Ron Davies (homme politique)

homme politique britannique

Ronald Davies, dit Ron Davies, né le à Machen, est un homme politique britannique ayant œuvré au pays de Galles et sur la scène nationale.

Ron Davies
Illustration.
Ron Davies en 1999.
Fonctions
Membre du conseil de borough de comté de Caerphilly

(4 ans et 18 jours)
Élection
Circonscription Bedwas, Trethomas and Machen
Membre de l’Assemblée galloise

(3 ans, 11 mois et 23 jours)
Élection
Circonscription Caerphilly
Législature Ire
Prédécesseur Création de la circonscription
Successeur Jeffrey Cuthbert (en)
Membre du Parlement britannique

(17 ans, 11 mois et 29 jours)
Élection
Réélection

Circonscription Caerphilly
Législature XLIXe, Le, LIe et LIIe
Prédécesseur Ednyfed Hudson Davies (en)
Successeur Wayne David
Président du comité permanent du développement économique de l’assemblée nationale pour le pays de Galles

(28 jours)
Élection
Prédécesseur Création de la fonction
Successeur Val Feld (en)
Chef du Parti travailliste du pays de Galles

(1 mois et 10 jours)
Élection
Chef Tony Blair
Prédécesseur Création de la fonction
Successeur Alun Michael (indirectement)
Secrétaire d’État pour le Pays de Galles

(1 an, 5 mois et 25 jours)
Premier ministre Tony Blair
Gouvernement Blair I
Prédécesseur William Hague
Successeur Alun Michael
Secrétaire d’État fantôme pour le Pays de Galles

(4 ans, 5 mois et 24 jours)
Chef John Smith
Margaret Beckett
Tony Blair
Prédécesseur Ann Clwyd
Successeur William Hague
Membre du conseil de district de la Rhymney Valley

(entre 9 et 10 ans)
Élection  (en)
Réélection  (en)
 (en)
 (en)
Circonscription Machen
Membre du conseil de district urbain de Bedwas and Machen

(4 ans, 10 mois et 22 jours)
Élection  (en)
Biographie
Nom de naissance Ronald Davies
Date de naissance (77 ans)
Lieu de naissance Machen (pays de Galles, Royaume-Uni)
Nationalité Britannique
Parti politique Parti travailliste (1965-2004[a])
En avant le pays de Galles (en) (2004-2010)
Plaid Cymru (à partir de 2010)
Conjoint Christina Rees (jusqu’en 1999)
Diplômé de Collège de technologie de Portsmouth
Collège de l’université du pays de Galles à Cardiff

Représentant du district urbain de Bedwas and Machen en 1969, il devient conseiller du district de la Rhymney Valley à partir de 1974 et ce jusqu’en 1984. Entre 1983 et 2001, il est membre du Parlement chargé de représenter la circonscription galloise de Caerphilly. Il occupe à ce titre diverses fonctions secondaires d’abord au sein de l’opposition officielle travailliste dès 1985, puis, après la victoire de Tony Blair aux élections générales de 1997, il est promu secrétaire d’État pour le Pays de Galles et doit mettre en œuvre la dévolution d’une partie des pouvoirs de Westminster vers cette nation. Surnommé « l’architecte de la dévolution » pour son Government of Wales Act 1998, il quitte cependant sa position l’année suivante, éclaboussé par une affaire de mœurs, au profit d’Alun Michael.

Élu chef de file du Parti travailliste du pays de Galles en en vue des premières élections dévolues, il renonce à la charge en suivant. Toutefois, il s’engage dans le premier scrutin visant à fonder l’assemblée nationale pour le pays de Galles en et parvient à se faire élire membre de l’Assemblée dans la circonscription de Caerphilly. Il ne soumet pas sa candidature en 2003, mais se présente en vain aux élections européennes de 2004. Pendant la mandature locale allant de 2008 à 2012, il est membre du conseil de borough de comté de Caerphilly et occupe la charge de membre de cabinet à la régénération et à la campagne. Il est de nouveau prétendant à l’Assemblée pour le siège de Caerphilly mais essuie deux échecs consécutifs en 2007 et en 2011.

