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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Château de Châtillon.

Château de Châtillon
Image illustrative de l’article Château de Châtillon-sur-Cluses
Les ruines de la tour apparaissent à droite dans la végétation.
Période ou style Médiéval
Type Château fort
Début construction XIIe siècle
Propriétaire initial Sires de Châtillon
Destination initiale Résidence seigneuriale
Destination actuelle Ruiné
Coordonnées 46° 05′ 04″ nord, 6° 34′ 59″ est[1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces du Duché de Savoie Faucigny
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Haute-Savoie
Commune Châtillon-sur-Cluses

Géolocalisation sur la carte : Haute-Savoie

(Voir situation sur carte : Haute-Savoie)
Château de Châtillon

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Châtillon

Le château de Châtillon est un ancien château fort, du XIIe siècle, remanié à plusieurs reprises, dont les ruines se dressent sur la commune de Châtillon-sur-Cluses dans le département de la Haute-Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Entre les XIIIe et XVIe siècles, il est le siège d'une châtellenie regroupant treize paroisses, puis centre du bailliage de Faucigny.

SituationModifier

Les vestiges du château de Châtillon sont situés dans le département français de la Haute-Savoie sur la commune de Châtillon-sur-Cluses, sur un rocher calcaire en éperon à 862 mètres d'altitude. Il contrôlait le col de Châtillon, à l'intersection des routes allant d'une part de Cluses à Taninges et de Samoëns à Bonneville et occupait une position centrale au cœur de la province du Faucigny entre les vallées du Giffre et de l'Arve.

HistoireModifier

Le rocher où subsistent les ruines du château se prolonge par une éminence appelée « Le Cuar ». Celle-ci aurait été le site d'une fortification antérieure, probablement en bois. Un fossé creusé de main d'homme la sépare du château.

Initialement possession de la famille de Châtillon connu depuis la fin du XIIe siècle[2], il passe aux mains des sires de Faucigny.

Vers 1200[3] Aymon II de Faucigny abandonne le château ancestral de Faucigny pour s'y installer. Le château est cité en 1222[4]. Aymon II y rédige son testament en 1234[2] après avoir fiancé sa fille Agnès de Faucigny à Pierre II de Savoie dans la chapelle castrale. Leur fille Béatrice de Faucigny y sera également fiancée en 1241[2], toujours dans la chapelle, au dauphin de Viennois, Guigne VII. Pierre II de Savoie y fera d'importants travaux en 1260[3]. Le même, en 1263 en améliore les fortifications. Une partie des hommes est alors fournie par l'abbaye d'Aulps pour ses propriétés situées dans la châtellenie de Châtillon.

Le traité de Paris du 5 janvier 1355 ramène le château dans le giron savoyard[Note 1].

Elle devient le centre du bailliage de Faucigny au XIVe siècle, en remplacement de Bonne[5]. À partir de 1357, lorsque le mandement devient celui de Châtillon et Cluses, le bailli réside plus souvent dans le bourg de Cluses[5].

Il subit d'importants travaux en 1360 et entre 1366 et 1372[4] ; Bonne de Bourbon y réside. Vers 1380[4] Bonne de Berry fait construire une nouvelle tour. Le dernier héritier de Béatrix, Jean de Chalons-Arlay fait don le 13 janvier 1406[3] du château au duc de Savoie Amédée VIII, qui y nomme un châtelain[Note 2]. Le château fera de nouveau l'objet de travaux au XVe siècle[4].

Il est pris en 1492[2] par les « Robes Rouges » ; paysans en révolte menés par Jean Gay de Megève qui comme signe distinctif revêtent une robe rouge. Le duc de Savoie les en expulses. Au XVIe siècle le château ne sert plus guère que comme prison. En 1530[2], le duc Charles III de Savoie inféode le château à la famille de La Palud. Il aurait été détruit en 1589[3] lors de l'invasion des Bernois et Genevois, mais rien ne prouve qu'ils soient arrivés jusqu'à Châtillon.

