Myrina (Amazone)

reine des Amazones

Dans la mythologie grecque, Myrina ou Myrine (en grec ancien Μύρινα / Múrina) est une reine des Amazones libyennes.

Amazones libyennesModifier

Des informations sur les Amazones libyennes et leur reine sont données par Diodore de Sicile dans le troisième livre de la Bibliothèque historique. Apparemment, sa source était un écrivain du IIe siècle av JC, qui a réuni plusieurs sujets mythologiques et leur a donné une interprétation évhémérique[1],[2].

Selon Diodore, les amazones libyennes étaient les plus anciennes de toutes, et précédaient l'arrivée des amazones d'Asie Mineure. Elles les auraient surpassées par leurs exploits mais leur nation se serait éteinte plusieurs siècles avant la guerre de Troie[3].

Conquêtes de MyrinaModifier

Suivant Diodore de Sicile[4], elle mena une expédition militaire avec une armée de trente mille femmes en Libye et vainquit les Atlantes, détruisant la ville de Cerné. À la demande des Atlantes, Myrina combattit également les Gorgones, mais sans toutefois obtenir une victoire finale. Les Gorgones sont décrites par Diodore comme une nation guerrière menant régulièrement des attaques sur les terres des Atlantes[5].

Lors d'une campagne ultérieure, Myrina conclut un traité de paix avec Horus, souverain d'Égypte, attaqua et soumit plusieurs peuples, parmi lesquels les Syriens, les Arabes et les Ciliciens. Les Ciliciens s'étant rendus spontanément, elle leur laissa la liberté. Elle prit également possession de la grande Phrygie ; des monts Taurus jusqu'au fleuve Caïque et plusieurs îles de la mer Égée, notamment Lesbos. Elle aurait également été la première à prendre possession d'une île inhabitée qu'elle nomma Samothrace. Elle y fit construire un sanctuaire. Les villes de Myrina de Lemnos[6], et peut-être Myrina de Mysie, Mytilène, Cymé, Pitane et Priène sont supposées avoir été fondées par Myrina et portent soit son nom, le nom de sa sœur Mytilène, ou des chefs de son armée (Cymé, Pitane et Priène)[7].

L'armée de Myrina aurait été défaite par Mopsos le Thrace et Sipyle le Scythe à l'issue d'une bataille où Myrina et de nombreuses autres Amazones furent tuées.

Elle s'inscrit dans une ancienne tradition de femmes guerrières en Afrique du Nord, soutenue par les écrits antiques tels que ceux d'Hérodote concernant des tribus guerrières féminines, tels que chez les Machlyès en Libye. dont les chars de guerre étaient conduits spécifiquement par des femmes.


À noter que l’Iliade mentionne une « Myrina » dont la tombe se trouve en Troade[8]. Elle a souvent été identifiée à Myrina l'Amazone[9],[10], mais parfois aussi à Myrina fille de Teucros[11].

Évocation littéraireModifier

BibliographieModifier

RéférencesModifier

  1. Diodore, Bibliothèque Historique, III. 52, 3
  2. Frank Frost Abbott et Stephane Gsell, « Histoire Ancienne de l'Afrique du Nord », The American Historical Review, vol. 25, no 4,‎ , p. 701 (ISSN 0002-8762, DOI 10.2307/1834935, lire en ligne, consulté le )
  3. « Diodore de Sicile : Bibliothèque historique : livre III. », sur remacle.org (consulté le )
  4. Diodore de Sicile, Bibliothèque historique [détail des éditions] [lire en ligne], III, 54-56.
  5. Centre National de Documentation Pédagogique - Les expéditions de Myrina - Diodore
  6. Étienne de Byzance, s.v.'Myrina
  7. Strabon, Géographie [détail des éditions] [lire en ligne], XI, 5, 5.
  8. Homère, Iliade [détail des éditions] [lire en ligne], II, 813-814.
  9. Strabon, Géographie [détail des éditions] [lire en ligne], XII, 8, 6.
  10. Jean Tzétzès (Commentaire sur l’Alexandra de Lycophron), parle de Myrina, une banlieue (πολίχνη) de Troie, nommée d'après « une Amazone appelée Myrina » qui y est décédée.
  11. Scholie à l’Iliade, II, 814.
  12. Musée de Brooklyn - Centre Elizabeth A. Sackler - Myrine

SourcesModifier