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Arbre de mai à Saint-Félix-de-Foncaude.

La tradition de l’arbre de mai est un rite de fécondité lié au retour de la frondaison ; elle consiste à planter un arbre, ou un mat qui le représente, dans le courant du mois de mai. Répandue dans toute l'Europe, elle connaît différentes variantes et déclinaisons de son nom : arbre de joie ou arbre de mai, le mai, arbre individuel, arbre d’amour et leurs traductions : MeyBoom (Belgique), MaiBaum (Allemagne), MayPole (anglais), Palo de Mayo (espagnol) MajsTång (suèdois), GaïTanáki ("mât enrubanné", Grèce), TanneMaie (Alsace), Mí BhealTaine (gaélique d'Irlande), ArminDeni ( roumain), IrminDen (bulgare), Májka (République tchèque), Majówka (Pologne), Maggiolat...

Sommaire

Les originesModifier

Articles connexes : Mai et 1er mai.

Le mois de mai est traditionnellement le mois des fêtes liées aux frondaisons et à la fécondité. Dans ce cadre, l’arbre symbolise les forces de la Nature.

Au concile de Milan de 1579, l’Église catholique proscrivit cette tradition païenne et ses rites apparentés, stipulant l’interdiction « le premier jour de mai, fête des apôtres saint Jacques et saint Philippe, de couper les arbres avec leurs branches, de les promener dans les rues et dans les carrefours, et de les planter ensuite avec des cérémonies folles et ridicules[1].

En Égypte antique l’érection du pilier Djed se produisait durant les très importantes fêtes du mois de Khoiak. Des rubans de momification permettaient de reconstituer le corps d'Osiris déchiqueté par Seth. L’érection du pilier Djed représentait symboliquement la résurrection / régénération du dieu. Lazare de Béthanie, lors de sa résurrection, apparaît également enrubanné-momifié et entouré de plusieurs femmes. A l’origine, le pilier Djed symbolisait un arbre en fleurs ou un mât constitué de faisceaux de tiges végétales qui jouait un rôle dans les rites de fertilité.

En Grèce antique les Ménades (Bachantes chez les Romains) effectuent une danse de Mai à base de rubans dans le but de reconstituer le corps de Zagreus / Dionysos qui a été découpé en neuf morceaux par les Titans.[2] Dionysos "crucifié" sur un arbre de Mai, couronné et entouré de Ménades enroulant des rubans (à base de feuilles et de fleurs) autour de son corps démembré est représenté sur des poteries grecques (500 ans avant JC. Photos)

Pinnal KolaTtam en IndeModifier

Dans l'état indien d'Andhra-Pradesh, la fête de Kolannalu Attam (Ou Pinnal KolaTtam) constiste notamment à enrubanner un mât (Vidéos: [3],[4] ). Au Pays de Galles, cette fête s'appelle Calan Mai. Et WalPurgisNacht en Allemagne. Cette vidéo [5] illustre l'enrubannage d'un mât durant la nuit de Walpurgis. Dans les états indiens du Kerala et du Tamil Nadu la fête s'appelle Kummi. Et Kolata dans l'état de Karnataka.

BhealTaine en IrlandeModifier

Le mât de BelTane / BelTaine se dit BhealTaine en gaélique d'Irlande. Mí BhealTaine, c'est le mois de BelTane. Les festivités associées s'appellent Lá BealTaine en Irlande et Latha BeallTainn en Ecosse. Lá Buidhe BealTaine signifie le "jour brillant / lumineux de mai". En gaélique d'Ecosse le mois de mai se dit CèiTean (et aussi a’ Mhàigh). Les feux de BelTane sont équivalents aux feux dits de "la Saint-Jean". "Eadar dà theine BheallTainn" signifie "entre deux feux de Beltane" en gaélique d'Ecosse. Mí Bheal est équivalent à MayPole en anglais moderne, "Palo di Mayo" en espagnol ( Nicaragua), pôle / pilier / mât de Mai.

Sur l'île de Man (dialecte manx) BelTane se dit BoalTinn ou BoalDyn. La racine Bel / Beal / Boal signifie blanc, brillant, lumineux, comme les flammes du feu.