En 1699, Victor-Amédée II l'inféode au profit du marquis de Cluses, Joseph Martin du Fresnoy. En 1769, à la mort de Louis du Fresnoy c'est son neveu, Joseph Planchamp, qui hérite du marquisat et des ruines de Châtillon.

DescriptionModifier

Le château était composé de trois enceintes successives. La première entourait le plain-château et la chapelle castrale Saint-Martin. Le chœur de l'église actuelle serait un reste de cette chapelle. La deuxième comprenait une tour carrée qui protégeait l'accès au château. Une montée assez raide permettait d'atteindre la porte de la dernière enceinte qui abritait la cour et le logis seigneurial. À son extrémité orientale subsistent les vestiges d'un donjon roman de 6,60 sur 7,70 mètres de côté dressé face à l'attaque. On ignore encore l'emplacement d'une troisième tour construite par Bonne de Berry à la fin du XIVe siècle.

Châtellenie de Châtillon et ClusesModifier

OrganisationModifier

Le château de Châtillon est le centre d'une châtellenie (ou mandement), mise en place à partir du XIIIe siècle[5], dite dans les documents mandement ou châtellenie de Châtillon puis, à partir de 1357, mandement de Châtillon et Cluses ou Cluses et Châtillon[6] (peut être à la fin du siècle précédent). Elle est considérée comme « la plus importante châtellenie du Faucigny »[6].

Le Faucigny est organisée autour de neuf châtellenies[Note 3] à la fin du XIIe siècle dont Châtillon occupait le 1er rang dans l'ordre de préséance, selon l'ancien inventaire des titres du Faucigny (1431), cité notamment par le chanoine Jean-Louis Grillet[7].

Durant la période delphinale, le Faucigny serait organisé (à partir de 1342-1343) autour de quinze châtellenies, dont Châtillon[8].

Villages, paroisses, fortifications de la châtellenie de Châtillon (Cluses)[9]
Commune Nom Type
Arâches-la-Frasse Le Châtelard châtelet
Châtillon-sur-Cluses Château de Châtillon château
Cluses Château de Chessy château
Les Gets Château de Cuar maison forte
Les Gets Maison forte des Gets maison forte
Marnaz Château de Marcossey château
Marnaz Tour de Marnaz autre
Mieussy Château de Rovorée château
Mieussy château de Barbey (château des Barbey) château
La Rivière-Enverse Maison forte de Cellières maison forte
Saint-Sigismond Châtelard de Saint-Sigismond châtelet
Scionzier Château de Mussel châtelet
Taninges Maison forte des Buchilles châtelet
Taninges Maison forte de Flérier châtelet
Thyez Château de la Place château
Verchaix Château de Graverruaz château

Au cours de la première partie du XIVe siècle, la baronnie du Faucigny est à nouveau réorganisée autour de 17 châtellenies[10].

Le château est également le centre du bailliage de Faucigny[11]. En 1357, elle prend le nom de Châtillon et Cluses[11]. Cluses devient le lieu de résidence du bailli[11].

Les paroisses dépendantes de la châtellenie, au XVIIe siècle, sont Fleyrier, Ognion et Mieussy, qui forment un premier ensemble, et Cluses, Scionzier, Saint-Sigismond, Arâches, Châtillon-sur-Cluses, Thyez et Marignier, pour le second[12].

Au XVIIe siècle, les armes du mandement de Cluses se blasonnaient ainsi : Une croix d’or en champ d'azur[13].

ChâtelainsModifier

Dans la baronnie de Faucigny, puis dans le comté de Savoie, le châtelain est un « [officier], nommé pour une durée définie, révocable et amovible »[14],[15]. Il est chargé de la gestion de la châtellenie ou mandement, il perçoit les revenus fiscaux du domaine, et il s'occupe de l'entretien du château[16]. Le châtelain est parfois aidé par un receveur des comptes, qui rédige « au net [...] le rapport annuellement rendu par le châtelain ou son lieutenant »[17].

