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Pain Poilâne

Lionel Poilâne, né le dans le 14e arrondissement de Paris et mort le à Cancale, est un boulanger français de renommée internationale. Il ne doit pas être confondu avec son frère Max Poilâne, également boulanger[1].

Sommaire

BiographieModifier

Au début des années 1930, son père, Pierre-Léon Poilâne, tenait une boulangerie qu'il avait fondée au 8, rue du Cherche-Midi à Paris, où il vendait un pain jouissant d'une certaine renommée : la « miche Poilâne », boule de mie grise de 1,9 kg créée en 1932, à la suite de son apprentissage à la frontière italienne. Au sortir de la Première Guerre mondiale, la mie de pain blanche était préférée car considérée comme plus « propre ». Refusant de céder à la mode de l'époque, Pierre-Léon avait décidé de continuer à employer la méthode traditionnelle : utiliser de la farine issue de blé moulu par de la pierre et non par un cylindre, afin d'obtenir un pain au levain bien plus riche en nutriments, le germe de la céréale étant préservé[2].

Lionel est le dernier d'une fratrie de trois. Sa sœur aînée s'appelle Madeleine et son frère aîné Max.

Lionel et Max grandirent dans la boutique rue du Cherche-Midi, puis dans celle ouverte boulevard de Grenelle. Lionel rêvait d'être aviateur ; toutefois, quittant comme son frère très tôt les bancs de l'école, il mit sans attendre la main à la pâte — littéralement, puisqu'il entama son apprentissage à 14 ans. Les deux frères furent formés par leur père, qui les sensibilisa à ce qui, selon lui, constituait « le goût du vrai pain ». La boulangerie Poilâne connut ainsi un succès croissant, jusqu'à devenir un nom familier du Saint-Germain-des-Prés des années 1960.

Lionel s'efforça de développer la petite entreprise familiale. La notoriété croissante du pain Poilâne, en particulier dans le monde anglo-saxon[réf. nécessaire] et en Asie, lui permit de constituer un solide réseau de distribution et, dans les années 1980, de faire construire une manufacture à Bièvres, en région parisienne, puis de s'implanter à Londres. Aujourd'hui, la manufacture de Bièvres produit plusieurs tonnes de boules Poilâne par jour.

En 1993, il est fait chevalier de l'ordre national du Mérite[3].

Personnalité alors largement reconnue, Lionel Poilâne disparaît le dans un accident d'hélicoptère. Piégé par un dense brouillard au large de Cancale, en Bretagne, l'Agusta A. 109 qu'il pilotait s'abîme en mer, à quelques centaines de mètres de la propriété de Lionel, l'île des Rimains[4], emportant dans sa chute le boulanger et sa femme, Iréna dite « Ibu », sculpteur et créatrice en joaillerie. Pilote aguerri, Lionel était président du Groupement Français de l'Hélicoptère.

À la mort de ses parents, c'est la fille aînée des Poilâne, Apollonia, qui reprend la direction de l'entreprise, à l'âge de seulement 18 ans[5].

PublicationsModifier

Directeur
Collaboration
  • 1994 : Christine Helfrich et Dominique Rivière, La Maison du blé et du pain : Verdun-sur-le-Doubs, avec la collab. de Guillemette Morel-Journel, Écomusée de la Bresse bourguignonne, coll. « Guide découverte », Pierre-de-Bresse, 63 p.
Préfacier
  • 1981 : Antoine Parmentier, Le Parfait Boulanger ou Traité complet sur la fabrication et le commerce du pain, Jeanne Laffitte, Marseille, 639 p., reprod. en fac-similé de l'éd. de 1778, Imprimerie royale, Paris

PrixModifier

  • Prix Renaissance de l'économie 1994[6].

RéférencesModifier

  1. Max Poilâne possède également une boulangerie dans le 15e arrondissement de Paris et vend son pain sous la marque Max Poilâne. Les frères Poilâne ont été longuement en procès à propos de la marque Poilâne, déposée en 1978 par le seul Lionel. Le Point, n° 1762, 22 juin 2006, p. 73.
  2. « [Secrets de fabrication] La célèbre et rebondie miche Poilâne », sur usinenouvelle.com
  3. Décret du 24 juin 1993 portant promotion et nomination, JORF no 145 du 25 juin 1993, p. 8951–8977 (8969), NOR PREX9310043D, sur Légifrance.
  4. « Rapport – Accident survenu le 31 octobre 2002 au large de Cancale (35) à l’hélicoptère Agusta 109 immatriculé F-GTLP », Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile, (consulté le 27 février 2011) [PDF].
  5. Apollonia Poilâne né dans la farine
  6. « Prix Renaissance des arts », sur cerclerenaissance.info.

Liens externesModifier