Reform UK

parti politique

Reform UK
Image illustrative de l’article Reform UK
Logotype officiel.
Présentation
Chef Richard Tice
Fondation
Scission de UKIP
Siège Drapeau du Royaume-Uni 83 Victoria Street, Londres, SW1 0HW
Positionnement Attrape-tout[1],[2],[3], droite[4],[5]
Idéologie Euroscepticisme
Populisme
Unionisme britannique
Libéralisme classique[6]
Adhérents 115 000
Couleurs bleu
Site web reformparty.uk
Représentation
Parlement écossais
1  /  129
Gouvernement local
2  /  19698

Reform UK, anciennement Parti du Brexit (en anglais : Brexit Party) est un parti politique britannique eurosceptique fondé en . Lancé en vue d’assurer la retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne (« Brexit ») à la suite du référendum de 2016, il arrive en tête des élections européennes de 2019 au Royaume-Uni.

HistoireModifier

 
Logo jusqu'en 2020.

En , plusieurs cadres du parti quittent le Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP), en signe de protestation contre la nouvelle ligne du parti, jugée trop centrée sur l'islam, une ligne symbolisée par les liens tissés entre le nouveau chef du parti, Gerard Batten, et le militant d'extrême droite Tommy Robinson[7],[8].

Le Parti du Brexit est lancé le [9] par l'ancienne porte-parole sur les questions économiques de UKIP, Catherine Blaiklock[10],[11]. Il est enregistré auprès de la Commission électorale du Royaume-Uni le , ce qui lui permet de se présenter à des élections[12].

Élections européennes de 2019Modifier

Après un report du Brexit impliquant la participation du Royaume-Uni aux élections européennes, le parti prend part aux élections européennes de 2019. Parmi ses candidats sont annoncés la journaliste Annunziata Rees-Mogg — ancienne candidate conservatrice aux élections générales et sœur du député conservateur et avocat, Jacob Rees-Mogg — l'homme d'affaires conservateur Benyamin Habib, l'écrivaine anciennement au Parti communiste révolutionnaire Claire Fox et l'ancien directeur général des Chambres de commerce britanniques John Longworth[13]. L'ancien député du Parti travailliste, George Galloway, a annoncé son soutien au parti du Brexit lors de l'élection du Parlement européen en 2019[14],[15]. Un sondage mené auprès de 781 conseillers du Parti conservateur indique que 40 % d'entre eux avaient l'intention de voter pour le parti du Brexit[16].

Steve Bannon considère qu'un « super groupe » souverainiste pourrait être le deuxième plus grand du Parlement européen en regroupant trois groupes pré-existants : l'ENL d'extrême droite, le CRE des nationaux-conservateurs et l'ELDD du Parti du Brexit[17]. Finalement, plusieurs membres du groupe ELDD rejoignent le groupe Identité et démocratie (ex-ENL) et les députés du Parti du Brexit siègent dans les non-inscrits.

Élections générales de 2019Modifier

Après avoir décidé de ne pas présenter de candidat dans les circonscriptions ayant élu un candidat conservateurs aux élections de 2017 afin de ne pas compromettre les chances de survenue du Brexit par l’échec des conservateurs, le Parti du Brexit n’obtient aucun député.

Après le BrexitModifier

Le , le Royaume-Uni quitte officiellement l’Union européenne. Le , le Parti du Brexit devient Reform UK. Le suivant, Nigel Farage quitte sa tête, Richard Tice, qui en était jusqu’ici le président, lui succédant.

Ligne politiqueModifier

Selon sa direction, le parti a pour objectif d'attirer les 17,4 millions de personnes qui ont voté en faveur de la sortie de l'UE en juin 2016 et de convaincre des transfuges des conservateurs, des travaillistes et de UKIP[9]. Dans cette optique, Nigel Farage, ancien leader du UKIP et député européen, déclare qu'il se présenterait comme candidat pour ce parti si un scrutin européen devait se tenir au Royaume-Uni en  : « si le gouvernement revient sur sa parole et trahit les millions de personnes qui ont voté pour le Brexit, il nous faut un parti prêt à se lever et à se battre pour l'obtenir. Je suis tout à fait prêt pour l’extension ou la révocation de l’article 50 et, si cela se produit, je reviendrai à la charge »[9].

