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À Wallis-et-Futuna, Lavelua est le titre porté par le souverain (en wallisien hau, traduit en français par « roi »[1]) du royaume coutumier d'Uvea. Depuis 2016, le royaume a deux souverains rivaux. Le Lavelua actuel (reconnu par l’État français) est Patalione Takumasiva Aisake ; un autre Lavelua concurrent, Ma’utamakia Vaimu’a Halagahu, a a été intronisé en 2016[2].

HistoireModifier

Avant la conversion de l'île de Wallis au catholicisme par des missionnaires français, le Lavelua détenait l'autorité suprême sur Uvea. « Il possédait le droit de vie et de mort sur ses sujets. Sa personne était tapu [sacrée] et on n'avait pas le droit de le toucher ni d'être placé au-dessus de lui »[1].

Naissance du titreModifier

La tradition orale relatant la naissance de la chefferie wallisienne a été compilée par un missionnaire, le père Henquel, au début du XXe siècle, dans l'ouvrage Talanoa ki Uvea[3].

Transformation au contact des missionnairesModifier

Après 1961Modifier

La loi no 61-814 du 29 juillet 1961, qui transforme Wallis-et-Futuna en territoire d'outre-mer et met fin au protectorat, reconnaît à l'article 3 l'autorité coutumière :

« La République garantit aux populations du territoire des îles Wallis-et-Futuna le libre exercice de leur religion, ainsi que le respect de leurs croyances et de leurs coutumes en tant qu’elles ne sont pas contraires aux principes généraux du droit et aux dispositions de la présente loi »

Pour Sophie Chave-Dartoen, la formulation « respect de [...] leurs coutumes » fait référence à l'ensemble de la chefferie et des rois, sans plus de précision. Cela devait laisser place à un transfert progressif des pouvoirs coutumiers vers l'assemblée territoriale et un appareil administratif conséquent. Cependant, la loi de 1961 n'a pas changé et ce transfert de compétences ne s'est pas réalisé[4].

Devenir LaveluaModifier

Les souverains wallisiens sont choisis au sein des familles 'aliki (« nobles »), qui se réunissent au sein d'un conseil (fono fakakau 'aliki). Les ministres coutumiers se mettent d'accord sur le nom du Lavelua. Ce n'est donc pas une succession strictement héréditaire : l'individu choisi doit correspondre aux qualités attendues d'un souverain. Pour l'anthropologue Marshall Sahlins[5], ce mode de désignation s'explique par l'existence de familles royales rivales et permet un certain partage du pouvoir, les familles se transmettant la charge de Lavelua à tour de rôle[1].

Une fois nommé, le souverain est intronisé lors d'une cérémonie du kava royal[1].

Le roi d'Uvea a souvent été un homme, mais certaines femmes ont également eu cette fonction, comme Amelia Tokagahahau Aliki.

Liste des LaveluaModifier

Voir aussiModifier

RéférencesModifier

  1. a b c d e et f Dominique Pechberty et Epifania Toa, Vivre la coutume à ʻUvea (Wallis), L'Harmattan, (lire en ligne), p. 65-68
  2. « Les cérémonies de la Saint-Joseph marquent la coexistence de deux chefferies à Wallis », sur Wallis et Futuna la 1ère, (consulté le 29 janvier 2019)
  3. Chave-Dartoen 2018, p. 67-68
  4. Chave-Dartoen 2018, p. 11
  5. (en) Marshall Sahlins, « Differentiation by adaptation in Polynesian societies », Journal of the Polynesian Society, vol. 66, no 3,‎ (lire en ligne)

BibliographieModifier

  • Sophie Chave-Dartoen, Royauté, chefferie et monde socio-cosmique à Wallis ('Uvea) : Dynamiques sociales et pérennité des institutions, pacific-credo Publications, coll. « Monographies », (ISBN 9782956398172, lire en ligne)