Mittéï

écrivain belge
Mittéï
Nom de naissance Jean Mariette
Alias
Hao - Jiem - Kristophe Kolon
Naissance
Cheratte Drapeau de la Belgique Belgique
Décès (à 68 ans)
Nationalité Drapeau : Belgique Belge
Profession
Autres activités
peintre d'aquarelles et pianiste de jazz[1],[2]

Mittéï, de son vrai nom Jean Mariette, est un dessinateur et un scénariste de bande dessinée belge né le à Cheratte (Belgique) et décédé le . Il signe aussi sous le pseudonyme Hao.

BiographieModifier

Tour à tour scénariste et dessinateur, le Belge Jean Thomas Toussaint Mariette, plus connu sous son principal pseudonyme Mittéï (diminutif de son épouse Marie-Thérèse), est né le 5 juin 1932 à Cheratte-Hauteurs : petite ville près de Liège où il a toujours vécu.

Son amour du dessin lui vient d’un oncle aquarelliste et son goût pour la bande dessinée de sa lecture de l’hebdomadaire Spirou lorsqu’il était enfant. Il adhérera même aux A.D.S. (Amis de Spirou) sous le nom de Jean Valhardi, puis aux C.S.A. (Club Spirou Aviation) sous le nom de Paul Cartier. Dans la Belgique occupée, il organise un goûter Spirou et monte un spectacle de marionnettes autour des héros du journal des éditions Dupuis.

Lassé d’attendre la suite du « Christophe Colomb » de Jijé dont la parution est interrompue par la censure allemande, il se documente sur le sujet et entreprend de dessiner la suite, pour lui-même…

Il entre ensuite au collège Saint-Hadelin de Visé où il publie et vend sa première bande dessinée (« La Splendide Escadrille “Maggie New York” », en 1945) qui est signée Jiem, en hommage au dessinateur Jijé. Constatant ses possibilités graphiques, l’un de ses professeurs lui conseille de poursuivre ses études à l’Institut Saint-Luc. Il y entre en 1946 et s’inscrit dans la section illustration dont il sera le premier et, pendant longtemps, le seul élève.

Dans des hebdomadaires locaux comme L’Écho de Waremme ou Le Bulletin notarial de Verviers, il crée ses premières séries : « John Camel » en 1949 (un détective privé qui deviendra « Bobby Duval » sous sa nouvelle signature Jiem, en 1950), « Kristophe Kolon » (nouvel hommage à Jijé) ou les strips muets de « Colin & Colas », entre 1950 et 1955.

Après l’affichage non désiré de l’une de ses caricatures du frère-directeur de l’Institut Saint-Luc, jugée irrévérencieuse, il rejoint l’Académie des Beaux-arts de Liège en 1952 et participe à l’atelier Atgil du dessinateur Charles Gilbert : créateur du journal liégeois de bandes dessinées Grand-Cœur.

Il publie ensuite, en 1954, son premier récit en couleurs dans Petits Belges : « Le Sorcier de Bonne Montagne ».

Il s’initie alors aux techniques d’animation au studio de dessins animés A.T.P. d’Albert Fromenteau (créateur d’un autre magazine liégeois : Wrill) et réalise deux courts métrages pour les fromages Paquay : « Taxis Melchior » et « Pâquerette et le corbeau ».

En cette même année 1954, le 23 décembre, il épouse Marie-Thérèse Hawaux dite Mithée, avant d’effectuer son service militaire en février 1955.

C’est pendant ces dix-huit mois sous les drapeaux, en avril, qu’il rencontre Michel Regnier alias Greg. Fort de son expérience dans les Héroïc-Albums de Fernand Cheneval, ce dernier veut lancer son propre bimensuel : l’éphémère Journal de « Paddy » qui ne connaîtra que cinq numéros en 1955.

Délaissant la signature de Jiem pour celle de Mittéï, notre auteur en herbe lui dessine une histoire de trente-huit demi-planches qui restera inachevée à cause de l’arrêt du magazine : La Course au timbre.

Il réalise alors des chromos pour l’atelier de Fromenteau et les éditions Hemma, des dessins d’emballage pour Henri Kaquet et diverses caricatures politiques pour l’Union des classes moyennes (organisation patronale francophone engagée dans la défense des indépendants et entreprises).

De retour à la vie civile en juillet 1956, il s’essaye à la publicité et illustre aussi pas loin de cent biographies d’hommes célèbres pour le quotidien Le Soir, puis exerce divers petits métiers (étalagiste, musicien…), avant de se consacrer principalement à la bande dessinée. En effet, il a pris goût à cet exercice et persiste dans cette voie en livrant des illustrations à des agences qui fournissaient en pages didactiques, bandes dessinées verticales et récits humoristiques divers quotidiens belges comme Le Soir ou De Standaard.

En octobre 1957, à l’agence International Press d’Yves Cheron où il livre des jeux, des planches didactiques et des culs de lampes publiés dans La Libre Junior (supplément hebdomadaire pour la jeunesse du quotidien La Libre Belgique), il retrouve son ami Greg. Ensemble, ils animent deux épisodes de « Luc Junior » en 1958 (Mittéï réalisant la mise en page complète et les décors, laissant l’animation des personnages et le scénario à son collègue : une technique qui deviendra l’une de ses grandes spécialités) et sa première histoire professionnelle menée à terme qu’il dessine seule sur scénario de Greg : « Les Bolides d’argent », un récit publié en 1960 et repris en recueil broché chez Bédésup, en 1981.

