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Opération Restaurer l'espoir

opération au Yémen en 2015
Ne doit pas être confondu avec opération Restore Hope.
Opération Restaurer l'espoir
Description de cette image, également commentée ci-après
Situation au Yémen en mars 2018
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Informations générales
Date

- présent

(3 ans, 1 mois et 20 jours)
Lieu Yémen
Issue En cours
Belligérants
Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite
Drapeau de Bahreïn Bahreïn
Drapeau du Qatar Qatar (exclu le 5 juin 2017)
Drapeau du Soudan Soudan
Drapeau des Émirats arabes unis Émirats arabes unis
Drapeau des États-Unis États-Unis (renseignements et blocus maritime)
Drapeau de l'Égypte Égypte (blocus maritime)
Drapeau du Maroc Maroc

Soutien (vente d'armes et formation):
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni[1]
Drapeau de la France France[2]
Drapeau du Canada Canada[3]
Drapeau de l'Allemagne Allemagne[4]
Drapeau de la Turquie Turquie[5]
Comité révolutionnaire-Conseil politique suprême ShababFlag.svg Al-Qaïda dans la péninsule arabique
Drapeau de l'État islamique État islamique (branche yéménite)
Commandants
Drapeau du Yémen Abdrabbo Mansour Hadi
Drapeau de l'Arabie saoudite Salmane ben Abdelaziz Al Saoud
Houthis Logo.png Saleh Ali al-Sammad
Houthis Logo.png Mohammed Ali al-Houthi
Houthis Logo.png Abdul-Malik al-Houthi
ShababFlag.svg Nassir al-Wouhaychi
ShababFlag.svg Anwar al-Awlaqi
ShababFlag.svg Jalal Balaïdi †
ShababFlag.svg Abou Hamza al-Zinjibari[7]
Forces en présence
Coalition sunnite : 10 000 hommes[8] ShababFlag.svg (AQPA)
500 à 600 hommes
(en 2010)
1 000 à 3 000 hommes
(en 2014-2015)[9],[10]
Flag of the Islamic State of Iraq and the Levant2.svg (EI)
300 hommes[11]
Pertes
Drapeau de l'Arabie saoudite
10 morts
Drapeau des Émirats arabes unis
~ 85 morts[13]
Drapeau de Bahreïn
5 morts
1 F-16
Drapeau du Maroc 1 F-16 abattu et 1 pilote tué.
Civils :
10 000 morts au moins[12]

L’opération Restaurer l'espoir (en arabe : عملية إعادة الأمل) est une opération lancée le , lors de la guerre civile yéménite, et qui succède à l'opération Tempête décisive, après l'annonce de la fin de cette dernière au Yémen contre le coup d’État mené par les Houthis et qui a visé à détruire l'infrastructure militaire de ceux-ci[14].

Au-delà du conflit militaire, le patrimoine culturel de la région souffre considérablement, et notamment la vieille ville de Sanaa (inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco)[15].

Sommaire

ObjectifsModifier

L'opération vise à :

  1. interdire aux Houthis d'agir dans le territoire yéménite ;
  2. protéger la population du risque des Houthis ;
  3. continuer à secourir les blessés de la population ;
  4. continuer l'embargo naval et inspecter les navires afin d'appliquer la résolution prise par les Nations unies.

Elle serait centrée sur « la sécurité, le contre-terrorisme et la recherche d’une solution politique »[16].

DéroulementModifier

2015Modifier

Le grand port du Sud, Aden, est reconquis en juillet, suivis de cinq provinces du sud.

Les Émirats Arabes Unis déploient entre soixante-dix et quatre-vingts chars Leclerc au Yémen à partir de fin juillet/début août 2015, il s'agit de leur premier engagement au combat[17],[18].

Le , un missile balistique sol-sol tiré contre une des bases de la coalition dans la province de Marib provoque une énorme explosion, en atterrissant sur un dépôt de munitions. L’attaque fait soixante morts, parmi lesquels figurent quarante-cinq Emiratis, dix Saoudiens et cinq Bahreïnis[8]. En représailles, l'aviation de la coalition effectue dès le lendemain sur la capitale yéménite, Sanaa, des bombardements qui ciblent l'académie de police et le quartier général de la Sécurité centrale[19].