Y FeDwen Fai au Pays de GallesModifier

Au Pays de Galles l'arbre de Mai se nomme Y FeDwen Fai. L'arbre-Mât est peint et décoré de rubans et de fleurs.

Autres noms: Gŵyl Calan Mai, neu Calan HaF; Gla'Mai neu, GlaMai ar lafar.

MayPole en Grande-BretagneModifier

L'arbre de Mai se dit MayPole en Grande-Bretagne. La ville de MayBole se dit Am Magh BaoGhail en gaélique d'Ecose.

Le MajsTång en SuèdeModifier

 
Maibaum à Erling, Haute-Bavière. On notera la décoration abondante.

En Suède la fête du MajsTång / MidSommarsTång est la plus importante de l'année. Elle correspond à la fête d'Yvan Kupala des Slaves (feux de la Saint Jean lors du solstice d'été).

JuhannusSalko en FinlandeModifier

La fête du solstice d'été, du milieu de l'été (Suomalainen juhannus) est le jour du drapeau finlandais. La fête commence à 18 heures et dure toute la nuit. Les jours les plus longs de l'année ont été appelés "jours de nidification" car le soleil est alors dans le nid d'oiseau en haut du Mât. Le soleil reste dans le nid pendant quelques jours jusqu'à ce que le mouvement du soleil recommence, début d'un nouveau cycle solaire. Cette phase de revirement / inversion cosmique (passage d'un phase ascendante à une phase ascendante) était perçue comme une situation magique durant laquelle des esprits pouvaient venir se manifester. Des feux sont allumés pour chasser les mauvais esprit.

Ligo en LettonieModifier

Le solstice d'été est l'occasion d'une grande fête en Lettonie, Ligo Diena et Jani. Des mâts décorés de fleurs et de feuilles sont installés. Le sommet du mât est ensuite enflammé (photo). Les fidèles pratiquant ce rite portent des couronnes végétales sur la tête. Ligo Diena signifie jour des herbes. Jani, prénom très courant en Lettonie, signifie Jean. Environ 15000 choristes se rassemblent chaque année pour chanter Ligo, chant national (Vidéo:[6])

JaaniPäev en EstonieModifier

JaaniPäev, Jaaniõhtu et Jaanilaupäev sont les jours les plus importants du calendrier estonien. Des mâts sont installés et des feux allumés dans un climat de convivialité.

Le GaïTanáki en GrèceModifier

Sur l'île d'Andros, dans les Cyclades, un GaïTanáki (γαϊτανάκι, "mât enrubanné") est installé sur la place Kaíris de Chora lors d'une fête[7]. Ce rituel se produit également dans d'autres endroits de la Grèce[8], comme à Livadia, capitale de la Béotie, où lors du carnaval des chars et des mascarades défilent jusqu’à la place centrale de la ville où sont tressés les Gaïtanakia. Ou encore sur l'île de Cythère (Kythira).[1] Il correspond au çiçekli direği ("pôle fleuri") en turc. La gaida grecque (gaïta galicienne) est un instrument de musique à vent.

La Sărbătoarea de ArminDeni en RoumanieModifier

En Roumanie, pour la Sărbătoarea de ArminDeni [9] [10], des jeunes hommes vont couper des arbres en forêt, les élaguent et les hissient ensuite au cœur de la ville ou du village. Chez les Saxons l'arbre de vie s'appelle IrminSul.

Le jour de l'ArminDeni (ArmenDina, ArminDin ou encore ArminDer la rosée est recueillie au petit matin et elle sert pour se laver. C'est la promesse d'une bonne santé[11]. Le même rituel avec la rosée se produit lors de la fête d'Ivan Kupala (SobotKov) des Slaves. L'ArminDeni est célébré le 1er mai en Transylvanie, au Banat, en Bucovine et en Moldavie. Dans le pays de Lăpuş, elle l'est lors de la Pentecôte et en Muntenie et Oltenie, le 23 avril, lors de la SânGiorz (Saint-Georges).