Politiquement, il appartient au Parti travailliste au niveau national et à la branche galloise du mouvement au niveau local jusqu’en . Il rejoint en Forward Wales (en), mouvement politique créé quelques semaines plus tôt par John Marek (en) et dissous en . Il s’affilie à Plaid Cymru à partir de l’été 2010.

Biographie modifier

Éléments personnels et carrière professionnelle modifier

Ronald Davies naît le à Machen, un village de la Vallée de la Rhymney situé dans le Monmouthshire, au pays de Galles (Royaume-Uni). Après avoir commencé son parcours scolaire à la grammar school (en) de Bassaleg (en), il étudie au collège de technologie de Portsmouth, au collège de l’université du pays de Galles à Cardiff et à l’université de Londres[α],[1],[2],[3].

Professeur d’école à partir de 1968, il intègre la Workers’ Educational Association (en) en 1970, où occupe la position de professeur-organisateur (Tutor-Organiser en anglais) jusqu’en 1974. Aussi, de 1974 à son élection en tant que membre du Parlement en 1983, Ron Davies est conseiller à la formation professionnelle (Further Education Adviser) auprès de l’autorité d’éducation locale (en) du Mid Glamorgan[2].

Il se marie d’abord avec Anne, dite Anne Davies. En secondes noces, il épouse le Christina Rees (1954), avec qui il a une fille. Ils se séparent en 1999 et divorcent en 2002. Il se remarie en à Lynne Hughes, de 19 ans sa cadette, et il est père pour la deuxième fois en 2003[4],[2],[5],[6],[7],[8].

Carrière politique modifier

Débuts en tant qu’élu local (1969-1984) modifier

Encarté au Parti travailliste en 1965, à 19 ans, Ron Davies commence sa carrière politique en se faisant élire conseiller dans le conseil de district urbain de Bedwas and Machen en 1969, scrutin au cours duquel il est l’un des plus jeunes élus locaux au pays de Galles. L’année suivante, en 1970, il prend la tête du conseil, devenant l’un des plus jeunes chefs d’autorités locales du Royaume-Uni, à l’âge de 24 ans. Après la réorganisation en Angleterre et au pays de Galles des zones de gouvernement local de 1972, il se fait élire en 1973 dans le nouveau conseil de district de la Rhymney Valley, mais celui-ci entre officiellement en fonction au . Il y est reconduit aux élections de 1976, de 1979 et de 1983, conservant son siège jusqu’en 1984[3],[1],[2],[9],[10],[11],[12],[13],[14].

De l’arrière-ban à l’opposition officielle (1983-1992) modifier

La carrière nationale de Ron Davies commence lorsqu’il parvient à se faire élire membre du Parlement dans la circonscription de Caerphilly aux élections générales de 1983. À partir de 1985, il occupe à la Chambre des communes la position secondaire de whip de l’opposition auprès de Derek Foster, whip en chef de Neil Kinnock, le chef de l’opposition officielle. Toutefois, il se brouille avec Derek Foster à l’occasion de l’élection de membres du bureau du whip en chef si bien qu’il n’est pas reconduit en 1987[15],[1],[2].

À la suite des élections de 1987, il prend le porte-parolat à l’agriculture et aux affaires rurales sous la conduite de David Clark, nouvellement désigné ministre fantôme de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation dans le cabinet fantôme de Neil Kinnock. Le portefeuille de l’alimentation lui est ajouté en 1989. À l’époque, il suit notamment l’action des gouvernements conservateurs dans la gestion de la crise de la maladie de la vache folle et demande des comptes aux ministres de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation (en). En outre, alors que le cabinet fantôme de John Smith est renouvelé en 1992, il y devient le porte-parole en chef de l’opposition à l’agriculture[16],[17],[β],[18],[19],[20].

