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Pollution

décrit l'insertion de composants dans l'environnement qui causent des dommages (pour les humains, les animaux et les plantes)

La pollution est la dégradation d'un écosystème par l'introduction, généralement humaine, de substances ou de radiations altérant de manière plus ou moins importante le fonctionnement de cet écosystème[1]. Par extension, le mot désigne aussi parfois les conséquences de phénomènes géologiques comme une éruption volcanique[2].

La pollution a des effets important sur la santé et la biosphère comme en témoigne l'exposition aux polluants et le réchauffement climatique qui transforme le climat de la Terre et son écosystème, en entraînant l'apparition de maladies inconnues jusqu'alors dans certaines zones géographiques, des migrations de certaines espèces, voire leur extinction si elles ne peuvent s'adapter à leur nouvel environnement biophysique.

La Seconde Guerre mondiale est suivie d'une prise de conscience des répercussions des activités humaines sur l'environnement et la santé, parallèlement à la naissance de l'écologisme et de l'écologie. Les préoccupations de santé environnementale conduisent les gouvernements à prendre des mesures pour limiter l'empreinte écologique des populations humaines et pour contrer des activités humaines contaminantes.

Les premières grandes pollutions semblent avoir été induites par la révolution industrielle, permise par les machines à vapeur et le charbon. Cheminées industrielles, par Eugen Bracht (1842–1921), tableau daté de 1905.
Fumées industrielles généralement chargées de résidus de combustion.

En 2012 selon l'OMS, plus de 7 millions de personnes sont mortes prématurément à cause de la pollutions de l'air (extérieur et domestique) ; l'Asie et le Pacifique étant les régions les plus touchées[3].

En 2017, le journal The Lancet a estimé qu'au moins 9 millions de personnes sont prématurément mortes en 2015 à cause de la pollution (soit une mort « prématurée », c'est à dire avant 65 ans, sur six)[4].

Sommaire

Notion de pollutionModifier

 
Signalisation de produit polluant.

Pollution vient du latin polluere (= por + luo) qui signifie « souiller en mouillant », « salir » et surtout « profaner » [5].

Historiquement, la pollution est la profanation ou la souillure d'un objet ou d'une demeure sacrée par des substances impures[6]. C'est clairement un mot d'origine cultuelle[7].

Au sens large, la pollution peut être anthropique (c'est-à-dire induite par l'Homme) ou d'origine non-humaine (rejet de méthane des ruminants).

Le Dictionnaire de l'environnement. Les termes normalisés[8] de l'AFNOR définit le polluant comme un altéragène biologique, physique ou chimique, qui au-delà d'un certain seuil, et parfois dans certaines conditions (potentialisation), développe des impacts négatifs sur tout ou partie d'un écosystème ou de l'environnement en général.

Il est question de « pollution diffuse », lorsque les sources d'un polluant sont multiples (pots d'échappement, épandage de pesticides..) et de « pollution chronique » lors d'émissions répétées ou constante de polluant, et parfois lorsqu'un polluant est très rémanent.

La notion de pollution appelle donc celle de contamination d'un ou plusieurs composants des écosystèmes (air, eau, sol), d'un organisme (qui peut être l'être humain) ou d'un groupe d'organismes, ou ayant une incidence sur l'écosystème, au-delà d'un seuil ou norme. La contamination peut notamment s'étendre ou se modifier via le réseau trophique (chaîne alimentaire) (bioconcentration, bioturbation).

La science qui étudie les pollutions est la molysmologie.

Histoire de la pollutionModifier

 
Pollution aérienne aux États-Unis, 1973

Une certaine pollution de l'air a toujours accompagné les progrès de la civilisation.

La pollution commence dès la préhistoire, avec la maîtrise du feu : « la suie trouvée sur le plafond des grottes préhistoriques est une preuve évidente de ce que les foyers entraînaient un niveau élevé de pollution du fait d'une ventilation insuffisante  »[9]

La métallurgie de l'âge du bronze puis de l'âge du fer a marqué un tournant dans la pollution de l'environnement extérieur. Les carottages des glaciers du Groenland ont révélé un accroissement de la pollution associée à la métallurgie des grecs, des romains et des chinois[10]. Mais à cette époque, la pollution était comparativement faible, et n'avait pas d'impact environnemental significatif.

Les concentrations urbaines ont constitué la source majeure de pollution tout au long de notre histoire. Les villes concentraient la présence et les déjections de nombreux hommes et de chevaux, conduisant à des pollutions de l'air et de l'eau. La nécessité de les évacuer (dans l'eau courante du fleuve) a conduit aux premiers systèmes d'égouts comme le Cloaca Maxima. C'est à cause de la puanteur qu'elles dégagent que les tanneries ont de tout temps été excentrées et placées en aval des villes. La combustion massive de bois et de charbon conduit également à des pollutions de l'air. Ainsi, en Angleterre, Édouard Ier édicta en 1272 une proclamation interdisant l'usage de la houille bitumineuse à Londres, alors d'usage très courant, après que la fumée que produisait son usage massif soit devenu insupportable[11],[12].

Le développement des métropoles agrava le problème. Londres connu ainsi l'un des pires cas de pollution de l'eau avec la Grande Puanteur de 1858, qui entraîna la construction d'égouts à grande échelle et une nouvelle politique appelée « révolution sanitaire », et le mouvement hygiéniste[13]. Berlin était dans une situation similaire en 1870, comme en témoigne August Bebel :

« Les eaux usées sortent des maisons pour couler dans les caniveaux, dégageant une puanteur épouvantable. Il n'y a pas de toilettes publiques dans les rues ; les gens de passages, et particulièrement les femmes, sont souvent sans ressource quand la nature rappelle ses exigences. Dans les bâtiments publics, les installations sanitaires étaient incroyablement primitives. En tant que métropole, ce n'est qu'après 1870 que Berlin est passée de la barbarie à la civilisation. »[14].

C'est la révolution industrielle qui a conduit la pollution aux niveaux connus de nos jours. La combustion massive de charbon amena la pollution de l'air à des niveaux sans précédents, les industries déchargèrent leurs effluents chimiques et leurs déchets sans traitements particuliers, polluant les cours d'eau, les nappes phréatiques et les sources d'eau potable.

