Saïgon, qui existe toujours. André Malraux fonde un journal : Indochine, Clara Malraux y devient journaliste. Le journal devient par la suite L'Indochine enchaînée. Ils rentrent à la fin de l'année. Entre-temps, Clara Malraux est devenue gravement dépendante à l'opium[4]. En 1926, ils emménagent au no 122 du boulevard Murat à Paris. De 1929 à 1931, ils feront plusieurs voyages en Orient.

En mars 1932, la belle-mère de Clara Malraux meurt. Ils s'installent au no 44 de la rue du Bac dans le 7e arrondissement de Paris. Malraux fait la connaissance de Josette Clotis. Le 28 mars 1933, Clara Malraux met au monde Florence. Elle s'achète une voiture qu'elle conduit, son mari n'ayant pas de permis. Elle a de plus en plus le sentiment d'étouffer avec ce conjoint dont la personnalité l'écrase. En 1933, après l'incendie du Reichstag, Clara Malraux aide les émigrés allemands qui fuient le régime nazi[5]. Malraux milite contre le fascisme et prend la défense de Dimitrov, accusé d'avoir incendié le Reichstag. Malraux a une courte liaison avec Louise de Vilmorin. Clara Malraux n'est pas présente pour la remise du prix Goncourt, elle est en Palestine avec un jeune peintre de 20 ans. De juin à septembre 1934, le couple est en URSS, Clara Malraux est plus méfiante vis-à-vis des soviétiques. Le 22 juillet 1936, Malraux rejoint l'Espagne, elle tient à l'accompagner et recrute les pilotes. En 1937, Malraux part aux États-Unis pour récolter de l'argent afin de venir en aide à la jeune République Espagnole ; il n'est pas seul : Clara Malraux découvre qu'il est accompagné de Josette Clotis ; le couple se sépare, mais ne divorcera officiellement qu'en 1947. Prenant conscience de ses origines juives, elle va militer dans un groupe révolutionnaire allemand s'inspirant du trotskisme.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle se réfugie à Paris, puis dans le Lot. En zone libre, elle rencontre un nouvel amour, Gérard Krazat, un Allemand, antifasciste et communiste. Elle s'engage avec lui dans la Résistance. Arrêté par la Gestapo, Krazat meurt et Clara Malraux devient clandestine[6].

À la fin des années quarante, elle se lie avec un écrivain, Jean Duvignaud, et participe à la revue Contemporains. Ils vivent cependant chacun dans leur appartement dans un compagnonnage de treize ans[7]. En 1947, elle divorce d'avec André Malraux.

Sa fille, Florence Malraux, signe en 1960 le Manifeste des 121 favorable à l'insoumission des appelés pour l'Algérie, ce qui va la brouiller avec son père jusqu'en 1968.

En 1967, lorsque le conflit israélo-arabe éclate, Clara Malraux s'engage en faveur du dialogue.

En mai 1968, elle milite aux côtés des étudiants de Nanterre. Elle dira de cette époque : « C'est la fin de ma jeunesse »[réf. nécessaire]. Elle a alors 70 ans.

ŒuvresModifier

  • 1928 : Journal psychanalytique d'une petite fille, adapté de l'allemand par Clara Malraux, préface de Michel Neyraut ; lettre-préface de Sigmund Freud, Paris, Gallimard, " Les Documents bleus", journal prétendument rédigé par une certaine Grete Lainer mais considéré comme un faux de la psychanalyste Hermine Hug von Hugenstein ;
  • 1938 : Le Livre des comptes chez Gallimard.
  • 1945 : Portrait de Grisélidis
  • 1947 : La Maison ne fait pas crédit, Editions de la Bibliothèque française (réédité en 1981)[8].
  • 1953 : Par de longs chemins, roman, Paris, éd. Stock Delamain & Boutelleau ;
  • 1958 : La Lutte inégale
  • 1963 : Java Bali, Édition Rencontre, Lausanne, L'Atlas des voyages ;
  • 1963-1979 : Le Bruit de nos pas (Mémoires) :
    • Apprendre à vivre, (1897-1922), vol: I, Paris, Grasset.
    • Nos Vingt Ans, (1922-1924), vol: II, Paris, Grasset, 1962-1966-1986, Les Cahiers Rouges 2006. Pris, LGF, Livre de Poche
    • Les Combats et les Jeux, (1924-1927)', vol: III,Paris, Grasset 1969, 1977 ;
    • Voici que vient l'été, (1927-1935), vol: IV, Paris, Grasset
    • La Fin et le Commencement, (1936-1940), vol: V, Paris, Grasset
    • Et pourtant j'étais libre, (1940-1968), vol: VI, préface de François Nourissier, Paris, Grasset 1979, les Cahiers Rouges, 2006.
  • 1971 : Venus des quatre coins de la terre : Douze rencontres en Israël, Édition Julliard, 1972, réédition ;
  • 1980 : Rahel, ma grande sœur, un salon littéraire à Berlin au temps du romantisme, Édition Ramsay- Rombaldi ; Bibliothèque du temps présent, 1981.