Ron Davies occupe au sein du groupe gallois des membres du Parlement travaillistes (le Welsh group of Labour MPs) la fonction de vice-président entre 1989 et 1990 puis celle de président entre 1990 et 1991. À la faveur d’une élection interne au cabinet fantôme, il devient porte-parole de l’opposition officielle aux affaires galloises en 1992[21],[1].

 
Tony Blair, chef du Parti travailliste à partir de 1994 et premier ministre en 1997.

Secrétaire d’État fantôme pour le pays de Galles (1992-1997) modifier

Ron Davies obtient le le secrétariat d’État fantôme pour le Pays de Galles dans l’équipe de John Smith. À ce poste, dès son arrivée au cabinet fantôme, il soutient l’idée de la création d’une assemblée galloise, bien qu’il s’y soit opposé dans le référendum de 1979. Il est reconduit en dans le cabinet fantôme de Margaret Beckett, formé à la suite de la mort de John Smith, puis en dans celui de Tony Blair, nouveau chef de l’opposition officielle une fois élu chef du Parti travailliste[β],[1],[22],[23],[24].

Il est chargé du développement de la politique du Parti travailliste au sujet de la dévolution au pays de Galles et fait savoir qu’il souhaite que le Parti travailliste du pays de Galles puisse faire cavalier seul sans avoir besoin d’unir ses forces avec d’autres formations politiques, fort de ses 27 membres du Parlement aux Communes. Le projet final travailliste est prévu pour 1995 alors que la campagne du parlement pour le pays de Galles (Parliament for Wales Campaign en anglais, abrégée en PWC) espère dès 1993 obtenir plus d’un million de signatures favorables à la dévolution du pouvoir. Dans une cérémonie solennelle, il lance la pétition nationale dans le cadre de l’Eisteddfod Genedlaethol organisée à Builth Wells le avec des représentants de tous les partis politiques au pays de Galles à l’exception des conservateurs[25].

Un document interne de discussion intitulé Shaping the Future: a Consultation Paper on the Powers and Structure of the Welsh Assembly est publié en 1994 afin d’envisager les différentes pistes quant à la formation d’une assemblée galloise, notamment ses possibilités de financement, les formes légales d’autorité qu’elle pourrait prendre, les modalités d’élection de ses membres ou encore son fonctionnement propre. À l’été 1995, le secrétaire d’État fantôme se prononce en faveur d’une assemblée élue à la représentation proportionnelle, mais, certains membres du Parti travailliste du pays de Galles, attachés au mode de scrutin uninominal majoritaire (first pas the post en anglais) en usage pour les élections de la Chambre des communes, s’y opposent. Il est également décidé qu’une consultation référendaire doit préalablement adouber l’idée de la création de l’assemblée galloise avant tout acte législatif, en d’autres termes, il s’agit de ne pas reproduire l’échec du référendum post-législatif de 1979. Aussi, le chef du Parti travailliste Tony Blair annonce en qu’un gouvernement travailliste entrant en fonction légiférerait dans les mois suivant les élections générales à propos de la dévolution pour le pays de Galles[26].

Une partie des membres du Parlement travaillistes considère que le projet de dévolution du parti sous la direction de Tony Blair est minimaliste si bien que John Marek (en) introduit aux Communes une proposition de loi le , le Government of Wales Bill, s’inspirant de pistes du comité légal de la PWC. Il s’oppose ainsi à la doctrine adoptée par le Parti travailliste et promeut une dévolution plus approfondie avec un « Senedd », doté de 100 membres élus au scrutin à vote unique transférable (single transferable vote, abrégé STV), capable de légiférer dans le cadre de lois du Senedd (Senedd acts) et qui aurait la possibilité d’acquérir au bout de quatre ans des pouvoirs fiscaux. Toutefois, la proposition de loi ne reçoit pas l’aval de travaillistes gallois importants à l’exception de Paul Flynn et d’Ann Clwyd[27].

