Heinz-Christian Strache

personnalité politique autrichienne

Heinz-Christian Strache
Illustration.
Heinz-Christian Strache en 2013.
Fonctions
Membre du Conseil national

(12 ans, 11 mois et 28 jours)
Élection 1e octobre 2006
28 septembre 2008
29 septembre 2013
15 octobre 2017
Groupe politique FPÖ
Vice-chancelier d'Autriche
Ministre fédéral de la Fonction publique et des Sports

(1 an, 5 mois et 4 jours)
Chancelier Sebastian Kurz
Gouvernement Kurz I
Prédécesseur Wolfgang Brandstetter (vice-chancelier)
Hans Peter Doskozil (Sports)
Successeur Hartwig Löger (vice-chancelier)
Juliane Bogner-Strauß (Fonction publique et Sports)
Président du Parti de la liberté d'Autriche

(14 ans et 26 jours)
Prédécesseur Ursula Haubner
Successeur Norbert Hofer
Biographie
Date de naissance (51 ans)
Lieu de naissance Vienne (Autriche)
Nationalité autrichienne
Parti politique FPÖ (jusqu’en 2019)
Profession Prothésiste dentaire
Religion Catholicisme romain

Heinz-Christian Strache, né le à Vienne, est un homme politique autrichien. Il est président du Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ) de 2005 à 2019, député au Conseil national depuis 2006 et vice-chancelier de la République d'Autriche de 2017 à 2019.

BiographieModifier

Débuts en politiqueModifier

Il est proche de la mouvance néonazie dans sa jeunesse[1].

Prothésiste dentaire de formation, Strache commence une carrière politique en 1991 au sein du groupe du FPÖ dans un arrondissement de Vienne. Deux ans plus tard, il est président du FPÖ de l'arrondissement viennois et président de l'organisation de jeunesse du parti. Lors des élections régionales de Vienne en 2001, il est élu au parlement local et devient chef du groupe parlementaire du parti à Vienne.

Élection à la présidence du FPÖModifier

Après avoir été responsable du FPÖ pour le Land et la ville de Vienne, il devient président du Freiheitliche Partei Österreichs (FPÖ), le , en remplacement d'Ursula Haubner, partie adhérer au Bündnis Zukunft Österreich (BZÖ), fondé début avril par son frère Jörg Haider, ancien chef du FPÖ.

Membre du Conseil nationalModifier

Lors des élections législatives du , le FPÖ, sous la direction de Strache, obtient 11,2 % des voix et 21 sièges, soit un meilleur résultat qu'en 2002. La constitution d'une grande coalition droite-gauche le rejette cependant dans l'opposition. En , lors des élections législatives suivantes, le FPÖ, toujours sous sa direction, obtient 18,5 % des voix (dont 25 % des votes chez les 16-30 ans), dépassant son concurrent du BZÖ.

En 2008, Heinz-Christian Strache manifeste dans la rue, croix en main, contre l'agrandissement d'un centre islamique à Vienne (au risque de susciter le courroux de la hiérarchie catholique). Il concentre l'essentiel de ses attaques sur l'échec, selon lui, de l'intégration des immigrés musulmans d'origine turque, utilisant notamment le slogan « Nous protégeons les femmes libres ; le SPÖ défend le foulard islamique »[source insuffisante][2],[3]. Contrairement à son prédécesseur, Strache apporte également son soutien à Israël[4].

En , il mène encore le FPÖ aux élections européennes puis est candidat, en octobre 2010, à la mairie de Vienne, avec pour programme l'interdiction des minarets et du port du voile islamique. La liste qu'il conduit obtient 27 % des voix (en progression de 12 points)[5]. À cette occasion, Heinz-Christian Strache chante plusieurs chansons de rap[6] dans lesquelles il exprime les idées du FPÖ. La chanson Viva HC pour les élections législatives autrichiennes de 2008 avait été téléchargée 65 000 fois de septembre à du site internet de la FPÖ[7]. Il chante par exemple : « La Turquie à l'Europe ? Pourquoi pas le Soudan ou la Chine ? […] La Turquie devrait être à l'Europe ? Mais pas avec moi ! Pas de cheval de Troie, je te le promets. » Strache défend également la langue allemande (que « Pröll et Faymann ne comprennent pas beaucoup ») contre l'invasion de l'anglais (qui « est dû à Bruxelles »)[8].

