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Chailley

commune française du département de l'Yonne
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Chailley (homonymie).

Chailley
Chailley
Mairie de Chailley.
Blason de Chailley
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Yonne
Arrondissement Auxerre
Canton Saint-Florentin
Intercommunalité Communauté de communes Serein et Armance
Maire
Mandat
Philippe Guinet
2014-2020
Code postal 89770
Code commune 89069
Démographie
Population
municipale
542 hab. (2016 en diminution de 4,41 % par rapport à 2011)
Densité 33 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 05′ 01″ nord, 3° 42′ 07″ est
Altitude Min. 143 m
Superficie 16,51 km2
Localisation

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Liens
Site web chailley.fr

Chailley est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté.

Sommaire

GéographieModifier

Communes limitrophesModifier

  Bœurs-en-Othe  
N Turny
O    Chailley    E
S
Venizy

ToponymieModifier

De son sol calcaire, Chailley tient son nom, caliacum, challiacum ; de ses origines de terres monastiques, ces lieux-dits : les Petits Déserts, les Grands Usages ; ses chemins d'exploitations, qui longeaient des parcelles en lanières, signe d'une agriculture rationnelle introduite par la colonisation monastique de la 2e époque, celle du début du XIIe siècle.

HistoireModifier

Avant l'ère chrétienneModifier

Dès la préhistoire, l’épaisse forêt d’oOhe était habitée. Beaucoup de pierres taillées, polies, de pointes de flèches ont été retrouvées par les habitants. Le gibier était une richesse dans cette contrée boisée et les nombreux silex de ces terrains de craies constituaient l’élément de base à la fabrication de leurs armes. Le musée municipal de Saint Florentin conserve une belle collection de pièces préhistoriques retrouvées sur le territoire. Un oppidum gaulois a été retrouvé à proximité, sur le site de Champlost, situé près de Chailley, ainsi que des médailles en bronze et des fers de lance. La présence romaine est également confirmée. Le camp romain d’Avrolles, dit camp de Barcena, est formé entre Saint-Florentin, Champlost, Venizy et Turny, est entouré de larges fossés, de plateformes et de talus. On retrouve des voies romaines dont celle reliant Troyes et Auxerre construite par Agrippa, 37 ans avant l’ère chrétienne qui passe par Eburobriga (actuellement Avrolles) près de la petite ville actuelle de Saint Florentin. Dès le temps de la fondation de Rome, ces lieux étaient peuplés, fertiles, couverts de vignes. On a retrouvé des buttes de mâchefer témoignant de l’activité de fonderies artisanales gallo-romaines sur le secteur. L’industrie du fer a revêtu une certaine importance qui se poursuivra sous la tutelle de la noblesse et du clergé.

Au Moyen Âge : la grange de Chailley édifiée par les moines de PontignyModifier

Placée entre le Conté de Champagne et le duché de Bourgogne, Chailley est au centre d’une région considérée comme stratégique et sensible. La propriété seigneuriale et monastique à Chailley a pour origine les grands défrichements du XIe siècle. Les défrichements sont confiés aux moines. En 1114, l’abbaye de Pontigny est bâtie à l’initiative par Hugues de Mâcon, compagnon de Bernard de Clairvaux, fondateur de l’ordre de cisterciens, prédicateur de la deuxième croisade. Il sollicite aux seigneurs du pays d’Othe, diverses donations de terres et de bois. C’est ainsi, par donations et acquisitions successives, que les abbés de Pontigny développent leurs possessions du pays d’Othe. Les féodaux gardent leurs droits et les moines, en contrepartie du défrichement, reçoivent des droits d’usage. C’est en 1139 que Henri archevêque de Sens puis, en 1145, Herbert le Gros accordent aux religieux de Pontigny les droits d’usage de Chailley. Une bergerie et un petit clos sont installés près des moulins. Une grange est édifiée sous la forme d’un vase bâtiment d’exploitation entouré de murs et de fossés. Il n’y a, à ce moment-là ni village, ni paroisse et donc pas de communauté villageoise. Tous les habitants travaillent à la métairie et paient le cens dû pour le lopin de terre concédé sur lequel ils ont construit une masure de chaume. Les maisons des habitants sont situées en haut du bourg actuel.