En Amérique, Chicago et Cincinnati furent les deux premières villes à passer des réglementations pour lutter contre la pollution de l'air. Vers le milieu du XXe siècle, le smog provoqué par les échappements automobiles était devenu un problème majeur dans des villes comme Los Angeles[15], ou Donora[16] Londres connu son pire épisode de pollution atmosphérique avec le Grand Smog de 1952, dont on estime qu'il a pu faire 12 000 morts.

D'autres catastrophes environnementales dues à de la pollution chimique massive conduisirent à une sensibilisation croissante de l'opinion : scandale de Love Canal, intoxications massives au mercure de Minamata au Japon, etc.

C'est à la suite de tels événements que la préoccupation environnementaliste se développa, et que des lois et conventions internationales furent développées pour lutter contre la pollution.

Origines des pollutionsModifier

 
Plage polluée de bouteilles en plastique sur les rives de la Mer Rouge en Égypte.

Les pollutions d'origine humaine, dites aussi anthropiques, ont de nombreuses formes en pouvant être locales, culturelles, ponctuelles, accidentelles, diffuses, chroniques, génétiques, volontaires, involontaires, etc.

Cette pollution est une diffusion directe ou indirecte dans l'environnement de polluants. Ce sont souvent des sous-produits involontaires d'une activité humaine, comme les émissions des pots d'échappement ou des installations de combustion. Les déchets de produits de consommation courante (emballages, batteries usagées) jetés sans précautions dans l'environnement biophysique et dans l'environnement humain, constituent également une source de pollution très fréquente. Il peut aussi s'agir de phénomènes physiques (comme la chaleur, la lumière, la radioactivité, l'électromagnétisme, etc.).

Le caractère impur ou malsain est généralement relatif car dépendant de la dose, de la durée d'exposition, d'éventuelles synergies, etc. Il est relatif :

  • soit à leur nature de « poison » pour l'Homme ou l'environnement (exemple : mercure de la baie de Minamata ; smog londonien généré par la combinaison d'un phénomène climatique naturel et d'émissions causées par le chauffage urbain) ; par extension, le simple caractère désagréable, même sans danger, peut suffire à invoquer le qualificatif de pollution là où le mot "nuisance" est souvent préféré ;
  • soit à leur nature tératogène (provoquant des malformations chez les nouveau-nés), même non associée à un caractère toxique;
  • soit à leur nature de perturbateur endocrinien ;
  • soit, en dépit de leur caractère non directement toxique pour l'homme et les êtres vivants, à leur capacité éventuelle à changer ou perturber le fonctionnement d'un écosystème ou de la biosphère,
  • soit en détruisant la vie (exemple : insecticides) ou ses conditions (exemple : chlorofluorocarbones détruisant la couche d'ozone),
  • soit au contraire en surfavorisant certaines expressions (exemple : nitrates ou phosphates agricoles, favorisant une flore nitrophile au détriment des autres espèces, voire l'eutrophisation ou la dystrophisation des zones humides, baies marines, évoluant vers des zones mortes dans les cas les plus graves).
  • Il peut aussi s'agir d'introduction d'espèces ou de pollution génétique pouvant perturber le fonctionnement des écosystèmes, c'est-à-dire l'introduction d'espèces ou de gènes dans un biotope d'où ils étaient absents (p. ex. rat musqué ou OGM) ou de pollution par des gaz à effet de serre tels que le gaz carbonique ou le méthane, cf. infra.

Des pollutions d'origine environnementale peuvent être dues :

  • aux conséquences directes ou indirectes de catastrophes naturelles, tels que le volcanisme
  1. à une pollution liée à des phénomènes naturels, tels que les éruptions solaires ;
  2. à une pollution d'un captage d'eau potable par un animal qui fera ses besoins à proximité, ou qui serait mort et en décomposition dans l'eau.
  3. à la production de toxines lors du phénomène d'efflorescence algale

Milieux polluésModifier

Parmi tous les polluants existants, il faut annoter que certains d'entre eux sont beaucoup plus nocifs que les autres, soit :

  • selon leur toxicité
  • selon leurs persistances dans les différents compartiments de l'environnement
  • selon leurs concentrations locales ou globales, dans n'importe quel compartiment
  • selon la possibilité de traitement, qui est différent et variable d'un polluant à un autre

Parmi ces substances nocives, on y retrouve généralement des composés tels que les POP (polluants organiques persistants), les PCB (polychlorobiphényls) et les métaux lourds.

Pollution de l'airModifier

 
Pollution atmosphérique au-dessus de Paris.
Article détaillé : Pollution de l'air.

La pollution de l'air, provoquée par des polluants dits atmosphériques est souvent diffuse et donc plus délicate à réglementer efficacement dans un cadre local ou national que beaucoup d'autres formes de pollutions (de même pour les pollutions marines). Des conventions mondiales visent les polluants destructeurs de la couche d'ozone ou les gaz à effet de serre (tous capables de modifier le fonctionnement planétaire du monde vivant). Elle intègre la pollution biologique induite par des taux anormaux ou anormalement allergènes de microbes, virus, pollens ou de spores fongiques. Les effets allergènes (rhinite, conjonctivite, asthme) de ces particules biologiques sont en augmentation, et ils semblent souvent exacerbés par les polluants urbains, routiers et de l'industrie[17].

Une mauvaise qualité de l'air peut tuer de nombreux d'organismes polluo-sensibles et causer des morts prématurées, via notamment des complications respiratoires, des maladies cardiovasculaires. Elle cause aussi une inflammation de la trachée, des douleurs abdominales et une congestion. Les enfants, les personnes âgées et les personnes ayant des problèmes pulmonaires ou cardiovasculaires y sont beaucoup plus vulnérables. Ainsi les enfants exposés aux pollutions automobiles développeraient plus facilement asthme, infections ORL, allergies respiratoires et cancers, les enfants en poussette étant particulièrement exposés à ce type de pollution[18].

Des études estiment à 50 000 le nombre de victimes de la pollution de l'air aux États-Unis[19]. En Europe, la pollution de l'air est à l'origine de plus de 500 000 morts par an[20].

