Ténès

commune d'Algérie

Ténès - تنس - ⵜⴻⵏⴻⵙ
Ténès
Ténès
Noms
Nom arabe
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Wilaya Chlef
Daïra Ténès
Chef-lieu Ténès
Président de l'APC Amamra Ali
05 ans
Code postal 02006
Code ONS 0202
Démographie
Population 35 459 hab. (2008[1])
Densité 351 hab./km2
Géographie
Coordonnées 36° 30′ 44″ nord, 1° 18′ 16″ est
Altitude Min. 0 m
Max. 779 m
Superficie 101 km2
Localisation
Localisation de Ténès - تنس - ⵜⴻⵏⴻⵙ
Localisation de la commune dans la wilaya de Chlef.
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Ténès - تنس - ⵜⴻⵏⴻⵙ
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Ténès - تنس - ⵜⴻⵏⴻⵙ

Ténès, parfois orthographiée Tenez au XIXe siècle, est une ville et une commune de la wilaya de Chlef en Algérie. Elle est située à 52 km au nord de Chlef, chef-lieu de la wilaya.

GéographieModifier

SituationModifier

Ténès est une ville côtière de la mer Méditerranée, située au nord de l'Algérie, à mi-distance d'Alger (à environ 215 km à l'est) et d'Oran (à environ 230 km à l'ouest et à 102 km de Cherchell.

Relief, géologie, hydrographieModifier

Le plateau de Ténès, capitale du Dahra central, se situe à la jonction de deux systèmes orogéniques littoraux, les marnes noirâtres du Sénonien, situées à l'ouest, et les argiles albo-aptiens et les grès du carténien à l'est.

La rivière Oued Allala, anciennement Oued er-rihan (rivière des Myrtes), en sortant de l'étroit défilé des gorges, où elle s'engage au nord de Sidi Akkacha (anciennement appelée Montenotte), contourne le Vieux Ténès par la droite pour aller se jeter dans la mer à moins d'un kilomètre, traversant une petite plaine côtière, délimitant ainsi les deux parties. C'est le cours d'eau le plus important de la région avec l'oued Taghzoult à l'ouest.

Le massif calcaire du Cap Ténès, au nord-est de la ville est essentiellement formé de calcaires blancs compacts du Lias moyen, ces calcaires sont azooïques et de même nature que ceux du Chenoua à 90 km à l'est. Il s'agit du premier pointement de la chaine calcaire littorale kabyle en Algérie. Elle culmine à 642 m. d'altitude, mais le mont Tazanount, au sud-est du Cap Ténès est le point le plus élevé du littoral du Dahra central avec ses 779 m.

TransportsModifier

RoutesModifier

La commune de Ténès est desservie par plusieurs routes nationales:

ToponymieModifier

Le nom TNS voulant dire en langue berbère tamazight : 'campement, lieu de halte' car les Numides au début de leurs installations passaient la nuit au nord du plateau de Ténès, craignant la navigation nocturne et ses dangers, et s'approvisionnaient en eau potable dans les nombreuses sources de ce nouveau lieux.

HistoireModifier

 
Carte ottomane du XVIIIe siècle illustrant la région de Ténès.

L'histoire urbaine de Ténès commence au IXe siècle av. J.-C., avec les occupations successives, des Puniques, des Berbères, des Romains, des Vandales, des Byzantins, des Arabes, des Turcs et des Français.

Vers le VIIIe siècle av. J.-C., les Phéniciens fondent à Ténès un comptoir commercial et des échanges commerciaux apparaissent avec la population berbère. Des tombeaux existent à ce jour sur la côte de la ville. À partir de ce moment la ville porta le nom de Cartennas[2]. Au IIIe siècle av. J.-C., située à l'ouest de la Numidie orientale, elle est placée sous le commandement de Syphax. Sous la domination carthaginoise, elle est délivrée par Massinissa à la fin du siècle.

En l'an 30 av. J.-C.,Selon l'historien romain Pline l'ancien, Auguste y installe les soldats de la Legio II Augusta. Aujourd'hui sont découverts des vestiges datant de cette époque comme des mosaïques avec des inscriptions romaines : Caius Fulcinius Optatus, soldat de la 2e Légion, ou bien celle de Victoria, fille de descendance sénatoriale décrite dans le livre : "Le Trésor de Ténès".

À la fin du xie siècle, les Andalous réaniment le commerce méditerranéen et établissent des colonies sur le littoral dont Ténès en 875[3], ils commencent la construction de Ténès Lahdar appelée plus tard Vieux Ténès par les colons français, et où se trouve la mosquée de Sidi Maiza (considérée comme la 3e du pays et datant du début du Xe siècle[4].

Ténès devient alors une ville universitaire et certains géographes arabes tels que El Bekri ou Al-Yaqubi viennent y travailler. La région passe sous le contrôle de différentes dynasties Sulaymanides, Rostemide, Maghraoua, Ziride, Almoravide, Almohade, Zianide, Mérinide.

Au début du XVIe siècle, les Espagnols sont chassés par les Turcs, à la tête desquels se trouve Khayr ad-Din Barberousse. La ville reste ainsi sous domination turque jusqu'à la colonisation française.

DémographieModifier

PatrimoineModifier

La région de Ténès constitue un des hauts lieux de la Préhistoire du nord de l'Algérie. L'occupation continue et très ancienne de Ténès, depuis le Paléolithique moyen (période Atérienne) à nos jours en fait une ville au patrimoine préhistorique et archéologique assez riche. Les occupations successives de la ville ont laissé beaucoup de vestiges; pour la période préhistorique citons : les grottes préhistoriques au Cap Ténès, les stations de campements et ateliers de taille du silex en plein air tout le long du littoral, les escargotières ibéromaurusiennes et néolithiques etc., dont la plupart sont malheureusement détruites ou abandonnées. La construction de la nouvelle ville française sur les ruines mêmes de l'antique Cartennas, la dispersion des trouvailles, la destruction de ruines souterraines lors de la reconstruction font que la ville perdit beaucoup de vestiges de son passé glorieux. La nécropole punique appelée "tombeaux phénicien" à Ténès, est abandonnée.

Le même phénomène s'observe au Vieux Ténès, au sud de la ville, cité médiévale construite au IXe siècle apr. J.-C. par des marins andalous, sa citadelle, Bordj el ghoula (Tour de l'ogresse), est complètement délaissée et sa petite casbah tombe en ruine ou est défigurée par des constructions récentes.

Personnalités liées à la communeModifier

  • Ahmed Kouadri (1892-1964), prince de la tribu des Qadiri, médecin et poète

Notes et référencesModifier

  1. « Wilaya de Chlef : répartition de la population résidente des ménages ordinaires et collectifs, selon la commune de résidence et la dispersion ». Données du recensement général de la population et de l'habitat de 2008 sur le site de l'ONS.
  2. http://whc.unesco.org/en/tentativelists/1773 UNESCO World Heritage Center
  3. Gilbert Meynier, L’Algérie, cœur du Maghreb classique : De l'ouverture islamo-arabe au repli (698-1518), Paris, La Découverte, , 358 p. (ISBN 9782707152312), p. 26
  4. https://www.qantara-med.org/public/show_document.php?do_id=730

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Histoire de La ville de Ténès