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Phnom Penh
ក្រុងភ្នំពេញ
Blason de Phnom Penh
Héraldique
Phnom Penh
Administration
Pays Drapeau du Cambodge Cambodge
Province Province de Phnom Penh
Gouverneur Pa Socheatvong
Démographie
Population 1 501 725 hab. (2010)
Densité 5 178 hab./km2
Géographie
Coordonnées 11° 34′ 18″ nord, 104° 55′ 23″ est
Superficie 29 000 ha = 290 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Cambodge

Voir sur la carte administrative du Cambodge
City locator 12.svg
Phnom Penh

Phnom Penh (khmer : ក្រុងភ្នំពេញ, Krong Phnom Penh) est la capitale du Cambodge, située dans la moitié sud du pays, au confluent du Tonlé Sap et du Mékong. Un million cinq cent mille Phnompenhois vivent sur les 290 km2 du territoire de la municipalité de Phnom Penh[1]. Administrativement, Phnom Penh est également une province du Cambodge. Pa Socheatvong en est le gouverneur actuel.

Devenue capitale du Royaume à l'époque de l'Indochine française, Phnom Penh était surnommée la « Perle de l'Asie » dans les années 1920. Fondée en 1434, la ville s'est beaucoup développée sous l'impulsion de la France, developpement laissant en héritage nombre de bâtiments à l'architecture européenne et coloniale, notamment le long des grands boulevards. Aujourd'hui, Phnom Penh est la ville la plus peuplée du Cambodge ainsi que son centre économique et politique.

GéographieModifier

Site et situationModifier

 
Vue satellite du site de Phnom Penh. On distingue, en haut à gauche, l'arrivée du Tonlé Sap, à droite le coude du Mékong englobant quelques îles, au milieu en bas le départ du Bassac dans le prolongement du Tonlé Sap. Phnom Penh est construite juste à l'ouest de ce confluent.

Phnom Penh se situe dans la plaine des Quatre-Bras dans le Sud du Cambodge[2]. La ville est construite à la convergence de quatre larges voies d'eau : le Mékong amont, le bras principal du Mékong en aval, le Tonlé Sap (un émissaire à flux alternés) et le Bassac, premier bras à se détacher du grand fleuve. La ville doit ainsi à ce site son ancien nom de Krong Chaktomuk (khmer : ក្រុងចតុម្មុខ) signifiant « la ville aux quatre visages ».

Le site originel de Phnom Penh est soumis aux inondations saisonnières. Il est formé d'étendues alluviales argilo-limono-sableuses où on reconnaît des bourrelets de berge parallèles aux voies d'eau, isolant des dépressions dont la partie la plus basse est occupée par des beng ou beûng, des nappes d'eau permanentes débordant sur les arrières-berges[2]. Les principaux sont le beng Kak (asséché en 2015), le beng Trabek, le beng Tapoung et le beng Pempea.

Depuis l'époque de l'Indochine française, Phnom Penh est également le nœud central du réseau routier cambodgien. La capitale est ainsi située au croisement de l'ensemble des routes nationales lesquelles desservent les différentes provinces du Royaume ainsi que les états voisins que sont la Thaïlande, le Laos et le Vietnam.

ClimatModifier

Phnom Penh a un climat tropical.

La ville connaît deux saisons. La saison humide, de mai à octobre, qui peut voir la température monter jusqu'à 47 °C, est généralement accompagnée d'une humidité élevée. La saison sèche, de novembre à avril, connaît des températures plus basses, peu ou pas de pluies.

Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc.
Température minimale moyenne (°C) 21,7 22,2 23,3 24,4 24,4 24,4 24,4 24,4 24,4 24,4 23,3 21,7
Température maximale moyenne (°C) 31,1 32,8 33,9 35 33,9 32,8 32,2 32,2 31,1 30,6 30 30
Précipitations (mm) 7,6 10,2 35,6 78,7 144,8 147,3 152,4 154,9 226,1 251,5 139,7 43,2
Source : Weather.com[3].


HistoireModifier

Article connexe : Histoire du Cambodge.

Depuis l'origineModifier

La ville tire son nom du Wat Phnom Daun Penh (connu maintenant seulement comme Wat Phnom, ou « temple de la colline » វត្តភ្នំ), édifice religieux construit en 1373 pour abriter cinq statues du Bouddha sur un tertre de 27 m de haut. Daun Penh (« Grand-mère Penh ») était une riche veuve qui l'aurait fait construire.

La ville devint la capitale du Cambodge après que Ponhea Yat, roi de l'empire khmer, s'enfuit d'Angkor Thom quand cette ville fut capturée par le Siam en 1431. Un stûpa situé derrière le Wat Phnom abrite les restes de Ponhea Yat et de la famille royale. On y trouve également des vestiges de statues bouddhistes de l'ère d'Angkor.

