Ouvrir le menu principal

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Roger Ier.
Roger Ier de Blois
Fonction
Évêque de Beauvais, Noyon et Senlis
années 1000-
Biographie
Décès
Activité
PrélatVoir et modifier les données sur Wikidata
Famille
Père
Fratrie

Roger Ier de Blois[1] († ) comte et évêque de Beauvais,

Sommaire

BiographieModifier

Roger Ier de Blois ou de Beauvais[n 1] a une filiation incertaine, ainsi que sa sœur avérée Héloïse (ou Helvide, Helvise) de Pithiviers :

  • on l'a présenté comme un fils du comte de Blois Eudes Ier et de sa femme Berthe de Bourgogne, mais cette thèse semble aujourd'hui abandonnée[n 2].
  • son père ou grand-père pourrait être Hugues de Blois, archevêque de Bourges, fils du Tricheur, ce qui permettrait de préserver le lien agnatique avec la Maison de Blois (plus tard de Blois-Champagne) ; il serait alors le neveu ou petit-neveu du comte Eudes Ier de Blois et le proche cousin d'Eudes II[3]. Actuellement (cf. le tableau généalogique présenté sur le site de Raphaël Bijard[4]), on verrait de surcroît en Roger et sa sœur Héloïse des enfants d'Helvise, une fille de Roger II comte de Laon et de Bassigny (les noms Roger et Helvise/Helvide/Héloïse se retrouvent chez les Laon-Bassigny) : il y aurait donc un lien cognatique avec les Laon-Bassigny. Par les recoupements qu'on vient d'évoquer, il serait ainsi le frère[4] du comte palatin Hugues de Beauvais, parfois appelé Hugues de Dreux.
  • ou bien Roger n'a aucun lien familial avec les comtes de Blois : c'est la position de l'historien chartiste Léon-Honoré Labande dans sa thèse des Chartes « Histoire de la ville de Beauvais » (1890). Dans ce cadre, on a pensé (cf. les historiens Christian Settipani et François Doumerc repris par Hélène et Thierry Blanco : voir le tableau sur leur site, vers la fin de leur article sur Héloïse et Abélard[n 3]) qu'il pourrait descendre en lignée agnatique et cognatique des Laon-Bassigny, comme d'ailleurs le comte palatin Hugues de Dreux/de Beauvais, qui reste dans ce schéma le frère de Roger et d'Héloïse de Pithiviers ; mais les trois n'auraient plus de parenté avec les Blois. Le nom de Blois attribué à Roger peut alors s'expliquer par sa fidélité et sa bonne entente envers les comtes de cette maison, qui sont alors comtes de Beauvais, ville dont il est l'évêque de 1000/1002 à 1022 ; ou une origine géographique, d'ailleurs pas forcément Blois en Blésois ; ou une origine bâtarde qui le raccrocherait aux Blois ? ; enfin ce peut être un surnom forgé ultérieurement par un chroniqueur soucieux d'accréditer son appartenance à cette grande famille, afin de justifier qu'il ait pu posséder Sancerre et l'échanger avec son cousin Eudes II, fable inventée semble-t-il de toutes pièces par le moine-chroniqueur Aubry de Trois-Fontaines, voir ci-dessous.

On sait de manière certaine que sa sœur est Héloïse de Pithiviers, épouse de Renard seigneur de Broyes[7] (vers 950/960-vers 1000), il est ainsi l'oncle maternel d'Oury, évêque d'Orléans[8].

Il devint en 988 garde des sceaux des rois Hugues Capet et Robert le Pieux. Vers 999, il succède à Hervé à l'évêché de Beauvais. C'est sous son épiscopat que le comté laïc de Beauvais fut uni plus précisément à l’évêché. Roger de Blois conclut un accord en 1015 avec son possible cousin Eudes II de Blois, comte de Beauvais, et obtint de récupérer certains droits comtaux (mais pas encore tout le comté : l'annexion du comté par les évêques de Beauvais représente tout un processus du Xe au XIIe siècle ; et cela se fit peut-être par[n 4] échange contre la seigneurie de Sancerre[10].

Puis Roger Ier fit don de ces droits comtaux à l'Église de Beauvais : il annonce ainsi les futurs comtes-évêques du Beauvaisis, plus tard comtes et pairs.

Après 986, il récupère la seigneurie abbatiale de Coulombs tenue par son père. Il en entamera la réforme qui sera poursuivie par son neveu Odalric/Oury d'Orléans.

En 1008, à la mort de son possible frère Hugues de Beauvais, il récupère la charge de représentant du comte de Chartres et de Blois à Dreux (les Blois furent un moment comtes de Dreux)[11].

Articles connexesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Faussement surnommé Roger de Champagne (de toute façon, le comté de Champagne n'est pas alors vraiment constitué, il faut mieux parler encore des comtés de Troyes, Meaux, Provins, Reims...)
  2. Il a été démontré maintes fois par les historiens[2] qu'il ne peut pas être le fils d'Eudes Ier de Blois et de Berthe de Bourgogne.
  3. Cf. le travail de l'historien généalogiste Christian Settipani[5], thèse exposée sur le site d'Hélène et Thierry Bianco[6]
  4. Il faut rester prudent avec ce qu'a prétendu (le moine cistercien Aubry de Trois-Fontaines dans sa Chronique du XIIIe siècle), cette seigneurie était d'ailleurs peut-être alors aux Château-Gordon[9] (notamment le seigneur Gimon, disparu vers 1030, un fidèle du comte Landri de Nevers, dont la fille Mathilde devenue religieuse rénova l'abbaye de St-Satur vers 1034

RéférencesModifier

  1. Roger, comte de Beauvais sur le site Medieval Lands
  2. J.F. Lemarignier Paix et réforme monastique ; pp.449-451
  3. Lucien Merlet, Histoire de l'abbaye de N.-D. de Coulombs, rédigée d'après les titres originaux, 1827-1898
  4. a et b « Hugues de Beauvais - Le Comte Palatin de l’An Mil »
  5. Christian Settipani Onomastique et Parenté dans l'Occident médiéval
  6. « Héloïse et Abélard ; la famille d'Héloïse », sur Hélène&Thierry
  7. Michel Bur, La formation du comté de Champagne ; v.950-v.1150
  8. « Les évêques en Neustrie avant la réforme grégorienne (950-1050 environ), p. 161-196, notamment p. 180, par Jacques Boussard », sur Journal des Savants, n° 3, juillet-septembre 1970, mis en ligne par Persée
  9. « Emancipation progressive des évêques de Beauvais, p. 8-30 », sur Episcopus et Comes : affirmation et déclin de la seigneurie épiscopale au nord du royaume de France, par Olivier Guyotjeannin, Mémoires et Documents de la Société de l'Ecole des Chartes, chez Droz à Genève, 1987
  10. « Comté de Sancerre, p. 359-361 », sur Le Berry du Xe au milieu du XIIIe siècle, par Guy Devailly, 1973
  11. F. Dumas, Le Trésor de Fécamp, pp. 206-207