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Élections législatives autrichiennes de 2019

Élections législatives autrichiennes de 2019
183 sièges du Conseil national
(Majorité absolue : 92 sièges)
Sebastian Kurz crop.jpg ÖVP – Sebastian Kurz
Sièges sortants 62
Pamela Rendi-Wagner.jpg SPÖ – Pamela Rendi-Wagner
Sièges sortants 52
Norbert Hofer - FPÖ-Neujahrstreffen 2019.JPG FPÖ – Norbert Hofer
Sièges sortants 51
Beate Meinl-Reisinger 01 (cropped).jpg NEOS – Beate Meinl-Reisinger
Sièges sortants 10
Maria Stern (cropped).jpg JETZT – Maria Stern (de)
Sièges sortants 8
Chancelier fédéral
Sortant
Brigitte Bierlein
Ind.

Les élections législatives autrichiennes de 2019 (en allemand : Nationalratswahl in Österreich 2019) ont lieu de manière anticipée le 29 septembre 2019 afin de renouveler pour cinq ans les 183 députés du Conseil national de l'Autriche.

Ces élections législatives, qui devaient initialement être convoquées en 2022, sont anticipées de plusieurs années à la suite d'un scandale politique concernant le vice-chancelier et président du Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ) Heinz-Christian Strache, alors partenaire minoritaire d'une coalition avec le Parti populaire autrichien (ÖVP) dirigé par le chancelier Sebastian Kurz. Le scandale mène le 18 mai à la démission de Strache, à la rupture de la coalition et à la tenue de nouvelles élections.

ContexteModifier

Au cours des législatives d'octobre 2017, le Parti populaire (ÖVP), dirigé par Sebastian Kurz, remporte les élections avec un peu plus de 31 % des voix ; pour la première fois depuis 2002, les conservateurs constituent la première force politique représentée au Conseil national, suivi par le Parti social-démocrate (SPÖ), dirigé par le chancelier fédéral sortant Christian Kern, et le Parti de la liberté (FPÖ), formation d'extrême droite menée par Heinz-Christian Strache. De leur côté, Les Verts subissent une débâcle en recueillant le plus mauvais résultat de leur histoire, qui les prive d'une représentation parlementaire pour la prochaine législature.

À l'issue du scrutin, Sebastian Kurz est appelé par le président fédéral Alexander Van der Bellen à former le prochain gouvernement fédéral ; le 24 octobre, Kurz invite officiellement le FPÖ à démarrer des négociations pour la mise en œuvre d'une coalition. Heinz-Christian Strache accepte le jour même et les négociations commencent le lendemain. D'une durée habituelle d'environ deux mois, elles aboutissent à la formation du gouvernement Kurz le 18 décembre[1].

Heinz-Christian Strache, devenu vice-chancelier, remet sa démission le 18 mai 2019, à huit jours des élections européennes et au lendemain de la publication d'une vidéo tournée en 2017 où on le voit demander à une femme se présentant comme la nièce d'un oligarque russe de racheter un journal et modifier sa ligne éditoriale en faveur du FPÖ, en échange de la concession de contrats publics[2]. Kurz annonce dans la foulée la rupture de la coalition et la tenue prochaine d'élections anticipées[3]. Le lendemain, le président Van der Bellen déclare souhaiter que le scrutin ait lieu en septembre, si possible dès le début du mois[4]. Le 20 mai, après le limogeage du ministre de l'Intérieur Herbert Kickl, tous les ministres FPÖ démissionnent collectivement du gouvernement[5].

Le 27 mai, une motion de censure déposée par les écologistes de JETZT – Liste Pilz obtient le soutien du FPÖ et du SPÖ, ce qui permet son adoption et le renversement du gouvernement de Sebastian Kurz[6],[7]. Le lendemain, le vice-chancelier Hartwig Löger lui succède par intérim, et ce jusqu'à la mise en place le 3 juin d'un nouveau gouvernement dirigé par la juriste indépendante Brigitte Bierlein, qui assure les affaires courantes jusqu'aux élections[8].

Mode de scrutinModifier

 
Carte des neuf Bundesländer autrichiens.

L'Autriche est une république semi-présidentielle dotée d'un parlement bicaméral. Sa chambre basse, le Conseil national, ou Nationalrat, est composée de 183 sièges dont les députés sont élus pour cinq ans selon un mode de scrutin proportionnel de listes bloquées dans 9 circonscriptions correspondant aux Landers autrichen, à raison de 7 à 36 sièges par circonscription selon leur population. Ces neuf circonscriptions sont elles-mêmes subdivisées en un total de 43 circonscriptions régionales. Le seuil minimum de voix exigé d'un parti pour obtenir une représentation au parlement est fixé à 4 % ou un siège d'une circonscription régionale.

La clé de répartition proportionnelle se fait à la méthode de Hare au niveau régional puis d'Hondt au niveau fédéral. Bien que les listes soit bloquées, interdisant l'ajout de noms n'y figurant pas, les électeurs ont la possibilité d'exprimer une préférence pour un maximum de trois candidats, permettant à ces derniers d'être placés en tête de liste pour peu qu'ils totalisent un minimum de 14 %, 10 % ou 7 % des voix respectivement aux niveaux régional, des Länder, et fédéral.