Il participe en 2010 à un colloque en Israël organisé par le Likoud et consacré au combat antiterroriste[9].

Vice-chancelier, ministre fédéral et IbizagateModifier

À la suite des élections de 2017 et de la conclusion d'un accord entre le FPÖ et l'ÖVP, il est nommé vice-chancelier dans le gouvernement Kurz I.

Il démissionne du gouvernement et de la présidence du FPÖ le (à huit jours des élections européennes), au lendemain de la publication d'une vidéo tournée en 2017 lors d’une soirée alcoolisée à Ibiza où il explique à une femme, qui le piège en se présentant comme la nièce d’un oligarque russe, comment financer de façon occulte son parti et racheter le quotidien Kronen Zeitung[10]. Les personnes à l’instigation de ce coup monté ne sont pas identifiées[10]. Le scandale provoqué par ces révélations (« l’affaire d’Ibiza ») et la démission de Strache déclenchent une crise politique. Le chancelier Sebastian Kurz annonce le jour même des élections législatives anticipées[11]. Le , une motion de censure déposée par les écologistes de JETZT – Liste Pilz obtient le soutien du FPÖ et du SPÖ[12], ce qui permet son adoption[13]. Norbert Hofer lui succède à la tête du parti.

Retrait de la vie politique et exclusion du FPÖModifier

De nouvelles révélations sur son train de vie dispendieux aux frais du FPÖ compromettent un peu plus sa position au sein du parti[1]. Le , après le net recul de son parti aux élections législatives, il annonce son retrait de la vie politique[14]. Il est exclu du FPÖ en décembre mais laisse entendre son intention de revenir en politique. Trois de ses proches lancent un nouveau parti politique, L'alliance pour l'Autriche (de), considéré comme l'embryon d'une future formation d’extrême droite[1].

BibliographieModifier

  • Lionel Baland, Jörg Haider le phénix : Histoire de la famille politique libérale et nationale en Autriche, Paris, Éditions des Cimes, coll. « Politica »,
  • Patrick Moreau, De Jörg Haider à Heinz-Christian Strache, l'extrême droite autrichienne à l’assaut du pouvoir, éditions du Cerf, 2012.

RéférencesModifier

  1. a b et c « L'extrême droite exclut son ancien chef », Le Matin,‎ (ISSN 1018-3736, lire en ligne)
  2. «Il ne faut pas faire rentrer trop de musulmans à Vienne», sur Libération.fr (consulté le 25 avril 2016)
  3. « Heinz-Christian Strache über Rauchen, Islam und die Ukraine | PROFIL.at », sur profil.at (consulté le 25 avril 2016)
  4. La-Croix.com, « En Autriche, une extrême droite devenue normale », sur La Croix (consulté le 16 octobre 2017)
  5. « La droite prend des forces à Vienne », sur Radio-Canada, (consulté le 29 septembre 2013).
  6. (de) Article sur Viva HC, p. 5
  7. (de) Article sur la chanson Viva HC, p. 11
  8. Paroles de la chanson
  9. Dominique Vidal, « Les yeux doux de Benyamin Nétanyahou à l'extrême droite européenne », Orient XXI,‎ (lire en ligne, consulté le 2 décembre 2018)
  10. a et b « Piégé sur ses liens avec la Russie, le vice-chancelier autrichien d’extrême droite, Heinz-Christian Strache, démissionne », sur lemonde.fr, .
  11. « Autriche : en pleine crise gouvernementale, Kurz annonce des législatives anticipées », sur lemonde.fr, .
  12. Le Point, magazine, « Autriche : le chancelier Sebastian Kurz poussé vers la sortie », sur Le Point (consulté le 27 mai 2019)
  13. Le Point, magazine, « Autriche : le chancelier Sebastian Kurz renversé par le Parlement », sur Le Point (consulté le 27 mai 2019)
  14. « Autriche : défaite aux élections, l’extrême droite perd un leader », sur Libération.fr (consulté le 1er octobre 2019)

Liens externesModifier

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