Ouvrir le menu principal

Walter Schirra

astronaute américain
(Redirigé depuis Walter M. Schirra)

Walter Schirra
Image illustrative de l’article Walter Schirra

Nationalité Drapeau des États-Unis Américain
Sélection Groupe 1 de la Nasa (1959)
Naissance
Hackensack, New Jersey
Décès (à 84 ans)
La Jolla, Californie
Grade Captain, US Navy
Durée cumulée des missions 12 j 7 h 13 min
Mission(s) Mercury 8
Gemini 6
Apollo 7
Insigne(s) Mercury-8-patch.png Gemini 6A patch.png AP7lucky7.png

Walter Marty Schirra Jr., dit Wally Schirra, est un aviateur de la marine américaine et astronaute américain né le à Hackensack et mort le à La Jolla.

En 1959, il devient l'un des sept premiers astronautes choisis par la National Aeronautics and Space Administration (Nasa) pour le programme Mercury, premier effort des États-Unis visant à envoyer un homme dans l'espace. Le , il pilote la mission Mercury-Atlas 8 de six orbites, dans un engin qu'il surnomme Sigma 7. Lors de cette mission, Schirra devient le cinquième Américain et le neuvième humain à voyager dans l'espace. Dans le programme Gemini, en décembre 1965, il réalise le premier rendez-vous spatial en gardant son engin spatial Gemini 6A à une distance de moins de 30 cm du vaisseau jumeau Gemini 7. En octobre 1968, il commande la mission Apollo 7 en orbite terrestre basse qui réalise l'essai du module de commande et de service Apollo, composé de trois hommes, et premier lancement habité du programme Apollo.

Il est le premier astronaute à se rendre dans l'espace à trois reprises et le seul à avoir participé aux programmes Mercure, Gemini et Apollo. Au total, Schirra cumule 295 heures et 15 minutes dans l'espace. Après Apollo 7, il prend sa retraite en tant que Captain de l'United States Navy ainsi que de la Nasa. Il devient consultant pour CBS News dans le cadre de la couverture par ce réseau de télévision des missions Apollo suivantes, dont l'alunissage d'Apollo 11.

Sommaire

BiographieModifier

Enfance et étudesModifier

Walter Marty « Wally » Schirra Jr. naît le à Hackensack dans le New Jersey[1], dans une famille d'aviateurs. Ses grands-parents paternels sont originaires de Bavière et de Suisse et d'origine italienne (plus précisément de la ville de Ghilarza en Sardaigne). Le père de Schirra, Walter M. Schirra Sr., est né à Philadelphie, mais il a piloté pour l'Aviation royale canadienne (ARC) en tant que pilote de bombardier et de reconnaissance au cours de la Première Guerre mondiale. Après la guerre, il participe à des cirques volants lors des foires du New Jersey. La mère de Schirra, Florence Shillito Schirra (née Leach), accompagne les déplacements de son mari et effectue des cascades sur les ailes de l'avion[2],[3].

Schirra Jr. a grandi à Oradell dans le New Jersey où il fréquente l'école locale et est boy scout[4]. Il est diplômé de la Dwight Morrow High School en 1940 et s'inscrit au Newark College of Engineering (futur New Jersey Institute of Technology, NJIT) où il est impliqué dans le corps de formation des officiers de réserve (ROTC) et la fraternité étudiante Sigma Pi (en).

Après l'attaque de Pearl Harbor en décembre 1941, Schirra décide de postuler dans une académie militaire. Son père l'encourage à postuler à l'Académie militaire de West Point, mais il décide plutôt de s'inscrire à l'Académie navale d'Annapolis. Schirra obtient son diplôme en 1945, après seulement trois ans au lieu de quatre, à l'académie navale, qui disposait d'un programme accéléré en temps de guerre[5],[1].

Service militaireModifier

Après avoir été diplômé de l'Académie navale d'Annapolis, Schirra est nommé enseigne dans la marine américaine en 1945. Schirra sert pendant les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale à bord du croiseur de bataille USS Alaska. Après la capitulation du Japon, Schirra revient en Amérique, où l'Alaska est désarmé. Il est ensuite posté à Qingdao et affecté au navire de commandement amphibie USS Estes. Après son retour de Chine, Schirra commence à s'entraîner en tant qu'aviateur naval à la base aéronavale de Pensacola en Floride[6].