Participation au gouvernement de Tony Blair (1997-1998) modifier

Reconduit dans son mandat de membre du Parlement dans la circonscription de Caerphilly, Ron Davies fait son entrée au gouvernement en tant que secrétaire d’État pour le Pays de Galles en [b], sous la direction de Tony Blair, devenu premier ministre après sa victoire aux élections générales. Une de ses premières actions symboliques en tant que secrétaire d’État est de supprimer 150 000 livres sterling de « dette » au fonds de solidarité de la catastrophe d’Aberfan de 1966, somme qu’il a été contraint de s’astreindre pour faire transférer les terrils par le gouvernement travailliste de l’époque[28],[29],[30].

Aux Communes, conformément à l’engagement de campagne du Parti travailliste pour les élections générales, le Referendums (Scotland and Wales) Bill 1997 (en), un projet de loi sur la tenue de référendums en Écosse et au pays de Galles sur la dévolution du pouvoir, est présenté dès le . Sous la conduite de Ron Davies, le Bureau gallois fait publier le un livre blanc intitulé A Voice for Wales présentant les principales caractéristiques de la nouvelle assemblée. La proposition du livre blanc présentée à consultation référendaire est envisagée comme un compromis entre la fondation d’un parlement gallois, portée par les plus farouches dévolutionnistes, et le status quo qui sert les unionistes[31],[32].

Ron Davies s’engage personnellement dans la campagne référendaire en faveur du « oui » avant même son entrée au gouvernement. À l’instar du Parti travailliste du pays de Galles, de Plaid Cymru et des démocrates libéraux, il soutient d’ailleurs la campagne officielle, créée le sous le nom de Yes for Wales (« Oui pour le pays de Galles » en français) et présidée par Kevin Morgan, professeur à l’université du pays de Galles à Cardiff. Les résultats du scrutin du voient cependant un succès électoral limité pour les dévolutionnistes puisque le référendum n’est emporté que de 6 721 voix et que la participation électorale est tout juste supérieure à la moitié de l’électorat du pays de Galles[33],[34],[27],[35].

À la suite du résultat du vote, Ron Davies présente à la Chambre des communes en le Government of Wales Bill, qui lui vaudra le surnom d’« architecte de la dévolution ». Ce texte de dévolution exécutive (Stéphanie Bory) permet de créer l’assemblée nationale pour le pays de Galles (National Assembly for Wales en anglais et Cynulliad Genedlaethol Cymru en gallois), un organe législatif simplement doté d’un pouvoir législatif secondaire dans les « domaines dévolus », sans capacité de légiférer, qui doit succéder au Bureau gallois dans ses responsabilités. Ne distinguant pas l’exécutif de la législature, la loi crée un poste de premier secrétaire (First Secretary) à la tête du comité exécutif — et non un First Minister comme en Écosse — et un poste de président (Presiding Officer), analogue à celui de speaker à la Chambre des communes. La dévolution choisie pour le pays de Galles est aussi asymétrique vis-à-vis du Scotland Act 1998, qui offre au Parlement écossais des pouvoirs législatifs primaires lui permettant de faire ses propres lois (en), en d’autres termes, une dévolution législative[36],[37].

 
La pierre de la Gorsedd à Bridgend.

Le projet prend force de loi par sa sanction royale le et le nom de Government of Wales Act 1998. Quelques jours plus tard, lors de l’Eisteddfod Genedlaethol et à l’issue d’une cérémonie organisée à Bridgend, il reçoit le rare honneur d’être intégré au sein du collège (Gorsedd en gallois) des bardes, organe décisionnel de l’Eisteddfod, et le titre bardique de « Ron o Vachen » (littéralement, « Ron de Machen »). Le premier scrutin devant conduire à la naissance effective de l’assemblée nationale pour le pays de Galles est alors prévu pour l’année suivante[3],[31],[38].