Les châtelains portent également, durant la période savoyarde, la charge de bailli de Faucigny.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Henri Baud, Jean-Yves Mariotte, Alain Guerrier, Histoire des communes savoyardes : Le Faucigny, Roanne, Éditions Horvath, , 619 p. (ISBN 2-7171-0159-4).
  • Nicolas Carrier, Matthieu de La Corbière, Entre Genève et Mont-Blanc au XIVe siècle : enquête et contre-enquête dans le Faucigny delphinal de 1339, Librairie Droz, , 401 p. (ISBN 978-2-8844-2019-8), p. Introduction.
  • Georges Chapier, Châteaux Savoyards : Faucigny, Chablais, Tarentaise, Maurienne, Savoie propre, Genevois, La Découvrance, coll. « L'amateur Averti », , 410 p. (ISBN 978-2-8426-5326-2), p. 20-21.
  • Michel Germain, Jean-Louis Hebrard et Gilbert Jond, Dictionnaire des communes de Haute-Savoie, Horvath, , 450 p. (ISBN 978-2-71710-933-7).
  • Lucien Guy, « Les anciens châteaux du Faucigny - Château de Châtillon-sur-Cluses (section) », Mémoires & documents, vol. 47,‎ , p. 198-200 (lire en ligne).
  • [PDF] Nicolas Payraud, « Châteaux, espace et société en Dauphiné et en Savoie du milieu du XIIIe siècle à la fin du XVe siècle », HAL - Archives ouvertes, no tel-00998263,‎ (lire en ligne) extrait de sa Thèse de doctorat d'Histoire dirigée par Etienne Hubert, Université Lumière-Lyon-II (lire en ligne).
  • Christian Regat et François Aubert, Châteaux de Haute-Savoie : Chablais, Faucigny, Genevois, Cabédita, , 193 p. (ISBN 978-2-8829-5117-5), p. 44.

Fonds d'archivesModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Selon Salch le château est acquis en 1335 par la maison de Savoie. Ceci semble surprenant car possession des Dauphins, il doit échoir avec les terres du Dauphiné à la suite de la cession de ce dernier au roi de France (cession du 31 mars 1349) ; il doit y avoir une erreur avec la date de 1355. Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du Moyen Âge en France, , 1304 p. (ISBN 2865350703), p. 314.
  2. Sous le régime savoyard le châtelain de Châtillon est systématiquement bailli du Faucigny.
  3. Liste des neuf châtellenies reprenant l'ordre de préséance : Châtillon, Bonneville, Bonne, Sallanches, Faucigny, Le Châtelet du Crédoz, Samoëns, Montjoie et Flumet[7].
  4. Maître est une qualité associée « aux procureurs, notaires, praticiens et commissaires »[24].
  5. Honorable est une qualité associé aux artisans qui ont réussi[24].