Lors de l'ArminDeni du vin rouge est mélangé à de l'absinthe et est utilisé pour « échanger du sang et protéger contre les maladies». Selon la tradition populaire roumaine la peste ne peut être repoussée que le jour d'ArminDeni et seulement avec la feuille d'absinthe. Des brins d'absinthe sont fixés sur les chapeaux, vêtements et fenêtres le jour de l'ArminDeni, tout comme les brins de Muguet (porte-bonheur) du 1er mai en France. Les larmes (rosée, eau de lune) versées par la Vierge Marie au pied de la croix (c'est-à-dire du mât de mai) auraient donné naissance aux fleurs de muguet. Au 14ème siècle on tressait en France des couronnes de fleurs le 1er mai pour les offrir à la Vierge.[2] Les Slaves tressent aussi des couronnes de fleurs le jour de la fête d'Ivan Kupala. Tout comme les suédois lors de la fête du MajsTång, une couronne de fleurs et feuilles est d'ailleurs placée au sommet du mât. Le Christ sur la croix porte aussi une couronne végétale (Ziziphus spina-christi).

IrminDen en BulgarieModifier

En Bulgarie l'arbre de mai s'appelle: IrminDen ou encore Yeremiya, Eremiya, IriMa, Zamski Den.

MájusFa en HongrieModifier

Fa signifie arbre en hongrois. A Nagykőrös des restes de sanglier sacrifié étaient déposé au niveau de l'arbre de mai, le MájusFa, le plus souvent un peuplier garni de rubans colorés.

SeMik en RussieModifier

Lors de la fête du SeMik (Семик) ou Siémik, au cours du mois de juin (solstice d'été), les jeunes femmes tressaient des couronnes de bouleau pour décorer leur village et les accrochaient à leur arbre bien aimé. Puis elles organisaient des danses (des rondes).[3] Selon une supplique des prêtres de Novgorod datée de 1636, "elles se mettent à chanter des chansons diaboliques, à taper dans leurs mains et à faire toute sorte de choses impies".[4]

Lors de la fête d'Ivan Kupala (même période solsticiale) les jeunes hommes vont dans les bois et abattent un grand arbre (un bouleau ou un saule) et l'installent au cœur de leur village ce qui s'accompagne de danses folkloriques. Les jeunes femmes décorent l'arbre avec des fleurs et des rubans colorés. Sous l'arbre, une grande poupée est placée sur de la paille ou de l'argile, qui symbolise la divinité Yarila. Le jour de cette fête la rosée matinale est collectée, et sert à un rituel purificateur.

Ysyakh des Yakoutes en SibérieModifier

Le peuple Yakoute (république de Sakha) célèbre le solstice d'été avec une fête nommée Ysyakh, durant laquelle un cheval est attaché à un mât et des danses circulaires sont effectuées. Il s'agit d'un rituel faisant parti du Tengrisme (religion). Des danses circulaires sont réalisées autour d'un mât (photo). La danse nationale de Yakoutie, Osuokhay, est réalisée autour d'Aal Luuk Mas (l'arbre sacré) hissé spécialement pour la fête d'Isyakh.

Wakan Tanka des indiens SiouxModifier

Chez les amérindiens (notamment les Sioux) la "danse du soleil" a lieu lors du solstice d'été autour d'un mât (Wakan Tanka), arbre qui a été abattu quelques jours avant.

Au Mexique les voladores de Papantla, attachés par des cordes-rubans, tournent autour d'un mât.

Le PotoMitan des antillais a une fonction similaire.

Cruz de Mayo en Espagne et Amérique latineModifier

La fiesta de las Cruces (Fête des Croix) ou Cruz de Mayo (Croix de Mai) est une fête célébrée le 3 mai dans de nombreuses régions d’Espagne et d’Amérique hispanique. Une croix fleurie est dressée.

Le Palo de Mayo (MayPole) est une danse afro-caribéenne avec des mouvements sensuels pratiquée dans la zone caribéenne, Nicaragua, Bélize, Ile de Bahia au Honduras, Bocas des Toron à Panama et Puerto Rico. La fête s'appelle Mayo Ya au Nicaragua.