Le , Ron Davies bat Rhodri Morgan dans l’élection pour la sélection du candidat pour le poste de premier secrétaire de l’Assemblée lors d’une conférence spéciale du Parti travailliste du pays de Galles à Newport. Toutefois, le mois suivant, la presse révèle que le , Ron Davies, en voiture à Clapham Common, un quartier réputé gay à Londres, est invité par plusieurs inconnus à dîner. Après avoir donné son accord, il se fait voler son véhicule sous la menace d’une arme. Le lendemain, à la suite de cet épisode qu’il qualifie de « moment de folie » (moment of madness en anglais), il remet sa démission du poste de secrétaire d’État au premier ministre Tony Blair, craignant de remettre en cause la dévolution en elle-même et souhaitant préserver son intégrité. Trois jours plus tard, face à la pression médiatique, il renonce à son statut de chef de file des travaillistes gallois aux élections de 1999[39],[40],[41].

 
Alun Michael, successeur de Ron Davies à la tête des travaillistes gallois et premier secrétaire de 1999 à 2000.

Représentant à l’assemblée nationale pour le pays de Galles (1999-2003) modifier

Soutenu par le parti travailliste de circonscription local, il est sélectionné le comme candidat du Parti travailliste du pays de Galles à Caerphilly aux élections de 1999 malgré sa mise en retrait en tant que chef de file du parti. Il remporte ce scrutin le et devient l’un des 60 membres de l’Assemblée. Aussi, Alun Michael, le nouveau chef travailliste gallois et premier secrétaire, ne le retient pas pour occuper une position dans son cabinet[42],[43].

« Père » de la première constitution du pays de Galles, il théorise sa conception de la dévolution à l’occasion d’une conférence du , intitulée Devolution: A Process not an Event, dans laquelle il déclare que « la dévolution n’est pas un unique événement déterminant mais un processus. Il n’y a pas de doutes sur le fait que l’assemblée aura des imperfections mais cela changera et s’adaptera au fil des années, elle grandira en confiance et en stature, ses pouvoirs grandiront et elle deviendra le forum respecté et la voix qui fait autorité dans notre pays [le pays de Galles] »[44].

Au sein de l’Assemblée, il est nommé au début de la mandature au poste de président du comité permanent du développement économique[c]. Cependant, dès l’été 1999, lorsqu’il révèle publiquement sa bisexualité et avoue suivre un traitement psychiatrique dans le cadre de son comportement compulsif, certains membres du groupe travailliste le pressent de quitter la présidence et de faire une pause dans sa vie politique sous peine de motion de censure à son encontre. Bien qu’il ne considère pas ce motif valable pour renoncer au poste, Ron Davies annonce sa démission le et dirige la dernière séance du comité en tant que président le [45],[46],[47],[48],[49].

En , il renonce à se présenter aux prochaines élections de la Chambre des communes, préférant conserver son siège de membre de l’Assemblée. Il est sélectionné pour les élections de l’Assemblée en 2003, mais, en , le Sun publie des articles faisant état d’une liaison sexuelle dans les bois d’une aire d’autoroute, allégations qu’il nie. Face à la pression du parti travailliste de circonscription de Caerphilly qui lui laisse 48 heures pour renoncer à sa candidature sous peine de déselection passé ce délais, il renonce à briguer la circonscription le . Cet événement marque la fin de sa carrière à l’échelle galloise[50],[51],[52].

Changements d’affiliation politique, échecs électoraux et retour à la vie politique locale (2004-2015) modifier

 
John Marek (en), fondateur de Forward Wales (en), que Ron Davies rejoint en 2004.

« Désillusionné », il quitte le Parti travailliste le , considérant qu’il a rejoint un parti qui était à la « gauche du centre », mais qui se trouve désormais à la « droite du centre ». Un point de friction important avec le gouvernement central à Londres est également l’allocation des moyens aux institutions dévolues notamment au travers de la controversée formule de Barnett, qui ne tient pas compte des besoins du pays de Galles à son sens. Il évoque aussi plusieurs raisons à son départ comme les problèmes de financement universitaire, la participation du Royaume-Uni à la guerre d’Irak ou encore l’état du Parti travailliste gallois[53].