RéférencesModifier

  1. Coordonnées trouvées sur Géoportail.
  2. a b c d et e Christian Regat - François Aubert 1999, p. 44-45.
  3. a b c et d Georges Chapier 2005, p. 20
  4. a b c et d Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du Moyen Âge en France, , 1304 p. (ISBN 2865350703), p. 314.
  5. a b et c Guy Gavard (préf. Paul Guichonnet), Histoire d'Annemasse et des communes voisines : les relations avec Genève de l'époque romaine à l'an 2000, La Fontaine de Siloé, coll. « Les Savoisiennes », , 439 p. (ISBN 978-2-8420-6342-9, lire en ligne), p. 65-66.
  6. a et b Histoire des communes savoyardes 1980, p. 257.
  7. a et b Jean-Louis Grillet, Dictionnaire historique, littéraire et statistique des départements du Mont-Blanc et du Léman, contenant l'histoire ancienne et moderne de la Savoie, vol. 3, t. 2, Chambéry, J.F. Puthod, , p. 264. (Volume 2, lire en ligne)
  8. Matthieu de la Corbière, L'invention et la défense des frontières dans le diocèse de Genève : Étude des principautés et de l'habitat fortifié (XIIe - XIVe siècle), Annecy, Académie salésienne, , 646 p. (ISBN 978-2-90110-218-2), p. 195.
  9. Payraud 2009, p. Annexe 8 : liste des ensembles fortifiés intégrés au corpus.
  10. Carrier, de La Corbière, 2005, p. XX (lire en ligne).
  11. a b et c Guy Gavard (préf. Paul Guichonnet), Histoire d'Annemasse et des communes voisines : les relations avec Genève de l'époque romaine à l'an 2000, La Fontaine de Siloé, coll. « Les Savoisiennes », , 439 p. (ISBN 978-2-8420-6342-9, lire en ligne), p. 66.
  12. a et b Laurent Perrillat, L'apanage de Genevois aux XVIe et XVIIe siècles : pouvoirs, institutions, société, vol. 113, t. 2, Académie salésienne, , 1070 p. (lire en ligne), « Annexe n°4 - Listes des châtelains et fermiers de châtellenies de l'apanage aux XVIe et XVIIe siècle », p. 937-938, « Cluses ».
  13. J.-F. Gonthier, « Funérailles de Charles-Amédée de Savoie, duc de Nemours (1659) », Revue savoisienne, vol. XI, no série II,‎ , p. 249 (lire en ligne)
  14. Christian Sorrel, Histoire de la Savoie : images, récits, La Fontaine de Siloé, , 461 p. (ISBN 978-2-8420-6347-4, lire en ligne), p. 146-147.
  15. Nicolas Carrier, « Une justice pour rétablir la « concorde » : la justice de composition dans la Savoie de la fin du Moyen Âge (fin XIIIe -début XVIe siècle) », dans Dominique Barthélemy, Nicolas Offenstadt, Le règlement des conflits au Moyen Âge. Actes du XXXIe Congrès de la SHMESP (Angers, 2000), Paris, Publications de la Sorbonne, , 391 p. (ISBN 978-2-85944-438-9), p. 237-257.
  16. Alessandro Barbero, « Les châtelains des comtes, puis ducs de Savoie en vallée d'Aoste (XIIIe-XVIe siècle) », dans Guido Castelnuovo, Olivier Mattéoni, « De part et d'autre des Alpes » : les châtelains des princes à la fin du moyen âge : actes de la table ronde de Chambéry, 11 et 12 octobre 2001, , 266 p. (lire en ligne).
  17. Nicolas Carrier, « A travers les archives médiévales de la principauté savoyarde - Les comptes de châtellenies », sur le site de mutualisation des Archives départementales de la Savoie et de la Haute-Savoie - Sabaudia.org (consulté en mars 2018).
  18. ADS1.
  19. Jean-Marie Lavorel, « Cluses et le Faucigny, usages locaux, les actes de famille dès la fin du XVIe siècle », communication faite au XIe Congrès des sociétés savantes de Savoie (Chambéry, 1890), publiée dans les Mémoires & documents de l'Académie salésienne, p. 213-214 (lire en ligne).
  20. Payraud 2009, p. 671-682, Annexe 11 : liste des châtelains recensés dans le cadre de cette étude.
  21. Acte du publié dans Paul Lullin et Charles Le Fort, Régeste genevois : Répertoire chronologique et analytique des documents imprimés relatifs à l'histoire de la ville et du diocèse de Genève avant l'année 1312, Société d'histoire et d'archéologie de Genève, , 542 p. (lire en ligne), p. 417-418, notice 1642.
  22. Bernard Demotz, Le comté de Savoie du XIe au XVe siècle : Pouvoir, château et État au Moyen Âge, Genève, Slatkine, , 496 p. (ISBN 2-05101-676-3), p. 417.
  23. Germain Hausmann, « Gruyère, François de » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
  24. a et b Jean Nicolas, La Savoie au XVIIIe siècle, Noblesse et Bourgeoisie, Les Marches, La Fontaine de Siloé, coll. « Le Champ régional », , 1242 p. (ISBN 978-2-84206222-4, lire en ligne), p. 66.