Rone

compositeur français de musique électronique
Rone
Description de cette image, également commentée ci-après
Rone en concert à Los Globos - Los Angeles
Informations générales
Nom de naissance Erwan Castex
Naissance (40 ans)
Boulogne-Billancourt, France
Activité principale Compositeur
Musicien
Genre musical Musique électronique
Années actives Depuis 2007
Labels Infiné
Site officiel www.rone-music.com

Erwan Castex, dit Rone, né le à Boulogne-Billancourt, est un compositeur et musicien français.

BiographieModifier

Jeunesse et débuts musicauxModifier

Erwan Castex grandit à Paris. Musicien autodidacte, il s'intéresse très tôt aux synthétiseurs et à la musique composée par ordinateur[1]. En 2007, après des études de cinéma à la Sorbonne-Nouvelle, il réalise plusieurs disques de musique électronique, notamment ceux du DJ berlinois Luca Mortellaro, connu sous le pseudonyme Lucy.

Puis il commence à composer sa propre musique sous le pseudonyme Rone. Ce nom d'artiste vient d'une faute de frappe : lors de son premier concert à Paris, alors qu'Erwan Castex se produisait en tant que R.One (phonétiquement "air-wane"), le flyer indiqua ROne, omettant le point, et transformant donc le nom de l'artiste. De là est né le nom que l'on attribue aujourd'hui à ce musicien (phonétiquement "Rône")[2]. En 2008, il sort son premier EP Bora sur le label Infiné. Sur le morceau éponyme, on entend la voix de son ami écrivain, Alain Damasio. Il s'agit d'un extrait du journal intime qu'il tenait sur un dictaphone lors de l'écriture de son second roman La Horde du Contrevent[3]. Ce morceau est repéré par Agoria qui le met dans sa compilation At the controls[4] et reçoit aussitôt le soutien d'une bonne partie de la scène électronique notamment en Angleterre (Massive Attack, Sasha, ou Lee Burridge, le DJ résident du club londonien Fabric).

2009 : Premier album : Spanish BreakfastModifier

En 2009, Infiné publie le premier album de Rone, Spanish Breakfast. Ce disque est salué par les médias, qu'ils soient francophones ou anglophones : Erwan Perron de Télérama considère Rone comme « un des producteurs electronica les plus talentueux que la France nous ait donnés »[5] et France Inter le voit comme « le guide d'un univers enchanté »[6]. Du côté des médias anglophones Electronic Beats en fait l'un des 25 meilleurs albums de l'année 2009[7], il est également relativement bien accueilli (note : 3,5/5) sur Resident _Advisor[8].

Rone se produit alors en live dans de nombreux festivals, salles de concert et clubs, en France et à l'étranger, comme Sónar à Barcelone, Astropolis[9] à Brest, Ageha à Tokyo, Berghain à Berlin...

La même année, il sort le maxi La Dame Blanche, avec un remix de Tyler Pope, le bassiste de LCD Soundsystem, et Clara Moto.

2011/2012 : Berlin et sortie du second album : Tohu BohuModifier

En 2011, il quitte Paris pour s'installer à Berlin, de façon à pouvoir retrouver l'inspiration et se concentrer à nouveau sur sa musique[10].

Il sort d'abord l'EP So so so, bien reçu par les médias spécialisés tel que Trax[11] ou Resident Advisor[12]. Puis, son second album intitulé Tohu Bohu sort en octobre 2012, toujours sur le label Infiné[13]. Le disque obtient la note maximale de 4 clés dans le magazine Télérama[14] et Libération le qualifie de « disque parfois sombre, complexe et planant qui s’est imposé comme l’une des meilleures sorties électro de la fin d’année. »[10]. Resident Advisor lui attribue la note de 4 sur 5[15] et Rone est élu meilleur artiste français pour l'année 2012 dans le magazine Trax[16].

La même année, les artistes Juan Atkins, Dominik Eulberg et Chris Clark remixent respectivement les morceaux Bye Bye Macadam, Parade et Let's go[17].

