Bataille de Forbach-Spicheren

bataille de la guerre franco-prussienne
Bataille de Forbach-Spicheren

Informations générales
Date
Lieu Au sud de Sarrebruck (France)
Issue Victoire prussienne
Belligérants
Flag of France.svg Second EmpireDrapeau de la Prusse Royaume de Prusse
Commandants
Charles Auguste FrossardKarl Friedrich von Steinmetz
Forces en présence
39 bataillons d’infanterie
24 escadrons de cavalerie
90 canons
---------
29 980 hommes
33 bataillons d’infanterie
33 escadrons de cavalerie
108 canons
---------
45 000 hommes
Pertes
1 982 morts ou blessés
1 096 disparus
4 491 morts ou blessés
372 disparus

Guerre franco-prussienne de 1870

Batailles

Coordonnées 49° 11′ 33″ nord, 6° 58′ 09″ est
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Bataille de Forbach-Spicheren
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Bataille de Forbach-Spicheren
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Bataille de Forbach-Spicheren

La bataille de Forbach-Spicheren[1], également appelée bataille de Spicheren[2],[3] ou bataille de Forbach[4], s'est déroulée le lors de la guerre franco-prussienne, à quelques kilomètres au sud de Sarrebruck. Cette bataille est assez méconnue, principalement parce que le même jour se déroule la Bataille de Frœschwiller-Wœrth rendu tristement célèbre par les charges de cavaleries Françaises. Pourtant l'invasion allemande en découle directement.

ContexteModifier

Le , le 2e corps de l'armée du Rhin commandé par le général Frossard passe la frontière pour se rendre à Sarrebruck. Les Prussiens se sont retirés de la ville peu de temps avant, seuls quelques détachements d'avant-garde y patrouillent. Cette opération mineure est transformée en victoire française, mais les Allemands lancent une offensive quelques jours après et remportent de nombreux combats les 5 et 6 août.

En quittant Sarrebruck, Frossard fait de nombreuses et graves erreurs stratégiques. Il néglige en effet de détruire les ponts sur la Sarre, le télégraphe et la voie ferrée de Neunkirchen, laissant des moyens précieux aux Allemands.

Situation générale de l'armée allemande le 5 aoûtModifier

 
Position des forces allemandes le 5 août au soir[3]

Le plan d'opération de l'armée allemande prévoyait deux axes de progression, un premier suivis par la IIIe armée partant de Landau en direction de l'Alsace et les Vosges. un second suivis par la Ire Armée du Général Steinmetz partant du nord de Sarrebrück en direction de Metz. La deuxième armée du Prince Frederic Charles s’insérant entre la première et la troisième armée sur axe Sarrebrück - Nancy, son rôle consistant dans un premier temps a se positionner pour soutenir la première ou la troisième armée suivant les circonstances[3].

A Woerth la bataille a été fortuite, de petits engagement ont occasionné un bataille acharnée. Le terrain y était accessible à toutes les armes et l'artillerie (surtout allemande) y joua un rôle décisif. La cavalerie pu également agir[3].

A Spicheren la situation était toute autre, le terrain ne favorise pas l'emploi de l'artillerie ni celui de la cavalerie. Tout le poids des engagements et des pertes qu'il entrainait retombait sur l'infanterie.

Plans d'opérations allemandsModifier

Les reconnaissances faites par la division de cavalerie Rheinbaben et celle du duc Guillaume (de Macklembourg - Schwerin) avait amené l'état Major allemand à admettre, d'un manière générale que depuis la 5 août les Français avaient l'intention de faire un mouvement rétrograde et que les quelques mouvements en avant exécutés par eux n'étaient que des démonstration et des diversions faites pour couvrir leur retraite sur Forbach, opinion renforcée par la déclaration du général de Rheinbaben le 6 août au matin: "l'ennemi était en train de se retirer"[3].

En conséquences les chefs des Ire et IIe Armées allemandes donnèrent les ordres pour une marche en avant avec en objectif qu'il fallait empécher les Français de faire leur retraite. Ce fut le VIIe corps de la Ire armée qui le premier amena sur la Sarre une de ses deux divisions, la 14e, commandée par la général de Kamecke. Le général fit occuper par la brigade François (39e et 74e d'infanterie Prussiens) la ville de Sarrebruck et les hauteurs situées dans son voisinage immédiat. A peine arrivées sur le champs de manœuvre ces troupes essuyèrent le feu ouvert depuis le Rotheberg[3].

La bataille de Forbach-Spicheren débute le 6 août vers 14h00.