Le vote, non obligatoire, est possible à partir de l'âge de 16 ans[9].

CampagneModifier

Dans un entretien accordé au début du mois d’août 2019 à l'ORF, Kurz déclare ne pas s'opposer à une reconduction de la coalition ÖVP-FPÖ après les élections, posant cependant pour condition l'absence de retour au gouvernement de l'ancien ministre de l'Intérieur Herbert Kickl en raison de son refus de démissionner après le début du scandale Ibiza[10].

Partis et têtes de listeModifier

Parti Idéologie Tête de liste Résultats en 2017
Parti populaire autrichien (ÖVP)
Österreichische Volkspartei
Centre droit
Démocratie chrétienne, libéral-conservatisme
Sebastian Kurz 31,5 % des voix
62 députés
Parti social-démocrate d'Autriche (SPÖ)
Sozialdemokratische Partei Österreichs
Centre gauche
Social-démocratie, progressisme
Pamela Rendi-Wagner 26,9 % des voix
52 députés
Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ)
Freiheitliche Partei Österreichs
Droite[11],[12],[13] à extrême droite[14]
Populisme de droite, national-conservatisme, libéralisme économique, euroscepticisme
Norbert Hofer 26,0 % des voix
51 députés
NEOS - La nouvelle Autriche et le Forum libéral (NEOS)
NEOS – Das Neue Österreich
Centre
Libéralisme, europhilie
Beate Meinl-Reisinger 5,3 % des voix
10 députés
Maintenant (JETZT) Centre gauche
Social-libéralisme, écologie, europhilie
Maria Stern (de) 4,4 % des voix
8 députés
Les Verts - L'Alternative verte (Grüne)
Die Grünen – Die Grüne Alternative
Centre gauche
Écologie, europhilie
Werner Kogler (de) 3,8 % des voix
0 députés

SondagesModifier

RésultatsModifier

NationalModifier

Résultats des législatives autrichiennes de 2019
Partis Voix % +/- Sièges +/-
Parti populaire autrichien (ÖVP)
Parti social-démocrate d'Autriche (SPÖ)
Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ)
NEOS - La nouvelle Autriche et le Forum libéral (NEOS)
Maintenant (JETZT)
Les Verts - L'Alternative verte (Grünen)
Mon vote compte ! (G!LT)
KPÖ Plus (KPÖ+)
Le changement (WANDL) Nv
Parti autrichien de la bière (BIER) Nv
Alliance pour l'avenir de l'Autriche (BZÖ) n/a[15]
Parti chrétien d'Autriche (CPÖ)
Parti de la gauche socialiste (SLP)
Suffrages exprimés
Votes blancs et invalides
Total 100 - 183  
Abstentions
Inscrits / participation


Par LandModifier

Land ÖVP FPÖ SPÖ NEOS JEZT Grünen
% +/- % +/- % +/- % +/- % +/- % +/-
  Basse-Autriche
  Burgenland
  Carinthie
  Haute-Autriche
  Salzbourg
  Styrie
  Tyrol
  Vienne
  Vorarlberg

Analyses et conséquencesModifier

Notes et référencesModifier

  1. « Autriche : les conservateurs invitent l’extrême droite à former un gouvernement », sur Le Monde, .
  2. « Piégé sur ses liens avec la Russie, le vice-chancelier autrichien d’extrême droite, Heinz-Christian Strache, démissionne », sur lemonde.fr, .
  3. « Autriche: Kurz met fin à la coalition de droite et annonce des législatives anticipées », sur lefigaro.fr, .
  4. « Autriche: le président pour des élections anticipées en septembre », sur Le Figaro (consulté le 19 mai 2019)
  5. « Autriche: le ministre de l'Intérieur FPÖ limogé, tous les ministres du parti d'extrême-droite démissionnent », sur RTBF Info (consulté le 20 mai 2019)
  6. « Autriche : le chancelier Sebastian Kurz poussé vers la sortie », sur Le Point, (consulté le 27 mai 2019)
  7. « Autriche : le chancelier Sebastian Kurz renversé par le Parlement », sur Le Point, (consulté le 27 mai 2019)
  8. « Autriche: le chancelier Kurz renversé par le Parlement », sur La Presse (consulté le 28 mai 2019)
  9. « AUTRICHE Nationalrat (Conseil national) », sur www.ipu.org (consulté le 29 septembre 2017).
  10. (en) Doris Pundy, « Austria's Kurz does not oppose coalition with far-right », sur euractiv.com, (consulté le 3 septembre 2019)
  11. (en) Sonia Van Gilder Cooke, « Austria — Europe's Right Wing: A Nation-by-Nation Guide to Political Parties and Extremist Groups », sur time.com, (consulté le 16 février 2012).
  12. (en) Andreas Meyer-Feist, « Austrian villagers quash plans for Buddhist temple », sur dw.de, (consulté le 16 février 2012).
  13. (en) « Freedom Party leader may face hate speech charges », sur The Local, (consulté le 24 septembre 2017).
  14. Blaise Cauquelin, « l'extrême droite près du pouvoir en Autriche », sur Le Monde, (consulté le 9 décembre 2016).
  15. Parti déjà existant, mais qui n'avait pas participé aux élections précédentes.