Le , Rone joue pour la première fois à l'Olympia de Paris après une longue tournée passant par les Vieilles Charrues ou encore les festivals Osheaga à Montreal et Pukkelpop en Belgique. Peu de temps après il fait une première tournée américaine qui se clôture au Coachella Festival[18].

En , il est tête d'affiche au festival des TransMusicales de Rennes qui se voit contraint de fermer ses portes devant l'affluence du public[19].

2015 : Troisième album : CreaturesModifier

Après plusieurs tournées autour du monde, Rone rentre à Paris et publie sur Infiné son troisième album, Creatures, le .

Plusieurs autres artistes y collaborent : Étienne Daho, François Marry (leader du groupe pop Frànçois and The Atlas Mountains), le violoncelliste Gaspar Claus, Bryce Dessner (leader du groupe The National), le trompettiste japonais Toshinori Kondo (qui a collaboré avec Dj Krush), la chanteuse canadienne Sea Oleena et le multi-instrumentiste libanais Bachar Mar-Khalife.

À nouveau, Rone reprend la route pour défendre son album en live, en Europe, aux États-Unis (notamment au Detroit Electronic Music Festival) et en Asie.

En 2015 Rone sort, juste avant Björk, le clip Quitter La Ville en collaboration avec La Blogothèque. Ce premier clip en réalité virtuelle fait de lui un pionnier dans ce domaine[20].

2017 : La Philharmonie de Paris / Quatrième album: MirapolisModifier

Le Rone joue un concert à la Philharmonie de Paris, durant lequel il invite des artistes à le rejoindre : John Stanier, batteur du groupe américain Battles; l'écrivain de science fiction Alain Damasio; le leader de Frànçois and The Atlas Mountains François Marry, le trio à cordes Vacarme et le tromboniste Joachim Latarjet[21].

Le Erwan Castex se voit décerner la décoration honorifique de Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres [22]

Le , Rone sort son quatrième album intitulé Mirapolis, titre inspiré par le souvenir d’enfance du parc d’attraction Mirapolis fermé en 1991. Enfant, Castex est de nombreuses fois passé en voiture devant Mirapolis sans jamais y pénétrer. Chimères d’une cité inexistante.

Pour Mirapolis, Castex pousse plus loin le travail collaboratif, s’entourant du réalisateur Michel Gondry qui illustre la pochette de l’album. Du côté des artistes, on retrouve les participations des américains John Stanier, batteur du groupe Battles, Kazu Makino, la voix du trio Blonde Redhead, Bryce Dessner, guitariste de The National; mais aussi le britannique Baxter Dury, la révélation israélienne Noga Erez, ainsi que les français Gaspar Claus et Carla Pallone du groupe Vacarme, les cuivres de Nzeng (Le Peuple de l'Herbe) et Joachim Latarje ainsi que le chœur basque Bostgehio.

2020 : Room With A ViewModifier

Invité par Ruth Mackenzie, nouvelle directrice artistique du Théâtre du Châtelet, Rone reçoit une carte blanche de 9 représentations, du 5 au 14 mars. Rone décide de s'associer au collectif (La)Horde pour présenter "Room With A View" une pièce musicale et chorégraphique, exécutée par les 18 danseurs et danseuses du Ballet national de Marseille.[23] Malheureusement les restrictions sanitaires dues à la pandémie de Covid-19 compromettent les deux dernières représentations.

Le 24 avril, en plein confinement, sort "Room With A View", le cinquième album studio de l'artiste[24] .

Le 15 juillet sort le long métrage "La Nuit Venue" pour lequel Rone compose la bande originale[25], qui lui vaudra les prix de meilleure musique au Festival international du film de Saint-Jean-de-Luz et au Festival de La Baule[26].

CollaborationsModifier

La carrière de Rone comporte beaucoup de collaborations et d’incursions dans d'autres domaines artistiques.

