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L'hyperventilation est un mode de respiration dans lequel l'inspiration est fortement accentuée. Cette façon de respirer produit un changement des proportions de gaz dans le sang, avec notamment un fort taux d'oxygène et une baisse de dioxyde de carbone, ainsi qu'une modification du pH sanguin (alcalose respiratoire).

UtilisationsModifier

En plongéeModifier

En apnée, elle est utilisée pour réduire le taux de dioxyde de carbone dans le sang (hypocapnie) sans pour autant augmenter notablement le taux d'oxygène (hyperoxie) Cette pratique peut être dangereuse car le système d'alarme du corps est faussé et car une baisse du flux sanguin est observé dans le cerveau. En effet, le réflexe de respiration et l'envie de respirer sont basés sur le taux de CO2 dissous dans le sang. L'organisme a aussi un mécanisme de protection lié au taux d'O2 qui provoque une syncope si celui-ci est trop bas. Normalement, l'envie de respirer survient avant que le corps ne déclenche une syncope. L'hyperventilation fait augmenter le seuil du réflexe de respiration de sorte qu'il est atteint après le seuil de syncope.

En médecine "douce" ou alternativeModifier

Dans certains cercles d'évolution personnelle ou de thérapie alternative, l'hyperventilation est particulièrement connue et pratiquée.[1],[2],[3]La raison en est qu'une fois le mode automatique enclenché, et après une phase de tétanie notamment des mains (environ 1/4h), il se produit des expériences fortes, mais très diverses et absolument propres à chacun (cf. rebirth). Or, cette accélération de la pensée et ces hallucinations sont en fait liées à la baisse du flux sanguin vers le cerveau, ainsi qu'à la diminution des réflexes respiratoires consécutives à l'hyperventilation.

Risques liés à l'hyperventilationModifier

L'hypocapnie (baisse de la pression en CO2) entraîne une réduction des réflexes respiratoires ainsi qu'une vasoconstriction[4] avec pour conséquence une diminution du flux sanguin cérébral (baisse de 2% pour chaque baisse de 1 mmHg de PaCO2)[5], coronarien et périphérique, après quelques minutes d'hyperventilation, d'où les malaises ressentis par les patients et les rares complications sérieuses, notamment cardiaques[6].

Cette baisse du flux sanguin vers le cerveau dérègle le rythme cardiaque ainsi que respiratoire et peut dans certains cas provoquer des hallucinations assimilables à la prise de drogues. Elles sont le signe d'une perte neuronale[réf. nécessaire] (les neurones meurent), ces derniers libérant à leur mort des quantités aléatoires de neurotransmetteurs qui sont interprétés par les neurones voisins comme des messages légitimes (phénomène d'excitotoxicité). Ce qui explique probablement les sensations observées lors des thérapies alternatives évoquées précédemment.

En général, le risque le plus fréquent est que la victime cède à la panique avec les risques inhérents : chute, chocs, traumatisme, etc.

Dans le cas de la plongée sous-marine, si la victime est en surface, partiellement immergée, le risque principal est que la tête tombe dans l'eau et qu'elle se noie. Si la victime est en plongée, le risque est alors important qu'elle tombe en syncope avant d'avoir eu envie de respirer et qu'elle se noie aussi.

La baisse de pression d'air pendant un voyage aérien, combinée au stress spécifique, peut déclencher l'hyperventilation. C'est un problème répertorié par les autorités aéronautiques[7]; le diagnostic sur soi-même et la réaction à avoir font partie des questions de l'examen du brevet de pilote privé en France et ailleurs.

En plongée en apnéeModifier

Dans le cas de la plongée en apnée, l'issue d'une hyperventilation forcée pouvant être fatale, il faut éviter de pratiquer seul et sans surveillance.

Afin de prévenir ce risque, il est conseillé de mettre en œuvre la règle du tiers temps.

Notes et référencesModifier

  1. « Méthode: le Rebirth », sur http://www.psychologies.com/, (consulté le 25 novembre 2018)
  2. « Le rebirth : respirer pour renaître », sur http://www.psychologies.com/ (Psychologies Magazine), (consulté le 25 novembre 2018)
  3. « La respiration holotropique », sur http://www.psychologies.com/ (Psychologies Magazine), (consulté le 25 novembre 2018)
  4. (en) Marcus E. Raichle et F. PLUM, « Hyperventilation and Cerebral Blood Flow », Stroke, vol. 3, no 5,‎ , p. 566–575 (ISSN 0039-2499 et 1524-4628, DOI 10.1161/01.str.3.5.566, lire en ligne, consulté le 21 novembre 2018)
  5. (en) M. E. Raichle et F. Plum, « Hyperventilation and cerebral blood flow », Stroke, vol. 3, no 5,‎ , p. 566–575 (ISSN 0039-2499, PMID 4569138, lire en ligne, consulté le 21 novembre 2018)
  6. Netgen, « Le syndrome d’hyperventilation », sur Revue Médicale Suisse (consulté le 21 novembre 2018)
  7. Hypoxie et hyperventilation, ministère des transports du Canada 16/12/2008

Voir aussiModifier