Un mihrab (arabe : مِحْراب [miḥrāb], sanctuaire) est une niche architecturale pratiquée dans le mur d'une mosquée pour indiquer la qibla, c'est-à-dire la direction de la kaaba à La Mecque vers où se tournent les musulmans pendant la prière. Il est souvent au milieu du mur de la qibla[1], et souvent décoré avec deux colonnes et une arcature.

Mihrab de la Grande Mosquée de Kairouan, en Tunisie.
Mihrab surnommé Porte du paradis, provenant du mausolée de Ali ibn Jafar à Qom. Conservé au Musée national d'Iran

HistoireModifier

Le mihrab n'a jamais été préconisé par Mahomet. En effet, cette innovation date de la fin du premier siècle de l'Hégire[2].

Le mihrab est vu par les historiens de l'art comme l'héritier direct, mais en réduction, de l'exèdre des salles d'audience des basiliques romaines. L'ordonnance basilicale avait en effet été adoptée pour l'architecture des mosquées en Syrie à l'époque omayyade, le plan primitif de la maison du Prophète à Médine (avec cour et salle de prière couverte) étant toutefois respecté[3].

Cependant, les théologiens de l'islam ont été unanimes à juger le mihrab comme une bonne innovation religieuse.

Certaines sources voient dans le mihrab un ajout architectural, permettant l'amplification de la voix de l'imam, qui lui permet d'être entendu par les fidèles qui prient derrière lui.

Mihrab de la Grande Mosquée de KairouanModifier

Un des plus remarquables mihrabs de l'art arabo-musulman est celui qui se trouve dans la Grande Mosquée de Kairouan en Tunisie ; c'est également l'un des anciens mihrabs les mieux conservés du monde islamique[4]. Sa précieuse décoration, datant du IXe siècle, se distingue par[5] :

  • des plaques en marbre blanc finement sculpté et ajouré couvrant le fond de la niche ;
  • une demi-coupole en bois peint ornée d'enroulements de rinceaux dorés coiffant la niche ;
  • un ensemble de carreaux de faïence à reflets métalliques (milieu du IXe siècle) encadrant la partie supérieure du mihrab.

Le mihrab de la Grande Mosquée de Kairouan, avec ses ornements en marbre et en céramique à reflets métalliques, est considéré comme l'un des chefs-d'œuvre de l'art musulman du IXe siècle[6].

Notes et référencesModifier

  1. Andrew Petersen, Dictionary of Islamic Architecture, éd. Routledge, 1999, p. 186
  2. Jean Holm et John Westerdale Bowker, Sacred place, éd. Pinter Publishers, 1994, p. 98
  3. Dominique Sourdel, L'islam, PUF, coll. « Que sais-je ? », (réimpr. 2013), p. 106.
  4. Mihrab de la Grande Mosquée de Kairouan (Site de la Mosquée Okba Ibn Nafaa à Kairouan) « Copie archivée » (version du 2 février 2014 sur l'Internet Archive)
  5. Décoration du mihrab de la Grande Mosquée de Kairouan (Qantara)
  6. Actualité des religions, Numéros 12-22, 2000, p. 3, 62 et 64