Il compose notamment la bande son des films de Vladimir Mavounia Kouka: La Femme à cordes[13] en 2010 (pour lequel il reçoit une mention spéciale du jury du festival International de Palm Springs dans la catégorie « meilleur sound design »)[réf. nécessaire], puis La Bête en 2014 et I want Pluto to be a planet again en 2016.

Il compose également la bande originale de la première fiction française en réalité virtuelle : I, Philip[27]

Il collabore aussi avec le photographe Stéphane Couturier en 2011, en réalisant la bande son de Seoul[28][réf. à confirmer], une vidéo projetée à la Gaîté Lyrique, et à la galerie Polaris.

Sur l'album Tohu bohu, il collabore le temps d'un morceau, Let's Go, avec le rappeur High Priest du groupe new-yorkais Antipop Consortium[29].

En 2013, le groupe The National propose à Rone de participer à son album Trouble Will Find Me. Aux côtés d'artistes américains tel que Sufjan Stevens, il remanie alors en profondeur quelques morceaux du disque. Le chanteur du groupe, Matt Berninger, dira à ce propos « le travail de Rone apporte un vrai rafraîchissement à notre son. Je ne dirais pas que nous nous sommes réinventés en tant que groupe mais nous avons ouvert de nouvelles portes »[30].

Jean Michel Jarre s'intéresse lui aussi aux productions de Rone. Il sélectionne deux d'entre elles sur une compilation, InFiné by JMJ[31] puis, en 2016, il l'invite à participer à son album Electronica 2: The Heart of Noise[32].

Rone remixe également Étienne Daho (le morceau En surface[33], écrit par Dominique A) et Yael Naim (Coward) et collabore avec des ingénieurs du son de Radio France sur des versions binaurales de ses morceaux Apache, Quitter la ville et Acid Reflux, reproduisant un espace audio en trois dimensions[34].

En sort l'album Sleep Well Beast de The National sur lequel Rone produit la musique électronique [35].

En 2018 Rone participe au programme télévisé Variations, pour l'occasion il reprend des oeuvres du compositeur britannique Benjamin Britten, accompagné sur scène par la Maîtrise de Radio France dirigée par la cheffe de choeur Sofi Jeannin[36].

Au printemps 2019 Rone enregistre le titre "Motion", symphonie électro-classique de près de 12 minutes, accompagné par les 85 musiciens de l'orchestre Les Siècles et de la pianiste Vanessa Wagner, dirigés par son chef François-Xavier Roth[37].

En septembre 2019 Rone prête sa musique au film de sensibilisation écologique "Nature Now", présenté par la jeune activiste Greta Thunberg et de l'écrivain et activiste George Monbiot[38].


DiscographieModifier

Albums studioModifier

EPModifier

CollaborationsModifier

  • 2007 : Chocolate - Lucy & Rone (Broque)
  • 2007 : Continuity Theory - Lucy & Rone (Curle)
  • 2009 : Mediocritics - Lucy & Rone (ProgCity Deep Trax)
  • 2009 : Great Heron - Lucy & Rone (ProgCity Deep Trax)
  • 2016 : The Heart of Noise, Pt. 1-Jean-Michel Jarre & Rone (Columbia)

