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Assemblée territoriale des îles Wallis et Futuna

Assemblée territoriale des îles Wallis et Futuna
Fono fakatelituale o Uvea mo Futuna

Présentation
Type Assemblée délibérante régionale
Création 1961
Lieu Mata-Utu
Présidence
Président Atoloto Kolokilagi
Élection 29 novembre 2019
Structure
Membres 20 conseillers
Description de cette image, également commentée ci-après
Composition actuelle.
Groupes politiques
  • Opposition : 9
  • Majorité : 11
Élection
Dernière élection 26 mars 2017
Divers
Site web wallis-et-futuna.gouv.fr

L'assemblée territoriale des îles Wallis et Futuna (en wallisien et en futunien Fono fakatelituale o Uvea mo Futuna[1]) est l'assemblée délibérante du territoire[Note 1] de Wallis-et-Futuna. Elle se compose de vingt représentants, 13 pour Wallis et 7 pour Futuna. Elle a été instituée par l'article 11 de la loi statutaire du 28 juillet 1961 et elle siège à Mata Utu, chef-lieu du territoire.

FonctionnementModifier

Mode de scrutinModifier

L'assemblée territoriale des îles Wallis et Futuna comporte 20 sièges dont les membres sont élus pour cinq ans au scrutin proportionnel plurinominal de liste à un tour dans cinq circonscriptions électorales plurinominales. L'île de Wallis est représentée par 13 élus (6 pour le district de Mu'a, 4 pour le district de Hahake et 3 pour le district de Hihifo) tandis que Futuna compte 7 élus (4 pour la circonscription d'Alo et 3 pour celle de Sigave). Les sièges sont répartis selon la règle de la plus forte moyenne[2].

DirectionModifier

L'assemblée est dirigée par un président élu tous les ans par les membres de l'assemblée territoriale après l'ouverture de la session budgétaire[3].

L'assemblée territoriale se tient deux fois par an avec une session administrative en milieu d'année et une session budgétaire en fin d'année, pour une durée maximale de 45 jours chacune. Des sessions extraordinaires, n'excédant pas 15 jours, peuvent également avoir lieu[3].

PrérogativesModifier

La situation politique et institutionnelle à Wallis-et-Futuna est particulière. En effet, le statut de 1961 reconnaît l'existence du pouvoir coutumier aux côtés des institutions républicaines. Ainsi, « les « chefs traditionnels (Hau ou Sau) des Îles Wallis et Futuna » sont « suppléants du préfet dans le conseil territorial qui examine les dossiers avant soumission à l’Assemblée territoriale »[4].

Les débat peuvent avoir lieu en français, wallisien ou futunien : des interprètes sont présents et les compte-rendus peuvent être rédigés dans les trois langues[5].

HistoriqueModifier

OrigineModifier

XXIe siècleModifier

À Wallis-et-Futuna, l'année 2007 a été marquée par trois échéances électorales dont le renouvellement de l'assemblée territoriale le 1er avril, qui a vu le renouvellement de la majorité sortante formée autour de l'UMP du député Victor Brial et de divers droite proches de l'UDF de Pesamino Taputai, les rapports de force se trouvant inchangtoujours 12 élus pour la majorité contre 8 à l'opposition socialiste).

Les élections du sont marquées par un important renouvellement des membres de l'assemblée, les trois chefs de file des principaux groupes sortants ayant été battus (Victor Brial, Pesamino Taputai et le socialiste Siliako Lauhea). De nombreux nouveaux venus, présentés comme des « rénovateurs », font leur entrée, dont surtout Mikaele Kulimoetoke, David Vergé ou Sosefo Suve, tandis que, près de la moitié des élus (9 sur 20) n'appartient à aucun des trois grands groupes politiques locaux (l'UPWF devenue ensuite USPWF de gauche, le RPWF-UMP de droite et le groupe centriste). Dans un premier temps, une alliance entre une grande partie des « rénovateurs » non-inscrits et l'UPWF se met en place, mais un renversement d'alliance s'opère, en avec le rejet de la gauche dans l'opposition et l'arrivée dans la majorité du RPWF et du centre. Une élection partielle a lieu le dans la circonscription d'Alo à Futuna : des quatre sortants (deux centristes, un RPWF et un USPWF), seul un centriste n'est pas réélu (Alesio Katoa) au profit de Frédéric Baudry. À la suite de cela, la majorité passe de nouveau à gauche, avec le ralliement de David Vergé.

