Rubrouck

commune française du département du Nord

Rubrouck
Rubrouck
Le presbytère de Rubrouck.
Blason de Rubrouck
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Nord
Arrondissement Dunkerque
Intercommunalité Communauté de communes de Flandre Intérieure
Maire
Mandat
Luc Everaere
2020-2026
Code postal 59285
Code commune 59516
Démographie
Gentilé Rubrouckois
Population
municipale
936 hab. (2018 en diminution de 2,8 % par rapport à 2013)
Densité 63 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 50′ 22″ nord, 2° 21′ 23″ est
Altitude Min. 20 m
Max. 65 m
Superficie 14,88 km2
Type Commune rurale
Aire d'attraction Dunkerque
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Wormhout
Législatives Quinzième circonscription
Localisation
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Rubrouck
Liens
Site web http://www.rubrouck.fr/

Rubrouck (Rubroek en néerlandais[1]) est une commune française située dans le département du Nord, en région Hauts-de-France.

GéographieModifier

 
Rubrouck dans son canton et son arrondissement.

UrbanismeModifier

TypologieModifier

Rubrouck est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[2],[3],[4].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Dunkerque, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 66 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[5],[6].

ToponymieModifier

HistoireModifier

Moyen-ÂgeModifier

Rubrouck est connu du fait de Guillaume de Rubrouck, moine franciscain (ordre des Frères mineurs), proche du roi Louis IX (Saint-Louis), qui s'est rendu en Asie plus précisément en Mongolie, au XIIIe siècle avant le célèbre Marco Polo.

En 1190, Philippe d'Alsace, comte de Flandre, autorise l'abbaye de Watten à accepter de Thierri de Rubrouck et de ses héritiers des redevances annuelles en froment, avoine et quatre sous, provenant de l'épier (ou espier, terres cultivées en grains) de Saint-Omer[7].

En 1218, Adam, évêque des Morins (évêque de Thérouanne), et le prévôt de Saint-Omer, chargés de statuer sur un différend survenu entre le chevalier Walter (Gautier) de Rubroec et l'abbaye de Bourbourg, au sujet d'une dîme située à Rubroec, déclarent que cette dîme appartient au monastère[8].

Il va être beaucoup question de la dîme de Rubrouck dans les années suivantes :

En 1224, « Jean de Bailleul, chevalier, déclare que, forcé par la nécessité, il a, du consentement de Aélis, sa femme, de Beatrix, sa mère, de Thomas et Gérard, ses frères et de ses autres héritiers, vendu à l'église de Watten deux coins (angulos) de la grande et petite dime de Rubrouc, moyennant 30 livres parisis, déclarant qu'au besoin il donne l'équivalent sur sa terre de Bailleul »[9]

« Michel de Bollers, connétable de Flandre, déclare que Béatrix, Marguerite et Mabile, sæurs de Jean de Bailleul, ont reconnu devant lui et devant ledit Jean, chevalier, Gui de Burke, Gérard de Hardifort et Jean d'Erentere, hommes de Jeanne, comtesse de Flandre et de Hainaut, n'avoir aucun droit sur la dîme de Rubrouc, que ledit Jean a aliénée au profit de l'église de Watten, moyennant 40 livres et 100 sols parisis »[9].

« La même anné, Jeanne, comtesse de Flandre et de Hainaut, déclare que la vente de la dîme de Rubrouc, par Béatrix et Jean de Bailleul, a été faite du consentement de Thomas et Gérard , ses frères et que Jean de Bailleul, pour garantir l'église de Watten contre toute réclamation de la part de sa femme relativement à l'aliénation »[9].

« En 1247, Pierre, évêque de la Morinie ainsi que Marguerite, comtesse de Flandre et de Hainaut déclare que Pierre et Gérard, fils de Jean de Bailleul ont renoncé à leurs droits sur la dîme vendue à l'église de Watten par leur père et mère »[9].