Capitale royale, perle de l'AsieModifier

 
Palais royal de Phnom Penh : le pavillon Chan Chhaya, avant que la circulation routière n'y soit interdite.
 
La Poste centrale de Phnom Penh construite à l'époque de l'Indochine française.

Cependant, ce ne fut pas avant 1866 sous le règne de Norodom Ier que Phnom Penh devint le siège permanent du gouvernement, et que le palais royal fut construit. Cela marqua le commencement de la transformation de ce qui était essentiellement un village en une grande ville, les colonisateurs français agrandissant le système de canaux pour contrôler les terres humides, construisant des routes et un port. Depuis cette époque, la ville présente un nombre impressionnant d'édifices à l'architecture art-déco, dont certains malheureusement en piteux état, et de nombreuses villas de style colonial.

Dans les années 1920 et jusqu'en 1970, Phnom Penh était connue comme la perle de l'Asie. Tout au long des quatre décennies suivantes elle continua de s'agrandir avec la construction d'une voie de chemin de fer jusqu'à Sihanoukville (Kompong Som) et de l'aéroport international de Pochentong. En avril 1967, le Premier Ministre de Singapour Lee Kuan Yew effectua une visite d'État et fut impressionné par la beauté et le développement de Phnom Penh ; il confia à son hôte Norodom Sihanouk : « j'espère qu'un jour ma ville ressemblera à la vôtre », et recommanda à ses Ministres de s'inspirer de son modèle de développement.

Guerre civile et terreurModifier

Pendant la guerre du Viêt Nam, le Cambodge, y compris Phnom Penh à partir de 1970, fut utilisé comme base par le Front national de libération du Sud Viêt Nam, et des milliers de réfugiés de tout le pays envahirent la ville pour fuir les combats entre les troupes gouvernementales, les vietcongs, les troupes du sud Viêt Nam et leurs alliés et les Khmers rouges. C'est dans le stade olympique que le Général De Gaulle prononça le son fameux discours de Phnom Penh. Dès 1967, commençait la guerre civile cambodgienne. Pendant les cinq années de la République Khmère (1970-75), la ville fut enclavée, puis assiégée et bombardée par les troupes communistes. Les ravitaillements ne furent rendus possible que par des convois le long du Mékong provenant du Sud-Vietnam, et l'aéroport de Phnom Penh Pochentong. C'est la bataille de Phnom Penh [4].

En 1975 la population atteignait deux millions. La ville tomba sous la coupe des Khmers rouges du Kampuchea démocratique le 17 avril, le jour de la nouvelle année cambodgienne, et fut évacuée de force ; ses résidents devaient partir travailler sur des fermes rurales en tant que nouveaux citoyens, ou « nouveau peuple » (procheachun thmey), ainsi désignés parce que considérés comme nouveaux arrivants par rapport à ceux qui habitaient déjà la campagne. La ville fut ainsi vidée de la quasi-totalité de ses deux millions d'habitants, et laissée à l'abandon pendant trois ans, huit mois et vingt jours.

L'école Tuol Svay Prey fut transformée par les forces de Pol Pot en prison et en centre de torture nommé S-21. C'est désormais le musée Tuol Sleng qui, avec Choeung Ek, quinze kilomètres plus loin, est un mémorial à ceux qui périrent du fait de ce régime.

ReconstructionModifier

Les Khmers rouges furent chassés de Phnom Penh par les Vietnamiens le 7 janvier 1979 et les gens commencèrent à retourner dans la ville. 80 % des habitants d'avant la guerre avaient péri par suite des exécutions, tortures et privations pendant les années khmères rouges. Après presque quatre années d'abandon, les infrastructures de la ville étaient gravement endommagées, et ne fonctionnaient presque plus. La reconstruction d'abord timide ne prit un rythme soutenu qu'à partir de 1991, après les accords de Paris, aidée par la stabilité du gouvernement, attirant des investissements étrangers et une aide de pays comme la France, l'Australie, la Corée, la Chine et le Japon et des organisations multilatérales, notamment pour le ravitaillement en eau potable, les routes et les autres infrastructures.

Développement récentModifier

 
À droite, le marché central de Phnom Penh entièrement rénové et vue d'une partie de la ville en décembre 2012.

La ville connait depuis peu un développement anarchique, ne respectant aucun plan d'urbanisme. De nombreux bâtiments et édifices publics de l'époque coloniale tels que les Brasseries et Glacières de l'Indochine (BGI), le Commissariat Principal de Police, l'ancienne prison T-3, ont été vendus et démolis et remplacés par des constructions récentes. La ville a ainsi beaucoup perdu du charme qui la caractérisait.

