Ouvrir le menu principal

Pernant

commune française du département de l'Aisne

Pernant
Pernant
La mairie.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Aisne
Arrondissement Soissons
Canton Vic-sur-Aisne
Intercommunalité CC Retz-en-Valois
Maire
Mandat
Christophe Padieu
2014-2020
Code postal 02200
Code commune 02598
Démographie
Gentilé Pernantais, Pernantaise
Population
municipale
661 hab. (2016 en diminution de 6,11 % par rapport à 2011)
Densité 67 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 22′ 43″ nord, 3° 14′ 13″ est
Altitude Min. 37 m
Max. 151 m
Superficie 9,83 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Hauts-de-France

Voir sur la carte administrative des Hauts-de-France
City locator 14.svg
Pernant

Géolocalisation sur la carte : Aisne

Voir sur la carte topographique de l'Aisne
City locator 14.svg
Pernant

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Pernant

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Pernant

Pernant est une commune française située dans le département de l'Aisne, en région Hauts-de-France.

GéographieModifier

Pernant est située sur la rive gauche de l'Aisne à 7 km de Soissons, à 10 km de Vic-sur-Aisne et à 50 km de Laon, La commune occupe une cuvette en longueur formée par le ruisseau de Pernant, et se rétrécit au fur et à mesure. Si l'on avance dans le fond du village, en empruntant la route principale, on dépasse l'église, qui est alors masquée par une courbe, et l'on arrive ensuite à une rue permettant de monter au petit quartier de Poussemy et, niché sur sa colline, au donjon[1]. Contournant le château, le chemin passe devant le château d'eau, vaste réservoir, point culminant de la commune.

ToponymieModifier

Selon Auguste Matton, Pernant serait mentionné en 898 sous la forme latine Parnacus, puis on trouve la graphie Parnant dès 1063 [Note 1] ; des variantes seraient Sparnant (1143) et Pernan (1589)[2].

HistoireModifier

L'occupation du site est très ancienne et est attestée par la découverte de plusieurs site préhistoriques, notamment au lieu-dit les Grevettes en 1961 d'une nécropole datant de la «Tène Ia» (Second âge du fer) Une tombe à char y a été étudiée[3],[4].

Dès le IXe siècle, Pernant appartenait à l'abbaye Saint-Crépin-le-Grand de Soissons et lui fut confirmé en 893 par Charles le Simple avec l'autel et le moulin[5].

En 1176 une charte traite d'un accord entre Guy, vicomte de Pernant, et l'abbaye Saint-Crépin-le-Grand. Ce chevalier Guy de Parnant est le premier seigneur connu du village. Il est le frère d'Ebalus (Ebale), seigneur de Berzy[6]. En 1182, une charte de Nivelon, évêque de Soissons, fait mention de Giletus de Pernant[7].

En 1255, le roi Saint Louis affranchit tous ses « hommes de corps » habitant Pernant, à la condition qu'ils ne pourraient se mettre, par mariage ou autrement, sous la domination d'un autre seigneur que lui sans retomber aussitôt en servitude, et de lui payer chacun la somme annuelle de 12 deniers parisis[8].

Politique et administrationModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 1983 mars 1989 André Lempereur    
mars 1989 mars 2001 Patrick Pichelin    
mars 2001 mars 2005 Jean Lahaye    
mars 2005 mars 2008 Geneviève Prevot    
mars 2008 mars 2014 Didier Fell    
2014[9] En cours
(au 12 mai 2014)
Christophe Padieu SE Commerçant

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[10]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[11].

En 2016, la commune comptait 661 habitants[Note 2], en diminution de 6,11 % par rapport à 2011 (Aisne : -0,95 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
451380397386415427408424397
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
407382370365359326341356336
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
356414342361423427446381388
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
398345446529621646684708666
2016 - - - - - - - -
661--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2006[13].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

Vie associative culturelle et sportiveModifier

La commune compte plusieurs associations culturelles et sportives : le comité des fêtes, le club des anciens, l'association pour la sauvegarde du château de Pernant et du patrimoine local, l'association de promotion des chemins verts, l’association de pêche du plan d’eau de Pernant, l'association des chasseurs, l'association gym et loisirs et le club de foot A.S. Pernant. les habitants participent également à des associations culturelles et sportives intercommunales.