En mars 2014, une grande partie de la France (30 départements) est en état d'alerte maximale [21], et Paris est plongé dans un épaisse brume de pollution, au point que la Tour Eiffel n'est presque plus visible[22]. En 2017 l’AEE (Agence européenne pour l’environnement) concluait que 500 000 européens mourraient chaque année prématurément (avant 65 ans) à cause de la pollution de l’air et une autre étude[23], de la revue médicale The Lancet a porté cette estimation à 6,5 millions de morts pour la planète en 2015[4], ce bilan étant selon les auteurs sous-estimés en raison du fait que beaucoup de produits potentiellement toxiques mis sur le marché n'ont jamais subi de tests de toxicité/écotoxicité et d’évaluation en termes de santé environnementale.


Pollution de l'eauModifier

 
Pollution dans un canal à sec à Ouagadougou (Burkina Faso).
 
Dépollution après la marée noire de l'Exxon Valdez.
Article détaillé : Pollution de l'eau.

La pollution de l'eau peut avoir diverses origines parmi lesquelles :

l'industrie 
dont ses sous-produits sont une des sources de pollution de l'eau parmi les plus importantes. Il s'agit essentiellement des produits chimiques et d'hydrocarbures (par exemple : dégazage) ;
l'agriculture 
dont l'utilisation excessive de produit chimique (entre autres avec l'épandage du lisier) finissent soit dans les nappes phréatiques soit dans les cours d'eau par ruissellement ;
L’automobile 
dont les rejets d'hydrocarbures (carburants imbrulés, huile, etc.) finissent dans les cours d'eau s'ils ne sont pas captés et recyclés correctement ;
les eaux usées 
si elles ne sont pas traitées correctement, peuvent être une source de pollution de l'eau. Dans la plupart des pays développés comme en France des législations ont été mises en place obligeant à un traitement des eaux usées, afin de réduire ce type de pollution.

La pollution des eaux cause 14 000 décès par jour, pollution principalement la conséquence de mauvais traitements des eaux usées dans les pays en voie de développement. Il est estimé que 700 millions d'indiens n'ont aucun accès à l'hygiène et qu'un millier d'enfants meurt chaque jour de diarrhée infectieuse[24]. Près de 500 millions de Chinois n'ont aucun accès à de l'eau potable[25].

En 2009, l'Association Santé Environnement France et le WWF ont mené une étude sur l'imprégnation aux PCB des riverains du Rhône. Les conclusions du rapport ont mis en évidence un lien entre la consommation de poissons ainsi que le lieu de vie et le niveau d’imprégnation aux PCB [26].

Pollution des solsModifier

La pollution du sol peut être diffuse ou locale, d'origine industrielle, agricole (utilisation excessive d'engrais, de pesticidesetc. qui s'infiltrent dans les sols). Ces pollutions agricoles peuvent avoir plusieurs impacts sur la santé humaine en contaminant par bioaccumulation ou diffusion par ruissellement.

Types de pollutionModifier

Pollution chimiqueModifier

Pollution électromagnétiqueModifier

Pollution sonoreModifier

Article détaillé : Pollution sonore.

La pollution sonore cause une perte d'audition, de l'hypertension, du stress et des troubles du sommeil. Le mercure est lié à des déficits développementaux chez les enfants et à des symptômes neurologiques[27].

Impacts sur la santé des espècesModifier

Impacts sur la santé humaineModifier

Selon les estimations de l'Organisation mondiale de la santé, 12,6 millions de personnes sont décédées en 2012 du fait d’avoir vécu ou travaillé dans un environnement insalubre, soit près d’un quart des décès dans le monde. Les facteurs de risque environnementaux, tels que la pollution de l’air (8,1 millions de décès), de l’eau et des sols, l’exposition aux substances chimiques, le changement climatique ou le rayonnement ultraviolet, contribuent à la survenue de plus de 100 maladies ou traumatismes. Les accidents vasculaires cérébraux (2,5 millions de décès par an), les cardiopathies (2,3 millions), les cancers (1,7 millions) et les affections respiratoires chroniques (1,4 millions) représentent aujourd’hui près des deux tiers des décès liés à des causes environnementales. On constate une baisse du nombre de décès entraînés par des maladies infectieuses, telles que les maladies diarrhéiques et le paludisme, souvent liées au manque d’eau, au défaut d’assainissement et à la mauvaise gestion des déchets. Cette baisse s’explique principalement par une amélioration de l’accès à l’eau potable et aux moyens d’assainissement. Ces décès sont surtout concentrés dans les régions de l'Asie du Sud-Est (3,8 millions), du Pacifique occidental (3,5 millions) et de l'Afrique (2,2 millions)[28].

Morts prématuréesModifier

Un rapport publié en octobre 2017 dans la revue The Lancet évalue le bilan des maladies dues à la pollution à 9 millions de morts prématurées, soit 16 % de l'ensemble des décès survenus dans le monde en 2015, soit 15 fois plus que les décès dus aux conflits qui ont sévi sur la planète cette année-là. La pollution de l'air est responsable de 6,5 millions de décès (maladies cardiaques, AVC, cancers du poumon et broncho-pneumopathies chroniques) ; la pollution de l'eau causerait pour sa part la mort de 1,8 million de personnes par maladies gastro-intestinales et infections parasitaires, et la pollution sur le lieu de travail abrègerait la vie d'environ 800 000 personnes, du fait de leur exposition à des substances toxiques ou cancérigènes, chiffre probablement en-dessous de la réalité, selon le rapport. A elles seules, l'Inde et la Chine représentent près de la moitié du total mondial des morts par pollution, avec respectivement 2,5 millions et 1,8 million de décès[29].

Globalement, plus de 7 millions de morts étaient attribuables en 2012 aux effets des pollutions de l'air extérieure et domestique, et les régions de l'Asie et du Pacifique sont les plus touchées[30]. Au moins 656 000 individus meurent prématurément chaque année en Chine à cause de la pollution de l'air. En Inde, elle causerait 527 700 décès par an[31].

Il est estimé que 700 millions d'indiens n'ont aucun accès à l'hygiène et qu'un millier d'enfants meurt chaque jour de diarrhée infectieuse[24].

