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Penhars

ancienne commune française

Penhars
Penhars
Mairie annexe de Penhars.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Statut Ancienne commune
Code commune 29157
Géographie
Coordonnées 47° 59′ 13″ nord, 4° 07′ 12″ ouest
Historique
Date de fusion 1960
Commune(s) d’intégration Quimper
Localisation

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Penhars est une ancienne commune du département du Finistère. Rattachée à Quimper en 1960, elle constitue aujourd'hui l'un de ses quartiers populaires, notamment avec la présence des grands ensembles de Kermoysan.

HistoireModifier

Étymologie et originesModifier

À l’époque des émigrations bretonnes, vers les Ve et VIe siècles de notre ère, Penhars dépendait de la paroisse «  primitive » de Plonéis qui englobait aussi Guengat et Saint-Mathieu de Quimper. Vers le XIIe siècle, Penhars, qui s’orthographiait Penne’Hart, devint paroisse indépendante.

Un siècle plus tard, vers 1260, on entreprit la construction d'une partie de l'église dont il existait encore en 1890 trois piliers romans dans le style de Pont-Croix.

La graphie ancienne de Penhars, Penarth, que l’on retrouve à l'époque actuelle au Pays de Galles et en Cornouaille, est composée de termes vieux breton Pen au sens de « sommet » et « arth » au sens de élevé : ce qui rappelle bien la situation topographique du lieu ; cette graphie de Penhart se voit jusqu’au XVIIIe siècle.

Moyen ÂgeModifier

Au Moyen Âge, la paroisse de Penhars faisait partie du Cap Caval[1].

Au XVe siècle, on relève un grand nombre de seigneuries, Prat ar Rouz (depuis 1160), Prat ar Raz ou Prat ar Roz (devenu Pratanroux), Kermoysan (1360), Kerjestin, Kernisy. La liste complète des seigneurs de Pratanroux, une branche cadette des seigneurs du Juch, est disponible sur un site Internet[2].

Penhars apparaît dans l'histoire comme le siège du Quéménet (ou Kemenet)[3], dit encore Quéménet-Even, à l'origine du nom de la commune de Quéménéven (car il aurait appartenu à Even, comte de Léon au Xe siècle, puis à sa descendance)[4], châtellenie des vicomtes du Léon enclavée dans le comté de Cornouaille au XIIe siècle. Il est possible qu'elle se soit étendue à l'origine sur les deux pagi (« pays ») du Cap Sizun et du Cap Caval[5], mais, au XIIIe siècle, elle ne se composait plus que d'une douzaine de paroisses au sud-ouest et à l'ouest de Quimper[6].

Le fief du Quéménet avait droit de haute, moyenne et basse justice et son gibet se trouvait sur la montagne de Roch'an en Penhars, entre l'ancienne route de Douarnenez et la route de Pont-l'Abbé[7].

Époque moderneModifier

Le géographe de cette époque, Jean-Baptiste Ogée, présente cette paroisse, car nous sommes encore avant la Révolution française, comme un « lieu plein de monticules et de vallons mais fertile, abondant en grains et foins et très bien cultivé ».

En 1779, René Madec, le nabab du Grand Moghol, de retour des Indes, fait l'acquisition du domaine de Prat an Raz, dont il fait reconstruire le château, connu désormais sous le nom de « Manoir des Indes ».

La population n’excède pas les 500 communiants avant la Révolution française.

Révolution françaiseModifier

La paroisse de Penhars, qui comprenait alors 150 feux, élit deux délégués, Hervé Senec et François Le Bescond, pour la représenter à l'assemblée du tiers-état de la sénéchaussée de Quimper au printemps 1789[8].

En 1801, 2 076 personnes habitent Penhars. En 1845, on y relève 114 constructions diverses dont 6 moulins. Le nombre d’habitants s’accentue avec les arrivées d’usines en provenance du pays bigouden. Le nombre d'habitants approche les 1 000.

Il est vrai que le territoire de Penhars s'est agrandi à la révolution car conformément à la loi du une nouvelle délimitation des paroisses de Plomelin, Penhars et Pluguffan fut décidée. Penhars rejoignait l'Odet...La paroisse de Penhars deviendra une commune en 1791

Le XIXe siècleModifier

L'ancienne église du XIIIe siècle est démolie pour faire la place en 1891-1892 à une nouvelle, l'église paroissiale Sainte-Claire actuelle[9].

  Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Le XXe siècleModifier

La Belle ÉpoqueModifier

En réponse à une enquête épiscopale organisée en 1902 par Mgr Dubillard, évêque de Quimper et de Léon en raison de la politique alors menée par le gouvernement d'Émile Combes contre l'utilisation du breton par les membres du clergé, le recteur de Penhars, l'abbé Floc'h, écrit : « Les instructions [religieuses] se font uniquement en breton. (...) Les personnes qui comprennent mieux le français vont à Quimper »[10].

La Première Guerre mondialeModifier

Le monument aux morts de Penhars porte les noms de 140 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale[11]. Un autre, Guillaume Le Bellec, né le à Penhars, instituteur à Plozévet, sous-lieutenant au 118e régiment d'infanterie, puis au 147e régiment d'infanterie, grièvement blessé à la tête lors de la bataille de Verdun, mourut le  ; il fut fait chevalier de la Légion d'honneur sur son lit de mort et est enterré au cimetière de Dugny-sur-Meuse ; son nom figure sur le monument aux morts de Plozévet.

L'entre-deux-guerresModifier

Le , une manifestation de soutien aux deux frères Joseph Divanac'h, président départemental du Comité de défense paysanne, et Jean-Louis, tous deux agriculteurs à Penhars, menacés de saisie, produisit des heurts violents entre la foule des manifestants et des gardes mobiles ; cinq de ceux-ci et trois manifestants furent blessé[12].

La Seconde Guerre mondialeModifier

Le monument aux morts de Penhars porte les noms de cinquante-six personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale[11].

L'après-Seconde-Guerre-mondialeModifier

En 1949, la création de la paroisse Saint-Pierre-et-Saint-Paul au Moulin Vert, qui s'ajouta à la paroisse traditionnelle de Sainte-Claire, divisa en deux paroisses la commune de Penhars[13].

Le chiffre de 5 642 habitants est atteint en 1936, puis 6 633 en 1946. Lors de la fusion avec Quimper, au , Penhars avait 7 187 habitants. Les impôts directs étaient alors de 2 357 F par habitant : près de trois fois plus qu’à Quimper[14].

AdministrationModifier

Liste des mairesModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1854 1859 Louis Thomas    
1861 1867 Gustave Briot de la Mallerie    
1868 1879 Louis Thomas (fils)    
1879 1895 Gustave Briot de la Mallerie Conserv  
1896 1908 Hervé Le Floch Prog.Rép.G  
1908 1912 Jean-Louis Chuto[15] Rad. Cultivateur.
Petit-fils de Pierre Auguste Marie Chuto,
maire de Guengat (1846-1871)
1912 1912 Pierre D'Hervé Conserv  
1912 1917 Jean-Louis Chuto[15] Rad. Cultivateur
1917 1925 Joseph Le Mell Rép.G  
1925 1944 Pierre Pouchus Rad-Soc  
1944 1947 Nicolas Kervahut Rad-SocSFIO Instituteur
1947 1953 Ange Le Guennec RPF  
1953 1958 Yves Le Manchec SFIO  
1958 1959 Léon Goraguer Rad-SocSFIO Instituteur

Monuments et sitesModifier

CultureModifier

  • Le Bagad Penhars est un bagad, c'est-à-dire un ensemble traditionnel de musique bretonne créé en 1985 par Jean-Yves Herlédan. Il évolue en première catégorie depuis 2005 et a été classé 10e lors de la première manche du championnat national des Bagadou de première catégorie en 2017[16].
Article détaillé : Bagad Penhars.

Monuments et sitesModifier

  • Le manoir de Kerrien ; son bâtiment principal possède le porche reconstitué de l'ancienne église paroissiale de Penhars. L'ancienne métairie du manoir est devenue en 2017 un magasin d'antiquités[17].