 
Sanaa, 2015

Ces lourdes pertes convainquent la coalition que l'offensive aérienne a ses limites malgré les destructions considérables qu'elle provoque, et elle décide d'intensifier l'action au sol.

Le dimanche 6 septembre au soir, un millier de soldats qataris, soutenus par plus de deux cents véhicules blindés et trente hélicoptères Apache, entre au Yémen via l'Arabie saoudite, ce qui représente le premier déploiement connu de forces terrestres de cet émirat. Simultanément, l’Arabie saoudite déploie d’importantes unités d’élite dans la province de Marib. Avec ces renforts, les forces de la coalition compteraient quelque 10 000 hommes au sol au Yémen[20].

Le 9 septembre l'Égypte confirme l'envoi de huit cents soldats au Yémen, en préparatif de l'offensive Taiz et Marib[21].

Le 27 septembre, vingt-trois rebelles chiites Houthis et cinq civils sont tués et dix-sept autres personnes sont blessées dans des bombardements aériens de la coalition, contre un village du nord-ouest du Yémen[22].

Le 28 septembre, environ cent trente et une personnes, dont des femmes et des enfants, sont tués dans un raid aérien de la coalition arabe, qui a touché une salle de mariage. La frappe a également fait des dizaines de blessés[23].

Le 1er octobre, l'armée yéménite et les forces de la coalition arabe reprennent aux rebelles chiites Houthis le détroit stratégique de Bab-el-Mandeb, qui relie la mer Rouge et le golfe d'Aden. Des habitants font état de frappes aériennes et de bombardements par des navires de guerre, en soutien à une offensive au sol[24].

Le 6 octobre, l'État islamique revendique un attentat suicide contre une mosquée de la capitale yéménite, Sanaa, qui fait sept morts et trois blessés[25],[26].

Le 8 octobre, au moins treize personnes qui assistent à un mariage sont tuées et trente-huit autres sont blessées dans un bombardement à Sanban, ville rebelle, située à une centaine de kilomètres au sud de Sanaa. Le bombardement est effectué par des avions de la coalition progouvernementale[27].

Le 21 octobre, au moins vingt-deux civils sont tués dans des tirs de roquettes sur la ville de Taëz. Cette attaque est attribuée aux rebelles chiites. Les roquettes de type Katioucha visent des secteurs du centre de Taëz, encerclée par les rebelles Houthis et leurs alliés[28].

2016Modifier

Le , un avion Dassault Mirage 2000 appartenant aux Émirats arabes unis s'écrase à Aden, tuant les deux pilotes[29]. AQPA prétend l'avoir abattu même si la coalition parle de panne[29].

 
Manifestation contre la guerre à New York, 2017

Le , dix enfants sont tués et vingt-huit autres sont blessés dans le bombardement par la coalition d'une école coranique à Haydan, dans le nord du Yémen[30].

Dans la nuit du 1er au 2 octobre, le navire logistique HSV-2 Swift des Émirats arabes unis est gravement endommagé par une attaque des rebelles Houthis au large du Yémen[31].

Le 8 octobre, la coalition menée par l'Arabie saoudite effectue des raids aériens particulièrement meurtriers à Sanaa. Selon Jamie McGoldrick, coordinateur humanitaire pour l'ONU au Yémen, le bilan est de plus de cent quarante morts et cinq cent vingt-cinq blessés, dont dix-neuf généraux et une douzaine d'autres officiers[32]. Officiellement, la coalition nie être impliquée, mais après ce massacre les États-Unis annoncent un « examen immédiat » de leur soutien à la coalition[33].

2017Modifier

Début février 2017, treize soldats saoudiens sont tués dans des combats contre les rebelles chiites Houthis à la frontière avec le Yémen[34]. Le 25 mars, 16 rebelles sont morts et 24 blessés dans des raids aériens de la coalition dans l'est de la province de Hodeida[35].

Conséquences humanitairesModifier

Le , l'OMS annonce que la guerre civile aurait permis le développement du choléra qui aurait fait 34 morts et 2 022 cas de diarrhée sévère dans 9 provinces du Yémen entre le 27 avril et le 7 mai[36]. Au 30 mai, l'épidémie de choléra a fait 500 morts ainsi que près de 55 206 cas suspects[37]. Selon l'UNICEF, l'épidémie a fait 209 morts et plus de 17 000 cas suspects depuis fin avril[38]. En juillet 2017, 300 000 personnes sont touchées par l'épidémie de choléra au Yémen avec plus de 1 600 morts[39]. A la date du 6 novembre 2017, 908 702 cas suspects ont été observés et plus de 2194 décès ont été constatés[40].

