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Guillaume de Volpiano

prélat catholique
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Guillaume de Volpiano
Image illustrative de l’article Guillaume de Volpiano
Statue de Guillaume de Volpiano sur son mausolée, abbatiale de la Trinité de Fécamp.
Biographie
Naissance
Volpiano, Novare ou Orta San Giulio
Ordre religieux Ordre de Saint-Benoît
Décès
Fécamp
Évêque de l’Église catholique
Abbé de la Trinité de Fécamp
Abbé de Gorze
Abbé de Saint-Bénigne de Dijon
Autres fonctions
Fonction religieuse
Oblat de Lucedio
Diacre
Prieur de Pont-Saint-Esprit
Prêtre

Guillaume de Volpiano, Guillaume de Dijon ou encore Guillaume de Cluny (Willelmus[1]), Guglielmo da Volpiano en italien, est un religieux et réformateur liturgique piémontais. En tant que réformateur, son action concerne de très nombreux monastères, notamment en Normandie comme à Fécamp, à Jumièges, à Bernay ou encore, Troarn. Puis, par contrecoup, cela concerne par la suite les monastères de l'Angleterre anglo-saxo-danoise, comme à l'abbaye Hailes à Winchcombe et à Gloucester. Il fit de ces monastères des asiles de sainteté et de savoir.

C'est un saint chrétien fêté le 1er janvier[2].

Sommaire

FamilleModifier

Guillaume naît en juin ou juillet 962[1], selon les hypothèses à Volpiano, à Novare[3] ou à Orta San Giulio[1],[4], fils de Robert, comte de Volpiano[n 1], au service du roi Bérenger II d'Italie et de Périnza, de haute noblesse appartenant à la maison d'Ivrée, parente du roi Bérenger II[1]. Il reçoit son nom de son parrain, l'empereur Otton Ier, et de sa femme l'impératrice Adélaïde, fille de Rodolphe II, roi de Bourgogne[1],[5].

BiographieModifier

Oblat de Lucedio, il devient ensuite diacre. Il suit des cours de grammaire à Pavie. Guillaume devient moine dans l'ordre de Cluny à l'âge de 25 ans[6], quand Mayeul de Cluny rentre en 987, en Bourgogne, il est accompagné de Guillaume[7]. Il est ensuite chargé du prieuré Saint-Saturnin de Pont-Saint-Esprit[1].

Le , il arrive à l'abbaye Saint-Bénigne de Dijon. Le , il devient prêtre et abbé de Saint-Bénigne[1]. En cette même année 990, Foucher prieur du prieuré Saint-Léger près de Pontarlier porte plainte contre lui et son Abbaye Saint-Bénigne de Dijon au sujet du bois de Haute-Serve à Cessey-sur-Tille devant Henri le Grand, duc de Bourgogne, avoué de Saint-Léger, Otte-Guillaume de Bourgogne, comte de Mâcon et de Bourgogne, avoué de Saint-Bénigne, et Brunon de Roucy, évêque de Langres. Les parties sont invitées à procéder à la vue du bois, en présence du comte Richard de cives de Dijon, et de plusieurs nobles, chargés de trancher le débat. Ceux-ci prescrivent un combat singulier. Au jour fixé, il est seul à comparaître, son adversaire se déroba[8].

Il est chargé peu après par Brunon de Roucy, évêque de Langres, des monastères de Saint-Pierre de Bèze, de Moutiers-Saint-Jean, de Tonnerre et Notre-Dame de Molesme. Le duc de Bourgogne Henri le Grand le fait abbé de l'Abbaye Saint-Vivant de Vergy. En 996, l'évêque de Metz Adalbéron II l'appelle pour réformer Saint-Arnoul de Metz, puis l'Abbaye Saint-Èvre de Toul. En l’an 1000 ou 1001, il fonde l'abbaye de Fruttuaria[1].

Répondant à l'appel du jeune duc Richard II l'Irascible, il part en 1001 pour le duché de Normandie dans le but, entre autres, de faire restaurer l'abbaye de la Trinité de Fécamp[1].