Les élections du marquent un nouveau renouvellement. Des chefs « rénovateurs » de 2012 ne survivent ainsi que David Vergé et Mikaele Kulimoetoke, devenues entretemps des personnalités rivales de la vie politique locale. S'y ajoutent le député (réélu à l'Assemblée nationale quelques mois plus tard) Napole Polutélé qui fait pour sa part sa première entrée dans l'assemblée wallisienne et futunienne et qui en devient le nouvel homme fort, avec deux autres élus sous les couleurs de son mouvement du centre-gauche « Ensemble pour un avenir meilleur ». Deux des derniers vétérans des vieux partis wallisiens qui avaient réchappé à 2012 se sont depuis retiré (Patalione Kanimoa pour l'ex-UMP qui est devenu lavelua) ou sont décédés (Vetelino Nau pour l'USPWF en ), et plusieurs « rénovateurs » de 2012 qui avaient occupé des fonctions importantes durant cette mandature sont battus (Sosefo Suve, Petelo Hanisi, Eselone Ikai, Bernard Taufana, Petelo Falelavaki), au profit de jeunes élus (avec le retour d'un représentant de la « dynastie » Brial avec Sylvain Brial, qui remplace Napole Polutélé comme député à la faveur d'une élection partielle en , ou encore avec Lavinia Tagane, candidate de 26 ans qui avait fait de sa jeunesse l'un de ses principaux arguments de campagne). Le jour de l'élection du nouveau bureau, le , c'est le chef de l'opposition sortante et ancien député divers droite (auparavant divers gauche), David Vergé, qui prend la présidence, à l'unanimité des 11 élus présents qui forment la nouvelle majorité, les 9 élus de l'opposition ayant boycotté cette séance[6]. Ce nouvel équilibre s'établit donc entre une majorité du centre et de droite, dont les membres soutiennent François Fillon ou Emmanuel Macron lors de la présidentielle et sont proches du nouveau lavelua reconnu par l'État Patalione Kanimoa, et une opposition de gauche, dont la plupart des membres ont soutenu Benoît Hamon, sont bien représentés à Futuna et sont plutôt favorables au roi dissident à Wallis, Mautamakia Vaimua Tominiko Halagahu. Le , à mi-mandat, la même majorité, réduite désormais à 10 membres depuis la défection pour l'opposition du Futunien Toma Savea, fait élire le Républicain Atoloto Kolokilagi pour remplacer David Vergé à la présidence de l'Assemblée[7].

BureauModifier

2012Modifier

Le , Vetelino Nau, élu de l'Union populaire pour Wallis-et-Futuna (UPWF, PS) de la circonscription d'Alo (Futuna), est porté à la présidence de l'assemblée par 11 voix sur 20. Mikaele Kulimoetoke est élu vice-président.

Après le changement de majorité, Sosefo Suve, élu non-inscrit jusque-là d'opposition qui avait mené le la liste Tau mau lelei (ou « Bonne bataille intelligente ») dans la circonscription de Hihifo (Wallis), devient le nouveau président le . Le même jour, Mireille Laufilitoga, élue non-inscrite déjà membre de la majorité sortante qui avait dirigé le 25 mars précédent la liste Vaka Fo'ou (ou « Nouvelle pirogue ») dans la circonscription de M'ua (Wallis), obtient pour sa part la vice-présidence.

2013Modifier

Le nouveau renversement provoqué par l'élection partielle du porte, le 1er avril suivant, Nivaleta Iloai, de l'Union socialiste pour Wallis-et-Futuna (USPWF, nouveau nom de l'UPWF) et qui avait mené la liste Fakatahiaga O Hihifo ou « Union pour Hihifo » en , est portée à la présidence. Doyenne de l'institution, elle est la première femme à présider l'assemblée territoriale. Le même jour, David Vergé, l'une des principales figures des élections de 2012 et ancien député de 2012 à 2013, issu de la précédente majorité de droite mais allié désormais avec la gauche, devient vice-président. Lors du renouvellement du bureau du , cette même majorité de gauche porte le divers-gauche de Hahake Petelo Hanisi à la présidence de l'assemblée pour succéder à Nivaleta Iloai. Mikaele Kulimoetoke redevient le même jour vice-président.

2014Modifier

Un autre changement de majorité a lieu en lorsque deux dissidents de l'USPWF (Nivaleta Iloai et Petelo Falelavaki) et deux non-inscrits divers gauche (Mikaele Kulimoetoke et Bernard Taufana) rejoignent les 9 élus de l'opposition du centre et de droite. Ainsi, le , Mikaele Kulimoetoke (non-inscrit divers gauche, Hahake, Wallis), l'une des principales figures du grand bouleversement politique représenté par les élections de 2012, est élu président de l'assemblée territoriale avec 13 voix contre 7. Le même jour, Sosefo Motuku (centriste, Alo, Futuna) devient vice-président. Il le reste jusqu'à la fin de la mandature, en .