XVIe siècle : naissance de la communauté villageoise de ChailleyModifier

En 1519, l’abbaye donne la métairie de Chailley à bail à 26 manants pour quatre-vingt-dix-neuf ans au prix de sept cents bichets, moitié blé, moitié avoine. Le bail de la ferme des dimes est cédé à Jean Chauillot, huissier, puis à Jean Bollard, hôtelier. Ils ont la charge, en échange, de payer à Étienne Moreau, administrateur général, interlocuteur de l’abbaye, pour le prix du bail, trente setiers moitié froment et avoine, trente aunes de toile et douze chapons gras. 1562, marque une évolution importante pour Chailley. À cette date, les habitants de Chailley demandent à l’archevêque de Sens le droit d’ériger une paroisse. La communauté villageoise de Chailley prend naissance. La résistance paysanne des villageois de Chailley se développe face aux abus des moines de Pontigny. L’histoire des relations entre les seigneurs abbés de Pontigny et leurs manants de Chailley est ponctuée par des procès et des procédures destinés à obliger à payer les droits seigneuriaux. La colère paysanne s’exprime, à Chailley, de différentes façons, parfois violentes. En 1654, Étienne Gaubert receveur de la dîme est assassiné. Le même sort est réservé en 1625 à Toussaint Daulnoy, procureur fiscal de la prévôté de Chailley, ou à Claude Moreau Sergent grutier chargé du contrôle des droits d’usage des paysans en 1648, comme au sergent grutier Pierre Vye, en 1655. Pourtant les droits continuent à augmenter puisqu'en 1678, ils connaissent une croissance de + 53 %. La grande disette de 1693 accroit encore la hausse des droits et de l’impôt. Les maigres économies paysannes sont vite épuisées et une mauvaise récolte accélère la crise. En 1751, un procès est engagé devant le grand conseil qui condamne les paysans de Chailley en raison de leur refus de payer leurs redevances. À la veille de la Révolution, à Chailley comme ailleurs, les villageois considèrent comme illégitimes les droits seigneuriaux et se jugent légitimement propriétaires des terres qu’ils occupent. L’ancien système agraire chancelle.

XVIIIe siècle : l'essor de l'activité économiqueModifier

Les biens ruraux prennent de la valeur De nombreux contrats de vente de terres de laboureurs sont signés. Les acquéreurs sont des bourgeois comme le juge de la prévôté de Chailley Robert Louis Marie Tonnelier. L’abbaye de Pontigny profite de la hausse des prix pour vendre son enclos et ses bois de Chailley pour un prix de douze mille trois cent vingt huit livres. En 1738, tous les biens de la paroisse de Chailley sont vendus. Une nouvelle période économique s’ouvre pour Chailley. La période du XVIIe au XIXe siècle permet à Chailley de développer une activité artisanale, commerciale et manufacturière. Deux moulins à eau fonctionnent sur le ru Saint-Jacques qui traverse le village. Deux foires annuelles se tiennent les 16 avril et 28 aout. Deux marchés hebdomadaires ont lieu, dans le village, le dimanche et le mercredi. Au XIXe siècle, deux usines s’implantent : une fabrique de bouton et une fabrique de porte monnaie. Les métiers de la forêt occupent, en 1852, 440 bucherons et charbonniers qui contribuent à l’activité des fours à chaux des Tuileries. L’artisanat se développe De 1788 à 1827, les activités artisanales connaissent un développement important. En 1788, une verrerie royale est installée à Chailley. En 1789, on compte 29 artisans et il y en a quatre-vingt-quinze de référencés en 1827. En 1822, le lavoir est construit et devient un lieu de rencontre important. La même année, sort de terre la halle qui abrite un important marché avec plus de 150 étals. En 1827, Chailley compte six cordonniers, six maréchaux, neuf tisserands, deux sabotiers, quinze marchands de charbon, trente et un charbonniers, cinq meuniers, quatre bouchers. Après les grands incendies de 1840 et 1845, 89 maisons sont détruites et 200 personnes sinistrées. Le village est reconstruit selon un plan d’alignement avec l’actuelle Grande rue, large et rectiligne. C’est à cette période que le cimetière actuel est ouvert. Le bourg compte alors 1300 habitants en 1850. L’arrivée du progrès de 1850 à 1914 permet une embellie des conditions de vie. En 1861, la mairie de Chailley est construite à l’emplacement actuel. En 1893, Chailley compte trois machines agricoles. La période du développement économique permet l’ouverture d’un service de diligence en direction de Saint-Florentin pour faciliter la circulation des habitants. Pourtant, l’arrivée des machines favorise le départ des populations vers les villes et la population commence à régresser pour atteindre 1078 habitants en 1820 et 874 en 1896.