 
Schirra (2e depuis la droite) et le responsable du design de la McDonnell Aircraft Corporation David S. Lewis (en) lors de la livraison d'un McDonnell F3H Demon vers 1958.

Après avoir terminé son entraînement, Schirra reçoit son badge d'aviateur naval en 1948 et rejoint le Fighter Squadron 71 (VF-71) à la base aéronavale de Quonset Point, future base aérienne de Quonset Point (en) pour la National Guard, dans l'État de Rhode Island. Au VF-71, Schirra pilote le Grumman F8F Bearcat. Après plusieurs années passées à piloter le F8F, il suit un entraînement de transition au pilotage d'avions à moteur à réaction avec le Lockheed P-80 Shooting Star en vue de la transition de son escadron vers le Grumman F9F Panther. Schirra est déployé en mer Méditerranée à bord du porte-avions USS Midway lors du déclenchement de la guerre de Corée en juin 1950. Il sollicite un programme d'échange avec l'United States Air Force afin d'acquérir une expérience du combat. Il est sélectionné pour le programme et formé pour voler sur le Republic F-84 Thunderjet[7].

Schirra est initialement déployé avec le 154th Training Squadron (en) à la base aérienne d'Itazuke (futur aéroport de Fukuoka) au Japon, d'où il effectue des missions en Corée du Sud. Alors que les troupes américaines avancent vers le nord, l'escadron est réaffecté à une base à Daegu. Au cours des huit mois de déploiement, Schirra effectue 90 missions de combat et abat deux Mikoyan-Gourevitch MiG-15 ennemis[8],[1].

Après avoir terminé son service en Corée, Schirra devient pilote d'essai au complexe militaire de China Lake en Californie. Là, il teste divers systèmes d'armes et est le premier pilote à voler avec et à tirer le missile AIM-9 Sidewinder. Schirra est affecté à la base aéronavale de Miramar pour tester le plus récent chasseur à réaction de la marine américaine, le Vought F7U Cutlass. Schirra est ensuite affecté à la base aéronavale de Moffett pour commencer l'entraînement de transition au Cutlass, puis au McDonnell F3H Demon. Après un déploiement en Asie à bord du porte-avions USS Lexington et une formation à la sécurité aérienne avec l'université de Californie du Sud, Schirra est accepté à la école des pilotes d'essai de la marine américaine en 1958[9].

 
Les Mercury Seven devant un Convair F-106 Delta Dart en 1961. Schirra est le 3e depuis la droite.

Schirra fait partie de la promotion no 20 de l'école, aux côtés des futurs astronautes James Lovell et Charles Conrad. Il y apprend à piloter de nombreux appareils, notamment le Douglas F4D Skyray, le Grumman F-11 Tiger et le Vought F-8 Crusader. Après avoir obtenu son diplôme, Schirra devient pilote d'essai à la base aéronavale de Patuxent River et apprend à piloter le McDonnell Douglas F-4 Phantom II afin de déterminer s'il pouvait devenir un avion embarqué sur porte-avions[10].

Carrière spatialeModifier

Programme MercuryModifier

Articles détaillés : Programme Mercury, Mercury Seven et Mercury-Atlas 8.

En février 1959, Schirra est l'un des 110 pilotes d'essai militaires choisis par leurs officiers supérieurs pour participer au programme Mercury de la National Aeronautics and Space Administration (Nasa) nouvellement créée. Ce programme est le premier avec un objectif de vol spatial habité par les États-Unis. Après plusieurs séries de tests, en avril 1959, Schirra intègre le premier groupe d'astronautes sélectionnés, sept hommes surnommés les « Mercury Seven »[11]. Au cours du programme, ses domaines de responsabilité sont les systèmes de support de vie et les combinaisons de vol pressurisées. De plus, Schirra travaille aux côtés de John Glenn dans la conception de la capsule. Scott Carpenter et Schirra pilotent des avions de chasse Convair F-106 Delta Dart lors de la mission suborbitale Mercury-Redstone 3 (Freedom 7) d'Alan Shepard. Schirra est initialement affecté en tant que remplaçant de Deke Slayton pour le deuxième vol orbital du programme, mais est remplacé par Carpenter lorsque Slayton est temporairement interdit de vol pour raisons de santé. Schirra est alors prévu pour piloter le troisième vol orbital[12].