2017Modifier

Le premier bureau issu des élections de 2017 est désigné le est ainsi constitué[8] :

La commission permanente, élue le même jour, comprend pour sa part[8] :

Les présidents des commissions intérieures, qui ont également été renouvelées le , sont[8] :

  • Président de la commission des Finances, des Affaires économiques et du Développement : Soane-Paulo Mailagi (« Ensemble pour un avenir meilleur », Hihifo, Wallis)
  • Président de la commission de l'Enseignement : Napole Polutélé (« Ensemble pour un avenir meilleur », M'ua, Wallis)
  • Président de la commission de l'Équipement, du Plan et de l'Environnement : Toma Savea (RPWF-Les Républicains, Alo, Futuna)
  • Président de la commission de l'Agriculture, de l'Élevage et de la Pêche : André Vaitotai (Tui Mata Utu, RPWF-Les Républicains, Hahake, Wallis)
  • Président de la commission des Affaires sociales et de la Fonction publique : Atoloto Kolokilagi (RPWF-Les Républicains, Hihifo, Wallis)
  • Présidente de la commission de la Culture, du Tourisme, de la Jeunesse et des Sports : Lavinia Tagane (non-inscrite, « Le'o o tupulaga Voix de la jeunesse », Hahake, Wallis)
  • Présidente de la commission de la Condition féminine et de l'Artisanat : Yannick Feleu (RPWF-Les Républicains, M'ua, Wallis)

2019Modifier

Le , le renouvellement annuel du bureau donne la composition suivante[7] :

Membres actuelsModifier

Majorité (10 membres)Modifier

Groupe RPWF-Les Républicains (3 membres)Modifier

Groupe « Ensemble pour un avenir meilleur » divers centre ou centre-gauche (3 membres)Modifier

  • Napole Polutélé (liste Fakatahi kihe kaha'u e lelei ou « Ensemble pour un avenir meilleur », M'ua, Wallis)
  • Marie-Louise Selui (liste Fakatahi kihe kaha'u e lelei ou « Ensemble pour un avenir meilleur », M'ua, Wallis)
  • Soane-Paulo Mailagi (liste Fakatahi kihe kaha'u e lelei ou « Ensemble pour un avenir meilleur », Hihifo, Wallis)

Groupe centriste (1 membre)Modifier

  • Tui Asoa Sosefo Motuku (liste Lou fenua Laga Fakatasi ou « Construire ensemble ton pays », Alo, Futuna)

Non-inscrits divers droite (3 membres)Modifier

Opposition (10 membres)Modifier

Groupe USPWF (2 membres)Modifier

  • Savelina Vea (liste Alofa maoki ki lou fenua ou « Aimer la vérité dans le pays », Sigave, Futuna)
  • Nivaleta Iloai (liste Fakatahi'aga O Hihifo ou « Union pour Hihifo », Hihifo, Wallis)

Non-inscrits divers gauche (8 membres)Modifier

  • Mikaele Kulimoetoke (liste Ta'ofi ki'Uvea mo Futuna ou « Retenir à Wallis et Futuna », Hahake, Wallis)
  • Mikaele Seo (liste Uvea mo futuna ke lelei, M'ua, Wallis)
  • Munipoese Muliakaaka (liste Ofa ki tou fenua, M'ua, Wallis)
  • Frédéric Baudry (liste « Travail et partage », Alo, Futuna)
  • Lafaele Tukumuli (liste Fa'u ile alofa, Alo, Futuna)
  • Toma Savea (liste Mauli Fakatasi ou « Ensemble pour la construction du pays » en 2012, « Ensemble pour le développement » en 2013, « Ensemble pour le changement » en 2017, membre de la majorité jusqu'en 2019, Alo, Futuna)
  • Sylvain Brial (liste Futuna fakatasi ke fetogi ou « Futuna ensemble », Sigave, Futuna)
  • Tuliano Talomafaia (liste Fakatasi ki le tou ka'au, Sigave, Futuna)

Notes et référencesModifier

NoteModifier

  1. Malgré la réforme de la Constitution de 1958 en 2003, le territoire n'est pas encore devenu une collectivité d'outre-mer.

RéférencesModifier

  1. Conseil territorial, Délibération n°51bis/AT/2018 du 27 novembre 2018 portant désignation des membres de l'Assemblée Territoriale, Mata-Utu, (lire en ligne)
  2. Élections territoriales 2017
  3. a et b « Les services de l'Assemblée Territoriale / Services de l'Etat et du Territoire / Accueil - Les services de l'État à Wallis et Futuna », sur www.wallis-et-futuna.gouv.fr (consulté le 28 novembre 2019)
  4. Sophie Chave-Dartoen, « Introduction », dans Royauté, chefferie et monde socio-cosmique à Wallis ('Uvea) : Dynamiques sociales et pérennité des institutions, pacific-credo Publications, coll. « Monographies », (ISBN 978-2-9563981-7-2, lire en ligne)
  5. « Wallisien | Trésors de la parole », sur corpusdelaparole.culture.fr (consulté le 28 novembre 2019)
  6. Fatima Maniulua, « David Vergé : nouveau président de l'assemblée territoriale », Nouvelle-Calédonie 1re
  7. a et b Fatima Maniulua, « Atoloto Kolokilagi nouveau président de l'assemblée territoriale », Wallis & Futuna 1re, 29/11/2019.
  8. a b et c Présentation de l'assemblée territoriale de Wallis-et-Futuna sur le site de la préfecture des îles Wallis-et-Futuna

Voir aussiModifier