La très grave crise humanitaire que subit actuellement le Yémen est due principalement au blocus maritime, aérien et terrestre imposé par l’Arabie saoudite[41]. De nombreuses organisations humanitaires, ainsi que l’ONU, s’en sont émues[41],[42].

Selon Human Rights Watch, depuis le début du conflit en mars 2015, en violation du droit international humanitaire, la coalition a imposé un blocus naval et aérien au Yémen, lequel a sévèrement restreint la livraison de vivres, de carburant et de médicaments aux civils[43].

Selon l'ONU, qui réclame la levée du blocus, 21 millions de personnes ont un besoin d'aide humanitaire urgente, sept millions sont au bord de la famine et un enfant meurt toutes les dix minutes de maladie, presque un million de malades du choléra[44],[45].

Pour Jean-François Corty, directeur des opérations internationales de Médecins du monde, « les démocraties occidentales, dont la France et les États-Unis, ne sont pas neutres, puisque le conflit les implique et les concerne. Or contester une alliance avec des pays qui ne respectent pas le droit humanitaire international reste très difficile chez nous, en France ». Selon lui, « ce blocus relève plutôt d’une forme de punition collective qu’autre chose. Il faut dénoncer cela et être proactif car, potentiellement, avec ce blocus quasi-total, on peut parler de famine planifiée et si rien n’est fait il s’agira d’un crime de guerre »[46].

En février 2018, l'ONU dresse un bilan des pertes civiles, il dépasse les 10 000 morts depuis un an et demi. Le blocus du pays par les puissances arabes a provoqué la « pire crise humanitaire de la planète » selon les Nations unies : 7 millions de personnes, soit un quart de la population, sont au bord de la famine ; 1 million ont été touchées par le choléra[47].

Selon un rapport remis aux élus du Congrès des États-Unis le 12 avril 2018, par les services de renseignement militaire, 22 millions de Yéménites sur 30 au total se trouvent en situation de risque humanitaire[48].