CinémaModifier



Pièce chorégraphiqueModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. {Auteur,} « MEG et Osheaga, ces chemins qui mènent à Rone », sur le site lapresse.ca {, 2 août 2013} {(consulté le 21 mai 2014)}.
  2. (fr) Sinh Blum, « INTERVIEW RONE «LE PROBLÈME N’EST PAS L’INSPIRATION, MAIS L’EXPIRATION» par Across The Days », sur Across The Days, .
  3. (fr+en) Carine Lucas, « Rencontre avec Rone », sur Wadmag, .
  4. « Interview - Rone », sur tracealine.com, .
  5. Erwan Perron, « Infiné Live », sur Télérama.
  6. [audio] « Electron libre #30 » [podcast], sur France Inter, .
  7. (en) « The Top 25 Records of 2009 », sur Electronic Beats, .
  8. (en) Noah Barron, « RA Reviews: Rone - Spanish Breakfast », sur Resident Advisor, .
  9. « À Astropolis avec la beat generation », sur Rue89, .
  10. a et b François-Luc Doyez, « Rone: «Je passe mon temps dans un chaos de sons que je dois maîtriser» », sur Libération, .
  11. Guillaume Huault-Dupuy, « Rone - So so so », Trax,‎ (lire en ligne).
  12. (en) Daniel Petry, « RA Reviews: Rone - So so so », sur Resident Advisor, .
  13. a et b (en) Will Lynch, « Rone readies Tohu Bohu », sur Resident Advisor, .
  14. Erwan Perron, « Rone: Tohu Bohu », sur Télérama, .
  15. (en) Stéphane Girard, « Rone - Tohu Bohu », sur Resident Advisor, .
  16. « Trax awards 2012 - Et les grands gagnants sont : Rone, Agoria, Laurent Garnier... ».
  17. Philip Sherburne,, « Hear Detroit Techno Godfather Juan Atkins' Throbbing Remix of Rone's "Bye Bye Macadam" », sur Spin, .
  18. Rone : le morceau “Apache” en avant-première, Marc-Aurèle Baly, Les Inrockuptibles, 28 mars 2014.
  19. « Transmusicales de Rennes, l'univers de Rone a fait hall comble », sur https://www.ouest-france.fr/, .
  20. "Réalité virtuelle : 1ers clips à 360° pour Björk et Rone", Romain Heuillard, Clubic, 8 juin 2015.
  21. « Rone à la Philharmonie de Paris », Culturebox,‎ (lire en ligne, consulté le 25 août 2017).
  22. « Nomination dans l'ordre des Arts et des Lettres hiver 2017 », sur http://www.culturecommunication.gouv.fr, .
  23. « Carte blanche à Rone : Room With A View ».
  24. (en) « Rone - Room With A View ».
  25. Modèle {{Lien web}} : paramètre « titre » manquant. (en) https://www.imdb.com/title/tt9262952/?ref_=nm_knf_i2
  26. « La Nuit Venue ».
  27. a et b « Rone compose pour un court-métrage sur Philip K. Dick - Greenroom », Greenroom,‎ (lire en ligne, consulté le 16 octobre 2016).
  28. http://www.gaite-lyrique.net/pendant-5-jours/evenement/blog-infine
  29. Cécilia Leniaud, « Wadmag X Rone & High Priest », sur WAD (magazine), .
  30. Jérôme Provençal,, « The National : un nouvel album plein de légèreté », sur Les Inrockuptibles, .
  31. (en) Aaron Coultate,, « Jean Michel Jarre: Metamorphosis », sur Resident Advisor, .
  32. Nora Djaouat, « Jean-Michel Jarre et Rone reviennent sur leur collaboration », Tsugi, 26 février 2016.
  33. Rone remixe "En surface" d'Étienne Daho, Louis Lepron, Konbini, 5 juin 2014.
  34. "Un titre de Rone en binaural : faites l'expérience !", Guillaume Ledit , Mouv, 28 mars 2014
  35. Discogs, The National "Sleep Well Beast", [1]
  36. « A voir : Quand Rone et 22 choristes jouent le répertoire de Benjamin Britten ».
  37. « Motion, symphonie électronique, réalisée par Rone et l'orchestre Les Siècles ».
  38. (en) « Nature Now ».
  39. « La femme à cordes », sur collections.forumdesimages.fr (consulté le 16 octobre 2016).
  40. « La bête », sur collections.forumdesimages.fr (consulté le 16 octobre 2016).
  41. « Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg », sur strasbourgfestival.com (consulté le 16 octobre 2016).
  42. « IMDB ».
  43. « Room With A View », sur www.chatelet.com, 5 au 14 mars 2020 (consulté le 22 décembre 2019).
  44. « Le spectacle de Rone et (La)Horde au Théâtre du Châtelet est un cri d'alerte face à la crise climatique », sur Trax Magazine, (consulté le 28 avril 2020)