Mittéï va alors se spécialiser dans la fonction de décoriste, notamment pour Dino Attanasio (sur un court récit de « Spaghetti » dans Tintin, en 1958, et la première adaptation en bandes dessinées de « Bob Morane » dans Femmes d’aujourd’hui, en 1959), pour Tibet (sur « Globul » en 1959, « Les Peurs de rien », ou sur trois histoires courtes – entre 1959 et 1960 — et les sept premiers albums de « Ric Hochet » dans Tintin, entre 1961 et 1967), pour Paul Cuvelier (deux aventures de Line écrites par Greg, dans Line, en 1962, et dans Tintin, en 1963), pour Greg (sur les premiers épisodes de la série « Les As » dans Vaillant, en 1962) et, un peu plus tard, pour Francis (une aventure de Jacky et Célestin dans Le Soir, en 1967) et Édouard Aidans (sur un épisode des « Franval » dans Tintin, en 1968). Tout naturellement, en 1959, Mittéï va suivre Greg aux éditions du Lombard où il entreprend « Nane et Mitsou » publié entre 1960 et 1963 dans leur hebdomadaire féminin Line et entre au studio Tintin où, sous la houlette de Will, il s’occupe de la mise en page du journal Tintin, réalisant couvertures et illustrations, notamment pour les rubriques « Tintin-Mondial » (1959) ou « Tintin-Auto » (de 1960 à 1968) écrites par Philippe de Barsy.

Grâce à son expérience acquise dans l’animation, il va aussi travailler à mi-temps au Studio Belvision du Lombard, sur les dessins animés de « Chlorophylle » (d’après Raymond Mâcheront).

Il ne lui reste donc plus que la nuit pour se consacrer à ses propres bandes destinées au journal pour les jeunes de 7 à 77 ans : réalisation de courts récits souvent scénarisés par Greg ou Yves Duval, mais aussi lancement de la série parodique « Rouly-la-Brise » scénarisée par Greg (deux épisodes publiés à l’origine en 1959 et 1960 seront repris en albums bien plus tard, en 1984 chez Bédéscope, et trois courts récits publiés en 1970 et 1971), des premiers gags de « L’Indésirable Désiré » (publiés en catastrophe en 1960 pour pallier le retard de livraison des planches du « Dan Cooper » d’Albert Weinberg) et d’une première tentative scoute : « Les Chevaliers de Muzardon », encore un scénario humoristique de Greg, en 1961.

On lui doit aussi quelques publicités réalisées pour l’agence publicitaire Publiart (autre filiale du Lombard), dont « On est entré dans le labo » pour le chocolat Victoria (dans Tintin, en 1959), la série de gags « Plume et Poil » pour le magazine de l’entreprise pétrolière BP (La Route des jeunes, en 1960), un récit de vingt-quatre pages pour le journal publicitaire du café Corso, toujours sur scénario de Greg en 1962 (« La Maison Forester », repris dans l’album publié par Bédésup en 1981) et des gags burlesques automobiles dans Bonne Route, la revue publicitaire de Volkswagen, entre 1966 et 1969 (« Adémar Piston »).

En 1962, il commence surtout à animer « Les 3 A » avec Tibet et André-Paul Duchâteau dans Tintin, mais la pratique du scénario le titille et il écrit des gags de « Pipo », puis de « Blanchette et Cacao » en 1964, pour Junior, le supplément jeunesse du magazine Chez Nous, illustrés par son tout jeune compatriote cherattois François Walthéry, qui signait alors Pop’s : les dix-huit pages de « Pipo » seront reprises dans Spirou en 1978 et en album chez Bédésup, en 1981.

Dès 1964, son antihéros l’Indésirable Désiré prend du galon, puisqu’il est publié sous forme de récits en plusieurs pages, avant de devenir vedette d’histoires au long cours

Mittéï produit aussi, en 1965, un premier scénario pour la série « Modeste et Pompon » que Dino Attanasio a repris à André Franquin : en 1966, il signera les suivants Hao, un nouveau pseudonyme qui est encore un hommage à son épouse dont il déforme, cette fois-ci, le nom de famille (Hawaux).

De 1968 à 1975, il reprendra le dessin de cette série de gags mettant en scène un couple de jeunes gens (souvent sur des scénarios de Christian Godard), lesquels seront compilés dans six albums chez Horus, en 1979.

Grâce à ses encouragements et ses conseils, Mittéï[3] est à l’origine de la carrière de nombreux dessinateurs. En particulier Walthéry, Dany, Seron, Hardy, Hachel et Pierre Renoy.

ŒuvresModifier

Séries en tant que dessinateur et scénaristeModifier

Séries en tant que dessinateurModifier

Séries en tant que scénaristeModifier

RéférencesModifier

  1. « Potins Tintin » dans Le journal de Tintin n°18, 30 avril 1963, page 2
  2. [1], Jean Mariette ( alias MITTEÏ et HAO )
  3. Portrait de Mittéï dans Hop ! n°55, 1er trimestre 1993, page 29

AnnexesModifier

BibliographieModifier

Liens externesModifier