Notes et référencesModifier

  1. "David Cameron accused of silently taking Britain into Saudi Arabia's war in Yemen". The Independent. 20 janvier 2016.
  2. "Pressure mounts on Western powers to halt arms sales to Saudi Arabia". France 24. 23 août 2016.
  3. « Canada's Mistaken Arms Sale to Saudi Arabia » [archive du ], Epoch Times,
  4. "Opposition parties condemn German defence plan with Saudi Arabia". The Local. 8 décembre 2016.
  5. http://www.rfi.fr/moyen-orient/20150327-yemen-escalade-verbale-entre-turquie-iran
  6. Le Figaro : Yémen : des rebelles chiites s'emparent du palais présidentiel
  7. « Gulf of Aden Security Review - February 4, 2016 » (consulté le 27 février 2016)
  8. a et b http://www.letemps.ch/Page/Uuid/925de60a-565f-11e5-8005-b2819b48d67e/Les_pays_du_Golfe_pr%C3%A9parent_lassaut_de_Sanaa
  9. The Telegraph : Al-Qaeda map: Isis, Boko Haram and other affiliates' strongholds across Africa and Asia
  10. « The Failure of Counterinsurgency: Why Hearts and Minds Are Seldom Won », sur Google Books (consulté le 12 février 2016)
  11. By Sami Aboudi, « In Yemen chaos, Islamic State grows to rival al Qaeda », sur Reuters (consulté le 12 février 2016)
  12. https://francais.rt.com/international/49141-yemen-trois-ans-guerre-trois-chiffres-cles
  13. https://www.lorientlejour.com/article/1041030/un-soldat-emirati-tue-au-yemen.html
  14. « Yémen: la coalition arabe met fin à son intervention », L'express.fr, 21 avril 2015
  15. « Au Yémen, le patrimoine culturel à l'épreuve de la guerre », sur www.telerama.fr (consulté le 16 février 2016)
  16. « L’Arabie saoudite change de stratégie au Yémen », LeMonde.fr, 22 avril 2015
  17. Laurent Lagneau, « Des chars Leclerc envoyés au Yémen? », sur OPEX 360 (consulté le 22 septembre 2015).
  18. Jean-Dominique Merchet, « 70 chars Leclerc émiratis engagés au Yémen », sur L'Opinion, (consulté le 22 septembre 2015).
  19. « En continu », sur TV5MONDE (consulté le 16 février 2016)
  20. « La guerre au sol se prépare au Yémen », sur Libération.fr (consulté le 16 février 2016)
  21. (en) « 800 soldat égyptien déployer aux Yémen »
  22. « Yémen: 23 rebelles et 5 civils tués dans un raid aérien de la coalition » (consulté le 28 septembre 2015)
  23. lefigaro.fr, « Au Yémen, 131 morts dans le bombardement d'une fête de mariage » (consulté le 1er octobre 2015)
  24. lefigaro.fr, « Yémen: les forces alliées reprennent Bab-el-Mandeb » (consulté le 1er octobre 2015)
  25. lefigaro.fr, « L'EI revendique un attentat suicide au Yémen » (consulté le 6 octobre 2015)
  26. lefigaro.fr, « Yémen: 7 morts dans un attentat suicide » (consulté le 7 octobre 2015)
  27. « Yémen: bombardement meurtrier d’un mariage », sur Le Figaro (consulté le 8 octobre 2015)
  28. « Yémen: 22 civils tués par des roquettes », sur Le Figaro (consulté le 21 octobre 2015)
  29. a et b « Un Mirage des Emirats s'écrase au Yémen », sur leparisien.fr (consulté le 14 mars 2016)
  30. « Yémen : dix enfants tués dans un raid de la coalition arabe sur une école », sur Europe 1 (consulté le 14 août 2016)
  31. (en) « Arab coalition says targets Houthi forces after ship attack », sur Reuters, (consulté le 2 octobre 2016).
  32. (en) « Sanaa funeral hall attack », sur http://www.acloserlookonsyria.shoutwiki.com/ (consulté le 11 octobre 2016).
  33. Carnage au Yémen: 140 morts dans des raids, Ryad nie toute implication, AFP, 9 octobre 2016.
  34. « Sept soldats saoudiens tués récemment à la frontière avec le Yémen », L'Orient-Le Jour,‎ (lire en ligne)
  35. « Yémen : 16 rebelles tués dans des frappes de la coalition », L'Orient-Le Jour,‎ (lire en ligne)
  36. « Yémen: 34 décès liés au choléra, 2.000 cas suspects en 11 jours, selon l'OMS », L'Orient-Le Jour,‎ (lire en ligne)
  37. « Le Yémen plonge dans le chaos, selon un responsable de l'ONU », L'Orient-Le Jour,‎ (lire en ligne)
  38. « Choléra au Yémen: 209 morts, plus de 17.000 cas suspects, selon l'Unicef », L'Orient-Le Jour,‎ (lire en ligne)
  39. « Plus de 300 000 personnes touchées par l’épidémie de choléra au Yémen », sur Le Monde,
  40. Nations Unies-DPI/NMD, « ONU Info - Yémen : l'ONU exhorte la coalition à mettre fin au blocus humanitaire », sur Centre d'actualités de l'ONU, (consulté le 8 novembre 2017)
  41. a et b 20 minutes, Guerre au Yémen: «L'Arabie saoudite profite du blanc-seing des Etats-Unis»
  42. Libération, Les organisations humanitaires interpellent Macron sur le sort du Yémen
  43. Human Rights Watch, Yémen : Les civils sous la menace du blocus imposé par la coalition
  44. france24, Blocus saoudien : le Yémen menacé d'une famine sans précédent
  45. [ http://www.lefigaro.fr/international/2017/11/09/01003-20171109ARTFIG00177-l-onu-reclame-a-l-arabie-saoudite-la-levee-du-blocus-au-yemen-menace-de-famine.php Le Figaro, L'ONU réclame à l'Arabie saoudite la levée du blocus au Yémen, menacé de famine]
  46. France 24, Blocus au Yémen : "Si rien n’est fait, il s’agira d’un crime de guerre"
  47. « Guerre au Yémen : le fiasco de l’intervention saoudienne », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  48. « La future guerre interminable », Le Canard Enchaîné,‎ , p. 3

Articles connexesModifier