La Souterraine (Creuse)

commune française du département de la Creuse

La Souterraine
La Souterraine (Creuse)
Porte Saint-Jean dans la vieille ville.
Blason de La Souterraine
Blason
La Souterraine (Creuse)
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Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Creuse
Arrondissement Guéret
Intercommunalité Communauté de communes du Pays Sostranien
(siège)
Maire
Mandat
Étienne Lejeune
2020-2026
Code postal 23300
Code commune 23176
Démographie
Gentilé Sostraniens, Sostraniennes
Population
municipale
5 207 hab. (2017 en diminution de 4,23 % par rapport à 2012)
Densité 140 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 14′ 15″ nord, 1° 29′ 10″ est
Altitude Min. 284 m
Max. 456 m
Superficie 37,07 km2
Élections
Départementales Canton de La Souterraine
(bureau centralisateur)
Législatives Deuxième circonscription
Localisation
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La Souterraine
Liens
Site web Site officiel

La Souterraine (La Sostrane en occitan marchois[1]) est une commune française située dans le département de la Creuse, en région Nouvelle-Aquitaine. Les habitants de La Souterraine sont appelés Sostraniens.

Bâtie à l'emplacement d'une villa gallo-romaine, La Souterraine a conservé plusieurs témoins de ses fortifications du Moyen Âge dont, près de l'église, la porte Saint-Jean appelée aussi porte de Breith ou porte Notre-Dame. Édifiée aux XIIIe et XVe siècles, elle est ornée de deux tourelles en encorbellement, de créneaux et de mâchicoulis.

La commune de La Souterraine est labellisée Village étape depuis 2000.

C'est la deuxième ville la plus peuplée du département derrière la préfecture Guéret.

GéographieModifier

LocalisationModifier

La commune est limitrophe du département de la Haute-Vienne.

Communes limitrophesModifier

Communes limitrophes de La Souterraine[2]
Vareilles Saint-Agnant-de-Versillat Noth
Arnac-la-Poste
(Haute-Vienne)
  Lizières
Saint-Maurice-la-Souterraine Fursac Saint-Priest-la-Feuille

GéologieModifier

La commune est classée en zone de sismicité 2, correspondant à une sismicité faible[3]

HydrographieModifier

Le territoire communal est arrosé par la Benaize et la Sédelle.

Sur le territoire de la commune se trouve aussi l'étang du Cheix.

Voies de communication et transportsModifier

ToponymieModifier

Le nom de la ville, tel qu’il apparaît la première fois en 1268 (Subterranea), se rapporte à la crypte ou église souterraine de grande taille de la ville[4].

Cette crypte est un lieu de culte primitif avec deux puits.

HistoireModifier

Des vestiges découverts en 2019 révèlent que l'occupation humaine du site remonte au IXe siècle de notre ère[5],[6].

Vers 1017, Géraud (francisé, selon les auteurs, en Gérald ou Gérard), comte de Crozant, vicomte de Bridiers, vassal du Duché d'Aquitaine, donne cette 'Villa Sosterranea à l'Abbaye Saint-Martial de Limoges. À la suite de cette donation, on entreprend dès 1019 la construction de l'église, qui, commencée en style roman, sera terminée en 1220 en style gothique.

Jusqu'au XVIe siècle, la ville s'entoure progressivement de fossés et remparts. Des portes de l'enceinte, deux sont conservées: la porte Saint-Jean et la Porte du Puycharraud.

Au cours du XVIe, La Souterraine passe sous la dépendance administrative de la généralité de Limoges.

De 1790 à 1795, elle est chef-lieu du district de la Souterraine.

Depuis le Moyen Âge, comme dans toutes les communes du département, beaucoup d'hommes partaient tous les ans dans les grandes villes sur les chantiers du bâtiment pour se faire embaucher comme maçon, charpentier, couvreur. C'est ainsi que les maçons de la Creuse devinrent bâtisseurs de cathédrale ; en 1624, ils construisirent la digue de La Rochelle, au XIXe siècle, ils participèrent à la construction du Paris du baron Haussmann. Initialement temporaire de mars à novembre, l'émigration devint définitive : ainsi la Creuse a perdu la moitié de sa population entre 1850 et 1950. On retrouve dans le livre de Martin Nadaud, Mémoires de Léonard, la description de cet exode qui marqua si fortement les modes de vie.

HéraldiqueModifier

Selon d'Hozier, la ville porte : D'azur, à trois faces d'or.

Politique et administrationModifier

La commune fait partie du département de la Creuse (23) et de la région Nouvelle-Aquitaine.

CirconscriptionModifier

Jusqu'en 2009, La Souterraine appartenait à la première circonscription de la Creuse, composée des cantons de : Bénévent-l'Abbaye, Bonnat, Bourganeuf, Dun-le-Palestel, Le Grand-Bourg, Guéret-Nord, Guéret-Sud-Est, Guéret-Sud-Ouest, Saint-Vaury, La Souterraine. Depuis l'ordonnance no 2009-935 du instaurant un nouveau découpage des circonscriptions législatives, La Souterraine appartient désormais à l'unique circonscription de la Creuse, regroupant tous les cantons du département.

