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Ranville

commune française du département du Calvados
Ne doit pas être confondu avec Ranville-Breuillaud.

Ranville
Ranville
Le clocher de l'église.
Blason de Ranville
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Calvados
Arrondissement Lisieux
Canton Cabourg
Intercommunalité Communauté de communes Normandie-Cabourg-Pays d'Auge
Maire
Mandat
Jean-Luc Adélaïde
2014-2020
Code postal 14860
Code commune 14530
Démographie
Gentilé Ranvillais
Population
municipale
1 776 hab. (2016 en augmentation de 10,17 % par rapport à 2011)
Densité 211 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 13′ 55″ nord, 0° 15′ 23″ ouest
Altitude Min. 1 m
Max. 49 m
Superficie 8,42 km2
Localisation

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Liens
Site web www.ranville.fr

Ranville est une commune française, située dans le département du Calvados en région Normandie, peuplée de 1 776 habitants[Note 1].

GéographieModifier

Ranville se situe à 6 km au nord-est de Caen à 49° 13′ 55″ N, 0° 15′ 23″ O.

Bien que la commune fasse partie de l'aire urbaine de Caen et qu'elle soit limitrophe de la communauté urbaine de Caen la Mer, elle ne fait pas partie de cette dernière. En 1997, elle est intégrée à la communauté de communes Campagne et Baie de l'Orne qui fusionne avec deux autres communauté de communes en 2017 pour former la communauté de communes Normandie-Cabourg-Pays d'Auge.

Le , la commune passe alors de l'arrondissement de Caen à celui de Lisieux[1].

ToponymieModifier

Le nom de la localité est cité sous les formes Ranvilla en 1066[2], Ranvilla au XIIe siècle (Recueil des actes de Henri II roi d'Angleterre et duc de Normandie), Ranville au XVIIIe siècle (carte de Cassini).

Il s'agit d'une formation médiévale en -ville au sens ancien de « domaine rural ». Le premier élément Ran- représente sans doute un anthroponyme selon le cas le plus fréquent.

Pour expliquer cet élément, Albert Dauzat propose le nom de personne germanique Rado sans citer de formes anciennes, explication abandonnée aujourd'hui, alors qu'Ernest Nègre et René Lepelley préfèrent Rando[3].

Curieusement, le même Ernest Nègre qui mentionne, à propos de Ransart (Pas-de-Calais, Ransart 1169), le nom de personne Hramnus cité par Marie-Thérèse Morlet[4],[5], n'y songe pas en ce qui concerne Ranville, alors que cet anthroponyme conviendrait tout autant, puisqu'on a pas trace d'un [d].

Remarque : Ces auteurs ne tiennent pas compte du fait que Ranville se situe dans l'aire de diffusion de la toponymie anglo-scandinave, qu'il est propre, du moins par ses formes anciennes, à la Normandie, et surtout, est appuyé par des microtoponymes régionaux tels que Rantot (Manche, Digulleville, Derantot 1825 - 1866, c'est-à-dire « la ferme de Rantot »[6]) et Randal (Manche, le Vrétot, Bois de Randal 1456[7], sans doute apparenté au Randal norvégien, Sogn og Fjordane) qui contiennent également un élément Ran-, mais il est associé à des appellatifs toponymiques d'origine norroise. Il s'agit de -tot issu du vieux norrois topt, toft « propriété, ferme » et -dal de dalr « vallée ». L'association de Ran- avec un élément scandinave suggère une explication par le nom de personne norrois Randr (ou vieux danois Rand)[8] ou par le nom de personne féminin vieux norrois Rán[9], ce qui est plus simple. En Normandie, les noms en -tot ont souvent leur équivalent en -ville (cf. Cidetot / Cideville ; Chiffretot / Chiffreville ; Épretot / Épreville, etc.), voire en un autre élément d'origine scandinave. Si l'assimilation probable de [d] de Rand avec le [t] de -tot et le [d] de -dal va de soi, en revanche il faut supposer que [d] ait pu s'amuïr aussi tôt dans Ranville sans laisser de trace. Cela se vérifie pour Branville (Eure) attesté sous la forme Branville dès le XIe siècle et Branmesnil (Seine-Maritime, hameau disparu autour de La Poterie-Cap-d'Antifer, Branmaisnil vers 1040 chez Jean Adigard des Gautries, 1956 p. 230) qui présentent un contexte phonétique analogue /ran/ et qu'on compare avec Branville (Seine-Maritime, Saint-Aubin-Épinay) désigné Brant villa en 1025. Bran- s'explique en effet par le nom de personne scandinave Brandr[10].

La ressemblance avec Ranville (Charente, Aranvilla 1254) et avec Rainville (Vosges, Rainovilla Xe siècle) est fortuite[11].

HistoireModifier

Une voie antique reliant Pont-Audemer et Bayeux passait sur le territoire de la commune ; les voyageurs devaient emprunter un bac à Ranville afin de traverser l'Orne jusqu'au port de Bénouville et poursuivre leur route. L'Orne ne suivait toutefois pas son cours actuel. Jusqu'à l'époque moderne, le cours de l'Orne effectuait de nombreux méandres. En 1679, l'Orne fut redressée entre les carrières de Ranville et Clopée à Mondeville[12]. Lors de la construction du canal de Caen à la mer, ouvert à la navigation en 1857, l'Orne fut redressée entre Ranville et le corps de garde de Sallenelles ; l'ancien lit du fleuve fut en partie repris par le canal (entre Pegasus Bridge et le déversoir du Maresquier)[13],[14],[Note 2]. De ce fait, l'ancien bac se trouvait à proximité de l'actuel pont de Bénouville, connu également sous le nom de Pegasus Bridge.

Un domaine agricole (« ville » cf. vilain) s'est sans doute développé avant l'existence de la commune. Au cours des siècles, l'économie de la commune repose sur trois activités principales :

  • l'extraction de la pierre de Caen qui était ensuite acheminée, vers l'Angleterre notamment, par l'Orne (la rue des Carrières à Longueval rappelle ce passé),
  • l'exploitation des ressources fluviales à Longueval (pratiquée par les sablonniers et les pêcheurs) et qui périclita avec l'ouverture du canal de Caen à la mer,
  • l'agriculture, notamment sur les marais asséchés aux XIXe et XXe siècles.

Comme souvent dans la plaine de Caen, l'habitat ne s'organisait pas autour de l'église paroissiale (église Notre-Dame-des-Prés de Mondeville, église Saint-Hilaire de Cairon par exemple). La commune était éclatée entre plusieurs hameaux plus ou moins regroupés[15] :

  1. l'église,
  2. le Bas de Ranville,
  3. le Hom,
  4. le Mariquet,
  5. Longueville,
  6. la Basse-Écarde,
  7. Longueval.
Les hameaux de Ranville

En 1860, les Ranvillais décidèrent de démolir leur église, jugée vétuste et trop exiguë. Ils conservèrent seulement le clocher des XIe et XIIe siècles qui subsiste encore aujourd'hui à côté de la nouvelle église.

Après le percement du canal et le redressement de l'Orne, un bac fut établi sur le nouveau cours du fleuve[13]. En 1869-1870, il fut remplacé par un pont-tournant[16]. Ce pont tournant était l'œuvre des ateliers Gustave Eiffel[réf. nécessaire]. En 1892, le pont fut renforcé lors de la construction de la ligne des chemins de fer du Calvados entre Bénouville et la gare de Dives - Cabourg. Celle ligne disposait de plusieurs arrêts sur la commune : pont de Ranville, Ranville et ferme de l'Écarde[16]. Le service est interrompu le 29 septembre 1932.

Lors de l'opération Tonga, le 6 juin 1944, le nom de code de la capture du pont de Ranville, nommé Horsa bridge, était Euston 2 (Euston 1 était la prise du pont de Bénouville, ou Pegasus Bridge, sur le canal de l'Orne). Ranville a été le premier village de France libéré le 6 juin 1944 par le 13e bataillon parachutiste britannique (13th Parachute Battalion) commandé par le lieutenant-colonel Peter Luard. Le clocher médiéval de l'église a été le théâtre d'un fait tragique : un tireur allemand embusqué au sommet a abattu trois parachutistes britanniques, avant d'être lui-même tué. Il repose aujourd'hui auprès de ses victimes dans le cimetière paroissial à quelques mètres du clocher.

Le château du Heaume ou du Hom, un manoir à un étage, servit ensuite de quartier-général à la 6th Airborne Division.

Dans les années 1970, le pont-tournant a été détruit pour être remplacé par l'actuel ouvrage fixe.

Après la Seconde guerre mondiale, la commune, qui avait connu une population relativement stable au XIXe siècle et au début du XXe siècle, connait une forte croissance démographique (621 habitants en 1946 contre 1 896 habitants en 1999). L'habitat pavillonnaire se développe et les anciens hameaux se trouvent alors réunis dans un espace urbain peu dense. Seuls la ferme de la Basse-Écarde et le hameau de Longueval restent vraiment à l'écart de cet ensemble[17].

ÉconomieModifier

La ville abrite une cimenterie de Ciments français, filiale du groupe italien Italcementi[18].