Les années 2005 à 2009 ont été une période d'euphorie et de spéculation immobilière. Depuis, de nombreux projets immobiliers ont vu le jour, notamment en asséchant le Boeung Kak. Des bâtiments de plus de 30 étages sont maintenant construits en centre ville, bouleversant les perspectives des grands boulevards coloniaux.

Une île, précédemment en friche devrait devenir un quartier résidentiel et d'affaires très coté ; bien qu'en plein centre de la ville, au bord du Mékong et du Bassac, ce quartier constitue une nouvelle commune sous le nom de Koh Pich.

Organisation administrativeModifier

SubdivisionsModifier

Pour des raisons administratives, Phnom Penh est une municipalité, qui a le même statut qu’une province. Elle est subdivisée en huit districts (khan), 76 quartiers (sangkat) et 638 villages (phum).

Code Nom du district Signification du nom
1201 Chamkarmon « Champ de mûriers »
1202 Daun Penh « Grand-mère Penh »
1203 Prampir Makara « 7 janvier » (1979), date de l'entrée dans Phnom Penh des troupes vietnamiennes, qui provoqua la chute des Khmers rouges) ; le makara (Capricorne) est une créature mythologique des civilisations influencées par l'Inde
1204 Tuol Kork « Butte (surgie) de nulle part »
1205 Dangkor « Diospyros spp. (Ebenaceae) », arbre dont le fruit donne une teinture noire
1206 Meanchey « Victorieux », du khmer mean : "qui possède" et du sanskrit jaya : « victoire »
1207 Russei Kaev « Bambou précieux »
1208 Sen Sok « Plein de bonheur»

JumelagesModifier

La ville de Phnom Penh est jumelée avec[5] :

La ville est également membre de l'Association internationale des maires francophones[7].

DémographieModifier

Évolution démographique
1981 1994 1998 2004 2008
329 000812 0001 000 000[8]1 044 000[9]1 326 000[10]

En 2008, la population de Phnom Penh était estimée à 1 326 000 habitants.

ÉconomieModifier

Phnom Penh est la capitale économique du Cambodge et concentrait, en 2009, plus de 75 % des investissements étrangers dans le Royaume[1]. En 2005, alors que le PIB par habitant était nationalement de 769 US$, il atteignait 820 US$ à Phnom Penh.

MarchésModifier

 
Le marché de Beung Keng Kang.

Le mot psar (« marché ») est un apport du persan bazar.

EnseignementModifier

Enseignement supérieurModifier

La grande majorité des institutions d'enseignement supérieur du Cambodge se trouve à Phnom Penh.

Enseignement primaire et secondaireModifier

 
Écoliers au Cambodge.

Durant l'année scolaire 2007-2008, 236 306 élèves — dont 109 708 filles, soit 46,4 % — sont inscrits dans les 5 545 classes de Phnom Penh. Parmi les 232 écoles, il y a 114 écoles primaires et 42 écoles secondaires (collèges et lycées)[11].

En 2007, 91,7 % des Phnompenhois — 88,7 % des femmes et 95,1 % des hommes — de plus de sept ans étaient lettrés. Chez les plus de quinze ans, ce taux monte à 92,7 %. La moyenne nationale des plus de quinze ans est de 75,1 %[12].

On retrouve quelques écoles prodiguant une éducation en langue française dont le lycée français René Descartes de Phnom Penh.

TransportsModifier

Transport en communModifier

 
Le réseau de transport en commun à Phnom Penh en 2015.

Phnom Penh dispose en 2019 de neuf lignes d'autobus publics.

Lignes de bus Phnom Penh City
Logo Ligne Terminus Date d'ouverture Nombre d'arrêts Longueur (km) Fréquence (min) Distance moyenne entre arrêts (m)
01 Prek Pnov ←→ Boeung Chhouk 2014 66 18.5 10-25 560
02 Kuoch Kanong ←→ Takhmao 2014 74 18.2 10-30 490
03 Kilometre 9 ←→ Borey Santepheap 2 2014 74 21.9 10-30 590
4A Russey Keo Garden ←→ Borey Santepheap 2 2017 70 19.6 15-35 560
4B Russey Keo Garden ←→ Kombol 2017 86 22.9 15-35 535
05 Prek Pnov ←→ Aeon Mall 1 2017 44 11.1 30-60 505
06 Kuoch Kanong ←→ Prek Pnov 2017 58 16.0 15-45 550
07 Kilomètre 9 ←→ Boeung Chhouk 2017 68 16.9 15-50 500
08 Century Market ←→ Kuoch Kanong 2017 53 19.8 15-50 760
09 Borey Santepheap 2 ←→ Special Economic Zone 2018 56 18.6 15-50 665

Transport aérienModifier

 
L'entrée de l'aéroport de Pochentong.