Tendances politiques et résultatsModifier

Liste des mairesModifier

Maires de La Souterraine
Période Identité Étiquette Qualité
    Jean Gaillard   sieur des Bordes
    Louis Busson   sénéchal de La Souterraine
1711 1724 Jean-Baptiste Morel   écuyer, conseiller du Roi
1724   Pierre-Antoine Bonnet de Saint-Priest   sénéchal de la vicomté de Bridiers
1790 1793 Pleinchesne ( Roger Timothée Regnard de Pleinchesne)    homme de lettes, ancien capitaine d'infanterie et gouverneur des pages de la grande écurie du roi
1793   Léon Lavaud    
1794   Redaud    
1809 1815 Sylvain Charles Dufour   propriétaire, avocat au parlement,
lieutenant civil et criminel de La Souterraine
avant la révolution
    Jean-François Montaudon des Fougères   propriétaire, avocat au barreau de Limoges
1816   Adolphe Rebière de Savignac   propriétaire, adjoint au maire de La Souterraine
    Charles-Rémy Montaudon du Cros    
    Martial Chastenet    
    François Bouyer    
1853 1864 Jules Montaudon-Desfougères    
1864 1869 Louis Sallet    
1869 1875 Ernest Montaudon   notaire
1878 1902 Alfred Vernadeau Républicain notaire
1945 1947 Henri Pluyaud PCF électricien
conseiller général du canton de La Souterraine (1945-1970)
1947 1971 Émile Parrain Soc.ind médecin
1971 1977 Guy Picoty DVG chef d'entreprise
1977 1995 Fernand Villard app. PCF enseignant
1995 2008 Yves Furet[Note 1] PS proviseur - conseiller général
2008 2020 Jean-François Muguay PS retraité fonction publique
2020 En cours Étienne Lejeune[7] PS conseiller départemental
Les données manquantes sont à compléter.

Politique de développement durableModifier

La commune a engagé une politique de développement durable en lançant une démarche d'Agenda 21[8].

Politique environnementaleModifier

Dans son palmarès 2017, le conseil national de villes et villages fleuris de France a attribué trois fleurs à la commune au concours des villes et villages fleuris[9].

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[10]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[11].

En 2017, la commune comptait 5 207 habitants[Note 2], en diminution de 4,23 % par rapport à 2012 (Creuse : -2,37 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 9662 6652 6072 6982 9213 1483 0923 3853 680
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 9533 7544 0294 1314 3564 5624 9294 7734 586
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
4 6484 7054 3084 1294 2054 1064 4825 0745 090
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
4 7185 1045 3025 6905 4595 3205 3095 4965 295
2017 - - - - - - - -
5 207--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2006[13].)
Histogramme de l'évolution démographique

EnseignementModifier

  • École maternelle des Fossés des canards.
  • École maternelle Jules Ferry
  • École primaire Tristan L'Hermite
  • École primaire Jules Ferry
  • Cité scolaire Raymond Loewy La cité scolaire Raymond Loewy accueille les élèves à partir de la classe de 6e jusqu'au post-bac.
    Le lycée prépare aux sections littéraire, scientifique, économie/gestion et arts appliqués du baccalauréat.
    Trois classes de BTS en arts appliqués sont proposées : design d'espace (DE), design graphique (DG), design de produit (DP).
    Une classe de mise à niveau est également proposée.
    Une nouvelle formation a ouvert ses portes en 2012 : le DSAA (diplôme supérieur d'arts appliqués) créateur-concepteur, spécialité écoconception et design responsable. Cette formation de design global regroupe des étudiants des trois grands secteurs d'arts appliqués (espace, produit, graphisme). Les premiers diplômes seront décernés en 2014. Cette spécialité écoconception est unique en France.

ÉconomieModifier

En 1992, le fabricant de costumes De Fursac délocalise 342 emplois en Pologne[14].

L'une des principales industries de la ville est GM&S, sous-traitant de PSA, jusqu'à ce que, en , PSA organise la fermeture de la société comptant 277 salariés[15] (283 selon Lutte ouvrière[16]). Pour le député socialiste de la Creuse, Michel Vergnier, comme pour le maire de la commune Jean-François Muguet, il s'agit d'une catastrophe économique[14]. À partir de l'été 2017, il apparaît que les syndicats préfèrent l'obtention de primes de licenciement importantes au fait de conserver plus de cent emplois.[réf. nécessaire]

Magasins, restaurants[14].