« En 1264, l'official de la Morinie déclare que Thierry de Bailleul, chevalier, Agnès, sa femme, Jean Kint et Maroie, sa femme, ont reconnu que Thierry, et Agnès, sa femme, ont donné à l'église de Watten une dime située à Rubrouc, dime qu'ils avaient achetée de Jean Kint et de Maroie, sa femme. La même année Marguerite, comtesse de Flandre et de Hainaut, charge son bailli de Cassel de donner son consentement à la donation faite par Thierry de Bailleul de la dime de Rubrouc, achetée par lui à Jean Kint, avec remise de ses propres droits sur cette dime »[9].

En 1251, maître Jean de Rubroec, doyen de l'église Sainte-Walburge de Furnes, lègue une rente annuelle de 100 sous, pour permettre à un clerc pauvre de continuer ses études de théologie[10].

En 1263, Guillaume de Hondschoote, prévôt du chapitre de Sainte-Walburge de Furnes, nomme avec le chapitre, un arbitre chargé de terminer le différend existant entre les habitants de Rubroc (Rubrouck) et l'abbaye de Watten[11], (rebond de l'ancienne affaire des années 1220 ou lien avec le don de Jean de Rubroec de 1251?).

En 1297, le comte de Flandre Gui de Dampierre est en guerre contre le roi de France Philippe IV le Bel, mais perd la partie. En 1298, Gilles de Haverskerque, seigneur de Watten, qui a suivi le parti du roi est récompensé en recevant de Raoul II de Clermont-Nesle lieutenant du roi, la juridiction et les biens que le comte Guy possédait dans plusieurs villages de Flandre dont Rubrouck, et qui lui ont été confisqués, (confiscation sans doute temporaire)[12].

En 1300, le doyen et trésorier de l'église Sainte-Walburge de Furnes déclare que Marguerite, Élisabeth et Catherine de Rubrouc ont vendu une rente à l'église Saint-Nicolas de Furnes[13].

Révolution françaiseModifier

Sous la Révolution française, les communes de la Flandre maritime ont opposé une résistance plus ou moins ouverte aux mesures prises par les révolutionnaires, en particulier, sous la Convention nationale, contre la religion. À Rubrouck, contrairement à ce que voulaient les révolutionnaires , l'église n'a jamais été fermée[14]. En revanche, le curé et le vicaire de Rubrouck ont quasiment immédiatement accepté de prêter le serment voulu par la constitution civile du clergé, ce qui dans le conteste de la Flandre française, profondément catholique et conservatrice


HéraldiqueModifier

Les armes de Rubrouck se blasonnent ainsi : « De gueules au lion d'argent, armé et lampassé d'or. »

Politique et administrationModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1951 1971[20] A. Deheunynck    
mars 1989 Joseph Demeester    
mars 2001 Michel Devulder DVD  
mars 2008 Josiane Monborne    
mars 2014 Christine Devulder    
En cours Luc Everaere
Réélu pour le mandat 2020-2026[21]
   
Les données manquantes sont à compléter.

Population et sociétéModifier

DémographieModifier

Évolution démographiqueModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[22]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[23].

En 2018, la commune comptait 936 habitants[Note 3], en diminution de 2,8 % par rapport à 2013 (Nord : +0,41 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 3151 4571 5491 4961 4291 5161 5591 5741 512
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 4171 3961 3981 3901 3771 3351 2871 3051 270
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 2081 2101 1551 0941 026936913910840
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
812724681674702772882947944
2018 - - - - - - - -
936--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[24] puis Insee à partir de 2006[25].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âgesModifier

Pyramide des âges à Rubrouck en 2007 en pourcentage[26].
HommesClasse d’âgeFemmes
0,2 
90 ans ou +
0,2 
4,2 
75 à 89 ans
5,4 
9,5 
60 à 74 ans
9,8 
15,0 
45 à 59 ans
16,1 
26,9 
30 à 44 ans
27,7 
17,2 
15 à 29 ans
15,9 
26,9 
0 à 14 ans
24,9 
Pyramide des âges du département du Nord en 2007 en pourcentage[27].
HommesClasse d’âgeFemmes
0,2 
90 ans ou +
0,7 
4,6 
75 à 89 ans
8,2 
10,4 
60 à 74 ans
11,9 
19,8 
45 à 59 ans
19,5 
21,0 
30 à 44 ans
19,9 
22,5 
15 à 29 ans
20,9 
21,5 
0 à 14 ans
18,9 

Culture et patrimoineModifier

Un chemin de randonnée pédestre de 9,9 km, le « Circuit des mares », traverse le village et permet de découvrir la campagne environnante[28]. Il en existe une variante plus courte de 7,1 km[29].