Le , Ron Davies rejoint Forward Wales (en) (« En avant le pays de Galles » littéralement), un parti politique fondé l’année précédente par John Marek (en), lui aussi membre du Parlement et membre de l’Assemblée précédemment élu sous l’étiquette travailliste. En vue des élections européennes de 2004, il se présente dans la circonscription du pays de Galles pour le parti en qualité de tête de liste mais se classe à la 8e place avec moins de 2 % des voix. Le parti disparaît en [54],[55],[56],[57].

De nouveau candidat — cette fois-ci en indépendant — dans la circonscription de Caerphilly aux élections de l’Assemblée de 2007, il arrive en troisième position, battu par le membre de l’Assemblée sortant Jeff Cuthbert (en) et derrière le candidat de Plaid. L’année suivante, il se présente aux élections locales de 2008 et se fait élire conseiller sans étiquette dans la section électorale de Bedwas, Trethomas and Machen pour le conseil de borough de comté de Caerphilly. Il soutient l’administration minoritaire locale et se voit offrir le poste de membre du cabinet à la régénération et à la campagne — qu’il conserve pendant toute la durée de la mandature[d] — dans la foulée des élections[58],[59],[60].

Après avoir publiquement soutenu les nationalistes lors de la campagne des élections générales de la Chambre des communes de 2010, il rejoint Plaid Cymru pendant l’été. Il se fait sélectionner comme candidat du parti pour les élections générales de l’Assemblée de 2011 mais ne ravit pas le siège de son successeur Jeff Cuthbert. Sous l’étiquette nationaliste, il sollicite les suffrages des habitants de Bedwas, Trethomas and Machen aux élections locales de 2012 mais perd son siège, qu’il tente en vain de retrouver dans une élection partielle en 2015[61],[62],[63],[64],[65],[66].

Détail des mandats et fonctions modifier

Mandats électifs modifier

À Westminster
À Cardiff
À l’échelle locale
  • Conseiller au conseil de district urbain de Bedwas and Machen (du au ).
  • Conseiller au conseil de district de la Rhymney Valley, élu dans la section de Machen (du à 1984).
  • Conseiller au conseil de borough de comté de Caerphilly, élu dans la section de Bedwas, Trethomas and Machen (du au ).

Fonctions exécutives modifier

À Westminster
À l’échelle locale
  • Membre du cabinet du conseil de borough de comté de Caerphilly chargé de la régénération et de la campagne (du au ).

Fonction législative modifier

À Cardiff
  • Président du comité permanent du développement économique (du au ).

Fonctions politiques modifier

À Westminster
À Cardiff

Résultats électoraux modifier

Parlement européen modifier

Élection Circonscription Sièges à
pourvoir
Parti de la liste Place dans
la liste
Voix % Sièges
gagnés
Position
2004[56] Pays de Galles 4 En avant le pays de Galles (en) Tête de liste 17 280 1,88 0 Échec

Chambres des communes modifier

Élection Circonscription Parti Voix % Position
Générales de 1983[67] Caerphilly Parti travailliste 21 570 46,61 Élu
Générales de 1987[14] 28 698 58,44
Générales de 1992[21] 31 713 63,65
Générales de 1997[28] 30 697 67,81

Assemblée nationale pour le pays de Galles modifier

Élection Circonscription Parti Voix % Position
Assemblée de 1999[68] Caerphilly Parti travailliste 12 602 42,20 Élu
Générales de 2007[58] Aucun 5 805 22,22 Échec
Générales de 2011[64] Plaid Cymru 7 597 29,71

Conseil de borough de comté de Caerphilly modifier

Élection Section Sièges à
pourvoir
Parti Voix Place Position
2008[59] Bedwas, Trethomas and Machen 4 Aucun 1 702 1er Élu
2012[65] Plaid Cymru 664 5e Échec
Partielle de 2015[66] 1 509 2e