En 1012, l'évêque de Metz Thierry II lui confie l'abbaye de Gorze[1]. Puis il devient en 1015 abbé de Jumièges[9].

 
Abbatiale Notre-Dame de Bernay, dont Guillaume aurait lancé la construction.

Le , le pape Benoît VIII accorde le privilège d'exemption à l'abbaye de Fécamp[1]. En 1025, le duc Richard le fait abbé de Bernay, qu'il rattache à Fécamp[10]. Selon Joseph Decaëns, Guillaume aurait lancé la construction de l'abbatiale[10].

Il réforme en 1026 les abbayes Saint-Mansui et de Moyenmoutier, ainsi que celle de Saint-Germain-des-Prés à Paris[1].

Il apporte avec lui l'architecture lombarde d'Italie du Nord.

Il résigne en 1028 de l'abbatiat de Fécamp et nomme son successeur Jean d’Allie. Il meurt à Fécamp le et est inhumé devant l'autel Saint-Taurin ou au milieu de l'église[1]. Son œuvre de réformateur est immense ; à son décès ce ne sont pas moins d'une quarantaine d'abbayes, en Bourgogne, Lorraine et Normandie qu'il a réformées.

IconographieModifier

  • Sculpture de l'abbé Volpiano représenté en pied sur l'ambon de la basilique San Giulio (XIIe siècle) sur l'île d'Orta, Italie[11]
  • Statue de Guillaume de Volpiano sur son mausolée dans l'abbatiale de la Trinité de Fécamp.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Fils de Vibo, noble souabe.

RéférencesModifier

  1. a b c d e f g h i j k l et m Gazeau 2007, p. 101-105
  2. Nominis : Saint Guillaume de Cluny
  3. Marcel Pacaut, Les ordres religieux au Moyen Âge, Nathan, 1970, p. 74.
  4. Claude Gauvard, Alain de Libera et Michel Zink (dir.), Dictionnaire du Moyen Âge, Paris, Presses Universitaires de France, 2002, p. 643
  5. Monique Jannet-Vallat, conservatrice du musée archéologique de Dijon, L'ancienne abbaye Saint-Bénigne dans Archéologia no 316, octobre 1995, p. 39 article: Guillaume de Volpiano, un moine italien à Dijon dans
  6. Véronique Gazot, « Guillaume de Volpiano », Histoire antique & médiévale, no HS n°28,‎
  7. Monique Jannet-Vallat, op.cit.
  8. Chevrier et Chaume, Chartes et documents de Saint-Bénigne de Dijon, no 215, p. 17 (990-1002) cité par Yvonne Bonger, Recherches sur les cours laïques du XIe au XIIIe siècle, éd.Harmattan, 2012, p. 71-72, 318.p.
  9. Gazeau 2007, p. 147.
  10. a et b Gazeau 2007, p. 29-30
  11. Madame Chiovenda pense que ce personnage représente l'abbé. Cité par Monique Jannet-Vallat, Abbaye Saint-Bénigne de Dijon',' dans Archéologia no 316, octobre 1995, p. 39.

SourceModifier

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Véronique Gazeau et Monique Goullet, Guillaume de Volpiano, un réformateur en son temps (962-1031), traduit de la Vita domni Willelmi du chroniqueur Raoul Glaber, Caen, 2008 (Compte-rendu de Marie Chouleur, Autour de Guillaume de Volpiano, dans Bibliothèque de l'École des chartes, 2009, tome 167, no 2, p. 545-548 (lire en ligne))
  • Véronique Gazeau, Guillaume de Volpiano en Normandie : état des questions, dans Tabularia. Sources écrites des mondes normands médiévaux, 2002 (lire en ligne)
  • Pierre Bouet, Les Italiens en Normandie au XIe siècle, dans Annales de Normandie Actes du colloque de Cerisy-la-Salle (8-11 octobre 1998), 2000, no 29, p. 27-44 (lire en ligne)
  • Maylis Baylé, L'influence des Italiens sur l'art roman de Normandie : légende ou réalité, dans Annales de Normandie Actes du colloque de Cerisy-la-Salle (8-11 octobre 1998), 2000, no 29, p. 45-64 (lire en ligne)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier