Ouvrir le menu principal
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Abel (homonymie).

Prix Abel
Image associée à la récompense

Nom original Abelprisen
Description Prix récompensant une contribution majeure en mathématiques
Organisateur Académie norvégienne des sciences et des lettres
Pays Drapeau de la Norvège Norvège
Date de création 2003
Dernier récipiendaire Drapeau des États-Unis États-Unis Karen Uhlenbeck
Site officiel www.abelprisen.no

Le prix Abel est une des deux plus prestigieuses récompenses en mathématiques avec la médaille Fields. Tous deux sont considérés comme équivalents d'un prix Nobel, inexistant pour cette discipline[a].

CréationModifier

Le prix Abel est décerné annuellement à des mathématiciens par l'Académie norvégienne des sciences et des lettres. En 2001, le gouvernement norvégien annonce qu'à l'occasion du bicentenaire de la naissance du mathématicien norvégien Niels Henrik Abel (1802-1829) va être créé un nouveau prix pour les mathématiciens. Ce prix est inspiré du prix Nobel, qui n'existe pas en mathématiques. Même si la médaille Fields, en raison de son prestige, a souvent été comparée au prix Nobel, elle en diffère sur certains aspects essentiels : en effet, elle distingue des travaux exceptionnels accomplis par un mathématicien avant l'âge de 40 ans, la récompense financière est modeste et le prix n'est remis que tous les quatre ans. Ainsi, comme en outre le prix Abel récompense plutôt l'œuvre d'une vie dans son ensemble, il est un meilleur équivalent du prix Nobel[1].

PrixModifier

Le prix est décerné par l'Académie norvégienne des sciences et des lettres. Le comité de sélection est composé de cinq mathématiciens internationaux. Le prix est décerné en mars[2] par le roi de Norvège et représente un montant de 6 millions de couronnes norvégiennes, c'est-à-dire un peu plus de 600 000 euros. La Norvège a donné pour le prix une dotation initiale de 200 millions de couronnes norvégiennes (environ 25 millions d’euros).

Liste des lauréatsModifier

 
Année Photo Lauréat(s) Pays Institution(s) Contributions
2003   Jean-Pierre Serre[3]   France Collège de France « pour avoir joué un rôle clé dans l'élaboration dans leur forme moderne de plusieurs domaines des mathématiques comme la topologie, la géométrie algébrique et la théorie des nombres »
2004   Michael Atiyah   Royaume-Uni Université d'Édimbourg « pour leur découverte et preuve du théorème de l'indice, reliant la topologie, la géométrie et l'analyse, et pour leur rôle remarquable dans la construction de nouvelles passerelles entre les mathématiques et la physique théorique »
  Isadore Singer[4]   États-Unis Massachusetts Institute of Technology
2005   Peter Lax[5]   Hongrie
  États-Unis
Courant Institute of Mathematical Sciences « pour ses contributions novatrices à la théorie et aux applications des équations aux dérivées partielles et au calcul de leurs solutions »
2006   Lennart Carleson[6]   Suède Institut royal de technologie de Stockholm « pour ses travaux sur l'analyse harmonique et la théorie des systèmes dynamiques lisses »
2007   Sathamangalam R. Srinivasa Varadhan[7]   Inde
  États-Unis
Courant Institute of Mathematical Sciences « pour ses travaux sur la théorie des grandes déviations »
2008   Jacques Tits   Belgique
  France
Collège de France « pour leurs travaux dans la formation de la théorie moderne des groupes »
  John Griggs Thompson[8]   États-Unis Université de Floride
2009   Mikhaïl Gromov[9]   Russie
  France
Institut des hautes études scientifiques
Courant Institute of Mathematical Sciences
« pour ses contributions révolutionnaires à la géométrie »
2010   John Tate[10]   États-Unis Université du Texas « pour l’étendue et le caractère durable de son influence sur la théorie des nombres »
2011   John Milnor[11]   États-Unis Université d'État de New York à Stony Brook « pour des découvertes novatrices en topologie, en géométrie et en algèbre »
2012   Endre Szemerédi[12]   Hongrie
  États-Unis
Académie hongroise des sciences
Université Rutgers
« pour ses contributions fondamentales aux mathématiques discrètes et à l'informatique théorique, et en reconnaissance de l'impact profond et pérenne de ses contributions à la théorie additive des nombres et à la théorie ergodique »
2013   Pierre Deligne[13]   Belgique Institut des hautes études scientifiques
Institute for Advanced Study
« pour ses contributions fondamentales à la géométrie algébrique et leur impact sur la théorie des nombres, la théorie des représentations et les domaines apparentés »
2014   Iakov Sinaï[14]   Russie
  États-Unis
Université de Princeton « pour ses contributions fondamentales aux systèmes dynamiques, à la théorie ergodique et à la physique mathématique »
2015   John Forbes Nash   États-Unis Université de Princeton « pour des contributions fondamentales et absolument remarquables à la théorie des équations aux dérivées partielles non linéaires et ses applications à l'analyse géométrique »
  Louis Nirenberg[2]   Canada
  États-Unis
Courant Institute of Mathematical Sciences
2016   Andrew Wiles[15]   Royaume-Uni Université d'Oxford « pour sa démonstration stupéfiante du dernier théorème de Fermat en utilisant la conjecture de modularité pour les courbes elliptiques semi-stables, ouvrant une ère nouvelle en théorie des nombres »
2017   Yves Meyer[16]   France École normale supérieure Paris-Saclay « pour ses contributions déterminantes à la théorie des ondelettes »
2018   Robert Langlands[17]   Canada Institute for Advanced Study (Princeton) « pour son programme visionnaire qui relie la théorie des représentations et la théorie des nombres »
2019   Karen Uhlenbeck[18]   États-Unis Université du Texas à Austin « pour son travail fondamental dans l’analyse géométrique et la théorie de jauge qui a radicalement modifié le paysage mathématique »[19]

