Hôpital Beaujon

hôpital à Clichy (Hauts-de-Seine)

Hôpital Beaujon
Image illustrative de l’article Hôpital Beaujon
Façade arrière de l'hôpital Beaujon.
Présentation
Coordonnées 48° 54′ 30″ nord, 2° 18′ 37″ est
Pays France
Ville Clichy
Adresse 100 boulevard du Général-Leclerc
Fondation 1935
Site web aphp.fr/hopital/beaujon
Affiliation AP-HP
Services
Service d’urgences Oui
Nombre de lits 464
Spécialité(s) addictologie, cancérologie, chirurgie maxillo-faciale, chirurgie orthopédique et traumatologique, chirurgie colorectale, endoscopie, hépatologie, gastro-entérologie, gériatrie, gynécologie obstétrique, médecine interne, néonatalogie, neurochirurgie, neuroradiologie interventionnelle, ORL

L'hôpital Beaujon est un hôpital de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) situé à Clichy (Hauts-de-Seine).

L'hôpital fait partie du Groupe hospitalo-universitaire Nord - Université de Paris de l'AP-HP[1]. Il dispose d'une quinzaine de spécialités[2] parmi lesquelles la gastroentérologie, l'hépatologie, la chirurgie hépato-bilio-pancréatique, la chirurgie colorectale, l'orthopédie, la stomatologie ou encore la médecine interne. En outre, une antenne du SAMU 92 y est implantée.

Origine du nomModifier

Il porte le nom de la rue du 8e arrondissement de Paris qui rend hommage à Nicolas Beaujon, grand financier du royaume, dont la fortune lui permit de financer des œuvres de bienfaisance.

HistoireModifier

L'hôpital du faubourg du RouleModifier

 
L'hôpital (ex-hospice) Beaujon, Paris, 1784. Photographie d'Eugène Atget, 1906. Paris, Bibliothèque nationale de France.

De sa fondation dans les années 1780 à son déménagement dans les années 1930, l'hôpital se trouvait au no 208 rue du Faubourg-Saint-Honoré, dans le 8e arrondissement de Paris (48° 52′ 32″ N, 2° 18′ 17″ E).

En vieillissant, le financier Nicolas Beaujon consacre des aumônes considérables aux œuvres de l'église Saint-Philippe-du-Roule, dont le curé était alors l'abbé Charsoulot. En 1784, il consacre un million et demi à fonder sur la paroisse un hospice destiné à l'éducation de vingt-quatre orphelins et enfants pauvres[3].

« Louis, etc. Le sr Nicolas Beaujon, notre conseiller d’État, trésorier, commandeur de notre ordre militaire de Saint-Louis, notre conseiller, secrétaire, maison, couronne de France, et de nos finances, receveur général de nos finances de la généralité de Rouen, nous a très humblement fait représenter qu’ayant formé depuis longtemps le projet d’établir et fonder dans la paroisse de Saint-Philippe-du-Roule, dont les besoins lui sont connus, un hospice pour y faire nourrir et instruire vingt-quatre pauvres enfants, orphelins, ou autres, natifs de ladite paroisse, moitié garçons et moitié filles, dans lequel hospice, les habitants de cette même paroisse pourront envoyer leurs enfants pour y être instruits gratuitement, et trouveront dans la chapelle d’icelui en cas de nécessité, le secours de messes et offices, lorsqu’ils ne pourront se rendre à l’église paroissiale déjà trop peu spacieuse ; et désirant former cet utile établissement d’une manière solide et durable, dont les moyens nous ont été présentés dans un projet d’acte de fondation attaché sous le contre-scel des présentes ; il nous a fait supplier de l’autoriser à effectuer ladite fondation, et à donner audit projet la forme authentique et stable qu’il ne peut avoir sans nos lettres-patentes sur ce nécessaires ; à ces causes et autres à ce nous mouvant, vu ledit projet d’acte de fondation, attaché sous le contre-scel des présentes, et voulant marquer audit sieur Beaujon, dont l’attachement et le zèle au bien de notre service nous sont connus depuis longtemps, la satisfaction que nous avons du noble et pieux dessein qu’il a conçu pour un établissement si digne de notre protection, nous avons de notre grâce spéciale, pleine puissance et autorité royale, dit, statué et ordonné, disons, statuons et ordonnons, nous plait ce qui suit : Art. 1er. Avons permis et permettons, par ces présentes, audit sieur Beaujon, d’établir et fonder à perpétuité, dans la paroisse de Saint-Philippe-du-Roule, de notre bonne ville de Paris, sur le terrain où sont établis actuellement les bâtiments et jardins, clos de murs, situés dans la grande rue du Faubourg-du-Roule, un hôpital ou hospice pour entretenir et faire instruire vingt-quatre pauvres enfants de ladite paroisse, dont douze garçons et douze filles, choisis par préférence parmi ceux orphelins etc… Art. 3. Autorisons le sieur Beaujon à faire devant notaire et tous notaires passer acte, sous l’acceptation des administrateurs, contenant donation entre-vifs, audit hospice pour l’établissement et dotation d’icelui, tant de la chapelle Saint-Nicolas que le sieur Beaujon a fait construire au faubourg du Roule, vis-à-vis les bâtiments dudit hospice, vases et ornements d’icelle, que des bâtiments, jardin et terrains, clos de murs, le tout établi sur les terrains acquis par ledit sieur Beaujon du sieur baron d’Arcy, par deux contrats des 23 juillet 1783 et 1er août 1784, ensemble de 25 000 liv. de rente, au principal de 625 000 liv. à prendre dans celle créée à 4 pour cent sur nos aides et gabelles, et nos autres revenus au profit du sieur Beaujon, etc. — Donné à Versailles au mois de mai de l’an de grâce 1785. — Signé Louis. »[4]