Contrairement à l'UKIP qui s'était refocalisée sur le problème migratoire, le but de ce nouveau mouvement est de se concentrer sur ce qui est vu comme l'essentiel : la question de la souveraineté et du respect de la démocratie. Décrivant le champ politique selon l'échiquier politique populiste : une élite (système), anti-démocrate, contre les partisans du peuple (anti-système) qu'il représenterait. Farage observe : « Si le résultat d’une élection n’est pas respecté en Afrique, cela provoque une levée de boucliers internationale. C’est pourtant ce qui arrive ici avec le non-respect du résultat du référendum. Et nous devons mettre fin à cette situation ! »[18].

Selon le juriste Aurélien Antoine, spécialiste du droit constitutionnel britannique, le mouvement s'incrit dans le cadre plus général de la stratégie du « pourrisement par l'intérieur » de l'UE par les mouvements eurosceptiques[19]. En effet, Farage avait menacé au Parlement européen : « Vous ne voulez pas que je revienne ici avec une horde d’eurosceptiques »[20]. N'ayant initialement pour seul programme que le retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne, le parti a présenté aux élections européennes de 2019 des candidats issus de minorités ethniques et a pris ses distances avec l'anti-islam de l'UKIP[21].

La constitution du parti, enregistrée auprès de la Commission électorale, le définit comme « un parti démocrate qui promeut le libéralisme classique ». Outre la sortie de l'Union européenne, cette constitution indique que les objectifs du parti sont la promotion de l'esprit d'autonomie individuelle des personnes, la « diminution du rôle de l'État », la baisse des impôts des personnes et des entreprises, le contrôle des frontières, et la garantie des « libertés essentielles et traditionnelles de toutes les personnes au Royaume-Uni »[6],[22].

Pendant la pandémie de Covid-19 au Royaume-Uni, le parti s'oppose au confinement sanitaire, arguant que la maladie est sans gravité pour les personnes de moins de 60 ans[23]. Sous la direction de Richard Tice à partir de mars 2021, le parti entend baisser les impôts des plus riches et les impôts sur les entreprises, mais aussi abolir l'impôt sur le revenu pour une partie des classes moyennes. Il souhaite également réformer la Chambre des lords et licencier une grande partie des personnels de la BBC, accusée d'être trop à gauche et de faire partie de l’establishment[5],[24].

Résultats électorauxModifier

Élections européennesModifier

Année Tête de liste Place Voix % Mandats
2019 Nigel Farage 1er 5 248 533 30,5
29  /  73

Élections généralesModifier

Année Dirigeant Place Voix % Mandats
2019 Nigel Farage 6e 642 323 2,00
0  /  650

ÉlusModifier

Députés européensModifier

8e législatureModifier

Circonscription Nom Groupe
Angleterre de l'Est Tim Aker ELDD
Angleterre du Nord-Est Jonathan Arnott
East Midlands Jonathan Bullock
Écosse David Coburn
Yorkshire et Humber Jane Collins
West Midlands Bill Etheridge
Angleterre du Sud-Est Nigel Farage
Angleterre du Sud-Est Ray Finch
Pays de Galles Nathan Gill
Angleterre du Sud-Est Diane James
Angleterre du Nord-Ouest Paul Nuttall
East Midlands Margot Parker
Angleterre du Sud-Ouest Julia Reid
West Midlands Jill Seymour

9e législatureModifier

Circonscription Nom Groupe
Angleterre du Nord-Ouest David Bull NI
East Midlands Jonathan Bullock
West Midlands Martin Daubney
Angleterre du Sud-Est Nigel Farage
Angleterre du Nord-Ouest Claire Fox
Pays de Galles Nathan Gill
Angleterre du Sud-Ouest James Glancy
Londres Benyamin Habib
Angleterre de l'Est Michael Heaver
Angleterre du Sud-Ouest Christina Jordan
West Midlands Rupert Lowe
Angleterre du Sud-Est Belinda De Camborne Lucy
Angleterre du Nord-Est Brian Monteith
Angleterre de l'Est June Mummery
Angleterre du Nord-Ouest Henrik Overgaard-Nielsen
East Midlands Matthew Patten
Angleterre du Sud-Est Alexandra L. Phillips
Yorkshire et Humber Jake Pugh
Angleterre du Sud-Est Robert Rowland
Angleterre du Nord-Est John Tennant
Angleterre de l'Est Richard Tice
Pays de Galles James Wells
Angleterre du Sud-Ouest Ann Widdecombe

