Amir Peretz

politicien israélien

Amir Peretz
עמיר פרץ
Illustration.
Amir Peretz en 2019.
Fonctions
Ministre israélien de l'Économie
En fonction depuis le
(1 mois et 16 jours)
Premier ministre Benyamin Netanyahou
Gouvernement Netanyahou V
Prédécesseur Eli Cohen
Président du Parti travailliste israélien
En fonction depuis le
(1 an)
Prédécesseur Avi Gabbay

(1 an, 6 mois et 26 jours)
Prédécesseur Shimon Peres
Successeur Ehud Barak
Ministre de la Protection environnementale

(1 an, 7 mois et 24 jours)
Premier ministre Benyamin Netanyahou
Gouvernement Netanyahou III
Prédécesseur Guilad Erdan
Successeur Avi Gabbay
Vice-Premier ministre
Ministre de la Défense

(1 an, 1 mois et 14 jours)
Premier ministre Ehud Olmert
Gouvernement Olmert
Prédécesseur Shaul Mofaz (Défense)
Successeur Ehud Barak
Député à la Knesset
En fonction depuis le
(7 ans, 4 mois et 28 jours)
Élection 22 janvier 2013
Réélection 17 mars 2015
9 avril 2019
17 septembre 2019
2 mars 2020
Législature 19e, 20e, 21e, 22e et 23e

(24 ans et 18 jours)
Élection
Réélection

17 mai 1999
28 janvier 2003
28 mars 2006
10 février 2009
Législature 12e, 13e, 14e, 15e, 16e, 17e et 18e
Successeur Yoram Marciano
Biographie
Nom de naissance Armand Peretz
Date de naissance (68 ans)
Lieu de naissance Bejaâd (Maroc)
Nationalité Israélienne
Marocaine
Parti politique Parti travailliste (jusqu'en 2012)
Hatnuah (2012-2015)
Parti travailliste (depuis 2015)
Diplômé de Sderot High School
Profession Syndicaliste
Religion Judaïsme

Amir Peretz (en hébreu : עמיר פרץ), né le à Bejaâd au Maroc, est un homme politique israélien, disposant également de la nationalité marocaine[1]. Il est président du parti travailliste israélien de à . Il mène alors la campagne travailliste aux élections législatives israéliennes de 2006 et négocie l'entrée du parti dans la coalition menée par Ehoud Olmert, à la suite de la victoire de Kadima. Peretz retrouve la présidence du parti en 2019 et devient ministre de l'Économie l’année suivante.

BiographieModifier

JeunesseModifier

Amir Peretz est né Armand Peretz dans la ville de Bejaad, au Maroc. Son père dirige la communauté juive de Bejaad et possède une station-essence. Ils immigrent en Israël en 1956 pour s'installer à Sderot, où Amir suit l'enseignement du lycée.

Il fait son service militaire dans Tsahal au sein de la 202e brigade des parachutistes et parvient au grade de capitaine. Il est blessé pendant la guerre de Kippour en 1973 et est hospitalisé pendant un an. Il achète une ferme dans le village de Nir Akiva et cultive des fleurs et des légumes pour l'exportation. Il rencontre sa femme Ahlama qu'il épouse et dont il a quatre enfants.

Parcours politiqueModifier

Amir Peretz commence sa carrière politique en tant que maire de Sderot en 1983 puis devient député à la Knesset en 1988. Proche de Haïm Ramon, il est souvent opposé au tandem Yitzhak Rabin-Shimon Peres au sein du parti.

À la tête du syndicat Histadrout, il organise à plusieurs reprises des grèves générales qui paralysent le pays pour s'opposer aux gouvernements libéraux de droite pendant de nombreuses années. Il est considéré comme une « colombe » pour ses positions pacifistes dans le conflit avec les Palestiniens : il a été militant de la paix maintenant, le principal mouvement d'opposition aux colonies israéliennes.

Marié et père de quatre enfants, ses origines séfarades en tant que Juif marocain contribuent à donner une image plus populaire au parti, qui a souvent été jugé élitiste par les Israéliens originaires d'Afrique du Nord.

Peu de temps après sa prise de fonction à la tête du parti, il menace Ariel Sharon de retirer le soutien travailliste au gouvernement si celui-ci n'organise pas des élections générales anticipées en 2006. Il obtient satisfaction dès le . Son élection entraine des tensions internes dans le parti travailliste et certains anciens dirigeants comme Shimon Peres ont même quitté le parti travailliste pour rejoindre la formation centriste de Ariel Sharon, Kadima.

Le Parti travailliste reste la deuxième formation politique du parti aux élections législatives israéliennes de 2006 après la victoire de Kadima et l'effondrement du Likoud. Amir Peretz négocie, en avril 2006, la participation de son parti à un gouvernement de coalition dirigé par Ehoud Olmert. Il obtient sept ministères, dont l'Éducation et surtout la Défense dont il prend lui-même le portefeuille, devenant ainsi le premier séfarade à occuper ce poste. Après l'échec du conflit israélo-libanais de 2006 qui a causé la mort de près de 1 200 civils libanais, il perd la présidence du parti travailliste en mai 2007. Le 15 juin suivant, il démissionne du poste de ministre de la Défense.

À partir du , Amir Peretz occupe le poste de ministre de la Protection environnementale dans le gouvernement Netanyahou III. Il annonce sa démission le [2].