 
Walter Schirra en combinaison devant une maquette de capsule Mercury le .

Le , Schirra décolle pour son vol Mercury-Atlas 8 (Sigma 7). Après une déviation mineure de la trajectoire en début de vol, la mission entre en orbite. Une fois cela réalisé, Schirra démontre la possibilité de positionner et de manœuvrer manuellement son engin spatial en utilisant un système de contrôle de la poussée. Après les problèmes de navigation rencontrés au cours de la mission Mercury-Atlas 7 (Aurora 7) de Scott Carpenter, la Nasa et Schirra se sont concentrés sur les facteurs techniques et humains liés au pilotage manuel de la capsule. Schirra signale une augmentation de la température de sa combinaison, atteignant un maximum de 32 °C, avant d'ajuster manuellement le système de refroidissement de sa combinaison. Après avoir terminé ses tests avec l'engin spatial, Schirra vérifie sa capacité à utiliser des commandes dans un environnement en apesanteur à l'aveugle. Tout au long de sa mission, Schirra démontre sa capacité à remplacer les commandes automatiques en cas de besoin et à piloter manuellement le vaisseau spatial. Après six orbites, Schirra aligne manuellement son engin spatial au-dessus de l'Afrique et amorce la rentrée atmosphérique. La capsule atterri à seulement 8 kilomètres du navire de récupération, le porte-avions USS Kearsarge, dans le centre de l'océan Pacifique. Une fois que la capsule est hissée sur le pont, Schirra active l'écoutille à explosif pour sortir de l'engin spatial et est légèrement blessé par l'explosion[Note 1]. Avec son un vol de plus de 9 heures, il bat le record de l'époque et devient le 9e homme dans l'espace (le 5e Américain et le 3e à orbiter autour de la Terre). Après son retour aux États-Unis, Schirra et sa famille sont invités le 16 octobre au bureau ovale de la Maison-Blanche pour rencontrer le président des États-Unis John Fitzgerald Kennedy[13],[14].

Programme GeminiModifier

Articles détaillés : Programme Gemini et Gemini 6.
 
Schirra durant une simulation pour Gemini 6 en décembre 1965.

Au début du programme Gemini, Alan Shepard est le commandant de Gemini 3 avec Thomas Stafford en tant que pilote, mais ils sont remplacés par un équipage de réserve après que Shepard est diagnostiqué avec une maladie de Menière, un trouble de l'oreille interne. Schirra et Stafford sont devenus l'équipe de réserve du nouvel équipage de Gemini 3, Virgil Grissom et John Watts Young, et sont ensuite programmés comme équipage principal de Gemini 6. Gemini 6 doit initialement effectuer le premier amarrage orbital avec un véhicule cible Agena. La fusée Agena a cependant explosée peu après le décollage le , alors que Schirra et Stafford attendent dans leur fusée pour décoller. Les responsables du programme décident plutôt que d'attendre la disponibilité d'un véhicule cible de remplacement, de réviser la mission en l'appelant Gemini 6A et en organisant un rendez-vous spatial avec Gemini 7, qui serait piloté par Frank Borman et James Lovell.

Le , Gemini 7 décolle pour commencer sa mission de deux semaines. Gemini 6A est prêt à être lancé le 12 décembre, mais ses moteurs s'arrêtent moins de deux secondes après l'allumage. Contrairement au protocole, Schirra choisit de ne pas activer les sièges éjectables de Stafford et lui-même, afin de les épargner d'éventuelles blessures et donc d'un retard supplémentaire et d'une éventuelle annulation de la mission. Gemini 6A décolle finalement le 15 décembre et retrouve avec succès Gemini 7 après cinq heures de vol. Les deux vaisseaux spatiaux manœuvrent à quelques centimètres l'un de l'autre et gardent leur position pendant cinq heures. Après ce premier rendez-vous spatial entre deux vaisseaux habités, Gemini 6A se désorbite le 16 décembre et amerrit dans l'océan Atlantique au sud-est du cap Canaveral par l'USS Wasp[15],[16].

Alors qu'il est en mission, Schirra réalise une blague aux contrôleurs du vol en signalant la fausse observation d'un objet volant non identifié (OVNI) — le Père Noël —, puis en jouant Jingle Bells grâce à un harmonica qu'il avait caché sur lui[17],[18],[Note 2].

Programme ApolloModifier

Articles détaillés : Programme Apollo et Apollo 7.
 