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Alfred Nobel ne s'est jamais expliqué sur la motivation de l'absence des mathématiques parmi les disciplines qui sont récompensées par un Prix Nobel. Certains ont invoqué, très probablement à tort, une contrariété personnelle.

RéférencesModifier

  1. « Mathématiques : quelle pérennité pour le prestige français ? », intervention de Michel Broué dans l'émission de Science publique du (8 min 10 dans le podcast).
  2. a et b (en) « John F. Nash, Jr. and Louis Nirenberg share the Abel Prize », sur The Abel Prize (Site officiel), (consulté le 27 mars 2015).
  3. (en) « Serre Receives Abel Prize », Notices of the AMS,‎
  4. (en) « Atiyah and Singer Receive 2004 Abel Prize », Notices of the AMS,‎ (lire en ligne, consulté le 27 mars 2015)
  5. (en) Eric W. Weisstein, « Peter Lax Receives 2005 Abel Prize », sur mathworld.com, (consulté le 27 mars 2015)
  6. (en) Eric W. Weisstein, « Lennart Carleson Receives 2006 Abel Prize », sur mathworld.com, (consulté le 27 mars 2015)
  7. (en) « Complex Math, Simple Sum: 3 Awards in 5 Years », sur nytimes.com, (consulté le 27 mars 2015)
  8. (en) « Mathematicians rewarded for decoding symmetry », sur nature.com, (consulté le 27 mars 2015)
  9. (en) « Norway's king hands prize to Russian-born mathematician », sur topnews.in, (consulté le 27 mars 2015)
  10. (en) « Texas Mathematician John Tate Wins Abel Prize, Highest Distinction in Mathematics Internationally », sur utexas.edu, (consulté le 27 mars 2015)
  11. « John Milnor reçoit le prix Abel 2011 », sur larecherche.fr, (consulté le 27 mars 2015)
  12. (en) « Hungarian mathematician Endre Szemerédi gets 2012 Abel Prize », sur thehindu.com, (consulté le 27 mars 2015)
  13. (en) « Belgian-born Pierre Deligne named Abel Prize winner », sur The Abel Prize (Site officiel), (consulté le 20 mars 2013).
  14. (en) « Sinai receives Abel Prize for lifelong influence on mathematics », sur princeton.edu, (consulté le 27 mars 2015)
  15. (en) « Fermat's last theorem earns Andrew Wiles the Abel Prize », Nature, (consulté le 15 mars 2016)
  16. « Le Français Yves Meyer remporte le prix Abel de mathématiques », Le Monde, (consulté le 21 mars 2017)
  17. « El científico que ocupa el despacho de Albert Einstein gana el Nobel de las Matemáticas », El País, (consulté le 20 mars 2018)
  18. « Prix Abel de mathématiques. L'Américaine Karen Uhlenbeck, première femme lauréate », Ouest France, (consulté le 19 mars 2019)
  19. « Le prix Abel de mathématiques attribué à une femme pour la 1re fois », (consulté le 19 mars 2019)

Lien externeModifier