Cherchell

commune d'Algérie

Cherchell
Cherchell
Port de Cherchell et son phare
Noms
Nom arabe شرشال
Nom berbère ⵛⴻⵔⵛⴻⵍ
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Wilaya Tipaza
Daïra Cherchell
Président de l'APC Ouzeghla Djamel
Code postal 42100
Code ONS 4222
Démographie
Population 48 056 hab. (2008[1])
Géographie
Coordonnées 36° 36′ 27″ nord, 2° 11′ 26″ est
Localisation
Localisation de Cherchell
Localisation de la commune dans la wilaya de Tipaza
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Cherchell
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Cherchell

Cherchell (en arabe : شرشال, en berbère : ⵛⴻⵔⵛⴻⵍ), anciennement Césarée de Maurétanie (Caesarea), est une commune de la wilaya de Tipaza en Algérie. Ancienne ville sur la côte méditerranéenne de l'Algérie. Elle fut l'une des plus importantes cités du littoral de l'Afrique du Nord.

GéographieModifier

LocalisationModifier

Le territoire de la commune de Cherchell est situé à l'ouest de la wilaya de Tipaza. Cherchell est une ville côtière de la mer Méditerranée, situé sur une altitude 26 mètre au niveau de la mer située à 93 km à l’ouest d’Alger, à 20 km à l’ouest de Tipaza et à 102 km à l'est de Ténès.

Cherchell est limitrophe des communes suivantes :

  Mer Méditerranée Mer Méditerranée Tipaza  
Sidi Ghiles N Nador
O    Cherchell    E
S
Sidi Semiane Menaceur Sidi Amar

Relief et hydrographieModifier

La morphologie du terrain : un terrain accidenté, d'une pente de plus de 25 % sur 80 % de la superficie totale, traversée par un réseau hydrolique[Quoi ?] important d'oueds qui s'étend perpendiculairement à la mer.

RoutesModifier

La commune de Cherchell est desservie par plusieurs routes nationales:

Localités de la communeModifier

À sa création, en 1984, la commune de Cherchell est constituée de treize localités[2] :

  • Béni Habiba
  • Cherchell (et Plateau Sud)
  • Chorfa
  • Draâ El Guenine
  • El Hamdania
  • Hamadia
  • Icherifienne
  • Kernouche
  • Mghazi
  • Oued Bellah
  • Oued El Hammam
  • Oumazar
  • Tighermil

HistoireModifier

AntiquitéModifier

Césarée de Maurétanie (Caesarea, anciennement Iol -iol-[pas clair], actuelle Cherchell) est une ancienne ville sur la côte méditerranéenne de l'Algérie moderne. Elle fut l’une des plus importantes cités du littoral occidental de l’Afrique du Nord antique, particulièrement à l’époque romaine.

 
Amphithéâtre de Cesarea

La ville fut fondée au IVe siècle av. J.-C. par les Phéniciens sous le nom Iol ou Jol. D’abord intégrée au royaume de Numidie, Iol passa sous le contrôle de la Maurétanie après la chute de Jugurtha en 105 avant notre ère. La ville fut refondée en 25 av. J.-C. par Juba II[3], sous le nom de Césarée de Mauritanie (Caesarea Mauretaniae), et devient un centre de l'hellénisme en Afrique du Nord. À partir de 40 apr. J.-C., elle fut la capitale de la province romaine de Maurétanie Césarienne, qui s’étend jusqu’à l’Océan Atlantique.

Juba II fit de sa capitale une ville importante, entourée d’une enceinte[3] et conçue selon les principes de l’urbanisme hellénistico-romain. Ses statues de types hellénistiques d’une qualité exceptionnelle et les mosaïques de ses maisons – plus tardives – manifestaient l’opulence de la couche dirigeante. Des ruines de temples et monuments romains témoignent de cette période. La ville qu’édifia Juba II était entourée d’une enceinte qui fut une des plus vastes du monde romain[réf. nécessaire] : un mur continu de 4 460 m, peut-être complété par un rempart de mer, entourait 370 ha.

Césarée fut dotée par son roi des édifices publics qui devinrent caractéristiques de la ville romaine. Son théâtre est, avec celui d’Utique, alors capitale de la province d’Afrique, le plus ancien d’Afrique du Nord et un des plus anciens de Méditerranée occidentale ; il est contemporain du théâtre de Marcellus à Rome. Son amphithéâtre est construit selon un plan particulier porté par une volonté de disposer d’un édifice assez vaste afin d'être en mesure de donner des spectacles de combats de fauves ou de groupes de gladiateurs et en raison de la date précoce de sa construction[4].

Après la mort de Juba, son fils Ptolémée prit le pouvoir mais il fut assassiné à Lyon en 40 ap J.-C. par l'empereur Caligula et à partir de cette date la capitale devint une simple colonie romaine et une capitale de province.

