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Musée de la coutellerie

musée français
Musée de la coutellerie
58 rue de la coutellerie, Thiers.JPG
Deuxième partie du musée en centre-ville
Informations générales
Visiteurs par an
23 000 (2016)
Site web
Collections
Collections
Nombre d'objets
Couteaux d'arts, peintures de la ville de Thiers
Bâtiment
Protection
Localisation
Pays
Commune
Adresse
23 rue de la CoutellerieVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
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Le musée de la coutellerie est un musée municipal de Thiers dans le département du Puy-de-Dôme en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Fondé en , il accueille en partie les collections de l'ancien musée municipal Barante ouvert au public en qui ferme ses portes définitivement en . Établi en plein cœur de la cité médiévale de Thiers, le musée a pour but initial de créer un lieu de mémoire et d'histoire dans une optique de conservation et de valorisation du patrimoine matériel et immatériel de bâtiments, d'objets et de gestes issus de sept siècles de coutellerie.

Le musée est divisé en trois parties : les deux premières sont à quelques mètres l'une de l'autre dans le centre ancien de Thiers tandis que la troisième est à 3 km de ces dernières près du lieu-dit de Château-Gaillard sur la commune de Thiers.

En , avec 23 000 entrées payantes, il est le 4e musée le plus visité de l'ancienne région Auvergne.

LocalisationModifier

Le musée de la Coutellerie est divisé en trois parties distinctes. Les deux premières parties se situent dans la rue de la Coutellerie au cœur du centre-ville de Thiers : l'une au no 23 et l'autre au no 58 de la rue. Les deux bâtiments portent un fort intérêt patrimonial puisqu'ils sont tous les deux répertoriés sur l'inventaire des Monuments historiques. La première partie est installée dans la maison de l'Homme des bois classée en et la deuxième dans la maison des Consuls inscrite en . La troisième partie du musée est située en dehors de l'agglomération thiernoise, à 3 km du centre-ville de Thiers près du lieu-dit de Château-Gaillard appartenant à la commune de Thiers : la vallée des Rouets.

HistoireModifier

Coutellerie de ThiersModifier

Article détaillé : Coutellerie de Thiers.
 
Des émouleurs Thiernois qui donnent le tranchant à leurs couteaux au tout début du XXe siècle.

La force hydraulique de la Durolle est utilisée à Thiers dès le moyen-âge pour mouvoir les moulins à farine, les foulons des tanneurs, les maillets des papetiers et avec le développement de la coutellerie, les martinets des fondeurs et les meules des émouleurs[1],[2]. Dès le XIIIe siècle, la coutellerie est officiellement attestée à Thiers et en , la ville compte 27 maîtres-couteliers. Un siècle plus tard, ils sont plus de 170. Les objets produits sont exportés dans plusieurs pays dès le XVIIe siècle, en Espagne, en Italie, en Allemagne, en Turquie et « aux Indes »[3],[Note 1].

À partir de , seule la coutellerie parvient à se maintenir avec l'introduction des machines, ce qui préfigure l'avènement de la grande industrie[4].

À la fin du XIXe siècle, la concurrence étrangère amène les industries thiernoises à se moderniser. Cette modernisation passe par l'électrification. Un nouveau type d'usines se crée, où sont intégrées toutes les opérations de la coutellerie[3]. Les usines de papeterie qui n'ont pas voulu recourir à ces techniques modernes de production se voient dans l'obligation de fermer leurs portes ; elles n'étaient plus qu'une vingtaine en [3].

 
Une partie de la Vallée des Usines au début du XXe siècle.

Les problèmes concernant les eaux de la Durolle sont de plus en plus nombreux au début du XXe siècle. En effet, le débit de la rivière est très irrégulier, provoquant un chômage relatif en été et en hiver. En effet, les usines utilisant la force motrice de la rivière ne peuvent travailler avec un débit d'eau convenable[5]. Pour ne plus dépendre des caprices de la Durolle, les usines utilisent la force motrice électrique dès [5]. L'indépendance des usines face à la Durolle leur permet de devenir des « usines complètes ». Ainsi, dans la vallée de la Durolle, plus de 12 000 ouvriers et 550 fabricants sont présents en .

À partir de la Seconde Guerre mondiale, la production de couteaux à Thiers diminue peu à peu et au début des années , le nombre d'emplois dans la coutellerie thiernoise passe en dessous de la barre symbolique des 1 000 emplois. En 1995, la production commence à reprendre son souffle et en le nombre d'emplois dans ce domaine passe au-dessus de 1 500.

Thiers et son bassin représentent à l'heure actuelle 80 % des couteaux produits en France.

Origine du projetModifier

En , alors que la municipalité dirigée par Maurice Adevah-Pœuf est fraîchement élue, une étude pour construire un musée de la coutellerie organisée en remplacement du vieux musée Barante est mise en place. En effet, ce dernier musée date de et le bâtiment qui l'accueille est très vétuste. La charge entière de ce musée, les visites, les dons, les aménagements, les inventaires et l'entretien des collections sont alors assurés par une seule personne qui assure également les fonctions de bibliothécaire et archiviste municipal. Le musée est alors ouvert toute l'année, neuf heures par semaines en moyenne et reçoit 3 102 visiteurs pour son avant-dernière année d'ouverture en .

ObjectifsModifier

Objectif culturelModifier

La municipalité s'engage dans une réflexion globale de l'activité principale — voire exclusive de Thiers : la coutellerie, laquelle en pleine mutation, glissant progressivement du monde artisanal vers le monde industriel, entraînant la perte des techniques et savoir-faire ancestraux. L'objectif est alors de créer un lieu de mémoire et d'histoire dans une optique de conservation et de valorisation du patrimoine matériel et immatériel de bâtiments, d'objets et de gestes issus de sept siècles de coutellerie ; l'intention relevait également de la transmission d'un savoir-faire millénaire par des actions de formation et des actions pédagogiques au sein du musée, tout en tentant d'impulser une nouvelle dynamique à la coutellerie artisanale.