Festa dos Maios en GaliceModifier

En Galice, la Festa dos Maios (la fête des Mais / Mages). Les célébrations qui ont lieu à Orense, Pontevedra, Poyo, El Morrazo et Villagarcía de Arosa sont populaires. Un concours est organisé dans lequel les meilleurs maios sont attribués, qui sont des compositions faites avec de la mousse, des fougères et des chapelets de "carrabouxos ou de bugallos" en tant que matériaux plus usuels, dans certaines régions, des œufs, des fleurs et des fougères sont également ajoutés. Ils peuvent être utilisés dans deux types de travaux: les traditionnels, sous forme de pyramides à base carrée ou triangulaire, de grande hauteur recouverts de mousse, et les artistes, qui constituent des sculptures authentiques, représentant des constructions, des croix et des scènes anciennes de la vie quotidienne la galice

Cruz de Maio au PortugalModifier

L'arbre de Mai se dit Cruz de Maio ou Cruz de Mata au Portugal.

L'albero di maggio en ItalieModifier

L'arbre de mai s'appelle Albero di Maggio en Italie, ou encore Albero della Cuccagna, le Mât de Cocagne en français, Kukkanja en Maltais, Cucanya en Catalan. A Camino al Tagliamento , dans la province d'Udine, début juin, lors de la fête du village du vin et du taureau, a lieu la fête de l'arbre de mai. Le poteau, place au dessus d'une rivière, est saupoudré de graisse et les concurrents doivent le recouvrir sur toute sa longueur, puis plonger dans les eaux glacées pour prendre 2 bouteilles placées en récompense. Dans la ville de MarTone, la fête s'appelle A'NTinna (vidéo).

Ile de ChypreModifier

Une statuette de terre cuite (photo) datant du VIe siècle avant Jésus-Christ, illustre l'exécution, par trois personnes, d'une ronde autour d'un arbre.

TanneMaie en AlsaceModifier

En Alsace l'arbre de mai s'appelle TanneMaie.[12] [5] Une commune alsacienne porte le nom de DanneMarie (DàmMerkìrch). A Baux-de-Provence TréMaïé signifie "trois Maries".

Le Maibaum en BavièreModifier

En Bavière, la tradition du mât de mai remonte à longtemps[réf. nécessaire]. Il s’agirait d’un vestige des Celtes qui ont peuplé le Sud de l’Allemagne : venant des steppes orientales, ils vénéraient la nature et célébraient le début de l’été, le 1er mai, en érigeant un arbre autour duquel ils dansaient pour chasser les mauvais esprits.

Depuis le XVIIIe siècle, et encore plus depuis la Seconde Guerre mondiale, le mât de mai est devenu le symbole des villes et villages de la Bavière du Sud. Il représente l’honneur de la commune et de sa communauté.

Il est source de compétition entre les villages bavarois, qui rivalisent d’ingéniosité et d’efforts pour se doter du plus grand et du plus bel arbre. Aussi, des hauteurs de 30 mètres ne sont-elles pas rares…

Et jusqu’à ce qu’il soit érigé, le jour de la cérémonie, il fait l’objet de toutes les convoitises et à ce titre, il est jalousement surveillé, jour et nuit, par les hommes de la commune, pour décourager les éventuels ravisseurs… L’enjeu est de taille, car en cas de vol, les victimes se verraient dans l’obligation de verser une rançon en nature (bière et victuailles) et surtout de porter le poids de la honte !

Dépourvu de son écorce, le tronc d’arbre dont on se sert pour ce mât de mai est ensuite peint en bandes blanches et bleues (les couleurs de la Bavière) et le sommet du mât est décoré d’une couronne en branches de sapin. Bien souvent, on retrouve tout le long du mât, des figurines représentant les différents corps de métiers, comme le cordonnier, le ramoneur, le menuisier, le charpentier, etc.