Troubles de l'activité cérébralesModifier

Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (produits de la combustion des hydrocarbures) seraient responsable d'un ralentissement de l'activité cérébrale (réduction de la substance blanche dans le cerveau des enfants)[32].

Impact sur la reproduction humaineModifier

En 2017, une équipe de chercheurs chinois et taïwanais met en évidence un lien entre l'exposition aux particules fines présentes dans l'air et la qualité des spermatozoïdes humains. L'étude est selon les chercheurs qui l'on menée peu fiable, car comportant de nombreux biais environnementaux.[33]

Impacts sur les espèces animalesModifier

Lutte contre la pollutionModifier

Conventions internationales et règlementationsModifier

Plusieurs conventions internationales portent sur les pollutions marines, animées par les commissions OSPAR et HELCOM notamment.

La Commission européenne a présenté le un projet de directive visant à condamner de manière uniforme au sein de l'Union européenne les crimes environnementaux[34]. Actuellement (février 2007), la définition varie fortement d'un État membre à l'autre, avec des sanctions jugées souvent "insuffisantes" par la Commission. Franco Frattini, le Commissaire chargé de la Justice, à la liberté et à la sécurité a déclaré que 73 % des « crimes verts » sont causés par les entreprises, il fallait donc les pénaliser plus fortement. C'est ainsi que des amendes allant de 750 000 euros à 1,5 million d'euros peuvent être infligées, ainsi que pour les personnes, des peines de prison allant de 5 à 10 ans[35].

Les crimes pris en compte par ce projet sont notamment : émissions illicites de substances dangereuses, transport illicite de déchets et commerce illicite d'espèces menacées.

Définition légaleModifier

D'un point de vue législatif, dans la plupart des pays, le mot « pollution » qualifie la contamination d'un milieu par un agent polluant au-delà d'une norme, seuil, loi, ou hypothèse ; il peut s'agir de la présence d'un élément, de chaleur ou rayonnement dans un milieu ou dans un contexte où il est normalement absent à l'état naturel. Généralement, néanmoins, ce n'est pas simplement la présence mais plutôt la surabondance de l'élément dans un milieu où il est naturellement en équilibre (par exemple un métal lourd fixé dans les complexes argilohumiques et peu biodisponible) ou présent en plus faible quantité qui crée la pollution.

Selon l'article 1 de la Convention internationale OSPAR : « on entend par "pollution" : l'introduction par l'homme, directement ou indirectement, de substances ou d'énergie dans la zone maritime, créant ou susceptibles de créer des risques pour la santé de l'homme, des dommages aux ressources biologiques et aux écosystèmes marins, des atteintes aux valeurs d'agrément ou des entraves aux autres utilisations légitimes de la mer. »

La législation européenne définit la pollution comme « l'introduction directe ou indirecte, par suite de l'activité humaine, de substances ou de chaleur dans l'air, l'eau ou le sol, susceptibles de porter atteinte à la santé humaine ou à la qualité des écosystèmes aquatiques ou des écosystèmes terrestres dépendant directement des écosystèmes aquatiques, qui entraînent des détériorations aux biens matériels, une détérioration ou une entrave à l'agrément de l'environnement ou à d'autres utilisations légitimes de ce dernier » et un polluant comme une « substance pouvant entraîner une pollution, en particulier celles figurant sur la liste de l'annexe VIII » [36]. Ces définitions abordent le problème de l'eau et évitent ceux des sols qui sera traité par le biais de la directive sol[37].

Marquage environnementalModifier

De ce point de vue, en l'absence d'impact sur la santé ou sur le fonctionnement des écosystèmes marins, il n'y a pas de pollution au sens légal du terme (mais l'environnement peut être plus ou moins « marqué », de manière détectable, par des substances dont on sait par ailleurs qu'elles sont potentiellement polluantes à forte dose).

En France, dans le domaine juridique, pour les produits soumis à des normes ou seuils, on ne devrait donc théoriquement parler de pollution que dans le cas de dépassement des seuils ou normes, ces seuils étant eux-mêmes fixés en fonction de l'impact biologique que les substances considérées peuvent avoir. Ceux-ci sont listés dans un rapport de l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (INERIS) [38] qui rapporte des valeurs dans un même milieu avec des unités identiques, ce qui n'est pas toujours le cas dans les textes réglementaires. Les valeurs, en vigueur au , y sont données pour information. Il convient donc après cette date de vérifier qu'elles n'ont pas été modifiées ou abrogées, et de systématiquement se référer aux textes originaux.

Inversement, en France, en l'absence de loi ou de normes spécifiques aux pollutions anciennes liées aux séquelles de guerre, des territoires que l'on sait très fortement contaminés (les forêts de la Zone rouge de Verdun par exemple) ne sont pas officiellement reconnues comme polluées[réf. nécessaire] ; Aucune recommandation concernant les produits alimentaires issus de ces sols ne semble jamais avoir été émise par les autorités[réf. nécessaire] préfectorales ou ministérielles. Ceci vaut pour les champignons qui peuvent fortement accumuler les métaux lourds, mais aussi pour les sangliers.

Recherche des sources, causes ou responsabilitésModifier

Depuis très longtemps, la justice ou les autorités cherchent en cas de pollution grave ou chronique à identifier les causes et les responsables.
Au XXe siècle, les méthodes d'Investigation environnementale, parallèlement à l'évaluation environnementale se sont développées (en France, souvent sous l'égide des DRIREs (devenues DREALs) et des Agences de l'Eau depuis que ces entités existent.
Alors que le droit de l'environnement se développe, et sur le modèle anglophone du mot forensic, on parle maintenant de « forensie environnementale » pour décrire les enquêtes et méthodes mobilisées par les experts appelés à chercher des preuves et des faits scientifiques utilisables devant un tribunal [39].

AssociationsModifier

Selon le type de pollution, il existe différentes associations qui agissent au quotidien : soit par des études scientifiques, soit par des mesures quotidiennes, soit par des actions locales, ou soit par de la prévention.

On peut citer le projet CERPA, de l'AASQA qui mesure la qualité de l'air, et qui publie régulièrement des études scientifique sur le sujet[40]. Ou encore, l'Association française de protection des plantes qui délivre des conseils recommandant l'utilisation de certains herbicides face à ceux composées de glyphosate.