Objectif économiqueModifier

L'activité coutelière, artisanale et industrielle, est encore un pan majoritaire de l'économique thiernoise et périphérique. La création d'un musée de la Coutellerie a pour but économique, au travers d'une structure culturelle et touristique, de développer une image de marque valorisant l'activité coutelière thiernoise.

Objectif urbanistiqueModifier

Par son implantation dans la vieille ville, le musée doit assurer un flux important de visiteurs. L'objectif urbanistique principal de l'installation du futur musée de la coutellerie est de réinvestir humainement et commercialement ce quartier de la cité médiévale du fait des flux piétons induits par le musée.

Objectif touristiqueModifier

À la fin des années , le tourisme à Thiers est vu comme une carte importante pour l'avenir. Une étude par rapport au potentiel touristique de Thiers prenant en compte sa situation géographique, sa proximité avec des grandes villes comme Lyon, Saint-Étienne et Clermont-Ferrand mais également avec des villes d'eaux comme Vichy ou Le Mont-Dore détermine une situation très favorable à l'ouverture d'un musée de la coutellerie à Thiers. En , Thiers bénéficie d'un tourisme de passage estimé à 60 à 80 000 personnes par an. Ainsi, le futur musée est vu comme étant un élément structurant puisqu'il fournit alors un but de visite.

Ouverture du muséeModifier

 
La deuxième partie du musée : site historique du musée municipal.

Le musée ouvre ses portes au public pour une première année de fonctionnement en . Il est agréé par l'organisation des Musées de France peu de temps après et connaît une première année encourageante quant à la fréquentation : 17 000 entrées payantes. La structure du musée, à son ouverture, est un peu spéciale dans le sens où une association de production nommée « la Maison des Couteliers » adjoint les présentations. Ainsi, les visiteurs voient en plus des collections de couteaux la petite entreprise artisanale le but étant de montrer que la coutellerie est une activité toujours d'actualité dans la ville de Thiers.

Une deuxième partie (no 23 de la rue de la Coutellerie) ouvre ses portes pour compléter l'offre du musée en . Celle-ci oriente les visiteurs sur l'histoire et les origines de la coutellerie thiernoise.

Vallée des RouetsModifier

La troisième et dernière partie du musée ouvre ses portes via une initiative associative. En effet, entre et , l'association « le Pays Thiernois » défriche les sentiers de la future Vallée des Rouets afin de mettre en valeur les rouets restants et les ruines témoignant de l'activité coutelière artisanale au fond des gorges de la Durolle présente jusque dans les années . À partir de , la mairie reprend la main à l'association afin d'ouvrir aux visiteurs le dernier rouet en état de fonctionnement de la région thiernoise. En , la Vallée des Rouets est officiellement ouverte au public et aux visites guidées.

Collections et éléments remarquablesModifier

Première partie du musée : l'Homme des BoisModifier

La première partie du musée est située au n°23 de la rue de la coutellerie, dans la maison de l'Homme des Bois. Dans cette dernière, l'histoire de la coutellerie thiernoise est largement présentée à l'aide d’œuvres d'arts.

Deuxième partie du musée : les ateliers de fabricationModifier

La deuxième partie du musée se trouve au bout de la rue de la coutellerie, au n°58. Ici, les couteliers expliquent et montrent aux visiteurs comment sont montés et fabriqués les couteaux en respectant la tradition thiernoise et une salle initie les visiteurs dans l'ambiance des forges du XIXe siècle. Aux étages, des collections de couteaux d'arts sont établies avant que le circuit se termine par la boutique du musée où les couteaux produits par les couteliers du musée sont mis en vente.

Troisième partie du musée : la Vallée des RouetsModifier

La troisième partie du musée se situe à 3 km des deux premières. C'est en fait un ancien rouet qui n'a jamais cessé de fonctionner dans lequel sont organisées des visites guidées. Le mécanisme de ce rouet est toujours entraîné par une roue à aubes elle-même entraînée par la force motrice des eaux de la Durolle visible dès l'arrivée des visiteurs. Des sentiers sont également proposés le long de la Durolle pour voir les ruines des rouets qui ont majoritairement fermés dans les années — années où l'industrie prend presque entièrement le relais de la production de couteaux à Thiers.

Fréquentation et administrationModifier

Le musée de la Coutellerie est le 4e musée le plus visité de l'ancienne région Auvergne en , avec 23 000 entrées payantes.

Évolution de la fréquentation du Musée de la Coutellerie depuis son ouverture en 1982
1982 1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990
17 00037 00045 00049 00049 50052 00055 00054 50055 000
1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999
58 00056 00063 00060 50054 00051 00047 00050 00045 000
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008
47 00048 80048 90041 70038 70033 200---
2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017
-27 50026 90026 30024 20025 70023 50023 600-


Notes et référencesModifier

  1. « La vallée des usines - Balades dans le Puy-de-Dôme », canalblog,‎ (lire en ligne, consulté le 23 avril 2018).
  2. Caroline DRILLON et Marie-Claire RICARD, L'Auvergne Pour les Nuls, edi8, (ISBN 9782754044851, lire en ligne).
  3. a b et c Paul Combe, « Thiers et la vallée industrielle de la Durolle », Annales de Géographie, vol. 31, no 172,‎ , p. 360–365 (ISSN 0003-4010, DOI 10.3406/geo.1922.10136, lire en ligne, consulté le 24 juin 2018)
  4. « Au Sabot », sur ausabot.com (consulté le 24 avril 2018).
  5. a et b Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées :13

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Lien externeModifier


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