Pierre Paul Alexandre Gilbert de Voisins

magistrat et homme politique français

Pierre Paul Alexandre
Gilbert de Voisins
Illustration.
Fonctions
Membre de la Chambre des pairs
Monarque Napoléon Ier
Législature Drapeau de l'Empire français pendant les Cent-Jours Empire français (Cent-Jours)
Monarque Louis-Philippe Ier
Législature Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Député des Deux-Sèvres
Élection 9 mai 1822
Monarque Louis XVIII de France
Législature Drapeau du Royaume de France Royaume de France :
IIe législature
Groupe politique Gauche
Biographie
Dynastie Famille Gilbert de Voisins
(Voisins-le-Bretonneux)
Date de naissance
Lieu de naissance Château de Grosbois
Date de décès (à 69 ans)
Lieu de décès Paris
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession Magistrat

Orn ext comte et pair OLH.svg
Blason fam fr Gilbert de Voisins.svg
Pair des Cent-Jours
Liste des députés des Deux-Sèvres

Pierre Paul Alexandre, comte Gilbert de Voisins (Château de Grosbois, Paris, ), est un magistrat et homme politique français.

BiographieModifier

Pierre Paul Alexandre Gilbert de Voisins appartenait à une vieille famille de noblesse parlementaire. Son père, président à mortier au parlement de Paris, mourut sur l'échafaud en 1792[1].

Il émigra, vit séquestrer sa fortune de plus de dix millions, et servit dans l'armée de Condé comme aide de camp du duc d'Uzès[1].

Lorsqu'il voulut rentrer en France, en 1801, l'ex-évêque d'Arras, de Conzié, qui présidait le conseil du comte d'Artois, lui dit :

« Ce n'est pas d'un émigré apostat qu'on fera un président à mortier[1]. »

Premier EmpireModifier

Il rentra quand même, fut nommé (1806) juge suppléant au tribunal de la Seine, juge à la cour d'appel (1807), président de chambre (1810), maitre des requêtes au conseil d'État et chevalier de la Légion d'honneur (1813)[1].

Chef d'escadron d'état-major de la garde nationale de Paris, il se battit à la barrière du Trône (bataille de Paris, 1814) et se rallia immédiatement aux Bourbons.

1814-1815Modifier

Grâce à l'influence de Beugnot qui avait été, sous la Révolution, emprisonné avec son père, il fut envoyé, par le gouvernement de la Restauration, comme commissaire dans la 12e division militaire (Deux-Sèvres et Vendée), « où il se fit remarquer par sa bienveillance[1] ».

Au retour de l'île d'Elbe, Napoléon le nomma (1815) premier président à la « cour de Paris », conseiller d'État (il signa la fameuse déclaration du [n 1]), commandeur de la Légion d'honneur, pair des Cent-Jours () et comte de l'Empire[1] ([réf. à confirmer][2]).

Restauration et Monarchie de JuilletModifier

L'acceptation de ces dignités lui valut une disgrâce complète sous la seconde Restauration.

Il fit alors de l'opposition constitutionnelle, et, aux élections (partielles) du , candidat libéral dans le 1er arrondissement électoral des Deux-Sèvres (Parthenay), fut élu[3] député, contre d'Abbadie[4]. Il prit place à gauche, parla sur le budget de 1823, attaqua les Jésuites, et collabora au Constitutionnel[1].

Aux élections du , ayant cessé d'être éligible au suffrage censitaire, pour avoir employé ce qui lui restait de sa fortune à l'acquittement de services rendus autrefois à son père, il ne se représenta pas, et recueillit encore 18 voix contre 286 à François-Marie Agier, élu, et 13 à d'Abbadie[1].

Il s'occupa alors d'études de législation[1].

Il était en Angleterre au moment des journées de juillet 1830 : il rentra à Paris, se rallia à la monarchie nouvelle, et fut nommé, dès le , conseiller à la Cour de cassation[1].

Louis-Philippe Ier le fit entrer à la Chambre des pairs, le , et joignit à ce titre ceux de colonel de la garde nationale, d'officier de la Légion d'honneur, et de membre du conseil du domaine privé. « Son dévouement à la monarchie de Juillet persista jusqu'à sa mort[1] », survenue le . Il fut inhumé au cimetière du Père-Lachaise (18e division : 1re ligne, T, 22).

On a de Gilbert de Voisins :

  • Procédure suivie au parlement de Paris contre l'institut et les constitutions des Jésuites (1823) ;
  • Des empiètements du conseil d'État sur les tribunaux (1824), etc.

Ascendance & postéritéModifier

Alexandre Gilbert de Voisins est le fils aîné de Pierre Gilbert de Voisins (1749-1793), marquis de Villennes, baron de Pressigny président à mortier au parlement de Paris, greffier en chef du Parlement, guillotiné le (victime de la Révolution française) et d'Anne Marie du Merle de Beauchamp (1751-1801). Sa sœur cadette, Anne Marie Marthe (?-1801) a épousé Marie Joseph Eustache, vicomte d'Osmond (1756-1839), dont postérité.

Les papiers personnels de Pierre Paul Alexandre Gilbert de Voisins sont conservés aux Archives nationales sous la cote 63AP[6].

ArmoiriesModifier

D'azur, à la croix engrêlée d'argent, cantonnée de quatre croissants d'or[7].

Notes et référencesModifier

  1. « Le conseil d'État, en reprenant ses fonctions, croit devoir faire connaître les principes qui font la règle de ses opinions et de sa conduite.
    « La souveraineté réside dans le peuple, il est la seule source du pouvoir.
    « En 1789, la nation reconquit ses droits, depuis longtemps usurpés et méconnus.
    « L'Assemblée nationale abolit la monarchie féodale, établit une monarchie constitutionnelle et le gouvernement représentatif.
    « La résistance des Bourbons aux vœux du peuple amena leur chute et leur bannissement du territoire français.
    « Deux fois le peuple consacra par ses actes la nouvelle forme de gouvernement, établie par ses représentants.
    « En l'an VIII, Bonaparte, déjà couronné par la victoire, se trouva porté au gouvernement par l'assentiment national ; une constitution créa la magistrature consulaire.
    « Le sénatus-consulte du 16 thermidor an X nomma Bonaparte Consul à vie.
    « Le sénatus-consulte du 28 floréal an XII conféra à Napoléon la dignité impériale et la rendit héréditaire dans sa famille.
    « Ces trois actes solennels furent soumis à l'acceptation du peuple, qui les consacra par près de 4 millions de votes.
    « Aussi, pendant vingt-deux ans, les Bourbons avaient cessé de régner en France ; ils y étaient oubliés par leurs contemporains ; étrangers à nos lois, à nos institutions, à nos mœurs, à notre gloire, la génération actuelle ne les connaissait que par le souvenir de la guerre étrangère qu'ils avaient suscitée contre la patrie, et des dissensions intérieures qu'ils avaient allumées.
    « En 1814, la France fut envahie par les armées ennemies et la capitale occupée. L'étranger créa un prétendu gouvernement provisoire. Il assembla la minorité des Sénateurs, et les força, contre leur mission et contre leur volonté, à détruire les constitutions existantes, à renverser le trône impérial, et à rappeler la famille des Bourbons.
    « Le Sénat qui n'avait été institué que pour conserver les constitutions de l'Empire, reconnut lui-même qu'il n'avait point le pouvoir de les changer. Il décréta que le projet de constitution qu'il avait préparé serait soumis à l'acceptation du peuple, et que Louis-Stanislas-Xavier serait proclamé roi des Français aussitôt qu'il aurait accepté la constitution et juré de l'observer et de la faire observer.
    « L'abdication de l'empereur Napoléon ne fut que le résultat de la situation malheureuse où la France et l'Empereur avaient été réduits par les événements de la guerre, par la trahison et par l'occupation de la capitale. L'abdication n'eut pour objet que d'éviter la guerre civile et l'effusion du sang français. Non consacré par le peuple, cet acte ne pouvait détruire le contrat solennel qui s'était formé entre lui et l'Empereur ; et quand Napoléon aurait pu abdiquer personnellement la couronne, il n'aurait pu sacrifier les droits de son fils, appelé à régner après lui.
    « Cependant un Bourbon fut nommé lieutenant-général du royaume, et prit les rênes du gouvernement.
    « Louis-Stanislas-Xavier arriva en France ; il fit son entrée dans la capitale ; il s'empara du trône d'après l'ordre établi dans l'ancienne monarchie féodale.
    « Il n'avait point accepté la constitution dictée par le sénat ; il n'avait pas juré de l'observer et de la faire observer ; elle n'avait point été envoyée à l'acceptation du peuple ; le peuple, subjugué par la présence des armées étrangères, ne pouvait pas même exprimer librement ni valablement son vœu.
    « Sous leur protection, après avoir remercié un prince étranger de l'avoir fait monter sur le trône, Louis-Stanislas-Xavier data le premier acte de son autorité de la 19e année de son règne, déclarant ainsi que les actes émanés de la volonté du peuple n'étaient que le produit d'une longue révolte ; il accorda volontairement, et par le libre arbitre de son autorité royale, une Charte constitutionnelle, appelée ordonnance de réformation ; et pour toute sanction, il la fit lire en présence d'un nouveau corps qu'il venait de créer et d'une réunion de députés qui n'étaient pas libres, qui ne l'accepta point, dont aucun n'avait caractère pour consentir à ce changement, et dont les deux cinquièmes n'avaient même plus le caractère de représentant.
    « Tous ces actes sont donc illégaux. Faits en présence des anciens ennemis et sous la domination étrangère, ils ne sont que l'ouvrage de la violence. Us sont essentiellement nuls et attentatoires à l'honneur, à la liberté et aux droits du peuple.
    « Les adhésions, données par des individus et par des fonctionnaires sans mission, n'ont pu ni anéantir, ni suppléer le consentement du peuple, exprimé par des votes solennellement provoqués et légalement émis.