Conseil de district de la Rhymney Valley modifier

Élection Section Sièges à
pourvoir
Parti Voix Place Position
1973 (en)[10] Machen 2 Parti travailliste 1er Élu
1976 (en)[11]
1979 (en)[12] 1 749
1983 (en)[13] 839

Notes et références modifier

Notes modifier

  1. Également membre de la branche locale du parti au pays de Galles.
  2. Il intègre à cette occasion le Conseil privé. Le titre associé, celui de conseiller privé (Privy Counsellor) est utilisé avec les lettres post-nominales de « PC »[α].
  3. Il est élu au poste en même temps que les autres présidents de comités permanents le . La première séance du comité se tient le suivant[γ].
  4. Ron Davies est nommé au cabinet le par le chef du conseil Lindsay Geoffrey Whittle. Il conserve sa position jusqu’à la fin de la mandature, le [δ],[ε].

Sources modifier

  1. a et b « Davies, Rt Hon. Ronald » sur le site de Who’s Who [lire en ligne].
  2. a et b The National Library of Wales, Ron Davies Papers, , 11 p. (lire en ligne), p. 3.
  3. National Assembly for Wales, Key Events in the Development of the National Assembly for Wales: First Assembly :1999 - 2003, Research Service, , 43 p. (lire en ligne [PDF]), p. 14-15.
  4. Caerphilly County Borough Council, Council: Minutes of the annual meeting of held at Penallta House Ystrad Mynach on Thursday, 15th May 2008, , 10 p. (lire en ligne [PDF]), p. 3.
  5. Caerphilly County Borough Council, Council: Minutes of the annual meeting of held at Penallta House, Ystrad Mynach on Tuesday, 24th April 2012 at 5.00PM, , 4 p. (lire en ligne [PDF]), p. 2.

Références modifier

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  2. a b c d et e « UK: Wales: AMs: Ron Davies », BBC News,‎ (lire en ligne).
  3. a b et c « Devolution’s flawed architect », BBC News,‎ (lire en ligne).
  4. Rachel Sylvester, « Focus: How a personal tragedy became a public farce », The Independent,‎ (lire en ligne).
  5. « Register office wedding for Davies », BBC News,‎ (lire en ligne).
  6. Michael White, « Ron Davies attack raises stakes for renewed leadership pitch », The Guardian,‎ (lire en ligne).
  7. « I’m sorry, Ron, says politician’s ex-wife », Wales Online,‎ (lire en ligne).
  8. « Davies attacks “false sex slurs” », BBC News,‎ (lire en ligne).
  9. Huw Silk, « Ex-Welsh Secretary Ron Davies to stand for office again in Caerphilly council by-election », Wales Online,‎ (lire en ligne).
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  11. a et b Rallings et Thrasher 2015, p. 1-2.
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  13. a et b Rallings et Thrasher 2015, p. 3.
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  16. « Politics 97: Welsh Secretary: Ron Davies », BBC News,‎ (lire en ligne).
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  18. Peter Cox, You Don’t Need Meat, Macmillan, , 384 p., p. 88-90.
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  25. Jones 2015, p. 109-110.
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Annexes modifier

Bibliographie modifier

  • John Graham Jones, « The Parliament for Wales Campaign: 1987-2011 », Cymmrodorion, The Honourable Society of Cymmrodorion, vol. 21,‎ , p. 103-128 (lire en ligne [PDF]).
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  • Colin Rallings et Michael Thrasher, Caerphilly County Borough Council Election Results: 1995-2012, The Elections Centre of the Plymouth University, , 7 p. (lire en ligne [PDF]).
  • Stéphanie Bory, L’Éveil du Dragon gallois : D’une assemblée à un parlement pour le pays de Galles (1997-2017), Paris, L’Harmattan, coll. « Penser le temps présent », , 354 p. (ISBN 978-2-343-17448-8).

Articles connexes modifier

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