XIXe siècle, Chailley, village républicainModifier

La vie de Chailley est très animée par les débats politiques. En particulier s’opposent violemment les partisans et les adversaires de la laïcité et de la République. En 1848, lors des émeutes parisiennes qui renversent Louis Philippe, la salle du conseil municipal de Chailley est envahie par les républicains. Ils apostrophent le maire Étienne Badié, acheteur de biens nationaux et notable local. Il est hué et la République est applaudie. Controverses autour de la Chapelle En 1864, Alépée née Grand, d’une des familles de notables de la commune porte le drapeau de l’opposition à la laïcité. Elle fait construire, sur ses propres deniers la chapelle du Haut Bouton, dite chapelle Notre-Dame-de-la-Bonne-Mort. La construction est achevée en 1873. Elle en fait don, à sa mort, à l’abbé Paget directeur du séminaire de Sens. En 1874, le conseil municipal, aux idées républicaines, vote une motion stipulant que « jamais la commune de Chailley n’interviendra directement où indirectement à quelque titre que ce soit dans le paiement des dépenses relatives à cette chapelle ». Querelle des deux clochers L’histoire ne s’arrête pas à la construction de la chapelle. Elle s’ancre aussi dans la querelle des deux clochers. C’est d’ailleurs le point culminant d’une lutte entre les notables locaux antirépublicains et les adeptes de l’idéologie républicaine, du progrès et de l’enseignement laïc. Alors que l’heure du village est donnée par la cloche de l’église, le conseil municipal, en août 1904, décide de faire l’acquisition d’une horloge communale. Il importe de donner au village une heure républicaine. En 1910, le conseil municipal, au terme d’un fougueux exposé de Victor Delagneau, anticlérical militant, décide de l’édification d’un clocher sur le toit de la mairie et d’une horloge mécanique. Pour financer cet investissement, une souscription publique est lancée. Le comité de la cavalcade fonctionne activement de 1890 à 1910. Cette fête annuelle fait le pendant aux processions religieuses gravissant la côte de la chapelle de la Bonne-Mort. Celle de 1910 obtient un succès extraordinaire. Les chars ont pour thème les allégories républicaines : la char des présidents, le char de la patrie, celui du progrès… Elle procure une somme de quatre cents francs entièrement au bénéfice de l’édification du clocher de la mairie. Une deuxième cavalcade est organisée en 1913. L’argent rassemblé, la commande de la cloche est passée . C’est effectivement un clocher remarquable qui enjolive l’édifice municipal de Chailley.

ÉconomieModifier

Le siège de la société Duc, spécialisée dans l'abatage et le conditionnement de volailles est situé sur la commune depuis 1990[1].

Politique et administrationModifier

Liste des maires depuis la Libération
Période Identité Étiquette Qualité
1944 1947 Paul Chauvet    
1947 1956 Marcel Manigaud    
1956 1965 Gaston Renuzeau    
1965 1983 Marcel Bourgoin    
1983 2014[2] Gérard Bourgoin[3] CNI Conseiller général
2014[2] En cours Philippe Guinet    

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[4]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[5].

En 2016, la commune comptait 542 habitants[Note 1], en diminution de 4,41 % par rapport à 2011 (Yonne : -0,56 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 1401 0471 3551 0781 1601 2241 2681 2901 292
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 2511 2381 2621 1451 1351 0201 025981874
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
800736673617568542554586522
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
5705141 046565551609586583579
2013 2016 - - - - - - -
550542-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2006[7].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

La distorsion des chiffres de la population en 1975 est due à la fusion temporaires des communes de Chailley-Turny entre 1974 et 1979.