L'équipage d'Apollo 7 avec Donn Eisele, Walter Schirra et Walter Cunningham le .

Vers le milieu de l'année 1966, Schirra est chargé de commander un équipage d'une mission Apollo composé de Donn Eisele et de Walter Cunningham pour effectuer le deuxième test en vol habité du module de commande et de service Apollo, avec donc un objectif de mission identique à celui d'Apollo 1. Schirra plaide contre une répétition de mission et son équipage devient la réserve de l'équipage principal composé de Virgil Grissom, Edward White et Roger B. Chaffee. L'équipage de Schirra effectue des tests dans le module de commande le et est en route pour Houston le lendemain, lorsque Grissom, White et Chaffee sont tués dans un incendie au cours d'un test préparatoire. L'équipage de Schirra devient alors l'équipage principal du premier vol habité du programme, Apollo 7[Note 3], et est retardé jusqu'à l'automne 1968 pour des améliorations de sécurité dans le module de commande[19].

Schirra, qui avait acquis un sentiment de sécurité grâce à la présence de l'employé de la McDonnell Aircraft Corporation Günter Wendt en tant que responsable de la plate-forme et de la préparation au lancement des engins spatiaux, militent pour son retour. En effet, le sous-traitant du programme Apollo était devenu North American Aviation et Wendt n'était plus présent. Après l'accident d'Apollo 1, Schirra est tellement convaincu par Wendt qu'il milite pour que Wendt devienne responsable de sa mission Apollo et il convainc Deke Slayton et ses responsables d'embaucher Wendt pour Apollo 7[20],[Note 4].

Apollo 7 est lancée le , faisant de Schirra la première personne à voler dans l'espace à trois reprises[21], et en plus sur trois modèles de vaisseaux spatiaux différents. Schirra est également le premier astronaute à partir dans l'espace avec une montre suisse qui allait connaître un succès extraordinaire, le chronographe Speedmaster d'Omega. Avant le lancement, Schirra s'oppose à un lancement à cause de vents violents qui auraient pu blesser les astronautes en cas d'abandon dans les premières minutes de la mission. Le décollage se passe cependant sans problème et une fois en orbite, le module de commande et de service d'Apollo 7 effectue des exercices de rendez-vous spatiaux et d'ancrage dans l'espace avec un étage S-IVB pour simuler la récupération du module lunaire Apollo. Le deuxième jour de la mission, l'équipage réalise les premières images télévisées en direct diffusées publiquement depuis un vaisseau spatial habité[22],[Note 5].

 
L'équipage d'Apollo 7 (Eisele, Schirra et Cunningham) à bord de l'USS Essex le .

Au cours de la mission, Schirra souffre d'un rhume qu'il transmet à Eisele. Anticipant les problèmes de congestion à l'intérieur d'une combinaison spatiale étanche, Schirra propose au centre de contrôle de mission de ne pas porter leur casque lors de la rentrée. En dépit d'une demande du directeur de vol Christopher Kraft et du chef du Bureau des astronautes Deke Slayton de porter un casque lors de la rentrée, Schirra, Eisele et Cunningham refusent et effectuent une rentrée atmosphérique sans[Note 6]. Apollo 7 amerri au sud-est des Bermudes le [23],[1].

Avant le lancement d'Apollo 7, Schirra prend la décision de prendre sa retraite de la Nasa et quitte donc le corps des astronautes le . La dernière mission de Schirra en tant qu'astronaute consiste à mener l'enquête sur l'accident du véhicule LLRV de Neil Armstrong qu'il attribue à une défaillance mécanique. Il recommande par la suite de suspendre la formation des astronautes avec ce véhicule[24],[1].

Carrière ultérieureModifier

À la télévisionModifier

Le médicament contre le rhume embarqué à bord des missions Apollo et prescrit par le chirurgien de vol est une combinaison décongestionnante de pseudoéphédrine et de triprolidine antihistaminique. Des années plus tard, lorsque ce produit est devenu disponible en pharmacie sous le nom d'Actifed, le fabricant engage Schirra comme porte-parole des ses campagnes de publicité à la télévision, jouant ainsi sur la notoriété de son rhume dans l'espace[25],[1].

 
Virgil Grissom et Walter Schirra devant le monument au programme Mercury le .