Il arrive que des associations dont le but premier n'est pas l'environnement ou la pollution effectue ce genre de taches, comme l'Association Francaise des Capitaines de Navires, qui effectue des mesures de la pollution liée aux Marée Noire, et aux déchets d'hydrocarbures lors de transports maritimes[41].

Au niveau des actions locales, des nettoyages citoyens sont régulièrement organisés par des associations plus ou moins grandes, tels que Surfrider Foundation Europe et Let's do it! World.

L'Association santé environnement France (ASEF) donne des conseils pour lutter contre la pollution interieure et protéger sa santé avec son petit guide vert du bio-air intérieur[42].

MesuresModifier

Des atlas ou cadastres des pollutions se mettent peu à peu en place aux échelles communales à mondiales pour certains polluants, concernant les émissions et/ou les pollutions de stock.

L'Europe dispose ainsi d'un registre européen des émissions polluantes (Eper) couvrant cinquante polluants (eau et air uniquement), émis par les principales (grandes et moyennes) installations industrielles. Il a permis de conclure[43][réf. insuffisante] mi 2007 à un « bilan mitigé ». Si on observe une diminution de deux tiers des cinquante polluants industriels suivis, notamment azotés dans l'eau (-14,5 % dans l'eau), phosphore (-12 % dans l'eau) et dioxines et furanes (-22,5 % dans l'air) ; ces améliorations sont contrebalancées par une hausse des émissions de certains polluants dont le CO2 que la commission espérait réduire grâce à l'introduction du système communautaire d'échange de quotas d'émission.
L'Eper sera en 2009 remplacé par un registre européen des rejets et des transferts de polluants (PRTR européen) construit à partir des données de 2007, cette fois pour plus de 91 substances d'industries dans 65 domaines d'activité. Et les émissions diffuses du trafic autoroutier, chauffage domestique et l'agriculture» y seront ajoutées[44].

En France, il existe un régime de déclaration annuelle obligatoire de certaines émissions polluantes et des déchets (par exemple pour les installations classées pour la protection de l'environnement et les exploitants de station d'épuration d'eaux urbaines[45].

Au niveau local, des Samu de l'environnement se créent en France, dont l'objectif principal est de fournir des laboratoires mobiles capables de mesurer rapidement et sur site pollué plusieurs centaines de paramètres physico-chimiques et biologiques.

Rôle des indicateursModifier

L'étude de l'impact d'un polluant relève du domaine de l'écotoxicologie. Il est cependant difficile de mesurer l'impact de polluants multiples agissant en synergies, comme cela est le cas par exemple pour le syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles. L'application de l'écotaxe ou du principe pollueur-payeur a nécessité que l'on crée des indices de pollution. L'une des unités retenues en France est le métox, mais uniquement pour huit polluants de type métaux et métalloïdes (arsenic, cadmium, chrome, cuivre, mercure, nickel, plomb et zinc[46]).

Les 10 sites les plus pollués au mondeModifier

La Croix verte internationale, en collaboration avec le Blacksmith Institute, a rendu un rapport[47] en 2013, concernant les 10 sites les plus pollués au monde, se trouvant dans 8 pays. Ces lieux pollués menacent gravement la santé de centaines de milliers de personnes par inhalation directe, ingestion d'aliments ou contact cutané. Parmi ces sites, figurent :

Aspects nationauxModifier

En FranceModifier

Selon L'Atlas de la France toxique (2016), les villes françaises les plus polluées sont Marseille, Paris et Lyon. "Marseille est la ville la plus polluée en ce qui concerne les particules fines", "Lyon prend la tête du classement des sites sensibles et contaminés, avec 68 sites représentant un danger sérieux pour la population", "Paris est la ville la plus radioactive avec 36 sites de stockage des déchets nucléaires[48]. Lyon et Marseille se partagent la deuxième place de ce classement, avec 14 sites de stockage des déchets nucléaires[49]".

Les villes les moins polluées se situent généralement dans l'ouest de la France : Vannes, Limoges, Brest[50].

Les zones rurales ne sont pas épargnées du fait notamment de leur utilisation intensive des pesticides.

Pollution de l'airModifier

La pollution de l'air a deux origines, (interne et externe) :

L'air extérieur 
Les émissions de particules fines en France proviennent du chauffage domestique (34%), de l'industrie (31%), à de l'agriculture (21%), et des transports (14%). Une partie des particules provient aussi de rejet de zones industriels et de centrales à charbon de l'étranger.
En 2000, les particules fines provoquaient 42 000 décès prématurés chaque année dans la population de plus de 30 ans[51].
En 2016, "les décès provoqués par cette pollution liée aux activités humaines (transports ; industrie ; chauffage avec des énergies fossiles comme le fuel ; agriculture, etc.) correspondent à 9 % de la mortalité en France continentale (hors Corse et outre-mer, soit près de 62 millions d'habitants), d'après une étude de Santé publique en France.
« Le fardeau (le poids sanitaire) de la pollution de l'air (48 000 morts par an) se situe au troisième rang, derrière celui du tabac (78 000 morts par an) et de l'alcool (49 000 morts) », souligne le professeur François Bourdillon, directeur général de cet organisme public, selon lequel il s'agit d'une « espèce de mortalité invisible. »
Cette pollution représente « une perte d'espérance de vie pour une personne âgée de 30 ans pouvant dépasser deux ans », souligne l'étude. La perte d'espérance de vie est, en moyenne, plus élevée dans les grandes villes (15 mois et plus), mais elle n'épargne pas les zones rurales (neuf mois)[52].
Un médecin[Qui ?] met en garde contre la pratique du jogging en milieu urbain, en raison de l'hyperventilation pendant l'effort : « La pollution fait diminuer l’espérance de vie des Parisiens de six mois en moyenne, et il est probable que la pratique du sport en milieu pollué augmente les risques de pathologies respiratoires comme les cancers du poumon », estime le docteur Gilles Dixsaut, membre du comité stratégique de la Fondation du Souffle contre les maladies respiratoires.[...] À Paris la place Victor-et-Hélène-Basch (dans le 14e), le boulevard Haussmann (dans le 9e) et les Champs-Élysées (dans le 8e) sont les artères les plus empoisonnées de la capitale[53]".
Cependant, une étude de 2016[54] permet de déterminer le seuil en deçà duquel les bienfaits de l'exercice physique restent supérieurs aux méfaits de la pollution de l'air. Ainsi, à Paris, il faudrait pédaler pendant plus de 8 heures pour dépasser ce seuil.
L'air intérieur 
Depuis le Les bâtiments accueillant du public doivent contrôler régulièrement les moyens de ventilation et la qualité de l'air intérieur[55]. De nombreuses avancées ont vu le jour notamment dans les habitations grâce à la ventilation mécanique par insufflation qui permettent de réduire considérablement la pollution de l'air intérieur[56].

