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Paul Milliez
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Biographie
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Nationalité
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Paul Milliez, né le à Mons-en-Barœul (Nord) et mort le , est un médecin français, résistant sous l'Occupation, pionnier de la recherche, célèbre pour ses prises de positions politiques et sociales. Il est le neveu d’Eugène-Léon Rivet et de Paul Rivet[1].

Une carrière médicaleModifier

Né en 1912 dans une famille modeste du Nord, Paul Milliez est instruit dans un collège jésuite, Saint-Louis de Gonzague, puis il entreprend des études de médecine, devient interne en 1936 et médecin des hôpitaux en 1946[2]. Il épouse la fille du Pr André Lemierre, avec laquelle il a six enfants, et s'associe à la Résistance. Gabriel Richet avec le concours de François Lhermitte, de Georges Mathé et de Paul Milliez met au point l'exanguinotransfusion, premier procédé d'épuration extra-rénale en 1948 dans le service de Louis Pasteur Vallery-Radot.

Il est successivement professeur de clinique médicale à la Faculté de médecine de Paris à partir de 1959, médecin à l’hôpital Beaujon, puis à Broussais. Il est enfin professeur titulaire de la chaire de clinique médicale propédeutique à la faculté Broussais-Hôtel-Dieu, doyen de 1968 à 1981.

Paul Milliez a été un spécialiste mondialement reconnu de l'hypertension artérielle. Il a aussi été un des créateurs de la Fondation nationale pour la recherche médicale.

Des engagements multiplesModifier

Grand médecin, catholique fervent, Paul Milliez a aussi pris souvent position dans des débats publics.

Pendant la guerre d'Algérie, il se prononce, en 1956, contre l'Algérie française. En 1967, il organise pendant la guerre des Six Jours un comité d'aide aux victimes arabes. Il s'engage aussi contre la dictature des colonels en Grèce ou encore contre l'internement des dissidents soviétiques en hôpitaux psychiatriques.

Lors du procès de Bobigny autour de l'avortement en 1972, il témoigne en faveur de la défense et déclare : « Je ne vois pas pourquoi nous, catholiques, imposerions notre morale à l’ensemble des Français ». Le conseil national de l'Ordre des médecins lui adresse un blâme à la suite de son soutien à l'IVG. Le ministre de la Santé Jean Foyer le convoque, et lui aurait déclaré : « Il ne faut pas que le vice des riches devienne celui des pauvres »[3].

En 1974, il est un des fondateurs de l'Association médicale franco-palestinienne (AMFP).

En 1981, le ministre de la justice Robert Badinter lui confie la présidence d'une commission sur le suivi de la victime. Le rapport de la commission Milliez propose entre autres de soutenir la création d'un réseau associatif d'aide aux victimes.

En 1990, il signe l'Appel des 75 contre la guerre du Golfe.

Paul Milliez est l'auteur de plusieurs livres, dont Médecin de la liberté (Prix Georges Dupau en 1982).

Une rue de Champigny-sur-Marne a reçu le nom de Paul Milliez en 1994[4]. Une place de La Bernerie-en-Retz (Loire-Atlantique) porte son nom.

ŒuvresModifier

  • Médecin de la liberté (1980, rééd. 1982), Le Seuil, (ISBN 2020060639), entretiens avec Igor Barrère.
  • Du bon usage de la vie et de la mort (1983) (ISBN 978-2-213-01269-8).
  • Ce que je crois (1986), éditions Grasset.
  • Une certaine idée de la médecine, en collaboration avec Alexandre Minkowski ; éditions Ramsay.
  • Ce que j'espère (1989), éditions Odile Jacob, (ISBN 2-7381-0076-7)
  • collection "L'année du Médecin" 1975/76/77 Flammarion Médecine

Notes et référencesModifier

  1. Paul Milliez, Médecin de la liberté, Paris, seuil, (ISBN 2-02-005651-8)
  2. Encyclopædia Universalis, « PAUL MILLIEZ », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 28 décembre 2017)
  3. Sylvie Rosenberg-Reiner, « Le Planning familial, ex-associations de malfaiteurs », article paru initialement en octobre 2015 sous le titre « En France, du "crime contre l'État" à la loi Veil », Manière de voir no 150, décembre 2016-janvier 2017, p. 30-32.
  4. « La Résistance à l’honneur » L'Humanité du 26 septembre 1994.

Lien externeModifier