Patrimoine et cultureModifier

Lieux et monumentsModifier

Patrimoine historiqueModifier

  • La collégiale romane, chef-d'œuvre de transition du roman vers le gothique. Restaurée par Abadie au XIXe siècle, elle conserve une crypte, construite par les moines de l'abbaye Saint-Martial de Limoges aux environs de 1020 pour servir de sépulture au fondateur Géraud de Crozant. L'édifice auquel le granit confère un aspect sévère fut bâti aux XIIe et XIIIe siècles. La façade, avec son portail polylobé en arc légèrement brisé que flanquent deux lanternons, témoigne d'une influence mozarabe qu'on peut attribuer aux pèlerins de St-Jacques-de-Compostelle, La Souterraine se trouvant sur l'une des principales routes de pèlerinage.
  • Le château de Bridiers (dont la tour est inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques). Ses douves sont remplies d'eau. Il date des XVIe, XVIIe, et XIXe siècles.
  • La porte Saint-Jean.
  • La porte du Puycharraud.
  • La lanterne des morts.
  • Le château Lezat, construit en 1901, est l’ancienne demeure de François Chénieux (1845-1910), médecin de grande renommée et chirurgien de talent dont la clinique existe toujours à Limoges. Il a été maire de Limoges.

Éléments remarquablesModifier

  • Le Cirque Valdi, la plus grande maquette de cirque animée du monde réalisée par Maurice Masvignier, est fermé depuis 2013.
  • Nuage rouge, œuvre monumentale d'art contemporain de Laurent Saksik, installée dans la cour de la maison des jeunes et de la culture.

AutresModifier

Personnalités liées à la communeModifier

 
Nadau de Marcel Rémy, dans Patoiseries de « La Soutrane » (1944), Société creusoise d'édition, Guéret.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

Notes-référencesModifier

  1. Décès en cours de mandat. Jean-François Muguay est élu par le conseil municipal pour lui succéder (pas d'élection partielle car la commune comporte plus de 1 500 habitants).
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

RéférencesModifier

  1. Jean-Pierre Baldit, « Quelle graphie utilisée pour le marchois ? », Patois et chansons de nos grands-pères marchois. Haute-Vienne, Creuse, Pays de Montluçon (dir. Jeanine Berducat, Christophe Matho, Guylaine Brun-Trigaud, Jean-Pierre Baldit, Gérard Guillaume), Paris, Éditions CPE,‎ , p. 84-87 (ISBN 9782845038271)
  2. Carte IGN sous Géoportail
  3. « Didacticiel de la règlementation parasismique > Département : 23 > Commune : LA SOUTERRAINE - Le Plan Séisme », sur www.planseisme.fr (consulté le 11 mars 2020)
  4. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France : étymologie de 35 000 noms de lieux, vol. 3 : Formations dialectales (suite) ; formations françaises, Genève, Librairie Droz, coll. « Publications romanes et françaises » (no 195), , 1852 p. (lire en ligne)., § 27484, p. 1520.
  5. Fin 2019 un chantier proche de la zone activités commerciales de La Prade à côté de la nationale 145 révèle des vestiges médiévaux très bien conservés. Des fouilles préventives sont réalisées pendant quatre mois, de mi-septembre 2019 à mi-janvier 2020 sur une superficie d'un hectare environ.
    Les archéologues exhument une lampe à huile quasiment entière, des pierres à aiguiser, des outils de métier à tisser, des céramiques de type jusque-là inconnus dans le Limousin et des silos à grain, presque intacts.
    Des entrées de souterrains, dont la fonction reste encore mystérieuse, ont également été découverts.
    Ces vestiges datent du 9e au 13e siècle.
    Le nombre et la taille de silos trouvés étant très important, laissent penser que le site abritait une population importante à l'activité agricole dense.
    Les fouilles terminées, les vestiges ont été recouverts.
    Cette découverte révèle une occupation humaine du site antérieur à la création de La Souterraine par les moines au 11e siècle.
  6. Voir sur francebleu.fr.
  7. Voir résultats sur lemonde.fr.
  8. FICHE| Agenda 21 de Territoires - La Souterraine, consultée le 26 octobre 2017.
  9. Site des villes et villages fleuris, consulté le 7 décembre 2017.
  10. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  11. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
  14. a b c et d « Sous-traitant automobile GM&S : 277 emplois menacés, une "catastrophe économique" », Franceinfo,‎ (lire en ligne, consulté le 26 avril 2017).
  15. « Le groupe Peugeot a-t-il programmé la disparition de GM&S Industry ? », France 3 Nouvelle-Aquitaine,‎ (lire en ligne, consulté le 26 avril 2017).
  16. « GM&S – La Souterraine : des travailleurs déterminés à se défendre », sur Lutte ouvrière : Le Journal (consulté le 26 avril 2017).
  17. Voir sur lasouterraine.fr.
  18. « 1862 », sur http://causa.sanctorum.free.fr (consulté le 11 décembre 2019)

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

BibliographieModifier

  • Maurice Favone, Histoire de la Marche., Dorbon aîné éditeur,
  • Dr Albert Guillon, Notre Sedelle : Monographie d'un ruisseau creusois et de sa vallée, Breith, Bridiers, la Souterraine, Saint-Germain-Beaupré, Crozant, Imprimerie Lecante,

Article connexeModifier

Liens externesModifier