TraductionsModifier

  • 1922 : Une chambre à soi de Virginia Woolf, traduit de l'anglais, Paris, Gonthier, col. Femme, 1965/ Denoël, col. Empreinte, 1922/ Bibliothèques 10-18, 1998.
  • 1946 : Description d'un combat, de Franz Kafka, lithographies originales par Atlan, traduction de Clara Malraux et Rainer Dorland, préface de Bernard Groethuysen, Paris, Maeght ;
  • 1951 : La ville au-delà du fleuve de Hermann Kasack, traduit de l'allemand, Paris Calmann-Lévy, 1951/ tirage limité. De l'étranger, 1988 ;
  • 1952 : Kafka m'a dit: notes et souvenirs, de Gustav Janouch, traduit de l'allemand, préface de Max Brod, Paris Calmann-Lévy ;
  • 1953 : Histoire d'amour, roman de Luise Rinser, traduit de l'allemand : Hälfte des Lebens, Pais, Calmann-Lévy ;
  • 1954 : Jan Lobel de Varsovie de Luise Rinser, récit, traduit de l'allemand, Paris, Seuil.
  • 1955 : La vérité sur Thérèse Neumann de Luise Rinser, traduit de l'allemand, die Wahrheit über Konnersreuth, Paris, Seuil ;
  • 1956 : Les Anneaux transparents, de Luise Rinser; Die Glasernen Ringe, traduit de l'allemand, Paris, Seuil ;
  • 1957 : Le retour de Philippe Latinovicz, de Miroslav Krleza traduit du serbo-croate par Mila Djordjevic et Clara Malraux, introduction de Zlatko Suzic, Paris, Calmann-Lévy, Traduit de/Tirage limité, De l'étranger, 1988
  • 1960 : L'enfant élu roman traduit de l'allemand, Paris, Calmann-Lévy, Traduit de, 1960/Livre de Poche, 1973 ;
  • 1985 : Sous le filet d'Iris Murdoch, traduit de l'anglais, Pris, Gallimard, Folio

BibliographieModifier

  • Dominique Bona, Clara Malraux. Nous avons été deux, Grasset, 2010.
  • Claude-Catherine Kiejman, Clara Malraux, l'aventureuse, présentation par Jean Lacouture, Paris, Arléa, 2008.
  • Isabelle de Courtrivon, Clara Malraux, Une femme dans le siècle, Éditions de l'Olivier, 1992.
  • Christian de Bartillat, Clara Malraux, Bibliographie. Témoignage, Terre des Femmes, Perrin, 1986. Nouvelle éd. en 2002.

Roman graphiqueModifier

  • Avant l'heure du tigre - La Voie Malraux, scénario de Virginie Greiner, dessin de Daphné Collignon, Éditions Glénat, 2015, 168 p.

RadioModifier

  • France-Culture, Les Mémorables, « Clara Malraux », du 19 au 23 juillet 2004.

Notes et référencesModifier

  1. a et b Archives numérisées de l'état civil de Paris, acte de naissance no 5/3201/1897, avec mention marginale du décès (consulté le 15 juin 2012)
  2. Clara Malraux, Nos vingt ans, p. 25.
  3. Patrick Liegibel, « Le procès Malraux », émission Au fil de l'histoire sur France Inter, 5 décembre 2012.
  4. Dominique Bona, « Clara Malraux », in Le Monde, 22 janvier 2010.
  5. Clara Malraux, Nos vingt ans, p. 36.
  6. Clara Malraux, Nos vingt ans, p. 43.
  7. Dominique Bona, Clara Malraux, Éditions Grasset et Fasquelle, 2010, 469 p.
  8. http://catalogue.bnf.fr/servlet/biblio?idNoeud=1&ID=32412630&SN1=0&SN2=0&host=catalogue

AnnexesModifier