Une fois l’arbre prêt, et l’heure de la cérémonie arrivée, les hommes de la commune doivent se préparer à installer le mât au centre du village, souvent sur la place principale. C’est l’occasion de faire la fête, au son de la fanfare et les groupes folkloriques sont présents pour accompagner cette cérémonie, et soutenir moralement les hommes qui devront déployer tous leurs efforts pour hisser le mât. C’est, en effet, une véritable épreuve de force qui requiert puissance, savoir-faire et précision, durant près de deux heures. Tout est fait manuellement sous les ordres d’un chef attentif qui veille à la réussite de l’épreuve en toute sécurité. Devant un tel exercice, on ne s’étonnera donc pas que le mât de mai soit conservé en l’état, en général cinq ans, et pour certaines communes au moins trois ans.

La májka (ou máje) en République tchèqueModifier

 
Érection d'un arbre de mai en République tchèque

En Bohême et en Moravie, l'arbre de mai est un conifère, voire un bouleau, auquel on a coupé les branches, enlevé l’écorce et que l’on a étêté. Il doit être le plus haut possible. La partie supérieure est décorée avec des rubans en tissu coloré ou de papier crépon ; on y accroche également un sapin fraîchement coupé et une couronne de fleurs.

Le plus souvent il est érigé le 30 avril ou le 1er mai de chaque année ; cette mise en place nécessite beaucoup de mains d’œuvre, car l'arbre est dressé à la force des bras et des mains. La nuit qui suit cette installation, ce mât est jalousement gardé afin d’éviter que les hommes des villages voisins ne viennent l’abattre ou lui couper la partie supérieure. S’ils y parvenaient cela serait de mauvais augure.

Il arrive également que les garçons érigent des arbres de mai plus petits devant la maison des jeunes filles pour qui ils éprouvent un grand respect ou auxquelles ils souhaitent montrer une marque d’amour !

Cet événement annuel est souvent associé à la Nuit de Walpurgis (en tchèque : Pálení čarodějnic), fête néo-païenne pendant laquelle on brûle les sorcières.

Majówka en PologneModifier

La période de festivité liée à l'arbre de mai s'appelle Majówka

Le feuillu en SuisseModifier

La Canton de Genèvre célèbre "le Feuillu" le premier dimanche de Mai.

Les traditions en BelgiqueModifier

Le Meyboom à BruxellesModifier

Article détaillé : Meyboom.

À Bruxelles, le Meyboom est planté le 9 août - veille de la Saint-Laurent, patron de la Compagnie chargée de la tradition. Le Meyboom est attesté depuis 1213 et est ainsi la plus ancienne tradition de la capitale. Elle relève du patrimoine oral et immatériel de l’humanité depuis novembre 2005.

Lors de l'achèvement du gros œuvre d'un bâtiment les ouvriers fixent un arbrisseau au sommet de la charpente. Quoiqu'il s'agisse là d'un bouquet final, à Bruxelles ainsi qu’en Flandre on emploie pour cette tradition le nom de Meyboom.

Le Meyboom à LouvainModifier

Le Meyboom à Louvain remonte à 1939.

La plantation de mai à SillyModifier

À Silly, le hameau de Saint Marcoult plante chaque année un arbre de mai. La petite agglomération est groupée dans une clairière de la forêt domaniale autour de la chapelle. Saint Marcoult est vénéré depuis fort longtemps. Il a vécu au VIe siècle et aurait été abbé d’un monastère en Normandie. Il est connu comme guérisseur des écrouelles. C’est en son honneur que l’arbre a été planté à l’origine. Sa fête est célébrée le premier dimanche de mai. L’usage est fort ancien mais connu depuis la fin du XIXe siècle. Il était offert autrefois aux jeunes filles du hameau et fait penser aux bouquets de mai. Vers 1900, le mai était un bouleau ou un peuplier de haute futaie. Aujourd’hui, un chêne de grande taille (14 ou 15 m) est abattu le samedi matin et copieusement arrosé de bière ou de genièvre. Il est surmonté d’un jeune bouleau feuillu.

Le dimanche après-midi (de nos jours le dernier dimanche d’avril) l’arbre est amené au hameau et mis en vente aux enchères au profit de la fête. Il est dressé entre 16 et 18 heures à l’aide d’échelles de différentes hauteurs. L’effort des pousseurs est généreusement soutenu par d’abondantes libations. Une fois l’arbre en place, la cloche de la chapelle tinte. Il sera déplanté à la fin du mois dans une ambiance plus intime mais toujours abondamment arrosée.

