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Siège de Péronne (1871)
Description de cette image, également commentée ci-après
Monument au marin Delpas
Informations générales
Date 27 décembre 1870 - 10 janvier 1871
Lieu Péronne (Somme)
Changements territoriaux néant
Belligérants
Drapeau de la France FranceDrapeau de la Prusse Royaume de Prusse
Coordonnées 49° 55′ 59″ nord, 2° 56′ 14″ est

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(Voir situation sur carte : France)
Siège de Péronne (1871)

Géolocalisation sur la carte : Somme

(Voir situation sur carte : Somme)
Siège de Péronne (1871)

Le siège de Péronne de 1871 est une opération militaire qui opposa l'armée française à l'armée prussienne au cours de la Guerre franco-allemande de 1870. Il dura du 27 décembre 1870 au 10 janvier 1871.

Sommaire

Contexte historiqueModifier

Le siège de Péronne intervint après la Bataille de l'Hallue et le repli de l'Armée du Nord commandée par le Général Faidherbe sur Arras et la Scarpe. C'est alors que le général von Goeben commandant le VIIIe corps d'armée prussien décida de porter son attaque sur Péronne, dernière place forte aux mains des Français en Haute-Somme[1] (à l'ouest, Abbeville resta tenue par les troupes françaises jusqu'à l'armistice).

Forces en présencesModifier

  • Les Prussiens : onze bataillons, seize escadrons et dix batteries, 38 pièces d’artillerie de campagne.
  • Les Français : la garnison de Péronne était composée de 3 500 hommes commandés par le chef d'escadron Garnier, elle disposait de batteries d'artillerie[2].

Bataille de BapaumeModifier

Article détaillé : Bataille de Bapaume.

Le 27 décembre, les Prussiens investirent la ville. Dès le 28 décembre et pendant trois jours, les Prussiens bombardèrent la ville, détruisant de nombreuses habitations.

Pour tenter de dégager Péronne de l'emprise prussienne, le général Faidherbe fit mouvement vers Bapaume. Les Français livrèrent bataille le 3 janvier 1871 sans réellement emporter la décision. Certes les Prussiens évacuèrent Bapaume, mais Faidherbe dont les troupes étaient épuisées ordonna le repli sur Arras[1].

Capitulation de la garnison de PéronneModifier

Le 29 décembre 1870, un obus prussien tua, sur les remparts de la ville, le marin Delpas et blessa quatre autres canonniers de la pièce de marine installée près du moulin Damay.

Les bombardements reprirent les 6, 7, 8 et 9 janvier 1871. 2 000 obus, en moyenne, tombaient chaque jour sur la ville détruisant près de 800 maisons totalement ou partiellement, une vingtaine seulement restèrent intactes. De plus les conditions sanitaires étaient considérablement dégradées pour la population civile. La variole sévissait. Néanmoins, bien que la ville fut en grande partie détruite, la garnison était quasiment intacte. Cependant, les souffrances endurées par la population avaient miné sa volonté de résistance. De plus, le 8 janvier, les Prussiens reçurent un important ravitaillement de munitions.

Le 9 janvier 1871, le général de Barnekow proposa à la garnison de Péronne de capituler à des « conditions honorables ». Le conseil de défense décida alors, à la majorité, d'accepter les conditions prussiennes et de capituler[2].

Cette capitulation mécontenta fortement le général Faidherbe car, si la ville de Péronne et ses habitants avaient souffert, l'ennemi n'avait pas donné l'assaut et la garnison était toujours en état de combattre selon lui.

ConséquencesModifier

La capitulation de Péronne eut pour conséquence la disparition de tout foyer de résistance française sur la Somme. L'Armée du Nord affaiblie, se prépara dès lors à livrer la Bataille de Saint-Quentin qui se déroula le 19 janvier 1871.

Article détaillé : Bataille de Saint-Quentin (1871).

Le commandant Garnier échappa au Conseil de guerre dont le menaçait le général Faidherbe mais fut blâmé par le conseil d'enquête présidé par le maréchal Baraguay d'Hilliers réunit le 7 mai 1872[2].

Lieu de mémoireModifier

Le 18 juillet 1909 eut lieu, à Péronne, l'inauguration du Monument à Jean Delpas, ou Monument à la Défense de Péronne de 1870. Un parchemin signé du commandant Garnier fut placé dans un petit cercueil de cuivre qui renfermait les cendres du marin Delpas qui fut scellé dans le monument conçu l'architecte Raymond Castex[3]. En 1917, la statue en bronze du marin, le fusil à la main qui était une copie de l'une des statues du monument au général Chanzy au Mans, fut retirée par les Allemands et envoyée à la fonte. L'inscription gravée sur le piédestal fut effacée :

« Au marin Delpas fusilier marin du dépôt de Brest, né à Lugan (Tarn) le 19 avril 1849. Tué sur le canon le 29 décembre 1870 / Ce monument a été érigé par les soins du Souvenir français et de la ville de Péronne, le 18 juillet 1909 / sur le mur du fond : DEFENSE DE PERONNE 1870-1871 »

En 1932 : la municipalité de Péronne confia à Albert Roze la réalisation d'une nouvelle statue en pierre ce qui fut fait en août 1933. Le marin Delpas est représenté frappé au cœur, s’appuyant sur un canon[4].

BibliographieModifier

  • Louis Cadot, La Vérité sur le siège de Péronne, réponse au général Faidherbe, Péronne, Librairie Récoupé, 1872 (disponible sur Gallica)
  • Adolphe Lecluselle, La Guerre dans le Nord (1870-1871), 1898, réédition Colombelles, Éditions Corblet, 1996.
  • Pierre Milza, L'Année terrible, la guerre franco-prussienne septembre 1870 - mars 1871, Paris, Éditions Perrin, 2009 (ISBN 978 2-262-02 498-7)

Liens internesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

RéférencesModifier

  1. a et b Pierre Milza, L'Année terrible, la guerre franco-prussienne septembre 1870 - mars 1871, Paris, Éditions Perrin, 2009 (ISBN 978 2-262-02 498-7)
  2. a b et c Adolphe Lecluselle, La Guerre dans le Nord (1870-1871), 1898 - réédition, Colombelles, Éditions Corblet, 1996
  3. https://e-monumen.net/patrimoine-monumental/monument-a-jean-delpas-ou-monument-a-la-defense-de-peronne-de-1870-peronne/
  4. https://www.richesses-en-somme.com/sculptures/albert-roze-sculpteur/