Au cours des missions Apollo suivantes, il est consultant auprès de CBS News de 1969 à 1975. Il rejoint Walter Cronkite comme co-présentateur pour la couverture médiatique du réseau de télévision des sept missions à venir sur la Lune, en commençant par Apollo 11 et la malheureuse Apollo 13[26],[27].

Dans les affairesModifier

Après sa carrière à la Nasa, Schirra devient président et administrateur de la société de financement et de leasing Regency Investors Incorporated. Il quitte celle-ci pour créer l'Environmental Control Company, dont il est président-directeur de 1970 à 1973[28]. L'entreprise fusionne avec SERNCO Incorporated en 1973. Schirra devient alors vice-président, mais est élu président du conseil d'administration plus tard au cours de la même année[29]. Il travaille également au développement d'un oléoduc en Alaska[30],[31] et a été membre d'un conseil consultatif pour les parcs nationaux américains du Département de l'Intérieur de 1973 à 1985[21],[1].

En janvier 1979, Schirra fonde Schirra Enterprises et travaille comme consultant jusqu'en 1980. Il loue ses services pour le consulat belge du Colorado et du Nouveau-Mexique de 1971 à 1984 et est membre du conseil d'administration de plusieurs sociétés, notamment Electromedics, Finalco, Kimberly-Clark, Net Air International, Rocky Mountain Airlines et Johns Manville (en)[30],[1],[31]. Schirra est président de la société de développement énergétique Prometheus de 1980 à 1981. En 1984, il figure parmi les astronautes Mercury survivants lors de la création de la Mercury Seven Foundation, connue désormais sous le nom d'Astronaut Scholarship Foundation, afin d'attribuer des bourses d'études à des étudiants en sciences et en ingénierie[1].

Dans la littératureModifier

Schirra, avec le reste des Mercury Seven, est co-auteur en 1962 du livre We Seven[21], détaillant la formation et le développement du programme Mercury. Avec Richard N. Billings, Schirra publie son autobiographie Schirra's Space en 1988[32]. En 1995, il co-écrit le livre Wildcats to Tomcats: The Tailhook Navy avec Barrett Tillman et les officiers de marine Richard L. (Zeke) Cormier et Phil Wood. Dans ce livre, il décrit cinq décennies d'aviation navale, y compris des récits de missions de combat au cours de la Seconde Guerre mondiale, de la Corée et du Viêt Nam[33]. En 2005, il a co-écrit le livre The Real Space Cowboys avec Ed Buckbee. Le livre est un récit des astronautes du premier groupe de la Nasa. Il les suit tout au long du processus de sélection pour le programme, de toute leur carrière et jusqu'à la retraite. Schirra contribue également au livre In the Shadow of the Moon (2007) de Francis French et Colin Burgess[34].

Vie privéeModifier

 
Le Commander Lee Axtell du USS Ronald Reagan disperse les cendres de Schirra le [35].

Peu de temps après son entrée dans la marine, Schirra commence à fréquenter Josephine Cook « Jo » Fraser (1924-2015)[1],[36]. Schirra et Fraser se marient le [37] et ont deux enfants, Walter M. (III) et Suzanne, nés respectivement en 1950 et 1957[38].

MortModifier

Schirra meurt à l'âge de 84 ans le d'une crise cardiaque alors qu'il suit un traitement pour un cancer de l'estomac dans un hôpital de La Jolla, près de San Diego[39].

Un service commémoratif pour Schirra a lieu le 22 mai au cimetière national de Fort Rosecrans où un cénotaphe est placé[40]. La cérémonie se termine par un salut de trois salves (en) et un survol de trois McDonnell Douglas F/A-18 Hornet.

Schirra est incinéré et ses cendres sont dispersées en mer le depuis le porte-avions USS Ronald Reagan[35].

Décorations, hommages et postéritéModifier

 
Walter Schirra sur un timbre poste roumain des années 1960.

Au cours de sa carrière militaire, Schirra reçu de nombreuses décorations militaires, dont trois Air Medal[21] et trois Nasa Distinguished Service Medal, dont une à titre posthume[21]. Il reçoit également la Nasa Exceptional Service Medal[21], l'American Campaign Medal, l'Asiatic-Pacific Campaign Medal, la World War II Victory Medal, la Navy Occupation Service Medal avec l'agrafe « ASIA », la China Service Medal et la Korean Service Medal. En outre, il reçoit plusieurs récompenses internationales, notamment une Republic of Korea Presidential Unit Citation (en), la médaille des Nations unies pour la Corée et la Korean War Service Medal. Schirra reçoit des prix de l'aviation civile, le prix de l'American Institute of Aeronautics and Astronautics (AIAA) en 1963, le trophée Harmon en 1965, le prix Kitty Hawk et le prix Golden Key de la Golden Key International Honour Society (en)[38].

Le secrétaire à la Marine des États-Unis Fred Korth (en) attribue à Schirra son badge d'astronaute (variante marine)[Note 7]. Schirra reçoit la Navy Distinguished Service Medal en tant que commandant d'Apollo 7[21]. Il reçoit également une Distinguished Flying Cross pour son escorte de bombardiers Boeing B-29 Superfortress pendant la guerre de Corée avec une étoile d'or pour le vol Mercury-Atlas 8 et une seconde pour le vol Gemini 6A[21]. Schirra, membre de la Society of Experimental Test Pilots (SETP)[3], reçoit le prix Iven C. Kincheloe de la société en 1963, avec les six autres astronautes des Mercury Seven. Il reçoit le trophée Collier en 1962 (comme tous les Mercury Seven)[Note 8].

Schirra est un Franc-maçon du 33e degré[3] et fait partie de l'American Institute of Aeronautics and Astronautics (AIAA) et de l'American Astronautical Society (AAS)[3]. Schirra reçoit des doctorats honorifiques en sciences de trois universités : le Lafayette College (pour l'ingénierie astronautique), l'université de Californie du Sud et son alma mater, le Newark College of Engineering (pour l'astronautique)[38].

 
L'USNS Wally Schirra, nommé d'après Schirra.

Premier homme à aller trois fois dans l'espace et le seul astronaute américain à voler sur les trois capsules Mercury, Gemini et Apollo[21], Schirra est intronisé dans plusieurs temples de la renommée : l'International Air & Space Hall of Fame du musée de l'air et de l'espace de San Diego (1970)[21], l'International Space Hall of Fame du musée de l'histoire spatiale du Nouveau-Mexique (1981)[21], le New Jersey Hall of Fame (vers 1982) et au Aviation Hall of Fame and Museum of New Jersey (en) (vers 1977)[21], le National Aviation Hall of Fame (1986)[21] et l'United States Astronaut Hall of Fame (1990). L'USNS Wally Schirra, un vraquier de classe Lewis and Clark est nommé d'après Schirra[41]. Une rue et un parc portent les noms de Schirra à Upper Dublin, en Pennsylvanie, et à Oradell, où il a grandi dans le New Jersey. L'école primaire Walter M. Schirra à Old Bridge, dans le New Jersey, porte également le nom de Schirra.

Schirra apparaît dans plusieurs films, téléfilms et documentaires sur les programmes spatiaux américains. Il est joué par Lance Henriksen dans le film L'Étoffe des héros (1983)[42], Mark Harmon dans la mini-série De la Terre à la Lune (1998)[43] et Aaron McCusker dans la série The Astronaut Wives Club (2015)[44].

BibliographieModifier

Liens externesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Des difficultés avec cette écoutille à explosif avaient été déjà perçues lors de la mission Mercury-Redstone 4 (Liberty Bell 7) de Virgil Grissom.
  2. Cet incident est aussi la première fois qu'un instrument de musique est joué dans l'espace. L'harmonica est conservé au National Air and Space Museum.
  3. Le plan de numérotation des missions du programme est révisé suite à cet incendie pour devenir un marqueur symbolique. L'AS-204 devient donc Apollo 1 et ainsi de suite.
  4. Wendt est resté « pad leader » le reste du programme Apollo, mais aussi du programme de station spatiale Skylab et est resté dans le programme de la navette spatiale américaine jusqu'à sa retraite.
  5. Une retransmission expérimentale avait été réalisée lors de la mission Mercury-Atlas 9 de Gordon Cooper en 1963, mais elle n'a pas été diffusée publiquement.
  6. L'attitude de Schirra pendant cette mission sera fortement reproché par Christopher Kraft qui considérera cela comme de l'insubordination.
  7. Les instructions de la marine en matière d'uniformes à l'époque ne précisaient pas s'il remplace ou non son badge d'aviateur naval. Schirra décida donc de porter son badge d'astronaute au-dessus et son badge d'aviateur naval en-dessous, avec ses rubans entre les deux.
  8. Le prix est généralement attribué à des ingénieurs et des inventeurs, mais les aviateurs sont récompensés cette année.