Les traditions en FranceModifier

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Olivettes et Cordelles à la Renaissance

À la Renaissance, en France, la danse des Olivettes consistait à tresser et à détresser autour du mât de mai des rubans fixés au sommet[13].

Elle est équivalente à la danse des Cordelles[14] (Vidéo:[15]) (Photo).

Monde occitanModifier

 
Arbre de mai à Domme, en Dordogne

En Corrèze, mais aussi en Gironde, en Dordogne, dans le Lot, dans le Limousin ou le Val d’Aoste, la coutume de planter un arbre de mai en l’honneur des élus locaux est vivace. Les hommes vont chercher l’arbre dans la forêt. Puis on le décore de drapeaux, rubans, d’une pancarte portant l’inscription « Honneur à notre élu(e) ». Puis on dresse l’arbre devant la maison de ce dernier qui, en remerciement doit régaler généreusement ses électeurs.

Selon les endroits, cette tradition s’est étendue aux patrons d’une petite entreprise (« Honneur au patron »), aux couples nouvellement installés dans une maison et aux mariés. Dans ce dernier cas, le plantage de l’arbre se fait quelques semaines avant le mariage et est l’occasion d’une fête moins formelle entre habitants du village. Il arrive alors que l’on enterre une ou plusieurs bouteilles au pied de l’arbre. Celles-ci seront bues à la naissance du premier enfant.

ProvenceModifier

À Cucuron, dans le Vaucluse, on plante l’arbre de Mai le samedi qui suit le 21 mai. Il s’agit d’un peuplier qui doit dépasser le clocher de l’église (24 m). On le fait défiler dans la ville, un jeune garçon assis dessus à califourchon (« L’Enseigne »). Une fois l’arbre dressé devant l’église, suit une grande fête populaire à la fois païenne (culte du printemps) et chrétienne (en l’honneur de Sainte Tulle, patronne de Cucuron, qui sauva la cité de la peste en 1720). Il restera planté jusqu’au 15 août.

À Varages, dans le Var, l’arbre de mai est coupé dans la nuit du 30 avril au 1er mai en un lieu secret et porté à dos d’homme jusqu’à la place de l’église où il est érigé. Il reste alors en place un mois et à l’occasion de la fête de Saint Photin (premier dimanche de juin), l’arbre est à nouveau porté, jusqu’à la chapelle San-Foutin qui domine le village, cette ascension si unique est partagée par les nombreux porteurs désireux de faire honneur au saint patron ainsi qu’aux couleurs du village. À l’occasion de la Saint-Jean, l’arbre est alors débité et dressé en bucher pour le traditionnel feu, ceci précédé de l’offerte de la pomme.

GascogneModifier

Dans les Landes de Gascogne, le premier mai est l’occasion de planter l’arbre de mai. Généralement, on le plante en l’honneur d’une personne : 18 ans, âge rond (20, 30…), retraite, naissance, d’un groupe de personnes (mariage) ou en l'honneur des élus locaux. Traditionnellement, l’arbre (un pin décoré ou un « mai ») est planté devant la maison de la personne en son absence. Ensuite, celle-ci invite les gens et un pot est organisé (la « maillade » ou « mayade »). Plus tard, quand l’arbre meurt, et plus généralement à l’automne, l’arbre est enlevé et ceci est un prétexte à faire un deuxième apéritif ou une fête. En gros, cette tradition permet de renforcer les liens avec son voisinage comme lors des fêtes de quartier.

Arbre de mai de LocronanModifier

L’arbre de mai de Locronan *
Domaine Pratiques rituelles
Lieu d'inventaire Bretagne
Finistère
Locronan
* Descriptif officiel Ministère de la Culture (France)

À Locronan, dans le Finistère, un arbre de mai est planté chaque année le premier samedi de mai. Il s’agit d’un hêtre dressé sur la place principale pour fêter l’arrivée de la belle saison. Cet arbre sera abattu au mois de juin, pour le solstice d’été. Le tronc est alors vendu aux enchères et les branches seront utilisées pour le feu de la Saint-Jean. Selon la tradition, ce sont les jeunes qui se chargent de la plantation et de l’abattage, mais aujourd’hui, beaucoup ne répondent plus à l’appel et si la pratique n’a aucun mal à perdurer, elle a évolué vers tous types de population.