Lieux et monumentsModifier

La chapelleModifier

 
Chapelle de Chailley

La chapelle a été édifiée à l'initiative de Mme Alépée née Grand d'une des familles de notables de la commune. Elle fait construire sur ses propres deniers la chapelle du Haut-Bouton dite chapelle de la Bonne-Mort. La construction est achevée en 1873. Elle en fait don à sa mort à l'abbé Paget directeur du séminaire de Sens. Endommagée pendant la Seconde Guerre mondiale, elle fut ensuite laissée à l'abandon elle est restaurée en 1979 avec l'aide financière d'une souscription et d'un don de M. et Mme Lemaire. Aujourd'hui, la chapelle est un lieu de promenade apprécié qui offre une vue splendide sur le village et ses environs.

L'église Saint JacquesModifier

Chailley devint paroisse en 1569. Son église fut consacrée à saint Jacques le Majeur. Cette église était à l'origine une grange cistercienne qui dépendait de l'abbaye de Pontigny. En 1841, l'église et l'ensemble du village furent détruits par un incendie. L’église, qui a été restaurée en 1848 et en 1871, dont le clocher a été refait et ses cloches refondues (1866) ne remonte qu’à la fin du XVIIIe siècle. Entourée d’un cimetière, celle-ci était construite à côté de la grange aux dîmes de l’abbaye de Pontigny. L’église actuelle, qui occupe une grande partie de ces emplacements, est un rectangle régulier, comptant sept travées du portail au chevet. Des colonnes en chêne soutiennent le plafond qui a remplacé une voûte il y aune dizaine d’années. Des fenêtres dans le style Soufflot l’éclairent. Le maître-autel en bois sculpté XVIIe provient de l’abbaye de Saint-Pierre d’Auxerre. Le tabernacle, d’ordre dorique, surmonté d’une Exposition, orné de trois panneaux sculptés (XVIIe) représentant le Lavement des Pieds ou les disciples d’Emmaüs, n’est pas moins remarquable. On note une statue en pierre de la Vierge dans une des chapelles absidales (XVIe) et un saint Jacques le Majeur en bois dans l’autre. On voit aussi un reliquaire à fronton trilobé en bois avec arc en accolade et pinacles dans le goût du commencement du XVe siècle ; un bénitier de forme hexagonale, style bourguignon (1538), doit être également mentionné.

La mairieModifier

La mairie de Chailley est construite en 1861. Beau bâtiment située au centre du village, il est orné d'un clocher doté d'une horloge communale. C'est en 1910 que le conseil municipal décide de l'édification d'un clocher et d'une horloge mécanique chargé de donner l'heure républicaine aux villageois. Le financement a nécessité une souscription parmi les habitants. Des cavalcades aux chars ayant pour thème les allégories républicaines procurent des sommes importantes au bénéfice de l'édification du clocher qu'on peut admirer de nos jours.

Le lavoirModifier

Le lavoir est construit en 1822 et devient un lieu de rencontre important.

Personnalités liées à la communeModifier

  • Gérard Bourgoin (1939) Chef d'entreprise, fondateur de l'usine d'abattage et de transformation de volailles la Chaillotine devenue BourgoinSA, numéro un mondial de la volaille fraîche avec 30 usines et 6000 emplois. Le groupe est démantelé en 2000 mais la société Duc est restée implantée sur la commune. Maire de Chailley de 1983 à 2014, Conseiller général et vice-président du conseil général de l'Yonne. Supporter du club de football l'AJ Auxerre dont il fut vice-président, Il sponsorise ce club par l'intermédiaire de son groupe volailler de 1978 à 1983. Il devient Président de la Ligue nationale professionnelle de football en 2000 avant de laisser sa place à Frédéric Thiriez et Président de l'AJ Auxerre de 2011 à 2012.

Pour approfondirModifier

BibliographieModifier

  • Véronique Battut, Alphonse et les autres, Lulu.com Paris, (ISBN 978-1-326-65553-2). Les Chaillotins durant la guerre de 14/18
  • Gérard Bourgoin, Gérard Bourgoin, itinéraire d'un homme pressé, Paris, TF1 Éditions, (ISBN 2877610705).

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier