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Urtaca

commune française du département de la Haute-Corse

Urtaca
Urtaca
Vue du village.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Collectivité territoriale unique Corse
Circonscription départementale Haute-Corse
Arrondissement Calvi
Canton L'Île-Rousse
Intercommunalité Communauté de communes de l'Île-Rousse - Balagne
Maire
Mandat
Paul-Vincent Ferrandi
2014-2020
Code postal 20218
Code commune 2B332
Démographie
Gentilé Urtacais
Population
municipale
233 hab. (2016 en augmentation de 28,02 % par rapport à 2011)
Densité 7,5 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 35′ 43″ nord, 9° 09′ 59″ est
Altitude 360 m
Min. 37 m
Max. 1 367 m
Superficie 31,26 km2
Localisation

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Urtaca

Urtaca est une commune française située dans la circonscription départementale de la Haute-Corse et le territoire de la collectivité de Corse. Elle appartient à l'ancienne piève de Canale.

Sommaire

GéographieModifier

 
Panorama sur Monte a l'Alturiai et le nord-est du village.

SituationModifier

Urtaca est avec Lama, Novella, Palasca et Pietralba, l'une des cinq communes de la vallée de l'Ostriconi, territoire aussi nommé Paesi d'Ostriconi, situé à l'est de la Balagne, dans l'ancienne piève de Canale.

ReliefModifier

Urtaca est une commune sans façade maritime quoique ayant vue sur mer. Son territoire est une bande de terre orientée SE-NO, s'étalant en direction de la mer depuis les crêtes de la Serra di Tenda, et occupant ses flancs nord-occidentaux jusqu'au lit de la rivière Ostriconi.

La commune est limitée :

  • à l'est, par une ligne de crête démarrant à 300 m d'altitude à la Serra di Lubertaccia, s'élevant au fur et à mesure en passant par Cima d'Olmelli (312 m), Cima Ghinepero (493 m), Teghie a Partica (672 m), Monte a la Rua (841 m), Monte Vicinasco (1 018 m), Monte ambrica (1 063 m), Cima a Muzzelli (1 299 m), Monte a l'Alturaia (1 371 m) sommet « à cheval » sur San-Gavino-di-Tenda et Urtaca, jusqu'à la limite SE de la commune à 1 349 m d'altitude ;
  • au sud, par une ligne droite tirée vers Monte di u Gattu (696 m) à l'ouest, se prolongeant ensuite jusqu'au gué sur l'Ostriconi, à hauteur de la jonction RN1197 - D8 ;
  • à l'ouest la limite suit la rive gauche de l'Ostriconi, du niveau 153 m à celui de 57 m, en amont de l'ancienne mine de Chiaraginca, puis remontant la crête de Bona Fede, Cima di u Pallu (239 m) et redescendant sur l'Ostriconi au pont de Teghiele au lieu-dit Petra Moneta ;
  • au nord, c'est une nouvelle ligne de crête qui rejoint la Serra di Lubertaccia surplombant une portion de la route D81. C'est déjà le désert des Agriates.

HydrographieModifier

La commune est arrosée par la rivière Ostriconi qui longe près des deux tiers de ses limites territoriales occidentales. Le réseau hydrographique y est dense. Plusieurs ruisseaux prennent naissance sur la commune, sous la ligne de crête de la Serra di Tenda, et sont tributaires de l'Ostriconi. Les principaux sont fiume di Gargalagne, long de 7 km[1] qui arrose le village d'Urtaca, fiume di Cuvertoio, long de 3,9 km[2], ruisseau de l'Orneto, long de 2,6 km[3], ruisseau di l'Appiatelli, long de 3,8 km[4], et fiume di u Chierchiu, long de 7,3 km[5].

Climat et végétationModifier

 
Baies de myrte

Urtaca n'a pas de véritable forêt. Seules quelques zones épargnées par les incendies, sont boisées de chênes verts et d'oliviers. La couverture végétale est un maquis traditionnel, bas, où en période hivernale, les baies de myrte et d'arbousier abondent et font le régal de passereaux migrateurs. Elles sont aussi la base de remarquables liqueurs et gelées. Le maquis a recouvert les nombreuses terrasses de culture depuis longtemps abandonnées.

Voies de communication et transportsModifier

 
Vue sur le littoral

Accès routierModifier

Le village était jusqu'aux années 1980 desservi par une seule route, longue, étroite et sinueuse, qui desservait également Lama et Pietralba. Depuis l'ouverture de la voie rapide dite Balanina qui longe l'Ostriconi et « double » en fait l'ancienne route renommée D8, le village se trouve éloigné de 3,5 km de la RN 1197, principale voie qui relie la Balagne à Ponte-Leccia (Morosaglia) et désenclave la touristique microrégion de Balagne.

Toutefois, Urtaca est relié à la RN 1197 dite Balanina par une portion nouvelle de la D8, rectiligne sur 3 km.

Au nord de la commune, se situe la jonction de la RN 1197 avec la route D81 qui traverse le Désert des Agriates et permet de se rendre à Bastia via Saint-Florent en raccourcissant le trajet de 20 kilomètres.

TransportsModifier

La commune n'est pas traversée par la ligne des Chemins de fer de Corse. La gare la plus proche est celle de la commune voisine de Novella.

Le port le plus proche est celui de L'Île-Rousse, distant de 26 km. L'aéroport le plus proche est celui de Calvi-Sainte-Catherine, distant de 48 km ; celui de Bastia se trouve à 51 km.

Communes limitrophesModifier

UrbanismeModifier

Le village d'Urtaca est un « village en balcon » de la vallée de l'Ostriconi, le plus septentrional des trois villages surplombant le cours d'eau. C'est un village médiéval, construit sur les hauteurs, à flanc de montagne, afin de voir l'arrivée des envahisseurs barbaresques.

Dans l'ensemble, ses habitants vivent regroupés au village et au lieu-dit Poggiola. Il y a très peu d'habitations en plaine même qui est traversée pourtant par la route nationale. Le village est ancien ; au centre du vieux quartier dit U Tricellu, se trouve l'église paroissiale de l'Annonciation ainsi que la mairie abritée dans une vieille habitation restaurée.

ToponymieModifier

HistoireModifier

 
Vue du village

Moyen ÂgeModifier

À un kilomètre au nord du village, se trouve la punta di Castiglione (559 m). Castiglione se traduisant par village fortifié, ce nom significatif semble prouver, comme dans d'autres communes de l'île, l'existence autrefois en ce lieu d'un village fortifié.

Au XIe siècle, la pieve d'Ostricone était un bien des marquis de Massa di Corsica. Leur part s'étendait sur tout l'« En-Deçà-des-Monts ». Les marquis de Massa sont les descendants du marquis Alberto qui, au XIe siècle, aurait chassé les Sarrasins de Rome et contribué à la défense de la Corse.
Bien que leur château de San Colombano ait été incendié par le peuple, les révolutions populaires du XIVe siècle ne ruinèrent pas leurs privilèges féodaux. Ils firent des donations aux églises, ne conservant que le château de San Colombano réparé ou reconstruit[6].

Au XVIe siècle Urtaca s'écrivait Artacha. Vers 1520, Artacha, Lama, Novella, Cruscani, Pochina, Palasia, Spelonche étaient les lieux habités de la pieve religieuse d'Ostricone[7].

Temps modernesModifier

Article détaillé : Pieve de Petralba.

Au XVIIIe siècle les pievi civiles d'Ostricone et de Petralba fusionnent, devenant la pieve de Canale qui prendra le nom de canton de Lama avec la Révolution française, en 1790.

Époque contemporaineModifier

En 1954 les communes de Lama, Pietralba et Urtaca constituaient le canton de Lama.

1971-1973 : Urtaca intègre le nouveau canton du Haut-Nebbio, créé avec la fusion imposée des anciens cantons de Lama, Murato et Santo-Pietro-di-Tenda.

Politique et administrationModifier

Tendances politiques et résultatsModifier

Liste des mairesModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
vers 1897 ? Ange-Mathieu Bonavita    
? novembre 1941
(révoqué)
Pasquin Bonavita ? Révoqué par le Gouvernement de Vichy[8]
mars 2001 2014 Françoise Xavière Montecattini DVG  
mars 2014 En cours Paul Vincent Ferrandi DVG Fonctionnaire
Les données manquantes sont à compléter.

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1800. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[9]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[10].

En 2016, la commune comptait 233 habitants[Note 1], en augmentation de 28,02 % par rapport à 2011 (France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
222246354297326317328337323
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
347335360375387411393517511
1906 1911 1921 1926 2006 2011 2016 - -
507502292247185182233--
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2006[12].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

EnseignementModifier

Urtaca est dotée d'une école primaire.

SantéModifier

CultesModifier

Manifestations et festivitésModifier

  • Saint-Nicolas (San Nicolaiu), le saint patron du village, est fêté deux fois l'an : le 6 décembre mais aussi le premier dimanche d'août afin de réunir un public plus large en été.

SportsModifier

Urtaca dispose d'un stade de football.

ÉconomieModifier

L'agriculture et l'élevage de bovins demeurent la principale source de revenus. Après les essais infructueux de plantations d'amandiers, des plantations nouvelles d'oliviers sont apparues dans le paysage.
Les bovins sont visibles partout dans le paysage, dans le maquis, quelquefois en bordure de route. Malgré les arrêtés interdisant la divagation du bétail et les clôtures mises en place, des bovins sont encore visibles en bordure de la voie rapide. De tragiques accidents, nombreux dans un récent passé, causés par des animaux en divagation, se produisent encore.

Une boulangerie existe au cœur du village peu peuplé. Fonctionnant sur un mode artisanal[réf. nécessaire], son réseau de vente est alimenté par des tournées automobiles dans les villages voisins de Lama, Pietralba, Novella et l'ensemble des habitations dispersées de la vallée de l'Ostriconi. La production s'écoule aussi depuis plus de deux ans dans les villages de la Haute-Balagne situés dans la continuité de Belgodère en utilisant ce principe de tournée amenant le produit chez les clients, souvent vieillissants et peu aptes à se déplacer.

Une charcuterie (Charcuterie Costa) a réussi à se développer à Campo Piano, dans un paysage qui ressemble déjà à celui du Désert des Agriates tout proche. Sa production qu'on trouve dans les toutes les grandes surfaces de l'île, est maintenant écoulée jusque dans les commerces du continent.

Culture locale et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

  • Monument aux morts érigé à côté de l'église de l'Annonciation
  • Moulin de Capprettacio, moulin à huile situé en bordure du fiume di Gargalagna, en amont du village.
  • Four communal
  • Fontaines, nombreuses en montagne.

Église Notre-Dame de l'AnnonciationModifier

L'église Notre-Dame de l'Annonciation (L'Annunziata) est située au centre du village, dans le vieux quartier dit U Tricellu. Elle renferme :

  • un tableau d'autel sainte Dévote ;
  • un harmonium de marque Alexandre & Fils, no de série : 22 235, daté de la seconde moitié du XIXe siècle. L'œuvre a été restaurée en 2006 par le facteur corse Jean-Louis Loriaut. Elle est classée Monument historique par arrêté du 15 février 2010. Il s'agit probablement de l'unique harmonium monumental de Corse[13].

  Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Chapelle Saint-NicolasModifier

La chapelle Saint-Nicolas (San Nicolau) est située à l'entrée du village. Elle est dédiée à saint Nicolas, le saint patron des marins et des pêcheurs, mais surtout patron des enfants. S'y trouve une statue de saint Nicolas achetée en août 1857 à Bari (Italie)[14].

San Nicolau est très vénéré en Corse. L'abbé Casta y a recensé 33 sanctuaires dédiés à San Nicolau au Moyen Âge[15]

Autres patrimoines religieuxModifier

  • Chapelle Sant'Andria ruinée
  • Baptistère à Bocca di San Pancrazio

Patrimoine naturelModifier

Site du Conservatoire du littoralModifier

Une partie du territoire de la commune d'Urtaca, celle située dans le désert des Agriates, a été acquise par le Conservatoire de l'Espace Littoral[16]. Elle est en site naturel classé[17].

Article détaillé : Désert des Agriates.

ZNIEFFModifier

Urtaca est concernée par une ZNIEFF (2e génération) :

Crêtes Mont Asto Mont St Angelo

Cette zone est reprise à l'INPN sous la fiche ZNIEFF940013187 - Crêtes Mont Asto Mont St Angelo[18]. Cette zone qui couvre les crêtes des Monte Astu et Mont Sant Angelo du massif du Tenda, sur une superficie de (1 097 ha), concerne les communes de Lento, Piève, Sorio, San-Gavino-di-Tenda, Lama, Urtaca et Pietralba. Le paysage végétal des crêtes du Tenda apparaît très dénudé. La végétation arborescente y fait pratiquement défaut. La zone est composée de landes épineuses, de bosquets de châtaigniers, de frênes et de houx, et de forêts de chêne verts, abritant 4 espèces déterminantes : insectes, batraciens et monocotylédones.

Personnalités liées à la communeModifier

  • Joseph-Marie Bonavita (Urtaca 1908 - Neuilly, Hauts-de-Seine 1971). Il a fait carrière dans la diplomatie. Écrivain, il est l'auteur de U pane azimu, un recueil de contes et nouvelles écrit en langue corse[7].
  • Paul Orsoni, médecin, auteur de Mémoires.

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier

  1. Sandre, « Fiche cours d'eau - Fiume di Gargalagne (Y7600540) » (consulté le 25 mars 2015)
  2. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau de Cuvertoio (Y7601340) » (consulté le 25 mars 2015)
  3. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau de l'Orneto (Y7601360) » (consulté le 25 mars 2015)
  4. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau de l'Appiatelli (Y7601420) » (consulté le 25 mars 2015)
  5. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau de Chierchiu (Y7600580) » (consulté le 25 mars 2015)
  6. Histoire de Corse Colonna de Cesari Rocca Louis Villat - Ancienne librairie Furne Boivin & Cie éditeurs. 1916
  7. a et b Éléments pour un dictionnaire des noms propres Corse A-D. Monti ADECEC
  8. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9618965g/f8.item.r=canton.zoom
  9. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  10. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  11. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  13. Notice no PM2B000844, base Palissy, ministère français de la Culture
  14. De Pieves en Pieves - U Nuvellaghju 2009
  15. Tempi fà (Fêtes religieuses, rites et croyances populaires de Corse) - Pierre-Jean Luccioni et Ghjasippina Giannesini - Albiana Ajaccio 2010
  16. Les Agriates sur l'INPN
  17. AGRIATE (FR1100014) sur l'INPN
  18. ZNIEFF 940013187 - Crêtes Mont Asto Mont St Angelo sur le site de l’INPN.