(225088) Gonggong

objet transneptunien
(225088) Gonggong
Description de cette image, également commentée ci-après
(225088) Gonggong et Xiangliu, son satellite naturel
Caractéristiques orbitales
Époque : (JJ 2457600,5)[1]
Établi sur 230 observations couvrant 10989 jours, U = 4
Demi-grand axe (a) 10,0217×109 km[1]
(66,990 ua)
Périhélie (q) 4,9443×109 km[1]
(33,050 ua)
Aphélie (Q) 15,0990×109 km[1]
(100,929 ua)
Excentricité (e) 0,506[1]
Période de révolution (Prév) 200 269 ± 27 j[1]
(548,31 ± 0,2 a)
Moyen mouvement (n) 0,0018033°/j[1]
Inclinaison (i) 30,9°[1]
Longitude du nœud ascendant (Ω) 336,86°
Argument du périhélie (ω) 206,62°[1]
Anomalie moyenne (M0) 103,85°[1]
Date de dernier périhélie (Tp) 10 avril 1 857
Catégorie Objet épars[2]
Centaure (DES)[3]
Objet en résonance 3:10 avec Neptune
Satellites connus 1
DMIO terrestre 32,064 8 ua
Paramètre de Tisserand (TJup) 5,382
Caractéristiques physiques
Dimensions

1400 km[1],[4],[5]

1 535+75−225 km[6]
Période de rotation (Prot) 1,83 ± 0,02 j
(44,81 ± 0,37 h[7])
Magnitude absolue (H) 1,8[1]
Magnitude apparente (m) 21,7
Albédo (A) 0,089+0,031
−0,009
[8],[6]
0,185+0,076
−0,052
[9]
Découverte
Plus ancienne observation de pré-découverte
Date [1]
Découvert par M. E. Schwamb,
M. E. Brown,
D. L. Rabinowitz[10]
Lieu Palomar[1]
Désignation 2007 OR10

(225088) Gonggong (désignation provisoire 2007 OR10) est une planète mineure du système solaire, plus précisément un objet transneptunien du disque des objets épars, qui a été découvert en par Megan E. Schwamb, Michael E. Brown et David L. Rabinowitz. Il a une magnitude absolue de 1,8[1] et un diamètre estimé à environ 1 230 kilomètres, ce qui en fait un candidat au statut de planète naine. Au , c'est le cinquième plus gros objet connu qui orbite au-delà de Neptune[6],[8],[11]. Le , Gábor Marton, Csaba Kiss et Thomas Mueller dévoilent l'existence d'un satellite, nommé Xiangliu, d'un diamètre d'environ 300 kilomètres, découvert à partir d'images du télescope spatial Hubble datant de [12].

DécouverteModifier

(225088) Gonggong a été découvert le [1], à l'observatoire du mont Palomar[1], par l'équipe du CalTech composée de Megan E. Schwamb, Michael E. Brown et David L. Rabinowitz, dans le cadre des travaux de recherche doctorale de Schwamb[13]. La découverte a été annoncée en .

Désignation et nomModifier

L'objet, découvert le , a reçu la désignation provisoire 2007 OR10, le , il reçoit sa numérotation définitive, (225088). Dans l'attente d'une dénomination officielle Michael Brown a surnommé ce corps Blanche-Neige (en anglais : Snow-white) pour sa couleur blanche présumée, et parce que le volume du corps était supposé de très grande taille ou de très grande luminosité pour être détecté par leur relevé astronomique. L'objet a également été surnommé le « septième nain » (en anglais : seventh dwarf), clin d'œil au septième objet mineur transneptunien découvert par l'équipe de Michael Brown, après Quaoar en 2002, Sedna en 2003, Hauméa et Orcus en 2004, et Makémaké et Éris en 2005. Cependant, Gonggong s'est avéré être l'un des objets les plus rouges de la ceinture de Kuiper, uniquement comparable à Quaoar à cet égard et le surnom fut alors abandonné[14]. En , un sondage lancé par un internaute sur Reddit permet aux utilisateurs de proposer leurs noms favoris[15], parmi lesquels on peut citer Achlys, Brigit, Chthonienne, Coventina, Enki, Gallu, Kères, Mixcoatl, Tartare, Thanatos ou encore Tlaloc. Courant 2016, Megan Schwamb, co-découvreuse de l'objet, affirme sur son compte Twitter qu'elle souhaite engager les démarches pour nommer officiellement l'objet avant la fin de l'année 2016 ; Michael Brown affirme quant à lui qu'il souhaiterait nommer l'objet en s'inspirant de l'univers mythologique des Oompa Loompas, personnages de fiction présents dans le roman pour enfants Charlie et la Chocolaterie.