    « Si ces adhésions, ainsi que les serments, avaient jamais pu même être obligatoires pour ceux qui les ont faits, ils auraient cessé de l'être dès que le gouvernement qui les a reçus a cessé d'exister.
    « La conduite des citoyens qui, sous ce gouvernement, ont servi l'État, ne peut être blâmée ; ils sont même dignes d'éloges, ceux qui n'ont profité de leur position que pour défendre les intérêts nationaux, et s'opposer à l'esprit de réaction et de contre-révolution qui désolait la France.
    « Les Bourbons eux-mêmes avaient constamment violé leurs promesses ; ils favorisèrent les prétentions de la noblesse féodale ; ils ébranlèrent les ventes des tiens nationaux de toutes les origines ; ils préparèrent le rétablissement des droits féodaux et des dîmes ; ils menacèrent toutes les existences nouvelles ; ils déclarèrent la guerre à toutes les opinions libérales ; ils attaquèrent toutes les institutions que la France avait acquises au prix de son sang, aimant mieux humilier la nation que de s'unir à sa gloire ; ils dépouillèrent la Légion d'honneur de sa dotation et de ses droits politiques ; ils en prodiguèrent la décoration pour l'avilir ; ils enlevèrent à l'armée, aux braves leur solde, leurs grades et leurs honneurs pour les donner à des émigrés, à des chefs de révolte ; ils voulurent enfin, régner et opprimer le peuple par l'émigration.
    « Profondément affectée de son humiliation et de ses malheurs, la France appelait de tous ses vœux son gouvernement national, la dynastie liée à ses nouveaux intérêts, à ses nouvelles institutions.
    « Lorsque l'Empereur approchait de la capitale, les Bourbons ont en vain voulu réparer, par des lois improvisées et des serments tardifs à leur charte constitutionnelle, les outrages faits à la nation, à l'armée. Le temps des illusions était passé, la confiance était aliénée pour jamais. Aucun bras ne s'est armé pour leur défense ; la nation et l'armée ont volé au-devant de leur libérateur.
    « L'Empereur, en remontant sur le trône où le peuple l'avait appelé, rétablit donc le peuple dans ses droits les plus sacrés. Il ne fait que rappeler à leur exécution les décrets des assemblées représentatives sanctionnés par la nation ; il revient régner par le seul principe de légitimité que la France ait reconnu et consacré depuis vingt-cinq ans, et auquel toutes les autorités s'étaient liées par des serments dont la volonté du peuple aurait pu seule les dégager.
    « L'Empereur est appelé à garantir de nouveau, par des institutions (et il en a pris l'engagement dans ses proclamations à la nation et à l'armée), tous les principes libéraux, la liberté individuelle et l'égalité des droits, la liberté de la presse et l'abolition de la censure, la liberté des cultes, le vote des contributions et des lois par les représentants de la nation légalement élus, les propriétés nationales de toute origine, l'indépendance et l'inamovibilité des tribunaux, la responsabilité des ministres et de tous les agents du pouvoir.
    « Pour mieux consacrer les droits et les obligations du peuple et du monarque, les institutions nationales doivent être revues dans une grande assemblée de ses représentants, déjà annoncée par l'Empereur.
    « Jusqu'à la réunion de cette grande Assemblée représentative, l'Empereur doit exercer et faire exercer, conformément aux constitutions et aux lois existantes, le pouvoir qu'elles lui ont délégué, qui n'a pu lui être enlevé, qu'il n'a pu abdiquer sans l'assentiment de la nation que le vœu et l'intérêt général du peuple français lui font un devoir de reprendre.
    « Comte DEFERMON, comte REGNAUD DE SAINT-JEAN-D'ANGELY, comte BOULAY, comte ANDRÉOSSI, comte DARU, comte THIBAUDEAU, comte MARET, baron DE POMMEREUL, comte NAJAC, comte JOLLIVET, comte BERLIER, comte MIOT, comte DUCHATEL, comte DUMAS, comte DULAULOY, comte PELET (de la Lozère), comte FRANÇOIS, comte DE LAS-CASES, baron COSTAZ, baron MARCHANT, comte JAUBERT, comte LAVALLETTE, comte RÉAL, GILBERT DE VOISINS, baron QUINETTE, comte MERLIN, chevalier JAUBERT, baron BELLEVILLE, baron D'ALPHONSE, baron FÉLIX, baron MERLET, Charles MAILLARD, GASSON, comte DELABORDE, baron FINOT, baron JANET, baron DE PRÉVAL, baron FAIN, baron CHAMPY, C.-D. LACUÉE, baron FREVILLE, baron PELET, comte DE BONDY, chevalier BRUYÈRE.
    « Le comte DEFERMON.
    « Le secrétaire général du Conseil d'État,
    « Baron LOCRÉ. »
  1. a b c d e f g h i j et k Robert & Cougny 1890, p. 277.
  2. Roglo 2012.
  3. Par 217 voix sur 405 votants et 499 inscrits.
  4. 174 voix.
  5. Mariage civil français le 19 septembre 1834 à Paris
  6. Archives nationales
  7. Rietstap 1884.

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

BibliographieModifier

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