Les sols polluésModifier

La Base de données du ministère de l'Écologie et du Développement durable sur les sites pollués[57] permet d'établir une carte des sols pollués en France.

  • L'usage massif des pesticides pollue gravement plusieurs départements français, notamment, selon L'Atlas de la France toxique (2016), l'Aube, la Marne, la Somme, la Gironde, le Pas-de-Calais etc[58].
  • L'amiante : Selon l’L'Atlas de la France toxique l'amiante "tuera entre 100 000 et 200 000 personnes en France dans les quarante prochaines années[58]".
  • Les déchets de guerre : "les munitions tirées lors des trois grandes guerres qu’a connues la France (1870, 1914-1918, 1939-1945), mais non explosées, qui dorment dans les forêts, les champs et autres lacs, grottes et gouffres[58]".
  • Les anciens sites miniers non ou mal dépollués : un exemple parlant de pollution minière (qui se perpétue après la fermeture du site) est celui de Saint-Félix-de-Pallières et de Thoiras, aux abords du Parc national des Cévennes, scandale analysé de manière détaillée par RFI[59].
  • Les anciennes friches industrielles : de nombreux éco-quartiers en France sont édifiés sur d'anciennes friches industrielles ou d'anciennes décharges (vendues à bas prix). Le documentaire télévisuel "Pollution des sols, le scandale caché", se penche notamment sur le cas de Limeil-Brévannes, commune qui présente un éco-quartier, et montre que les entreprises de dépollution dépolluent très superficiellement les sols, en les grattant, puis posent une toile isolante, avec 50 cm ou 1 mètre de terre propre au-dessus. Les experts privés qui valident le travail de dépollution sont payés par l'entreprise qui a effectué cette dépollution ; il n'y a pas de contre-expertise. Enfin, à Limeil-Brévannes, l'entreprise qui avait entrepris la dépollution du site avait recommandé d'interdire aux futurs propriétaires de consommer les produits de leur jardin, cependant cette recommandation n'a jamais figuré dans les contrats de propriété. Le préfet a rejeté la requête de la maire de Limeil-Brévannes qui souhaitait conduire une enquête épidémiologique[60].

Les eaux polluéesModifier

La loi no 92-3 sur l'eau du vise une gestion globale de la ressource en eau et des milieux aquatiques. Elle s'appuie sur des principes de partage de cette ressource entre les usagers et de protection des écosystèmes. Elle soumet à un régime de déclaration et d'autorisation (selon le même principe que la réglementation sur les I.C.P.E) certaines installations, ouvrages et travaux entraînants un prélèvement sur les eaux superficielles ou souterraines, une modification du niveau ou du mode d'écoulement des eaux ou un rejet. La Mission Inter-Service de l'Eau (MISE), regroupement départementale des services de l'État (DDASS, DDAF, DDE, DRIRE, DIREN…) est chargée d'assurer la police de l'eau.

Afin de permettre une gestion équilibrée de l'eau, la France a été découpée en six bassins versants hydrogéographiques principaux. Sur chacun de ces bassins les modalités de cette gestion sont définies dans un Schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE). Ce document se développe en trois points : un état des lieux des milieux aquatiques, et des ressources ; les objectifs de gestion, de qualité et de quantités à atteindre ; et les mesures à prendre pour satisfaire ces objectifs.

Afin de permettre une gestion plus proche des exigences locales, un outil à l'échelle de plus petites unités hydrogéographiques (sous-bassins) a été mis en place : le Schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE).

AutresModifier

Dans de nombreux pays, une réglementation sur certaines installations classées vise les installations susceptibles de présenter un danger pour l'environnement, le voisinage ou la personne. Ces installations appelées en France ICPE (installations classées pour la protection de l'environnement), répertoriées dans une nomenclature, sont tenues avant leur mise en activité ou avant un changement ou une diversification de leur activité de présenter au préfet un dossier répertoriant toutes les nuisances qu'elles sont susceptibles de provoquer et les moyens qu'elles comptent mettre en œuvre pour les prévenir et les réparer le cas échéant. Ces activités répertoriées soit simplement déclarées (dépôt du dossier avec récépissé attestant que le dossier est complet et conforme à la législation, soit soumises à autorisation (pour les installations présentant les risques les plus importants).

Des taxes et redevances sont dues pour certaines pollutions, en vertu du principe du pollueur-payeur, qui fait assumer la charge financière de la prévention, de la réduction et de la lutte contre la pollution au pollueur.
Dans cette optique, les équipements et produits polluants sont plus taxés (par des écotaxes) que des produits dits écologiques.
Une redevance pour pollutions diffuses est par exemple due par les distributeurs de pesticides et de semences pré-enrobées. Son assiette est basée sur une liste de substances (actualisée annuellement en fonction des évolutions de la connaissance ou de la réglementation)[61].
Les nouvelles listes sont mises en consultation publique par le ministère de l'Environnement, avec le projet d'arrêté d'actualisation. Par exemple en 2016, de nouveaux pesticides (Métobromuron, l'Ethoprophos et leFenpyrazamine) entrent dans la liste alors que le Phosphure d'hydrogène en sort et que d'autres évoluent dans le classement (ex : le Fluopyram classé CMR passe dans la liste des substances classées en raison de leur danger pour l'environnement alors que L'Imazalil (enilconazole) et le Valifenalate subissent le chemin inverse, selon le projet qui devrait entrer en vigueur le [62].