Lieux et monumentsModifier

Église Saint-LégerModifier

Article détaillé : Église Saint-Léger de Pernant.
 
L'église Saint-Léger.

Du XIIe siècle[14], l'église de Pernant est un édifice d'aspect extérieur assez sobre (aucune statuaire) bâti sur une colline dominant le village, et est accessible par une rampe de pierre[15]. Le bâtiment en croix latine est composé d'une nef avec deux bas-côtés, et d'un transept dont la partie sud est prolongée par une petite salle réservée à l'abbé. La croisée du transept est surmontée par une basse mais imposante tour-clocher[16]. À l'est, au-delà du transept, le chœur peut faire penser, de par ses petites dimensions relatives, à un cul-de-four[17]. La façade orientée vers l'ouest est percée d'une lourde porte en bois[18] ne servant qu'aux grandes cérémonies. L'entrée se fait par une petite porte sur le côté sud[19],[20].

La municipalité de la commune a, par arrêté du maire, décrété la mise en place d'un sonneur de cloches communal dans le but de la préservation de la sonnerie manuelle et des éléments du clocher. Ainsi, Thomas Martin, villageois, s'est fait pourvoir de cette fonction.

Croix du cimetièreModifier

La croix du cimetière date du XIVe siècle[21]. Elle se trouve sur l'ancien cimetière, dans l'enceinte de l'église.

Article détaillé : Croix monumentale de Pernant.
 
La croix du cimetière.

Château fort, avec son fossé et ses carrières souterrainesModifier

Article détaillé : Château de Pernant.

Souvent appelé à tort « le Donjon de Pernant » dans le pays, le château fut construit au XIVe siècle, surélevé au XVe, profondément modifié au XVIe avec notamment la construction d'une aile attenante à l'ouest et de sa terrasse à l'est, pour devenir un château d'agrément dépossédé de ses attributs militaires initiaux : des murs d'enceinte et des nombreuses tours, il ne reste que le rempart entre la cour d'honneur et la terrasse.

L'essor de l'importante exploitation agricole qui l'entoure lui fait perdre insensiblement son statut de résidence nobiliaire à partir du XVIIIe siècle et au XIXe, il est le centre d'une intense vie agricole, pour laquelle de nombreuses constructions plus ou moins heureuses se sont accolées à la bâtisse initiale. Mais le château est demeuré intact jusqu'au XXe siècle, peu touché par les premiers épisodes de la Grande guerre : en 1914, il est encore intact et habité.

 
État des destructions après les bombardements de juillet 1918.

Le 30 juillet 1918, il est bombardé cinq heures durant comme le reste de la vallée [22],[23] et largement ruiné. Si les vestiges de la forteresse médiévale sont encore bien visibles [24],[25],[26] et paradoxalement en assez bon état général (seule la façade est, les toitures et les planchers ont été soufflés par l'explosion des obus ayant percé la construction) le logis renaissance, très endommagé, fut finalement rasé dans les années 1930.

Les propriétaires ont en effet délaissé cette construction unique, utilisant notamment les dommages de guerre pour construire en 1920 un manoir en pierre de taille. Le Patrimoine a donc inscrit le monument à l'ISMH en 1927 pour éviter sa destruction[14] mais il est resté à l'abandon pendant près d'un siècle, les intempéries faisant leur œuvre au point que le château commença à menacer de s'effondrer à la fin des années 1980.

Peu porté sur l'histoire et de toute façon incapable de mobiliser les fonds nécessaires pour le restaurer malgré la pression de la commune et des riverains, le propriétaire dépose au début des années 1990 un permis de démolir qui fit grand bruit dans le Soissonnais, suscitant la naissance d'une association villageoise de sauvegarde, qui grâce à la Société archéologique historique et scientifique de Soissons obtint le classement d'office du monument en 2007 [27].