LégendesModifier

 
La statue du roi Guinvarc'h sur la façade de la chapelle Saint-Ruelin du Moustoir en Châteauneuf-du-Faou.
  • La légende du roi Guinvarc'h : le vieux roi Guinvarc'h, dit aussi « Marc'h » (le nom « marc'h » en breton signifie « cheval »), auquel on attribue à tort la construction du manoir de Pratanroux en Penhars (ce dernier datait seulement du XVe siècle et en l'an III déjà, selon Jacques Cambry, il n'en subsistait plus que quelques ruines[18]), aurait fait sculpter sur la cheminée de ce manoir son portrait en relief, portant sa couronne et sa barbe étalée et montrant ses oreilles pointues rappelant celles des chevaux[19] et dont il était fort mortifié et qu'il cachait généralement sous sa coiffure, seul son barbier connaissant son secret et ayant l'interdiction d'en parler. Mais le barbier aurait confié son secret à la terre au pied d'une touffe de sureaux et l'année suivante un sonneur de biniou aurait utilisé l'une des tiges de ces sureaux pour refaire l'anche de son biniou ; du biniou s'échappa alors l'épouvantable secret, répété à satiété (en breton) : Le grand roi Guinvarc'h a des oreilles de cheval. Furieux, le roi Guinvarch alla alors cacher sa honte dans l'Île Chevalier, en Pont-l'Abbé, où subsiste quelques vestiges de son château[20].

Notes et référencesModifier

  1. Aurélien de Courson, "La Bretagne du Ve au XIIe siècle", 1863, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65691822/f176.image.r=Plomelin?rk=3154522;0
  2. http://ns203268.ovh.net/yeurch/histoirebretonne/famille/du_Juch/juch.htm#9
  3. Le mot breton quéménet a le même sens que le mot latin commendatio, signifiant à l'origine vice-royauté ou par extension "fief", "châtellenie" et est à l'origine de plusieurs toponymes bretons comme ceux de Guémené-sur-Scorff (Morbihan) ou de l'archidiaconé de Quéménet-Ily, dont le siège se trouvait à Trégarantec ; le Kemenet-Héboé était au Moyen Âge une grande seigneurie de l'ouest du comté de Vannes
  4. http://www.infobretagne.com/pluguffan.htm
  5. J.-P. Soubigou, « Recherche sur les origines du Kemenet de Cornouaille (IXe – XIe siècles) », p. 3, in ABPO, no 1, t. 115, p. 99-118, PUR, Rennes, 2008.
  6. http://ns203268.ovh.net/yeurch/histoirebretonne/terre/fief/Q/Le_Quemenet.htm
  7. Paul Aveneau de La Grancière, " Notes historiques sur la paroisse de Pluguffan, avec notices généalogiques sur la plupart des familles de la Basse-Bretagne", 1896, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5474912f/f85.image.r=Crozon
  8. "Archives parlementaires de 1787 à 1860 ; 2-7. États généraux ; Cahiers des sénéchaussées et bailliages", série 1, tome 5, 1879, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k49520z/f514.image.r=Plovan?rk=4206029;2
  9. a et b http://patrimoine.region-bretagne.fr/sdx/sribzh/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA29003556
  10. Fanch Broudic, L'interdiction du breton en 1902, Coop Breizh, (ISBN 2-909924-78-5)
  11. a et b http://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?insee=29232&dpt=29&idsource=55169&table=bp08
  12. Journal L'Ouest-Éclair, no 14332 du 2 février 1936, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k660425g/f4.image.r=Plomelin?rk=2253230;0
  13. http://www.infobretagne.com/penhars.htm
  14. Fascicule Mémoire de Penhars « L’écho de la butte » no 1, octobre 1991 ; article d'un membre de l'association du même nom
  15. a et b Jean Louis René Chuto, né le à Guengat, décédé le à Penhars
  16. http://www.bagadpenhars.com/
  17. https://www.ouest-france.fr/bretagne/quimper-29000/antiquites-quimper-le-grenier-s-installe-la-campagne-5183577
  18. Jacques Cambry, "Catalogue des objets échappés au vandalisme dans le Finistère : dressé en l'an III", réédition 1889, H. Caillière, Rennes, 1889, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k110459s/f65.image.r=Pratanroux.langFR
  19. Pour le punir de ses fautes, Dieu aurait affublé le roi de deux oreilles de cheval et d'une crinière qui poussait sans arrêt et qui l'obligeait à avoir recours chaque jour à un barbier
  20. Louis Le Guennec, "Nos vieux manoirs à légendes", 1936 (réédition "Les amis de Louis Le Guennec", 1968) et Guillou de Pénanros, Séance du 31 mars 1892; "Bulletin de la Société" archéologique du Finistère", 1892, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207622m/f19.image

BibliographieModifier

  • Julien Trévédy, Promenade au manoir de Prantanroux (le temple des faux-dieux) et au manoir de Pratanros, Quimper, 1887

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