Des incitations financières, comme des réductions d'impôts encouragent le développement des énergies renouvelables. Et lors d'une catastrophe écologique (comme une marée noire), le pollueur est censé assumer le nettoyage des zones contaminées.

En ChineModifier

En Chine, la qualité de l’air ne respecte pas les normes de l’Organisation mondiale de la santé dans 495 des 500 plus grandes villes du pays ; un cinquième des terres cultivables sont polluées, selon un chiffre officiel longtemps caché par l’État, et très probablement sous-évalué ; la qualité de l’eau est aussi très mauvaise : près d’un tiers des rivières sondées par le ministère de l’Environnement contiennent des eaux considérées comme dangereuses pour le simple contact avec la peau. Une nouvelle loi de protection de l’environnement a été créé en 2015, avec des amendes quotidiennes, et nettement plus dissuasives qu’auparavant, pour les pollueurs, ainsi que des inspections pour vérifier les émissions de polluants des usines ; 180 sociétés, souvent de grands groupes d’État, se sont vu intimer l’ordre de publier quotidiennement leurs niveaux d’émission de polluants[63].

Pour les religionsModifier

Point de vue chrétienModifier

 
Ce ballon de baudruche en latex synthétique sera difficilement biodégradé dans les branches de cet arbre. Il s'agit donc d'une pollution.

Le patriarche Bartholomée Ier de Constantinople s’est exprimé à plusieurs reprises pour inviter les êtres humains à reconnaître les péchés contre la création : « Que les hommes dégradent l’intégrité de la terre en provoquant le changement climatique, en dépouillant la terre de ses forêts naturelles ou en détruisant ses zones humides ; que les hommes portent préjudice à leurs semblables par des maladies en contaminant les eaux, le sol, l’air et l’environnement par des substances polluantes, tout cela, ce sont des péchés »[64].

La pollution de l'environnement a été évoquée comme une forme moderne du péché par Mgr Gianfranco Girotti, régent de la Pénitencerie apostolique, le 9 mars 2008. Ces nouvelles formes modernes de péché qu'il a citées ne sont néanmoins pas de nouveaux péchés capitaux, Mgr Gianfranco Girotti a notamment insisté sur la définition collective du péché, alors que l'accent est traditionnellement mis sur la dimension individuelle : « Alors que le péché concernait jusqu’à présent plutôt l’individu, aujourd’hui, il a une résonance sociale, en raison de la mondialisation »[65],[66],[67].

Pour Mgr Paul Ruzoka, évêque de Cigoma en Tanzanie, le « péché contre la terre », est un péché social ou structurel[68].