Gonggong était, avant qu'il ne soit formellement nommé, l'objet le plus gros connu du système solaire sans nom officiel. En 2011, Mike Brown a considéré que suffisamment d'informations étaient connues sur ce corps pour justifier de lui donner un nom, car la découverte de glace d'eau et la possibilité de méthane le rend suffisamment notable pour justifier une étude plus approfondie. Jusque début 2019, aucun nom n'avait cependant été proposé à l'Union astronomique internationale et, comme a pu le noter Mike Brown, à partir de (dix ans après la numérotation de l'objet), n'importe qui aurait pu proposer un nom. Des pétitions ont été lancées pour attribuer un nom à l'objet, dont une suggérant le nom Gebeleizis[16].

Finalement, un vote est ouvert en ligne au afin de choisir le nom de cet objet parmi trois propositions : Gonggong, Holle et Vili[17]. Le , Meg Schwamb annonce que Gonggong a recueilli le plus de voix et que ce nom va donc être formellement soumis à l'Union astronomique internationale pour approbation[18]. Sur plus de 280 000 votes, Gonggong a en effet remporté 46 % des voix, contre 31 % pour Vili et 23 % pour Holle[18]. Le nom est formellement attribué à l'objet dans la circulaire du Centre des planètes mineures du [19],[20].

Taille et magnitudeModifier

Avec une magnitude absolue de 1,8, Gonggong brille moins que Sedna (1,6 pour 995 km) mais plus qu'Orcus (2,2 pour ~910 km). Gonggong est en 2019 le cinquième plus grand objet transneptunien connu, avec une taille estimée à 1 230+50−50 km, supplanté seulement par les quatre planètes naines transneptuniennes (plutoïdes) reconnues : Pluton, Éris, Hauméa et Makémaké[6].

OrbiteModifier

Gonggong suit une orbite semblable à celle de la planète naine Éris[21], caractérisée par un demi-grand axe de 67,33 UA, une excentricité de 0,5 et une inclinaison d'environ 30° par rapport à l'écliptique. C'est un objet en résonance 3:10 avec Neptune.

Gonggong se trouve en 2017 à 88 UA du Soleil[22],[23] et le dernier passage au périhélie remonte à 1857[1].

Orbite de Gonggong (OR10) comparé à ceux d'Éris, Pluton, et les planètes externes.
Orbite de Gonggong dans un référentiel en rotation. L'orbite de Jupiter est le petit cercle rouge, celle de Saturne le cercle jaune, celle d'Uranus en bleu, Neptune est représenté stationnaire à 315°, l'orbite de Gonggong est estimée sur une période de 20 000 ans, cette résonance n'est pas certaine, ce pourrait être une résonance proche.

SatelliteModifier

 
Image de Gonggong et de sa lune Xiangliu par Hubble[24].

Les astronomes hongrois Gábor Marton et Csaba Kiss de l'observatoire Konkoly en Hongrie ainsi que Thomas Müller de l'Institut Max-Planck en Allemagne ont identifié un satellite autour de Gonggong. Ils ont pu l'identifier sur des photographies issues d'un relevé d'objets transneptuniens du télescope spatial Hubble datant de . Marton annonce sa découverte le à Pasadena, lors du colloque commun au Colloque européen de planétologie et à la Division des sciences planétaires de l'Union américaine d'astronomie[12].

À l'heure actuelle peu de choses sont connues sur la lune de Gonggong, nommée Xiangliu (en référence à Xiangliu, le serpent venimeux à neuf têtes, ministre de Gonggong dans la mythologie chinoise) : à l'exception des photographies de , les découvreurs ont reporté une tentative de détection de satellite sur des photographies datant de 2009. La lune mesurerait 300 km de diamètre et orbiterait à une distance d'au moins 15 000 km de son corps parent mais les détails manquent encore à l'heure de l'annonce de leur découverte. Le satellite a une période orbitale probablement comprise entre 35 et cent jours. Une fois le rayon orbital et la période de rotation connues, un calcul rapide de sa masse et de sa densité globale seront possibles. Les corps sont cependant suffisamment distant l'un de l'autre pour ne pas être en rotation synchrone ; de même le satellite serait suffisamment petit et de surface sombre pour que les premières estimations de la taille du corps parent restent pertinentes[12],[7].