Personnalités ayant quitté le partiModifier

Députés européensModifier

Notes et référencesModifier

  1. (en) « What Ernesto Laclau can teach us about the Brexit Party », sur newstatesman.com, (consulté le 23 septembre 2019)
  2. (en) Alasdair Sandford, « Why is Farage's Brexit Party leading the polls and what is its plan? », sur euronews, (consulté le 23 septembre 2019)
  3. (en) Paul Lewis, « Rage, rapture and pure populism: on the road with Nigel Farage », sur theguardian.com, (consulté le 23 septembre 2019)
  4. (en) "Anti-lockdown politics: A successful revival for Farage's right-wing populism?", université de Birmingham
  5. a et b (en) "Who is Reform UK leader Richard Tice?", BBC News, 8 mars 2021
  6. a et b (en) Constitution du Parti du Brexit, clause 2.5, Commission électorale
  7. (en) « I have not left UKIP, UKIP has left me. It is with regret and sadness that today I am resigning from UKIP. », sur Twitter, (consulté le 26 janvier 2019).
  8. (en) « PRESS RELEASE: Former UKIP Health Spokesperson, Dr Julia Reid MEP, has quit the party in protest over the direction it has taken over the past few months, citing the appointment of Stephen Yaxley-Lennon (aka Tommy Robinson) as "the final straw". », sur Twitter, (consulté le 26 janvier 2019).
  9. a b et c (en) « Nigel Farage to lead new pro-Brexit party if EU departure delayed », sur The Guardian, (consulté le 17 mars 2019).
  10. (en) « Catherine Blaiklock appointed as Economics Spokesman », sur ukip.org, (consulté le 17 mars 2019).
  11. (en) « The new Ukip? Nigel Farage offers 'full support' for another Brexit party », sur Independant, (consulté le 17 mars 2019).
  12. (en) « The Brexit Party », sur Electoral Commission (consulté le 17 mars 2019).
  13. (en) Andrew Sparrow et Severin Carrell, « Farage says Brexit party victory at Euro elections could stop second referendum – live news », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 23 avril 2019)
  14. (en) Emily Prince, « George Galloway backs Nigel Farage's new Brexit party », sur The New European (consulté le 23 avril 2019)
  15. (en) « Socialist George Galloway under fire for backing Nigel Farage’s Brexit Party in EU elections », sur HeraldScotland (consulté le 23 avril 2019)
  16. (en) « Labour 'must back second Brexit vote' », bbc.com,‎ (lire en ligne, consulté le 23 avril 2019)
  17. Le Point magazine, « Le projet d'intégration européenne est "mort" dimanche, selon S. Bannon », sur Le Point, (consulté le 23 septembre 2019)
  18. « Élections européennes : au Royaume-Uni, Nigel Farage revient sur scène avec son « Brexit Party » », sur la-croix.com, (consulté le 23 septembre 2019)
  19. « Le pourrissement du Brexit contamine désormais l’Union européenne », sur lemonde.fr, (consulté le 23 septembre 2019)
  20. « Sans le Brexit, le Royaume-Uni lance une drôle de campagne pour les européennes », sur RFI, (consulté le 23 septembre 2019)
  21. Marc Roche, « Royaume-Uni : victoire par K.-O. pour Farage et son « Brexit » », sur Le Point (consulté le 16 juin 2019)
  22. (en) "Nigel Farage’s startup politics", Politico, 18 juillet 2019
  23. , "Farage party's relaunch marked with low-key anti-lockdown protest", The Guardian, 8 novembre 2020
  24. (en) "What does the Reform Party stand for - and will it succeed?", The Week, 17 février 2021