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Architecture chrétienne

L’architecture chrétienne désigne l'architecture des lieux de culte dans la religion chrétienne. La compréhension de cette architecture permet d'identifier les différents éléments qui la composent, restituer leur destination et leur articulation, mais aussi reconnaître le style architectural et l'histoire des lieux de culte chrétiens.

Avant le VeModifier

Avant le Ve siècle, se développent l'architecture paléochrétienne et byzantine.

Ve au IXe siècleModifier

Les dénominations de l'architecture de cette époque sont variables. On parle d'architecture préromane, d'architecture carolingienne ou ottonienne, selon les époques et les zones géographiques.

Voir articles principaux :

Les premiers édifices religieux sont des baptistères :

Durant le règne de Charlemagne, la construction des églises s'accélère, sous l'effet de la christianisation de l'Europe. Byzance influence beaucoup l'art carolingien, et l'on trouve souvent des édifices à plan basilical, ainsi que quelques édifices à plan octogonal.

Sur quelque quatre-vingts églises construites dans l'empire carolingien, très peu subsistent aujourd'hui, car la plupart des édifices ont été détruits pendant la grande phase d'urbanisation des XIe et XIIe siècles pour laisser place à des bâtiments plus vastes. Quand il reste des vestiges, ce ne sont souvent que des cryptes (Auxerre).

Parmi les églises qui subsistent, on notera surtout la chapelle palatine d'Aix la Chapelle, construite vers 790-800 pour être la chapelle du palais de Charlemagne, ainsi que la petite église de Germigny-des-Prés, à proximité de l'abbaye de Fleury (aujourd'hui abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire).

L'abbatiale d'Ottmarsheim, qui adopte le plan octogonal des églises carolingiennes, a en fait été construite aux alentours de l'An mil. C'est une transition vers le roman.

Architecture du XIe au XIIIe siècleModifier

Le style préroman naît en Italie et se développe dans le sud de la France. Un des monuments romans emblématiques en Italie est la cathédrale Notre-Dame de l'Assomption de Pise. Le plan basilical se généralise, tandis que le plan octogonal de la période carolingienne disparaît presque complètement.

Les premiers édifices qui apparaissent en France sont construits à partir des années 950-1000, principalement en Bourgogne (Cluny, puis Tournus, Saint-Bénigne à Dijon (dont seule subsiste la crypte), Chapaize, ou encore les réalisations de l'architecte lombard Guillaume de Volpiano.

En Champagne, la Basilique Saint Remi à Reims, l'église de Montier-en-Der, de très nombreuses églises romanes autour de Paris, ainsi que dans une zone qui s'étend entre Paris, Reims et Laon.

Des abbayes apparaissent le long des routes de pèlerinage : Conques, Sénanque, Fontfroide, Moissac, Le Thoronet, Saint-Benoît-sur-Loire, Le Bec Hellouin, le Mont-Saint-Michel, Vézelay

Cathédrales romanes dans le sud de la France.,

Les abbayes cisterciennes adoptent un style qui n'est ni roman ni gothique[réf. nécessaire]; comme le souhaitent les fondateurs de l'ordre cistercien, elles sont beaucoup plus dépouillées que les abbayes romanes, en réaction à la splendeur de Cluny ; elles ne présentent pas de décoration sculptée: Fontenay, Cîteaux, Noirlac

La construction des cathédrales gothiques accompagne le vaste mouvement d'urbanisation du XIIe siècle, surtout en Île-de-France où les défrichements permettent d'augmenter la production agricole qui alimente les villes.

Le premier art « gothique » (le terme apparaît au XVe siècle[1],[2]) naît avec la reconstruction du chœur et du chevet de la basilique Saint-Denis (1130 - 1144) entreprise. Les cathédrales gothiques sont construites sur le principe de la théologie de la lumière (Denys l'Aréopagite, disciple de saint Paul). Les vitraux font leur apparition. Après Saint-Denis, les premières cathédrales en style "gothique" sont Noyon vers 1160, la cathédrale de Sens (vers 1160 ?, archevêché avant Paris), Notre-Dame de Paris, Laon.