Le rituel de l’arbre de mai de Locronan est inscrit à l’Inventaire du patrimoine culturel immatériel en France[16].

À Locronan, les traces attestant de la pratique de l’arbre de mai ne remontent qu’au XXe siècle. Cependant, on peut penser que la pratique remonte à bien plus loin, dans le cadre des pratiques rituelles exécutées au mois de mai pour les « calendes de mai ». En effet, le calendrier breton est divisé en deux parties, les « calendes de mai » (Kala-mae) et les « calendes d’hiver » (Kala-goañv). Chaque entrée dans les calendes est célébrée lors de rituels.

Le calendrier celte marque également la date de la Saint-Jean, qui se caractérise pour l’allumage d’un grand feu. Cette pratique est associée à l’arbre de mai car l’arbre planté début mai est abattu et brulé lors du feu de la Saint-Jean. De plus, le choix de la variété de l’arbre n’est pas anodin. Il s’agit d’un hêtre, car ce dernier est l’un des arbres sacrés de la civilisation celtique[17]. Il symbolise également le renouveau de la nature à cause de l’apparition précoce de ses feuilles[18].

La plantation de l’arbre

La tradition veut que chaque année, un hêtre soit érigé sur la place de l’Église, place principale de Locronan. Ce rituel s’exécute le samedi précédent le premier dimanche de mai. La tradition veut que ce soient les jeunes du village qui aillent chercher l’arbre en forêt, le ramène et le plantent à la seule force des bras. Ce dernier point est de moins en moins courant, l’arbre est souvent élevé, comme en, 2015, à l’élévateur[19]. Quelques branches étaient auparavant ôtées de l’arbre et déposées sous les fenêtres des filles courtisées. Ces branches étaient alors dénommées « mais d’amour » ou « mais aux filles ».

L’abattage de l’arbre de mai

L’abattage de l’arbre de mai au mois de juin fait l’objet de festivités très suivies par les habitants de Locronan, contrairement à la plantation. Les jeunes de 19 ans, filles et garçons, sont alors chargés d’abattre à la force des bras et dotés d’une scie à deux manches, l’arbre érigé quelques semaines plus tôt. De nombreux spectateurs viennent les encourager et parfois les aider dans leur tâche très physique. Des musiciens amateurs accompagnent la scène en musique.

Les enchères du tronc se déroulent à la suite, sur la place où se tenait l’arbre. Les bénéfices obtenus sont en général reversés aux jeunes de l’année.

Le feu de la Saint-Jean est ensuite allumé, auparavant sur la place de l’Église mais à présent sur le parking Saint-Germain. La soirée se termine par un repas et un fest-noz organisé par la commune de Locronan et ses associations.

Dans les villages de l’est de la France, le mai, arbre individuel, arbre d’amourModifier

 
Le charivari, le matin du 1er mai.
 
L’arbre, le « mai ».

Il s’agit d’un jeune arbre ou d’un rameau, que les jeunes gens installent devant la porte ou contre le mur du domicile des jeunes filles à marier, dans la nuit du 30 avril au 1er mai (ou le dernier dimanche de mai dans certaines régions), pour les honorer.

En remerciement, pour « arroser » leur mai, les filles offrent gâteaux et boissons - autrefois à titre individuel - de nos jours collectivement, prenant en compte le peu de disponibilité de la jeunesse, retenue à la semaine loin du village.

La fontaine est également ornée d’un jeune arbre pour, selon la tradition orale, s’assurer qu’elle coulera durant toute l’année.