La plupart des ruines de la cité ancienne se situent en dehors de la ville actuelle de Cherchell. Il en existe cependant quelques-unes dans le centre-ville, notamment sur le site de l'académie militaire interarmes de Cherchell.

Arrivée des Maures (Musulmans revenants d'Espagne)Modifier

L’arrivée des Maures eut lieu durant le XVIe siècle, et s’est accentuée après l’expulsion des Maures d’Espagne au XVIIe siècle ; une communauté relativement importante s’installa alors à Cherchell[5].

Histoire contemporaineModifier

 
Route vers le quartier de Tizirine.

Les 21 et , la conférence de Cherchell mit en présence le général américain Clark et les responsables de la résistance en Algérie pour préparer l’opération Torch.

Une école d'élèves-officiers (qui fut après-guerre assimilée à Saint-Cyr) y fut créée en 1942 par l’Armée française pour remplacer les écoles de la métropole alors occupées durant la Seconde Guerre mondiale. De la fin de la guerre à l’Indépendance en 1962, elle assura la formation des Officiers de réserve de l’Armée de terre qui se trouve aujourd’hui à Montpellier. Elle forme depuis l’indépendance les cadres de l’armée algérienne.

Administration et politiqueModifier

La ville abrite l'académie militaire interarmes de Cherchell, la plus grande académie militaire interarmes d’Afrique.[réf. nécessaire]

DémographieModifier

ÉconomieModifier

 
Port de Cherchell

Culture, patrimoine et tourismeModifier

 
Mosquée El Rahman (mosquée aux 100 colonnes).

La ville compte deux musées consacrés aux vestiges romains laissés dans la ville (amphithéâtre, statues romaines, mosaïques, monuments architecturaux, etc.).

La ville constitue un pôle touristique de plus en plus important dans le pays[réf. nécessaire], avec son port de pêche, ses plages et ses infrastructures en cours de réalisation[Lesquelles ?] ; elle est aussi caractérisée par ses nombreux artistes[Lesquels ?], qui perpétuent la tradition de la musique arabo-andalouse à travers un conservatoire consacré à cet effet[réf. nécessaire].

La mosquée aux 100 colonnes ou Grande mosquée de Cherchell a été érigé par les Andalous au xvie siècle. C'est dans cette mosquée que l'Emir Abdelkader voulait rencontrer son lieutenant Malek El Berkani, responsable dans la tribu des Beni-Menassers. Elle a été transformée par les autorités coloniales en un hôpital militaire. La nouvelle mosquée du Souk avait ouvert alors en 1878[6].

 
Intérieure de la mosquée aux 100 colonnes.

Une association culturelle et musicale Errachidia (en arabe : الجمعية الثقافية الراشيدية) a pour but de faire connaitre la musique arabo-andalouse, de transmettre et de promouvoir cette musique savante par son enseignement et sa diffusion aux jeunes générations , Elle a vu le jour en 1977 à Cherchell. Ses fondateurs étaient de jeunes musiciens issus de la ville. Le nom Errachidia lui a été donné en référence à l'antique école coranique de Cherchell de 1932. Cette association dispense des cours de musique à des jeunes enfants et dispose de plusieurs classes de musiciens et chanteurs . Elle a participé à des festivals nationaux et internationaux tel que Le printemps de la musique andalouse d'Alger , Festival du Malouf de Constantine, festivals de Tlemcen, Blida ,Kolea, Miliana, Tipaza et de Cherchell et anime aussi des soirées artistiques ainsi que des fêtes nationales et religieuses[7],[8].

Association de musique andalousie El Qaissaria (n arabe : القيصربة), créé en 1994.

En 2018 un groupe d'intellectuels, s'est organisé en association baptisée "le Fort de Cherchell" {en arabe : حصن شرشال, elle s'est fixée comme objectifs la sauvegarde du patrimoine matériel et immatériel de la région de Cherchell ainsi que la promotion du tourisme.