En , Peretz se présente à l'élection au poste de président du parti. Il se qualifie pour le second tour avec 32,7 % des 52 000 votes, éliminant le président du parti sortant, Isaac Herzog. Pour le second tour, il fait face à Avi Gabbay qui a obtenu 27 % des voix au premier tour[3],[4]. Peretz est battu au second tour (où il recueille 47 % des voix)[5].

À deux mois des secondes élections législatives de 2019, le Parti travailliste élit à nouveau Amir Peretz à sa tête. Il doit ainsi conduire la formation lors du scrutin alors que le parti a subi un cuisant échec lors des précédentes élections, avec seulement six sièges à la Knesset, le plus mauvais score de son histoire[6],[7].

Lien avec le MarocModifier

Amir Peretz entretient un lien étroit et profond avec son pays d'origine le Maroc qu'il a quitté à 4 ans mais dont il dispose encore de la nationalité[8], où il se rend régulièrement et où plusieurs membres de sa famille résident encore[9]. Il affirme être fier de ses origines marocaines, qu’il considére comme partie prenante de son identité[10]. Sa proximité avec le roi du Maroc est souvent soulignée, il est d'ailleurs reçu par le roi le 17 février 2006 pour une audience au palais royal de Fès.[11]

En janvier 2006 après sa victoire à la présidence du parti travailliste israélien, il déclare "mon élection à la tête du Parti travailliste israélien est une victoire pour tous les Marocains, ceux qui vivent en Israël et ceux qui vivent au Maroc"[12].

En octobre 2017 il déclare « Je ne vais pas changer de voie et je vais continuer à travailler pour le maintien et le renforcement des relations, formelles et informelles, avec les pays arabes et spécialement avec le Maroc où j’ai des amitiés profondes et personnelles»[13]

Le 8 octobre 2017, il est invité à la chambre des conseillers du parlement marocain pour participer à une conférence organisée par l’Assemblée parlementaire de la Méditerranée, instance qui a pour but d’améliorer l’environnement politique, social, économique et culturel au niveau du pourtour méditerranéen, en partenariat avec l’Organisation mondiale du commerce sur le thème « Faciliter le commerce et les investissements dans la région méditerranéenne et africaine.»[14]

Suite à son invitation au parlement marocain et à sa participation à cette conférence, il déclare « Le Maroc est une terre spéciale, la plupart de ses citoyens sont bons vivants pacifiques et ont vécu pendant des siècles avec des juifs comme de bons voisins et le palais royal investit de nombreux fonds pour la préservation des synagogues et du patrimoine juif dans le pays »[15] ainsi que « Je suis né au Maroc, j’ai immigré en Israël avec ma famille», il promet alors de revenir prochainement Maroc[16].

En mars 2020 en pleine pandémie mondiale de Coronavirus, plusieurs de ses proches décèdent au Maroc des suites de la maladie. À la télévision franco-israélienne i24news (créée par l'homme d'affaire marocain Patrick Drahi) Amir Peretz a confié avoir appelé « le Dr Yael Habib, qui à son tour a appelé un hôpital à Casablanca et a suivi le niveau de soins ». « Il m'a dit qu'Ari recevait le meilleur traitement, mais qu'il était dans un état critique », ajoute-t-il. Et déclare qu’un conseiller du roi Mohammed VI l’a « appelé pour lui présenter les condoléances et partager son chagrin »[17].

Notes et référencesModifier

  1. « Amir Peretz, a conservé sa nationalité marocaine, l'homme est toujours enregistré sur les registres de l'état civil du Maroc »
  2. « Démission d’Amir Peretz en solidarité avec les Arabes israéliens », RFI,
  3. (en) Attila Somfalvi, Itay Blumental et Moran Azulay, « Herzog, Margalit back Peretz in Labor leadership race », Ynet,
  4. (en) Alexander J. Apfel, « Peretz and Gabbay vie for Labor party leadership as Herzog is cast aside », Ynet,
  5. (en) Alexander J. Apfel, « Defying odds, Avi Gabbay crowned new Labor Party leader », Ynet news,
  6. « Amir Peretz prend la tête du parti travailliste », Tribune de Genève,
  7. « Israël: le retour d'Amir Peretz à la tête des travaillistes », RFI,
  8. « Amir Peretz, a conservé sa nationalité marocaine, cet homme est toujours enregistré sur les registres de l'état civil du Maroc »
  9. « CORONAVIRUS: DÉCÈS AU MAROC DE 3 PROCHES D’AMIR PERETZ, CHEF DU PARTI TRAVAILLISTE ISRAÉLIEN »
  10. Emanuela Trevisan-Semi, « La mise en scène de l'identité marocaine en Israël : un cas d'« israélianité » diasporique », A contrario,‎ 2007/1 vol 5 (lire en ligne)
  11. « S.M. le Roi Mohammed VI reçoit le chef du parti travailliste israélien »
  12. « Amir Peretz, le chef du Parti travailliste israélien au Maroc »
  13. « Amir Peretz: "je maintiendrai mes relations formelles et informelles avec le Maroc" »
  14. « l’ancien ministre israélien de la Défense, Amir Peretz au parlement marocain. Venu avec une délégation israélienne à Rabat participé le 8 octobre à une conférence »
  15. « L’ancien ministre de la Défense israélien Amir Peretz promet de revenir au Maroc »
  16. « AMIR PERETZ AU PARLEMENT : JE SUIS MAROCAIN ! »
  17. « Un conseiller royal présente ses condoléances à Amir Peretz qui a perdu deux proches au Maroc »

Liens externesModifier