La cathédrale Notre-Dame de Reims est remarquable pour ses sculptures, tandis que les cathédrales Notre-Dame de Chartres et saint-Étienne de Bourges présentent des vitraux d'une très grande finesse. D'une façon générale, nombre d'évêques s'efforcent de construire des cathédrale plus vastes et plus hautes que leurs homologues, en transformant ou en démolissant les bâtiments existant (Amiens, Beauvais…).

Architecture de la RenaissanceModifier

 
Jubé de l'église Saint-Étienne-du-Mont dessiné par Antoine Beaucorps, c.1600 ; les sculptures ont été réalisées par Pierre Biard.

Cette époque est marquée par la Réforme, de sorte que l'on observe des styles très différents selon les courants du christianisme.

Dans le catholicisme, on voit apparaître le style sulpicien au XVIe siècle. En réponse à la Réforme, le concile de Trente décide d'abandonner les jubés.

Les temples protestants sont plus dépouillés.

Architecture du XVIIe au XIXe siècleModifier

Persistance du style sulpicien (église Saint-Paul-Saint-Louis, église Saint-Thomas d'Aquin).

Églises de style baroque en Italie et en Allemagne.

Au 19e siècle, on reprend des styles du passé (historicisme), en particulier le néo-gothique (achèvement de la cathédrale de Cologne, basilique Sainte-Clotilde à Paris, Votivkirche à Vienne, cathédrale Saint-Patrick à New-York), le néo-classicisme (Eglise de la Madeleine à Paris), le néo-roman (Pauluskirche à Bâle, Temple neuf à Metz) ou encore le néo-byzantin (Basilique du Sacré-Cœur, à Paris)

Eglises

Architecture du XXe siècle et du XXIe siècleModifier

On trouve encore des réalisations historicistes (Église Saint-Sava de Belgrade, Basilique du sanctuaire national de l'Immaculée Conception à Washington), en particulier dans le premier tiers du siècle. Toutefois, les possibilités nouvelles offertes par des matériaux comme le béton, l'acier, le verre, ainsi que les conceptions du courant moderne, donnent bientôt naissance à des bâtiments aux lignes en rupture nette avec la tradition et les styles historicistes. Cette architecture a produit de nombreuses églises (ou temple) de qualité, et cette tendance se poursuit au XXIe siècle. Mentionnons quelques œuvres marquantes: la Chapelle Notre-Dame-du-Haut, le couvent de la Tourette, la Cathédrale de Brasilia, l'Église de la lumière d'Ibaraki. Le courant de l'architecture organique a aussi produit des églises de qualité, par exemple avec l'architecte hongrois Imre Makovecz à Siófok.

D'autre part, des matériaux comme la brique ou le bois ont également été utilisé de façon remarquable (Cathédrale de la Résurrection d'Évry, Église de la Croix (Lahti), Chapelle Thorncrown, Arkansas).

Notes et référencesModifier

  1. « Gothique », sur fr.wiktionary.org (consulté le 14 décembre 2019)
  2. « Gothique », sur cnrtl.fr, (v. "étymol. et hist.") (consulté le 14 décembre 2019)

BibliographieModifier

  • André Chastel, L'art italien, Paris, Flammarion, 1982 [1956].
  • Georges Duby, Le Temps des cathédrales : l'art et la société (980–1420), Paris, Gallimard, 1976.
  • Henri Focillon, Moyen Age roman et gothique, Paris, Le Livre de Poche, coll. Biblio Essais, 1988 [1938].
  • Edward Norman, Les maisons de Dieu : art et histoire des églises de la Chrétienté des origines à nos jours, Paris, Arthaud, 1990.
  • Frédérique et Yves Pauwels-Lemerle, L'architecture à la Renaissance, Paris, Flammarion, coll. Tout l'art - Histoire 1998.
  • Hugh Pearman, Religion: Lieux de culte, in Architecture du monde contemporain, Paris, Phaidon, 2006, p. 137 - 169.
  • Nikolaus Pevsner, Génie de l'architecture européenne, Paris, Chêne, 1991 [1963].
  • John Summerson, L'architecture du XVIIIesiècle, Paris, Thames & Hudson, 1993 [1986].

Voir aussiModifier