Ouvrir le menu principal

Jacques Defermon

personnalité politique française
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Defermon.

Jacques Defermon des Chapelières
Illustration.
Jacques Defermon député à l'Assemblée nationale pour la sénéchaussée de Rennes, dessin de Jean-Michel Moreau
Fonctions
Député du bailliage de Rennes - Bretagne

(2 ans, 5 mois et 12 jours)
Gouvernement Assemblée constituante de 1789
Groupe politique Tiers état
Député d'Ille-et-Vilaine

(3 ans, 1 mois et 21 jours)
Député au Conseil des Cinq-Cents

(4 ans, 2 mois et 12 jours)
Membre du Tribunat
(1 jour)
Député à la Chambre des Cent-Jours

(2 mois et 1 jour)
Président de l'Assemblée nationale
Membre du Conseil d'état
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance La-Basse-Chapelière
Date de décès (à 78 ans)
Lieu de décès Paris
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique Modérés
Bonapartiste
Profession Avocat
Distinctions Comte de l'Empire
Grand officier de la Légion d'honneur
députés d'Ille-et-Vilaine

Jacques Defermon des Chapelières, né le à La-Basse-Chapelière et mort le à Paris, était un homme politique français.

Sommaire

BiographieModifier

L'avocatModifier

Fils d'un avocat, Joseph-Jacques Defermon des Chapelières suit les traces de son père et est reçu au parlement de Bretagne à Rennes. Puis il reprend en 1783 la charge de son beau-père Duboys en tant que procureur au parlement.

Partisan des idées nouvelles, il prend part en 1787-1788 avec ses collègues Lanjuinais et Le Chapelier au mouvement réformiste qui secoue les parlements. Il est d'ailleurs élu secrétaire de l'Assemblée des États de Bretagne.

Le député à l'Assemblée nationale constituanteModifier

Defermon se lance dans la carrière politique à l'occasion des États généraux de 1789. Il se fait élire député du tiers état de la sénéchaussée de Rennes. Dès lors il suit le mouvement révolutionnaire et se range du côté des patriotes.

Son action parlementaire est très importante et occupe plusieurs colonnes du Moniteur. En août 1789 il soumet des amendements à la déclaration des Droits. Le 17 novembre de la même année il propose de procéder à des élections par districts de département, motion qui est repoussée par ses collègues. En revanche le 25 novembre il fait rejeter la proposition du comité de constitution d'élire les officiers municipaux par un scrutin de liste simple. Il propose à la place d'établir un scrutin nominal, mais finalement c'est le scrutin de liste double qui est retenu.

Le 12 décembre 1789, mandaté par ses collègues bretons, il présente et fait établir un règlement des finances de la Bretagne. Dès lors il se spécialise dans les questions fiscales et financières et entre le 21 janvier 1790 au comité des impositions. On le voit intervenir contre des magistrats bretons, puis prendre position pour l'abolition des corvées et des tribunaux d'exception. En février 1790 il est élu au comité ecclésiastique, où il se montre favorable à la Constitution civile du clergé.

Le secrétaire de l'AssembléeModifier

En 1790 et 1791 il intervient beaucoup sur des questions touchant aux finances et à la marine, ainsi qu'aux affaires de sa province d'origine. Le 8 mai 1790 il est élu secrétaire de l'Assemblée. Peu après il prend position contre l'établissement d'un jury en matière civile. Il fait décréter l'impression du Voyage autour du monde de La Pérouse, et l'envoi d'une expédition de secours pour rechercher le navigateur disparu.

Finalement Defermon est élu président de l'Assemblée le 19 juillet 1791, peu après la fuite de Varennes. Jusqu'à la fin de la session il est l'un des parlementaires les plus actifs.

Son mandat achevé, il revient à Rennes et est élu par ses concitoyens président du tribunal criminel de la cité.

La Convention nationaleModifier

Le choix de la modérationModifier

Le 5 septembre 1792, Defermon est élu député d'Ille-et-Vilaine à la Convention, le deuxième sur neuf. Comme son ami Lanjuinais, il prend place parmi les députés conservateurs soutenant la politique de la Gironde. Son travail parlementaire est de nouveau important et il présente plusieurs textes administratifs.

Le 5 novembre 1792, il est élu secrétaire de l'Assemblée, puis président le 1er décembre. À ce titre il dirige les premiers débats du procès de Louis XVI, et est accusé par les Montagnards d'être trop favorable à ce dernier. Marat va jusqu'à le qualifier de charlatan[1]. Opposé à la condamnation à mort de l'ancien souverain, il vote pour l'appel au peuple, pour l'emprisonnement et le bannissement à la paix, et enfin en faveur du sursis.

Il est ensuite envoyé en mission à Brest avec Prieur de la Côte d'Or et Rochegude et y organise les défenses des côtes.