Un langage était autrefois associé à l’essence de l’arbre :

  • l’églantier - tu es mon grand amour,
  • le charme - tu es charmante,
  • l’aulne - tu es belle,
  • le foyard (hêtre) – amour le plus profond,
  • le sapin – fille volage ou bêcheuse,
  • le pin – fille hardie
  • le sureau – fille inconstante, fille déshonorée
  • le cerisier – fille facile…
  • le saule - fille pleureuse ou fille volage
  • l’aubépine - fille estimable, annonce d’un prochain mariage
  • l’olivier - symbole de paix et de fécondité, confirmait le mariage
  • le tilleul - l’arbre aux épousailles,
  • le lilas - fille belle et modeste, de bonne réputation, amours naissants,
  • l’acacia - amours platoniques,
  • le mimosa - amours secrètes, je n’aime que vous
  • le noisetier - symbole de fertilité
  • l’amandier - fille étourdie,
  • le chêne - fille constante ou inconstante,
  • le houx - fille cruelle,
  • le genêt - fille repoussante,
  • le peuplier - fille gémissante,
  • le romarin - fille douteuse,
  • le bleuet - fille délicate,
  • le volubilis - fille attachante,
  • la marguerite - fille candide, amours partagées
  • le basilic - fille modeste
  • l’oranger - fille sympathique
  • la primevère - fille affectueuse
  • la paquerette - fille attachante
  • l’if - fille maléfique
  • l’ortie - symbole de rupture
  • figuier - fille repoussante

L’usage actuel, consensuel, est généralement le hêtre.

Cette nuit est également mise à profit pour se défouler et effectuer un charivari, un chambardement : vacarme sous les fenêtres des personnes grincheuses, déplacement des objets les plus divers : pots de fleur, volets, portique, banc, matériel agricole, pile de bois… À chacun le lendemain de récupérer son bien !

RéférencesModifier

  1. Nouvelle Clio, no 30, p. 257.
  2. « Racines et Traditions en Pays d'Europe », sur racines.traditions.free.fr (consulté le 14 décembre 2018)
  3. Telugu Association of Florida TampaBay, « 20 Folk Kolannalu Attam - TAF Ugadi 2018 » (consulté le 13 décembre 2018)
  4. TELUGU BOOK OF RECORDS, « INDIAN FOLK DANCE ‘KOLATTAM’ PERFORMANCE BY WOMEN » (consulté le 13 décembre 2018)
  5. fauntube, « FAUN - Walpurgisnacht (official video) » (consulté le 13 décembre 2018)
  6. Юрий Пожарский, « 15000 choristes chantent Ligo, chant folklorique de la Lettonie. Sous-titres en français » (consulté le 14 décembre 2018)
  7. (el) « GaïTanaki »
  8. Μπάμπης Τσώλης, « ΠΟΛΙΤΙΣΤΙΚΟΣ ΣΥΛΛΟΓΟΣ ΦΙΛΟΘΕΗΣ ΑΡΤΑΣ «ΓΑΪΤΑΝΑΚΙ» 18 - 2 - 2018 »,‎ (consulté le 11 août 2018)
  9. (ro) « Obicei popular cu „armindeni” la Avirg - Buna Ziua Fagaras », sur www.bunaziuafagaras.info (consulté le 11 août 2018)
  10. (ro) « 1 Mai - Sărbătoarea de Armindeni. Tradiții populare românești », Libertatea.ro,‎ (lire en ligne)
  11. (ro) « Ce mai serbează românii de 1 Mai. Tradiţii şi obiceiuri de Armindeni - Jurnal Spiritual », Jurnal Spiritual,‎ (lire en ligne)
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  14. « Les danses provençales - Passion Provence », sur www.passionprovence.org, (consulté le 14 décembre 2018)
  15. MASSE MATHIEU, « La danse des Cordelles Flour d'Inmourtalo » (consulté le 14 décembre 2018)
  16. Fiche d’inventaire de l’« Arbre de mai de Locronan » au patrimoine culturel immatériel français, sur culturecommunication.gouv.fr (consultée le 26 octobre 2015)
  17. Arbre de mai, ville de Locronan
  18. Arbre de mai, Office de tourisme de Locronan
  19. « La tradition de l’arbre de mai a été respectée, article du journal Ouest-France, 03/05/2015

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