Personnalités liées à CherchellModifier

  • Macrin (vers 165-218), premier empereur romain à être issu de l'ordre équestre, d'origine maure.
  • Priscien (VIe siècle), grammairien latin.
  • Sidi Brahim el Ghobrini (XVe siècle), théologien islam.
  • BENLARBEY Mohamed Seghir (1850-1939), un des premiers médecins Algériens.
  • Assia Djebar (1936-2015), femme de lettres algérienne d'expression française, historienne, poète, réalisatrice de cinéma. Elle est la première femme nord-africaine à être élue à l'Académie française, les deux parent[Combien ?] Cherchelois et a vécu à Cherchell.
  • Ahmed Benhamouda (1887-1966), scientifique, astro-physicien.
  • Boualem Benhamouda, homme politique et hauteur de plusieurs ouvrages.
  • Mohamed Ben Aissa El Berkani de la tribu des beni menaceur chef révolutionnaire et lieutenant de l'Emir Abdelkader.
  • Malek El Berkani, Chef revolutionaire lors de la revolte des Beni menaceurs en 1871
  • Commandant Si Lakhdar Bouchema (1931-1960), commnadant de l'ALN
  • Yamina Oudai grande revolutionaire, Chahida, femme de Chahid et mere de Chahid
  • Bouchema Kamel, homme politique, ancien diplomate, ecrivain.
  • Mohamed Sari, ecrivain, traducteur
  • Bellahsene Sid Ali, ecrivain[Quoi ?] de langue arabe.
  • Bellahsene Maamar, ecrivain[Quoi ?] de polar en langue arabe.
  • Behiri Yamna, docteur en Histoire et auteur de deux ouvrages sur l'histoire et traditions Chercheloises.
  • Houaoura Mhamed, journaliste et auteur de deux ouvrages historiques.
  • Ghebalou Mohamed Cherif, auteur de plusieurs livres.
  • Houari Laarbi, auteur d'un roman historique.
  • Rafik Khellaf, universitaire et docteur en archeologie, il est le premier chercheur en archeologie sub[Quoi ?] aquatique Algerienne.
  • Melhani Naceur, co-auteur d'un livre sur la revolution : les exilés de Cherchell sur les camps de regroupement.
  • Fatima Besnaci-Lancou (1954-), historienne, écrivaine.
  • Pierre-Louis Bourgoin (1907-1970), né à Cherchell, colonel de l'Armée française de Libération, Compagnon de la Libération, député de Paris (1958-1970).
  • Georges Blaness (1928-), chanteur et acteur français, natif de Cherchell.
  • Alice Recoque (née Arnaud, à Cherchell) (1929-), informaticienne française, chercheuse en intelligence artificielle.
  • (Cheikh Nador), maitre de cheikh M'hamed El Anka, précurseur du genre chaabi.
  • Noura (1942-2014), chanteuse
  • Baaziz (1963-), chanteur, natif de Cherchell.
  • Cheb Bilal (1966-), chanteur de raï, natif de Cherchell.
  • Amel Zen (Ibdouzen), compositeur, parolier et chanteuse née le 28 mai 1985 à Tipaza
  • Manel Hadli, chanteuse Cherchelloise.
  • Amine Ahfir (1999-), chanteur et guitariste, natif de Cherchell.

Sources et référencesModifier

  1. [PDF]Recensement 2008 de la population algérienne, wilaya de Tipaza, sur le site de l'ONS.
  2. Journal officiel de la République Algérienne, 19 décembre 1984. Décret no 84-365, fixant la composition, la consistance et les limites territoriale des communes. Wilaya de Tipaza, page 1570.
  3. a et b (fr) « La ville à l'époque romaine », sur www.algerie-dz.com (consulté le 10 novembre 2010)
  4. Philippe Leveau et Jean-Claude Golvin, « L'amphithéâtre et le théâtre de Cherchel : Monuments à spectacle et histoire urbaine à Caesarea de Maurétanie », MEFRA, 91-2, 1979, p. 817-843 Lire en ligne sur Persée.
  5. (fr) « Cherchell », sur www.piedsnoirs-aujourdhui.com (consulté le 10 novembre 2010)
  6. « Cherchell. L’architecture sacrée de l’Islam : Un patrimoine cultuel méprisé | El Watan », sur www.elwatan.com (consulté le 5 décembre 2020)
  7. « Patrimoine de musique arabo-andalouse »
  8. M'hamed H, « Cherchell. Association Errachidia : Farid Khodja, le chantre de la musique andalouse », El Watan,‎ (lire en ligne)

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Philippe Leveau, Caesarea de Maurétanie, une ville romaine et ses campagnes, Paris - Rome, 1984
  • Claude Lepelley (dir.), Rome et l’intégration de l’Empire, 44 av. J.-C. – 260 ap., T. 2, « Approches régionales du Haut-Empire romain », Nouvelles Clio, 1998
  • Nacéra Benseddik, De Caesarea à Shershel, Actes du IIe Coll. Intern. sur l’Hist. et l’Arch. de l’Afrique du Nord, Grenoble 1983, C.T.H.S., 19b, 1983, p. 451-456.
  • Nacéra Benseddik et T. W. Potter, "Fouilles du forum de Cherchel : 1977-1981", 6e supplt au BAA, Alger 1993
  • Nacéra Benseddik, Nouveau témoignage du culte de Tanit-Caelestis à Cherchel?, Antiquités Africaines, 20, 1984, p. 175-181.
  • Nacéra Benseddik, Caesarea-Cherchel, in Encyclopedia of Early Christian Art and Archaeology, eds. P. Corby Finney et al., Michigan: Wm. B. Eerdmans Publishing Co. (forthcoming).

Articles connexesModifier

Liens externesModifier