ProscriptionModifier

Au printemps 1793, Defermon combat les menées des Montagnards et se range clairement du côté des Girondins. Le 31 mai, alors que débute l'insurrection de la Commune de Paris, il préside un temps l'assemblée avant de céder sa place à Mallarmé. Il proteste ensuite contre l'arrestation de ses amis girondins et réclame leur remise en liberté. Il est par conséquent dénoncé comme traître par Levasseur qui l'accuse de correspondre avec les fédéralistes du Calvados.

Defermon choisit alors de fuir ce qui lui vaut d'être déclaré traître à la patrie et hors la loi. Il parvient à rejoindre la Bretagne et se cache pendant dix-huit mois au château de Trécesson, vivant dans la crainte de la guillotine.

Réaction thermidorienne et passage au gouvernementModifier

Réintroduit à la Convention en décembre 1794, Defermon prend le parti de la réaction thermidorienne et encourage les poursuites contre les Jacobins. Le 4 mai 1795 il est élu au Comité de salut public où il prend en charge la Marine et les Colonies. À ce titre il fait nommer Redon de Beaupréau au poste de commissaire. Il s'oppose également à l'annexion de la Belgique à la République. Il quitte le Comité le 1er septembre après avoir effectué ses trois mois de mandat réglementaires.

Après l'insurrection du 1er prairial (20 mai 1795), il demande le châtiment des députés compromis avec les émeutiers et fait ainsi décréter d'accusation Esnue-Lavallée, le général Rossignol puis Lefiot. Dans un discours du 9 août il attribue les malheurs des guerres de Vendée à la cruauté des représentants en mission.

Le DirectoireModifier

Création du mandat territorialModifier

En octobre 1795, Defermon est réélu député d'Ille-et-Vilaine au Conseil des Cinq-Cents. Comme sous les précédentes assemblées il se spécialise dans les questions financières et présente un grand nombre de projets de loi qu'il prépare au sein des comités. Ainsi il propose le 9 mars 1796 au nom de la commission des finances de créer le système du mandat territorial pour remplacer celui de l'assignat, initiative adoptée par les Conseils. L'échange se fait sur la base de trente francs en assignats contre un franc en mandats, au lieu de 300 contre 1, sa valeur réelle. Cette disproportion condamne cette nouvelle monnaie fiduciaire à l'échec et il est abandonné le 4 février 1797.

Un clichyen modéréModifier

Defermon jouit d'un grand prestige au sein du Conseil puisqu'il est élu secrétaire, puis de nouveau président de l'Assemblée le 20 mai 1796. Politiquement il est proche des royalistes modérés qui fréquentent le club de Clichy, mais se garde de toute compromission et reste au fidèle au Directoire.

Non réélu en 1797, Defermon trouve alors une place dans l'administration et devient commissaire de la Trésorerie nationale.

Un notable du régime napoléonienModifier

En 1799, l'ancien député soutient le coup d'État du 18 brumaire et se rallie aussitôt au Premier Consul qui le récompense en le nommant au Tribunat.

Mais Bonaparte l'appelle presque aussitôt à siéger au Conseil d'État dont il devient l'un des membres les plus influents. Il préside ainsi la section des finances jusqu'à la chute de l'Empire, et participe à la création de la Caisse de garantie et d'amortissement. En 1804, il est nommé directeur général du « conseil de la liquidation de la dette publique » et reçoit la Légion d'honneur. L'année suivante il est intendant, puis en 1808 ministre d'État et directeur des finances. Le 23 mars 1808, il est fait comte de l'Empire. Dans le cadre de ses fonctions administratives, il acquiert une réputation de sévérité et on lui reproche une trop grande rigueur envers les contribuables, d'où son surnom « Fermons la caisse ». Craint des financiers, il n'hésite pas à faire emprisonner certains d'entre eux tel le banquier Ouvrard. Sa fidélité envers l'empereur est indéniable, au point que celui-ci envisage un temps d'en faire son ministre du Trésor.

Retiré sous la Première Restauration, le comte Defermon retrouve toutes ses fonctions lors des Cent-Jours. Le 12 mai 1815, les électeurs d'Ille-et-Vilaine l'envoient siéger à la Chambre des représentants où il est l'un des principaux représentants du parti bonapartiste. Après l'abdication de 22 juin, il fait tout son possible pour faire reconnaître Napoléon II mais ses espoirs sont vains.

Bannissement et fin de vieModifier

Le retour des Bourbons en juillet 1815 sonne le glas de la carrière de Defermon. Bien que n'ayant pas voté la mort de Louis XVI, il est contraint à l'exil par la loi du 12 janvier 1816 pour avoir signé l'Acte additionnel de 1815.

Il s'installe alors à Bruxelles et y vit pendant six ans, jusqu'en 1822, date à laquelle il obtient une amnistie et peut regagner la France. Il se retire alors complètement de la vie publique et s'éteint à Paris en 1831, à l'âge de 78 ans.

SourcesModifier

Notes et référencesModifier

  1. « Ne voyez-vous pas que c'est la partialité en personne, que ce président-là… Il nous a fait cinquante tours de charlatan aujourd'hui. » Compte-rendu de la séance du 26-12-1792

Liens externesModifier