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e f g h i j k l m n o p q et r (en) Caractéristiques et simulation d'orbite de 2007OR10 sur la page Small-Body Database du JPL. [java]
  2. « List Of Centaurs and Scattered-Disk Objects », Minor Planet Center (consulté le 1er juin 2017)
  3. Marc W. Buie, « Orbit Fit and Astrometric record for 225088 », SwRI (Space Science Department), (consulté le 1er juin 2017)
  4. En supposant un albédo de 0,15
  5. Dan Bruton, « Conversion of Absolute Magnitude to Diameter for Minor Planets », Department of Physics & Astronomy (Stephen F. Austin State University) (consulté le 12 février 2009)
  6. a b c et d (en) Robert Johnston Ph.D (Physics), M.S. (Physics), B.A. (Astronomy), « Liste of Known Trans-Neptunian Objects » [« Liste des objets transneptuniens connus »], sur Johnston's Archive (consulté le 23 février 2020)
  7. a et b (en) Csaba Kiss, Gábor Marton, Anikó Farkas-Takács, John Stansberry, Thomas Müller, József Vinkó, Zoltán Balog, Jose-Luis Ortiz et András Pál1, « Discovery of a Satellite of the Large Trans-Neptunian Object (225088) 2007 OR10 », The Astrophysical Journal, vol. 838, no 1,‎ (DOI 10.3847/2041-8213/aa6484, lire en ligne).
  8. a et b (en) A. Pál, C. Kiss, T. G. Müller, L. Molnár, R. Szabó, G. M. Szabó, K. Sárneczky et L. L. Kiss, « Large size and slow rotation of the trans-Neptunian object (225088) 2007 OR10 discovered from Herschel and K2 observations », The Astronomical Journal, vol. 151, no 5,‎ , p. 117 (DOI 10.3847/0004-6256/151/5/117)
  9. P. Santos-Sanz et al., « "TNOs are Cool": A survey of the trans-Neptunian region. IV. Size/albedo characterization of 15 scattered disk and detached objects observed with Herschel-PACS », Astronomy & Astrophysics, vol. 541,‎ , A92 (DOI 10.1051/0004-6361/201118541, Bibcode 2012A&A...541A..92S, arXiv 1202.1481)
  10. « MPEC 2009-A42 : 2007 OR10 », Centre des planètes mineures, (consulté le 1er juin 2017)
  11. (en) P. Dyches, « 2007 OR10: Largest Unnamed World in the Solar System », Jet Propulsion Lab, (consulté le 12 mai 2016)
  12. a b et c (en) E. Lakdawalla, « DPS/EPSC update: 2007 OR10 has a moon! », The Planetary Society, (consulté le 20 octobre 2016)
  13. (en) Megan E. Schwamb, Beyond Sedna: Probing the Distant Solar System, Pasadena, California Institute of Technology, (lire en ligne [PDF])
  14. (en) Michael E. Brown, « Snow White needs a bailout », Mike Brown's Planets (blog), .
  15. (en) « Getting 2007 OR10 A Proper Name », sur reddit.com, .
  16. Alexandru Surcel, « Petition for the official naming of the dwarf planet candidate (225088) 2007 OR10 after the Dacian god Gebeleizis », sur petitieonline.ro, (consulté le 4 février 2019).
  17. « Help Name 2007 OR10 ».
  18. a et b « The People Have Voted on 2007 OR10's Future Name! », sur www.planetary.org.
  19. (en) « MPC 120071-121136 », sur minorplanetcenter.net, Centre des planètes mineures (consulté le 21 février 2020), p. 1065.
  20. [MP3] La prononciation du nom « Gonggong » en mandarin peut être écoutée ici (crédit Quanzhi Ye).
  21. Eris database
  22. Orbite de 2007 OR10
  23. Ephemerides
  24. (en) « Moon Around the Dwarf Planet 2007 OR10 », sur www.spacetelescope.org (consulté le 22 mai 2017).

Voir aussiModifier

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