L'administration temporelle en fut confiée au président Chrétien-François II de Lamoignon[5]. L'hospice est installé au no 208 rue du Faubourg-Saint-Honoré, en face de la Folie Beaujon, située de l'autre côté de la rue. Comme la folie, l'édifice qui a subsisté est construit par Nicolas-Claude Girardin. Ses jardins s'étendent jusqu'à la rue de Chartres-du-Roule (actuelle rue de Courcelles)[6].

Sur l'atlas de Verniquet, il est nommé « hospice Saint-Nicolas »[6].

« En entrant, on trouvait à droite l'école des garçons, à gauche celle des filles, au premier étage le logement des frères lazaristes. Dans la cour, l'aile droite contenait la buanderie, la lingerie et le dortoir des garçons. Dans l'aile gauche étaient les cuisines, le réfectoire des sœurs grises de saint Vincent de Paul, au premier le dortoir des filles. Dans tous les dortoirs, des lits sans rideaux étaient alignés par rangs de douze, plus un treizième pour un surveillant ou une religieuse. Le bâtiment du fond, entre cour et jardin, contenait au premier la chapelle, l'infirmerie et le réfectoire des sœurs. À la jonction de ce bâtiment et des ailes, deux grands escaliers à vis desservent tout l'édifice. À leur sortie, les enfants recevaient 400 livres pour payer leur apprentissage. En amateur éclairé des arts, Beaujon avait fondé pour les plus doués d'entre eux six bourses à l'École gratuite de dessin, notre École des arts décoratifs. […] La Convention […] transforma [l'hospice Beaujon] en hôpital pour quatre-vingts malades et indemnisa les orphelins. »[7].

Un décret de la Convention nationale du 17 janvier 1795 change en effet la destination de cet hospice, désormais affectée aux malades. Il est alors désignée sous le titre d'hôpital du Roule. Le conseil-général des hospices fait rendre à cet établissement le nom de Beaujon. À partir de 1813, il est desservi par les sœurs de Sainte-Marthe[4].

Il sert d'hôpital militaire durant la Grande Guerre (1914-1918).

Le poète et journaliste Claude Roy y voit le jour en 1915[8].

C'est dans ses murs que meurt le président Paul Doumer, le , après que Paul Gorgulov lui a tiré dessus à deux pas de là, à l'hôtel Salomon de Rothschild.

L'hôpital de ClichyModifier

En 1935, il s'installe dans des nouveaux locaux, dans la commune de Clichy, au no 100 boulevard du Général-Leclerc.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, sous l'occupation, il devient un hôpital militaire pour l'armée allemande.

En 1961, en 1968 puis en 1972 certains de ses bâtiments servent de centre de triage des manifestants arrêtés par la police[9],[10].

En 2025, cet édifice, de style art déco, devrait être abandonné pour être remplacé par le nouvel Hôpital Grand Paris Nord.

ArchitectureModifier

L’hôpital Beaujon[11] est l’œuvre de l’architecte Jean Walter[12]. La première pierre est posée en , l'hôpital ouvre en mars 1935.

On a qualifié cet hôpital-bloc d'« hôpital vertical » : « Il constitue alors une véritable innovation architecturale : c’est le premier hôpital non pavillonnaire monobloc, les treize étages étant censés conjuguer les avantages économiques d’une structure verticale et les vertus hygiéniques de l’altitude. Il faisait référence aux hôpitaux d’outre-Atlantique et lui a valu en France le surnom d’« hôpital gratte-ciel ». »

Notes et référencesModifier

  1. Marie-Amélie Fenoll, « Les Hôpitaux Universitaires Paris Nord Val de Seine signent un contrat de performance : Ce contrat de performance concerne les hôpitaux universitaires de Beaujon (Clichy), Bichat-Claude-Bernard et Bretonneau (Paris 18e), Louis Mourier (Colombes) et Charles Richet (Villiers-le-Bel) », sur www.decision-achats.fr,
  2. http://www.aphp.fr/hopital/beaujon/poles-et-services/
  3. Michel Gallet, Les architectes parisiens du XVIIIe siècle, p. 236
  4. a et b Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, (lire en ligne), p. 58.
  5. ibidem
  6. a et b « Plateforme de webmapping ALPAGE », sur Analyse diachronique de l'espace urbain parisien : approche géomatique (ALPAGE) (consulté le ).
  7. Michel Gallet, Les architectes parisiens du XVIIIe siècle, p. 236-237
  8. Acte de naissance N°1176/1915
  9. Cairn.info
  10. L'internationale étudiante, Jean-Jacques Brochier, Bernd Oelgart, FeniXX - 328 pages
  11. « L'hôpital Beaujon », notice no IA00125159, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  12. « Histoire », sur www.hopital-beaujon.fr (consulté le )

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Stéphanie Samson, Une usine à guérir : l'hôpital Beaujon à Clichy, in Recherches contemporaines, Université de Paris-X Nanterre, no 4, 1997, p. 75 à 99 [lire en ligne]

Articles connexesModifier

Liens externesModifier