Notes et référencesModifier

  1. Adapté de la définition de l'OCDE, 1974, (en)[PDF]Transboundary transfer of potentially hazardous substances
  2. Encyclopédie Larousse de 2009, la formation de substrats inhabituellement acides, radioactifs ou chargés en métaux toxiques
  3. avec AFP, « La pollution de l'air a causé 7 millions de morts en 2012, selon l'OMS », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  4. a et b La pollution, responsable de 9 millions de morts dans le monde par an, Le Monde, 2017/10/20
  5. Trésor informatisé de la langue française.
  6. D'autres peuples considèrent aussi l'humidité accidentelle comme une souillure ; ainsi, dans le shintô, religion des Japonais, tout site sacré souillé par l'eau de pluie doit être purifié avant d'être utilisé pour un rite quelconque.
  7. Dictionnaire de l'Académie française, neuvième édition
  8. . Lexique français-anglais, anglais-français. Paris La Défense, AFNOR, 1994
  9. John D. Spengler et K. A. Sexton, « Indoor Air Pollution: A Public Health Perspective », Science, vol. 221, no 4605,‎ , p. 9–17 [p. 9] (DOI 10.1126/science.6857273)
  10. Sungmin Hong et et al., « History of Ancient Copper Smelting Pollution During Roman and Medieval Times Recorded in Greenland Ice », Science, vol. 272, no 5259,‎ , p. 246–249 [p. 248] (DOI 10.1126/science.272.5259.246)
  11. David Urbinato, « London's Historic "Pea-Soupers" », United States Environmental Protection Agency, (consulté le 2 août 2006)
  12. « Deadly Smog », PBS, (consulté le 2 août 2006)
  13. Lee Jackson, Dirty Old London: The Victorian Fight Against Filth (2014)
  14. Cité par David Clay Large, Berlin (2000) p. 17-18
  15. Jeffry M. Diefendorf et Kurkpatrick Dorsey, City, Country, Empire: Landscapes in Environmental History, University of Pittsburgh Press, (lire en ligne), p. 44–49.
  16. James R. Fleming, Bethany R. Knorr of Colby College, « History of the Clean Air Act », American Meteorological Society (consulté le 14 février 2006)
  17. Article Synergie entre pollens et polluants chimiques de l'air : les risques croisés, Environnement, Risques & Santé. Volume 1, Numéro 1, 42-9, mars - avril 2002, Synthèses
  18. Barletta C, Aix : pollution plein pot en poussette, La Provence, 30 mars 2011
  19. (en) David, Michael, and Caroline, « Air Pollution – Effects », sur Library.thinkquest.org (consulté le 26 octobre 2010)
  20. « Environnement - La pollution de l’air responsable de plus d’un demi-million de décès prématurés par an en Europe », La Voix du Nord,‎ (lire en ligne)
  21. avec AFP, « Pollution : plus de 30 départements en alerte, transports gratuits en Ile-de-France », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  22. « La pollution à Paris en deux photos », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  23. étude portée par la commission « pollution et santé » de tghe Lancet (qui a fait travailler plus d’une quarantaine d’experts durant deux ans)
  24. a et b (en) « A special report on India: Creaking, groaning: Infrastructure is India’s biggest handicap », The Economist.com,‎ (lire en ligne)
  25. (en) Joseph Kahn et Jim Yardley, « As China Roars, Pollution Reaches Deadly Extremes », The New York Times.com,‎ (lire en ligne)
  26. «Des médecins lancent une enquête sur l'impact des antennes relais sur la santé», sur Robin des toits,
  27. (es) « Types de pollution - les sources de pollution de l'environnement »
  28. L’insalubrité de l’environnement provoque 12,6 millions de décès par an, Organisation mondiale de la santé, 15 mars 2016.
  29. 9 millions de personnes meurent chaque année de la pollution, Challenges, 20 octobre 2017
  30. avec AFP, « La pollution de l'air a causé 7 millions de morts en 2012, selon l'OMS. », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  31. (en) Chinese Air Pollution Deadliest in World, Report Says. National Geographic News. 9 juillet 2007.
  32. « Tu auras l'esprit lent, mon fils! », The Conversation (Courrier International), no 1277,‎ , p. 32
  33. « La pollution de l’air a-t-elle un impact sur les spermatozoïdes? », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant,‎ (lire en ligne)
  34. L'UE s'attaque à la "criminalité environnementale", dépêche de l'AFP du
  35. Rafaële Rivais, « Bruxelles veut pénaliser les crimes contre l'environnement », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  36. « Directive 2000/60/CE du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2000 établissant un cadre pour une politique communautaire dans le domaine de l'eau », Parlement européen, (consulté le 20 octobre 2007)
  37. « Fiche de procédure - Environnement: stratégie pour la protection et l'utilisation durable des sols », Parlement européen (consulté le 20 octobre 2007)
  38. « Synthèse des valeurs réglementaires pour les substances chimiques, en vigueur dans l'eau, l’air et les denrées alimentaires en France au 1er mars 2006 », Institut national de l'environnement industriel et des risques, (consulté le 20 octobre 2007)
  39. Environnement Magazine, Forensie environnementale - Les experts mènent l'enquête (lien); no 1705, mars 2012, p. 37 - 46), OC00288284
  40. Le projet CERPA, qui inclut une base de données euro régionale sur les particules - consulté le 21 février 2011
  41. Jean-Daniel Troyat, « Pollution par hydrocarbures et transport maritime », Association française des capitaines de navires, (consulté le 28 novembre 2016)
  42. « Pollution intérieure : il est temps de changer d'air ! », sur bioaddict.fr, 29 mars 2013
  43. Second rapport d'évaluation, par l'Agence européenne de l'environnement (AEE)
  44. Communiqué de la Commission, du
  45. Arrêté du 26 décembre 2012 modifiant l'arrêté du 31 janvier 2008 relatif au registre et à la déclaration annuelle des émissions polluantes et des déchets NOR : DEVP1240115A, sur le site legifrance.gouv.fr
  46. « Pollution : Une source de mortalité », sur vandeleene.com (consulté le 20 novembre 2010)
  47. Rapport 2013, des 10 sites les plus pollués du monde, Croix verte internationale
  48. Voir l'article Environnement à Paris
  49. Le nouveau classement des villes les plus polluées de France, sur sciencepost.fr de mai 2016, consulté le 24 octobre 2017
  50. Où fait-il bon respirer en France?, sur lexpress.fr du 5 février 2015, consulté le 24 octobre 2017
  51. Audrey Garric, « Les particules fines causent-elles vraiment 42000 morts par an en France ? », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne).
  52. http://www.futura-sciences.com/magazines/sante/infos/actu/d/medecine-48000-morts-an-france-cause-pollution-air-63256/
  53. Julie Guérineau, « Pollution : faut-il arrêter de faire du sport à Paris ? », Les Inrocks.com,‎ (lire en ligne).
  54. (en) Marko Tainio, Audrey J. de Nazelle, Thomas Götschi et Sonja Kahlmeier, « Can air pollution negate the health benefits of cycling and walking? », Preventive Medicine, vol. 87,‎ , p. 233–236 (PMID 27156248, PMCID 4893018, DOI 10.1016/j.ypmed.2016.02.002, lire en ligne).
  55. Décret no 2012-14 du 5 janvier 2012 relatif à l'évaluation des moyens d'aération et à la mesure des polluants effectuées au titre de la surveillance de la qualité de l'air intérieur de certains établissements recevant du public, sur le site legifrance.gouv.fr
  56. VMI http://www.allergens-controlled.com/blog/intervention-prochaine-de-mireille-rahmeh-lors-3eme-colloque-du-college-dexperts-seiqa-331
  57. Base de données du ministère de l'Écologie, http://basol.developpement-durable.gouv.fr/recherche.php#
  58. a, b et c Laetitia Van Eeckhout, « L’« Atlas de la France toxique » dresse l’inventaire des sites les plus pollués », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  59. "Scandale environnemental à la porte des Cévennes", http://webdoc.rfi.fr/pour-suites/enquete-pollution-cachee-cevennes/
  60. http://www.france5.fr/emission/pollution-des-sols-le-scandale-cache
  61. Cf: notamment les articles 213-10-8, R. 212-9 et R. 213-48-13 du code de l'environnement, R. 253-1 du Code de la pêche maritime, R. 4411-2 à R. 4411-6 du Code du travail, et l'arrêté du 8 juillet 2010 : « établissant la liste des substances prioritaires et fixant les modalités et délais de réduction progressive et d’élimination des déversements, écoulements, rejets directs ou indirects respectivement des substances prioritaires et des substances dangereuses visées à l’article R. 212-9 du code de l(environnement » et l’arrêté du 22 novembre 2010 (modifié par l’arrêté du 3 octobre 2012 : « établissant la liste des substances définies à l'article R. 213-48-13 du code de l'environnement relatif à la redevance pour pollutions diffuses »
  62. Dorothée Laperche, « La liste des substances soumises à la redevance pour pollutions diffuses en consultation », sur actu-environnement.com,
  63. Gabriel Grésillon, « En Chine, la révolution écologique ou l’asphyxie », Les Échos.fr,‎ (lire en ligne)
  64. Discours à Santa Barbara, California (8 novembre 1997) ; cf. John Chryssavgis, On Earth as in Heaven: Ecological Vision and Initiatives of Ecumenical Patriarch Bartholomew, Bronx, New York
  65. Aucun nouveau péché n'a été inventé in La Croix, 11 mars 2008 et sur le site
  66. avec AP et Reuters, « Le Vatican modernise la liste des actes considérés comme des péchés », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  67. « Le Vatican actualise la liste des péchés », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  68. Santé de la terre : Parole à Jean-Marc Ela

AnnexesModifier