Politique et administrationModifier

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
? mars 2001 Georges Bouilly    
mars 2001 En cours Jean-Luc Adélaïde[19]    
Les données manquantes sont à compléter.

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[20]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[21].

En 2016, la commune comptait 1 776 habitants[Note 3], en augmentation de 10,17 % par rapport à 2011 (Calvados : +1,23 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
633640616640682774800820682
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
714720645626616600540488496
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
503508519600526553545621682
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
8831 0051 5191 6901 6811 8961 7751 6331 776
2016 - - - - - - - -
1 776--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[22] puis Insee à partir de 2006[23].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

Culture locale et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

  • L'église (clocher du XIe-XIIe protégé par l'Association Sauvegarde du Patrimoine de Ranville et rénové en 2007-2008).
  • Le cimetière civil où reposent des militaires français et britanniques tombés pendant la bataille de Normandie.
  • Le cimetière militaire du Commonwealth où reposent notamment les premiers parachutistes britanniques et canadiens décédés à partir du 6 juin 1944.
  • Le château de Guernon-Ranville, dit aussi château de Ranville.
  • Le château du Hom.
  • Le château du Mariquet.
  • Le manoir du XVIe, rue de la Grange-aux-Dimes.
  • La grange aux dîmes qui dépendait de l'abbaye aux Dames.
  • Le moulin à vent, témoignage de l'importance de l'activité céréalière de la région.
  • Le lavoir sur l'Aiguillon.
  • Le Mémorial Pegasus, entre l'Orne et le canal, dans le parc duquel a été installé le pont historique.

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Personnalités liées à la communeModifier

JumelagesModifier

Ranville est jumelée avec :

HéraldiqueModifier

Les armes de la commune de Ranville se blasonnent ainsi :

d'azur au clocher du lieu d'argent, ajouré d'or et accompagné en chef senestre d'un écusson de gueules chargé de deux léopards d'or armés et lampassés d'azur, l'un au-dessus de l'autre.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale 2016.
  2. L'ancien cours du fleuve se retrouve dans les limites administratives entre les communes de Ranville, Bénouville et Ouistreham.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier

  • Altitudes, coordonnées, superficie : IGN[24].
  1. « Recueil des actes administratifs du 22 décembre 2016 » [PDF], sur le site de la préfecture du Calvados (consulté le 16 janvier 2017).
  2. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France (lire en ligne) [1]
  3. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de commune de la Normandie, éditions Charles Corlet, Presses Universitaires de Caen, Caen, 1996
  4. Marie-Thérèse Morlet, NPAG I, p. 135a
  5. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France (lire en ligne)
  6. Dominique Fournier, « Élément -tot », Wikimanche (lire en ligne)
  7. Jean Renaud, Vikings et noms de lieux de Normandie. Dictionnaire des toponymes d'origine scandinave en Normandie, éditions OREP, 2009 (ISBN 978-2-915762-89-1), p. 47.
  8. Site de Nordic Names : nom de personne Randr (lire en anglais) [2].
  9. Site de Nordic Names : nom de personne Rán (lire en anglais) [3]
  10. François de Beaurepaire (préf. Marcel Baudot), Les Noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, Paris, A. et J. Picard, , 221 p. (ISBN 2-7084-0067-3, OCLC 9675154), p. 76
  11. Ernest Nègre, op. cit.
  12. Journal d'un bourgeois de Caen 1652-1733 [(fr) texte intégral (page consultée le 29 mai 2008)]
  13. a et b Plan général de la rivière de l'Orne et du Canal entre Caen et la mer disponible sur Gallica
  14. René Streiff, « Le port de Caen et le canal de Caen à la mer », Études Normandes, no 16,‎ , p. 269-296 (lire en ligne)
  15. Cadastre de la commune de Ranville, 1826 – Tableau d'assemblage, Archives du Calvados, cote 3P/1978 [lire en ligne]
  16. a et b H. Magron, Guide illustré du tramway de Caen à la mer. Caen, Ouistreham, Hermanville, Lion-sur-Mer, Luc-sur-Mer, Ranville, Sallenelles, Le Home-Varaville, Cabourg, Dives., Caen, impr. Ch. Valin, 1899, pp. 44-16 [lire en ligne]
  17. « Comparaison de photos aériennes », sur IGN – Remonter le temps (consulté le 24 octobre 2019)
  18. (en) Italcimenti
  19. Réélection 2014 : « Jean-Luc Adélaïde s'installe dans le fauteuil de maire », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 19 avril 2014)
  20. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  21. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  22. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  23. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  24. « Ranville sur le site de l'Institut géographique national » [archive du ] (archive Wikiwix)

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Autres liensModifier