L'aéroport de Pochentong, le plus grand du pays, est situé à sept kilomètres à l'ouest du centre-ville. Une quinzaine de villes, toutes asiatiques, sont desservies. Siem Reap est la seule destination intérieure. L'aéroport de Sihanoukville devrait être desservi via Siem Reap à partir de 2011.

Transport ferroviaireModifier

La ville dispose d’une gare desservie jusqu'en 2009 par les chemins de fer royaux, la gare de Phnom Penh de style Art déco. Jusqu'en octobre 2015, elle ne recevait que des trains de fret. En mai 2016, un service voyageurs vers Sihanoukville est ouvert. En juillet 2018 une seconde ligne est ouverte vers Battambang et Poitet. Elle devrait être prolongé vers la Thaïlande[13].

Réseau routierModifier

Routes localesModifier

Parmi les artères importantes de la ville, on retrouve entre autres le boulevard Monivong, le boulevard de la Fédération de Russie, le boulevard Norodom, le boulevard Charles de Gaulle, le boulevard Sihanouk et le boulevard Mao Tsé-Toung.

Routes nationalesModifier

Les grandes routes nationales du Cambodge convergent toutes vers la province de Phnom Penh.

Longueur (km) Destination Remarque
Route nationale 1 167 Viêt Nam vers Hô-Chi-Minh-Ville
Route nationale 2 121 Viêt Nam vers le delta du Mékong
Route nationale 3 202 Sihanoukville via Kampot
Route nationale 4 214 Sihanoukville par l'ouest
Route nationale 5 407 Thaïlande via Battambang
Route nationale 6 416 Thaïlande via Siem Reap
Route nationale 7 461 Laos via Kratié

CultureModifier

SantéModifier

SportModifier

Les deux principaux championnats sportifs du Cambodge, en football et volley-ball, se déroulent intégralement au Stade olympique de Phnom Penh. Les sports les plus populaires sont, comme dans le reste du Cambodge, le football, le volley-ball, la boxe khmère et le dacau.

De nombreux Phnompenhois se regroupent également tôt le matin ou en début de soirée dans l'un des deux stades de la capitale ou sur les esplanades pour des séances d'aérobic.

L'événement le plus important qu'ait accueilli Phnom Penh est les jeux des Nouvelles Forces émergentes en 1966[14]. La ville devait également organiser les Jeux d'Asie du Sud-Est en 1963, mais la compétition a été annulée en raison de problèmes politiques.

StadesModifier

Phnom Penh est doté de deux stades :

  • le stade olympique, d'une capacité de 50 000 places a été construit pour accueillir les jeux d'Asie du Sud-Est de 1963. En plus de son terrain principal, il possède une salle omnisports, une piscine et des courts de tennis ;
  • le stade Lambert, également appelé « Vieux stade » ou « Old Stadium » est situé au nord de la ville.

CultesModifier

Notes et référencesModifier

  1. a et b (en) Mairie de Phnom Penh, « Phnom Penh City : facts »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), (consulté le 9 janvier 2019).
  2. a et b Christian Goulin, « Phnom-Penh. Notes de Géographie urbaine. », Les Cahiers d'Outre-Mer, XX,‎ , p. 5-36
  3. www.weather.com.
  4. « La bataille de Phnom Penh », sur INA, (consulté le 5 juin 2017)
  5. « Sister Cities », sur phnompenh.gov.kh (consulté le 27 octobre 2010).
  6. (en) « Iloilo City inks twinning pact with Phnom Penh, Cambodia », The news today,‎ (lire en ligne)
  7. « Villes membres », sur aimf.asso.fr (consulté le 7 avril 2010).
  8. General Population Census of Cambodia 1998.
  9. Cambodia Inter-censal Survey 2004.
  10. General Population Census of Cambodia 2008.
  11. Département du Planning, Ministère de l'éducation, de la jeunesse et des sports.
  12. Cambodia Socio-Economics Survey 2007, National Institute of Statistics.
  13. (en) Hin Pisei, « Cambodia-Thailand rail reconnected after 45 years | Phnom Penh Post », sur www.phnompenhpost.com (consulté le 7 septembre 2019)
  14. (en) Richard Espy, The politics of the Olympic Games, University of California Press, , 212 p. (ISBN 978-0520037779), p. 109.

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

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Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Phnom Penh.

BibliographieModifier

Liens externesModifier