Déroulement de la batailleModifier

Frossard a établi ses 25 000 hommes sur les hauteurs de Spicheren et en avant des villages de Stiring et de Schœneck. Son poste de commandement est installé dans la maison du maire de Forbach, d'où il est en liaison directe avec le maréchal Bazaine, alors à Saint-Avold. Dans la matinée du 6 août, la 14e division d'infanterie du général Kameke (en) passe à l'offensive à Schœneck et à la Brême d'Or.

Les Allemands possèdent un avantage important : leur artillerie. Elle est en effet composée de canons Krupp en acier, relativement précis. Malgré cela, les Français résistent et repoussent leurs assaillants, parfois à la baïonnette, en leur infligeant de lourdes pertes.

Les Prussiens s'emparent de la Brême d'Or et vers 16 heures, ils reçoivent de nombreux renforts. Au cours de la soirée, ils s'emparent du Roter Berg (« montagne rouge » en allemand) et arrivent à installer des avant-postes sur le Forbacher Berg. Dans la forêt du Gifertwald, des combats au corps à corps se poursuivent jusqu'à la nuit.

Plus bas dans la vallée, Frossard, dépourvu de réserves et de renforts, malgré des demandes répétées auprès de Bazaine, est menacé d'encerclement. Il décide donc l'évacuation de Stiring et la retraite vers Sarreguemines. Quelques violents combats à l'arme blanche se poursuivent dans les villages, où des isolés n'ont pas eu connaissance de l'ordre de retraite.

Vers neuf heures du soir, le même capitaine donne l'ordre d'abandonner la position. Il nous indique le lieu de ralliement avec le régiment. Il faut effectuer la route à marche forcée, les ennemis sont là qui menacent de nous couper la retraite. La plaine grouille de Prussiens, paraît-il. C'est égal, je ne suis pas content de battre en retraite sans essayer mon fusil !... C'est de mauvais augure, pensais-je. Nous sortons par où nous sommes entrés, et, à deux cent mètres, de la ville, nous nous jetons à travers la plaine. Arrivés sur un chemin vicinal, nous marchons à perdre haleine, craignant à chaque instant l'apparition des casques à pointes nous barrant la route. Ce n'est plus une retraite, vrai, c'est un sauve-qui-peut !

Louis Bouchard, Les Mémoires d'un soldat de l'armée de Metz, racontés par lui-même, Saint-Amand, .

BilanModifier

L'armée de Steinmetz souffre de lourdes pertes et, par conséquent, ne poursuit pas les troupes de Frossard. Elle n'entre dans Forbach sans combat que le lendemain, le 7 août. On compte environ 5 000 morts, blessés et disparus du côté allemand contre environ 3 000 du côté français. Plus tard on reprocha à Frossard d'avoir ordonné la retraite trop tôt, alors qu'il possédait encore de nombreuses réserves. Il semblerait en effet que celui-ci surestima la fonction de la place de Metz qu'il qualifiait de « planche de salut assuré ». Il n'empêche que cette retraite se généralise à toutes les troupes françaises, laissant le champ libre aux Prussiens qui, après l'envoi d'éclaireurs, entrent dans Sarreguemines dans l'après-midi du 7 août, puis dans Saint-Avold, Puttelange, Sarrebourg et Boulay. Metz se prépare à un siège sous les ordres du général Coffinières de Nordeck, officier du génie.

MémorialModifier

Le jardin franco-allemand de Sarrebruck contient un mémorial aux morts des deux armées ainsi que la tombe de Katharine Weissgerber (« Schultze Kathrin ») dont le dévouement altruiste et le mépris du danger ont permis de protéger et de soigner de nombreux soldats blessés allemands comme français

BibliographieModifier

  • François Roth, La Lorraine dans la guerre de 1870, Nancy, Presses universitaires de Nancy, coll. « Lorraine », , 117 p. (ISBN 978-2-864-80175-7)
  • Louis Bouchard, Les Mémoires d'un soldat de l'armée de Metz, racontés par lui-même, Saint-Amand,
  • http://www.net4war.com/e-revue/batailles/empire2/spicheren.htm
  • Ronald Zins (ill. Patrick Gérard), La bataille de Spicheren, 6 août 1870 : les Prussiens envahissent la Lorraine, Annecy-le-Vieux, Historic'one éditions, coll. « Batailles oubliées » (no 4), , 95 p. (ISBN 978-2-912-99409-7)
  • Henri Wilmin, «La bataille de Forbach», Le Pays lorrain, no 1, 1970

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Notes, sources et référencesModifier