RéférencesModifier

  1. a b c d e f g h i et j (en) Tara Gray, « Walter M. Schirra, Jr. » (consulté le 17 janvier 2019)
  2. Schirra et Billings 1988, p. 9-11.
  3. a b c et d (en) « Astronaut Bio: Wally Schirra 1/98 » (consulté le 17 janvier 2019)
  4. (en) « Astronauts and the BSA », sur scouting.org, (consulté le 17 janvier 2019)
  5. Schirra et Billings 1988, p. 10-13.
  6. Schirra et Billings 1988, p. 16-20.
  7. Schirra et Billings 1988, p. 21-27.
  8. Schirra et Billings 1988, p. 29-32.
  9. Schirra et Billings 1988, p. 33-43.
  10. Schirra et Billings 1988, p. 43-46.
  11. Schirra et Billings 1988, p. 46, 57-63.
  12. Schirra et Billings 1988, p. 65, 75-76.
  13. Schirra et Billings 1988, p. 85-94.
  14. (en) John Hodge, Eugene Kranz et John Stonesifer, « Results of the third U.S. manned orbital space flight, October 3, 1962 - Mission Operations », sur Nasa, (consulté le 17 janvier 2019)
  15. Schirra et Billings 1988, p. 157-168.
  16. Stafford et Cassutt 2002, p. 50-76.
  17. Schirra et Billings 1988, p. 165.
  18. (en) Owen Edwards, « The Day Two Astronauts Said They Saw a UFO Wearing a Red Suit », sur Smithsonian (consulté le 17 janvier 2019)
  19. Schirra et Billings 1988, p. 180-193.
  20. Schirra et Billings 1988, p. 195.
  21. a b c d e f g h i j k l et m (en) « Walter M. Schirra :: NASA Astronauts » (consulté le 16 janvier 2019)
  22. Schirra et Billings 1988, p. 199-203.
  23. Schirra et Billings 1988, p. 206-209.
  24. Schirra et Billings 1988, p. 208, 211, 216.
  25. Schirra et Billings 1988, p. 207.
  26. Schirra et Billings 1988, p. 221-223.
  27. (en) « NASA - Walter Schirra, 1923-2007 », sur Nasa (consulté le 17 janvier 2019)
  28. (en) « Ex-Astronaut Leaves Firm - Detroit Free Press », sur Newspapers.com, (consulté le 17 janvier 2019)
  29. (en) « People in Business - The Raleigh Register », sur Newspapers.com, (consulté le 17 janvier 2019)
  30. a et b Schirra et Billings 1988, p. 218-221.
  31. a et b (en) « Walter M Schirra », sur Nasa (consulté le 3 décembre 2017)
  32. Schirra et Billings 1988.
  33. (en) Richard L. Cormier, Zeke Cormier, Walter Schirra, Phil Wood et Barrett Tillman, Wildcats to Tomcats : The Tailhook Navy, Voyageur Pr, , 207 p. (ISBN 978-1883809072)
  34. (en) « WallySchirra.Com - Schirra's Space », sur wallyschirra.com (consulté le 17 janvier 2019)
  35. a et b (en) « Image 080211-N-3659B-085 », sur navy.mil (consulté le 17 janvier 2019)
  36. (en) « 'Astronaut Wives Club' Member Jo Schirra Dies at 91; Widow of Wally », sur Times of San Diego (consulté le 17 janvier 2019)
  37. Schirra et Billings 1988, p. 15.
  38. a b et c (en) « About Wally », sur wallyschirra.com (consulté le 17 janvier 2019)
  39. (en) Richard Goldstein, « Walter M. Schirra Jr., Astronaut, Dies at 84 » (consulté le 17 janvier 2019)
  40. (en) « Walter M. « Wally » Schirra, Jr », sur Find a Grave
  41. (en) « Navy To Christen USNS Wally Schirra », sur navy.mil, (consulté le 17 janvier 2019)
  42. (en) L'Étoffe des héros sur l’Internet Movie Database
  43. (en) De la Terre à la Lune sur l’Internet Movie Database
  44. (en) The Astronaut Wives Club sur l’Internet Movie Database