La mésaventure se termina fin 2011 [28] par la vente du château à un avocat vénézuélien, aventurier talentueux, francophile et amateur d'histoire, qui entreprit la première campagne de consolidation du bâtiment avec le concours de la DRAC Picardie. C'est lui qui ouvrit le château à la visite pour la première fois en 2012, et qui célébra le septième centenaire de sa construction en 2013, avant de le mettre en vente à son tour en 2014.

Un nouveau propriétaire arrivé fin 2015, tentera de mener de front le triple projet de restaurer le château à partir de juillet 2018 et d'y ouvrir des chambres d'hôtes, d'aménager les granges pour y ouvrir des gîtes ruraux, enfin d'organiser sur ce site exceptionnel, des animations musicales et culturelles.

 
Le château et sa terrasse vus du village.

Autres monumentsModifier

  • La borne d'arrêt de l'ennemi
Depuis le milieu du mois de décembre 2008, une borne a pris place dans l'enclos du monument aux morts, près de l'église. Celle-ci fut placée par le Touring Club de France au lieu même où, pendant la Première Guerre mondiale, l'armée et les Pernantais ont arrêté l'armée allemande. Lors de l'Occupation, la borne ayant déplu aux nazis fut dynamitée. Ses restes ont été retrouvés et assemblés, puis placés auprès du monument aux morts sous la garde de la Fondation patrimoine.
  • Une tombe de guerre et un mémorial de guerre dans l'ancien cimetière (enceinte de l'église).

Article connexeModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. villa Parnant vulgo nominata dans un acte de 1063 de Philippe I, « Charte Artem/CMJS n°2407»[lire en ligne]
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier

  1. Panorama hivernal sur le village
  2. Auguste Matton, Dictionnaire topographique de la France, vol. 2, p. 212 [lire en ligne]
  3. Blaise Pichon, Carte archéologique de la Gaule: 02. Aisne, Les Editions de la MSH, 2002p. 347-349 [lire en ligne]
  4. Denise Bretz-Mahler, La civilisation de la Tène I en Champagne: le faciès Marnien, éd. Centre national de la recherche scientifique, 1971 - 295 pages
  5. Archives de l'Aisne, Pernant Monographie manuscrite de 1884 [lire en ligne].
  6. Acte n°212856 dans Chartae Galliae. Edition électronique: Institut de Recherche et d'Histoire des Textes, 2014. (Telma). Date de mise à jour : 31/05/12. Première version : 10 juin 2010[lire en ligne]
  7. Acte n°205549 dans Chartae Galliae. Edition électronique: Institut de Recherche et d'Histoire des Textes, 2014. (Telma). Date de mise à jour : 16/09/11. Première version : 10 juin 2010. [lire en ligne]
  8. (page 107) Maximilien Melleville, Dictionnaire historique, généalogique et géographique du département de l'Aisne, 1857
  9. « Liste des maires de l'Aisne » [xls], Préfecture de l'Aisne, (consulté le 12 août 2014)
  10. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  11. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  14. a et b Notice no PA00115867, base Mérimée, ministère français de la Culture
  15. Photo de l'église suplombant la rue
  16. Photo du clocher très massif
  17. Photo du chevet en "cul-de-four"
  18. Photo du portail ouest
  19. Photo de la façade sud de l'église
  20. Vue du Sud (transept, partie de la façade avec petite porte, et clocher)
  21. Notice no PA00115866, base Mérimée, ministère français de la Culture
  22. anonyme, Journal de marche et d'opérations du 26e Régiment d'infanterie, 26N 600/11, page 31, ministère de la défense, , 68 p. (page 31)
  23. « Visionneuse - Mémoire des Hommes », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr (consulté le 13 mars 2016)
  24. Photo de la forteresse de Pernant
  25. Vue sur les vestiges du château
  26. Photo montrant l'importance des vestiges du château fort
  27. L'Union, article du mercredi 7 octobre 2009
  28. L'Union, article du vendredi 30 septembre 2011
  29. 2 photos du monument aux morts et liste des 20 soldats tués en 1914-18

BibliographieModifier

  • G. Lobjois, La nécropole gauloise de Pernant, dans Celticum XVIII, vol. I, 1969, 1-284.

Liens externesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Site officiel de Pernant