Lieux et monumentsModifier

Rubrouck est un joli village avec de nombreuses demeures traditionnelles de brique aux alentours de l'église.

 
Musée en mémoire de Guillaume de Rubrouck.
  • Maison de Guillaume de Rubrouck

Ce petit musée situé à côté de l'église Saint-Sylvestre est consacré à la mémoire de Guillaume de Rubrouck ainsi qu'aux relations entretenues par le village de Rubrouck et la Mongolie. Traditions, culture, artisanat mongols, etc. y sont présentés par de nombreux documents, costumes, objets...

 
Église Saint-Sylvestre (avril 2009).
  • Église Saint-Sylvestre

Un typique petit cimetière clôturé par des haies entoure l'église Saint-Sylvestre de type " hallekerque " (église-halle) à trois vaisseaux, avec une massive tour de 1532 à l'ouest. Elle abrite un très bel ensemble mobilier : retables du XXIIIe siècle, confessionnaux du XVIIe siècle, chaire de vérité...

 
Oude Hofstede (vieille ferme-manoir).

Depuis 2009, Rubrouck fait partie du réseau Village Patrimoine, coordonné par les Pays de Flandre.

Personnalités liées à la communeModifier

JumelagesModifier

  • La commune est jumelée depuis 1994 avec le sum de Bulgan, Khovd Aïmag en Mongolie.

Pour approfondirModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

RéférencesModifier

  1. Centre de Recherche généalogique Flandre-Artois
  2. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 2 avril 2021).
  3. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le 2 avril 2021).
  4. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 2 avril 2021).
  5. « Liste des communes composant l'aire d'attraction de Dunkerque », sur insee.fr (consulté le 2 avril 2021).
  6. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le 2 avril 2021).
  7. Alphonse Wauters,Table chronologique des chartes et diplômes imprimés concernant l'histoire de la Belgique, 10 volumes en 11 tomes, Bruxelles, 1866 à 1904. Tome II Année 1190
  8. Alphonse Wauters, op. cit., Tome III, Année 1218.
  9. a b c d et e Annales du Comité flamand de France, Comité flamand de France, (lire en ligne), p. 328-331.
  10. A. Wauters, option citée, Tome V, Année 1251.
  11. A. Wauters, option citée, Tome V, Année 1263.
  12. Alphonse Wauters,Table chronologique des chartes et diplômes imprimés concernant l'histoire de la Belgique, 10 volumes en 11 tomes, Bruxelles, 1866 à 1904. Tome VI, Année 1298.
  13. A. Wauters, option citée, Tome VI, Année 1300.
  14. Christian Bonnet, « La résistance à la Déchristianisation de l’An II en Flandre française », dans Église, vie religieuse et Révolution dans la France du Nord, Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, coll. « Histoire et littérature du Septentrion (IRHiS) », (ISBN 978-2-905637-88-8, lire en ligne), p. 89–99.
  15. Almanach du commerce du Nord Année 1854
  16. Annuaire Ravet Anceau Département du Nord Années 1901 à 1914
  17. Annuaire Ravet Anceau Département du Nord Années 1922 à 1929
  18. Annuaire Ravet Anceau Département du Nord Années 1929 à 1935
  19. Annuaire Ravet Anceau Département du Nord Années 1936 à 1939
  20. Annuaire Ravet Anceau Département du Nord Années 1952 à 1971
  21. https://reader.cafeyn.co/fr/1926576/21599233
  22. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  23. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  24. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  25. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  26. « Évolution et structure de la population à Rubrouck en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 1er août 2010).
  27. « Résultats du recensement de la population du Nord en 2007 » [archive du ], sur le site de l'Insee (consulté le 1er août 2010).
  28. « Circuit des mares », sur Cirkwi (consulté le 29 octobre 2020).
  29. « Circuit des mares_variante », sur Cirkwi (consulté le 29 octobre 2020).