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La junimea est un courant littéraire très influent en Roumanie à partir du XIXe siècle.

En 2012, Junimea est un éditeur roumain de premier plan, sinon l'éditeur littéraire le plus important de Roumanie.

Sommaire

HistoriqueModifier

La Société Junimea est une association fondée à Iași par Titu Maiorescu et des personnalités[1] comme Nicolae Culianu ayant des liens étroits avec la France. En 1885 elle s'établit à Bucarest. Plus qu'une société, ce fut plutôt une communauté.

À la fin de sa vie, Eugen Lovinescu se consacra à des études sur la société Junimea, dont l'anthologie qui lui est consacrée a été comparée à celle de Sainte-Beuve sur Port-Royal.

Étymologie du nomModifier

Le mot fait référence aux anciens juni (« jeunes ») qui, même mûrissants, même âgés, inspirent toujours un air de jeunesse. Le terme juni est archaïsant : de nos jours on dit tineri, et tineret pour la jeunesse.

Le butModifier

L'association souhaite donner une certaine base matérielle et systématique à la renaissance culturelle roumaine, améliorer la formation des nouvelles générations et développer des débats collectifs. Elle gagne de nouveaux membres par la formule française « rentre tout le monde, restent ceux qui peuvent ».

En 1872, se demandant si la Roumanie aura un avenir, Titu Maiorescu parle de Mihail Eminescu dans « La nouvelle direction de la poésie et prose roumaine » en citant ses quatre premières poésies et en le nommant « poète de toute la force du mot » qui a « l'amour et la compréhension pour l'art antique ».

La finModifier

Elle décline à partir de 1916, car plusieurs membres ont, pour des raisons philosophiques, soutenu les pouvoirs centraux et ont ainsi rompu avec les francophiles, perdant ainsi le soutien de l'opinion publique roumaine. Après la guerre, elle se dissout car certains anciens « junimistes » comme Alexandru C. Cuza (ro) (francophile ardent, mais inspiré par Charles Maurras et Arthur de Gobineau), A. D. Xenopol et Ioan Slavici deviennent xénophobes et versent même dans l'antisémitisme[2].

Notes et référencesModifier

  1. George Călinescu, Istoria literaturii române de la origini până în prezent, Bucarest, Minerva, 1982.
  2. En Roumanie, la xénophobie s'enracine dans les anciens statuts des Roumains qui, durant de longues périodes, ont été asservis par des monarchies, des aristocraties et des bourgeoisies qui leur étaient étrangères (hongroises, turques, autrichiennes, russes…). Quant aux deux principautés roumaines, elles devaient verser un tribut élevé aux Ottomans pour rester dans le Dar el Ahd (« maison du pacte », en arabe : دار العهد) c'est-à-dire pour sauvegarder leur autonomie interne, à quoi s'ajoutaient la dîme versée par les serfs transylvains orthodoxes aux églises catholiques hongroises, et les redevances énormes versées par les monastères moldaves et valaques à ceux du Mont Athos et au patriarche de Constantinople pour maintenir l'orthodoxie face à l'Empire ottoman. La monarchie étant élective en Moldavie et Valachie, le souverain (voïvode, hospodar ou domnitor selon les époques et les sources), élu par et parmi les boyards, puis agréé par les Ottomans, devait, pour être nommé, régner et se maintenir, acheter l'appui des partis de boyards et des puissances voisines, hongroise, habsbourgeoise, russe et surtout turque de sorte que, pour rembourser ses dettes, il devait affermer des offices moldaves et valaques à des financiers étrangers, allemands, arvanites, ashkenazes, levantins, phanariotes, romaniotes ou séfarades qui exploitaient durement les masses paysannes. Par conséquent, la majorité roumaine a longtemps été moins favorisée socialement, économiquement et culturellement que les minorités, liées aux classes dominantes des Principautés roumaines ou des Empires voisins et à leur essor économique ; la seule minorité encore moins favorisée que la majorité roumaine, était celle des Roms.
    Quant à l'antisémitisme, il s'enracine aussi dans l'ancien statut des principautés roumaines, le Dar el Ahd qui les définissait de jure comme États chrétiens tributaires de l’Empire ottoman, États dont seuls les orthodoxes locaux pouvaient être citoyens : les musulmans, avdétis, romaniotes et séfarades étaient sujets et protégés de l’Empire ottoman ; les catholiques, protestants et ashkénazes étaient sujets et protégés de l’empire des Habsbourg ou des États d’Europe centrale et occidentale dont ils étaient originaires. Certaines fonctions, droits et devoirs, comme servir l’État, accomplir le service militaire, acquérir des terres et ouvrir des entreprises, étaient réservées aux citoyens orthodoxes. Parmi les Juifs, les dreptari, pour la plupart Romaniotes et Sephardim (Ladinos de l'Empire ottoman) depuis longtemps intégrés à la société phanariote roumaine et peu nombreux (environ 12 000 personnes) sont devenus citoyens à l'indépendance du pays en 1878 et ont été exemptés des mesures discriminatoires durant la période 1938-44, alors que les Ashkénazes venus au XIXe siècle d'Allemagne, d'Autriche (Galicie) et de Russie, ou citoyens de ces empires avant leur rattachement à la Roumanie, et beaucoup plus nombreux (plus de 700 000 personnes), n'obtiendront l'égalité des droits qu'en 1919 suite aux pressions occidentales, et la perdront lors de la montée des extrémismes dans la période 1938-44 : voir Constantin C. Giurescu & Dinu C. Giurescu, Istoria Românilor Volume II (1352-1606), éd. Ştiinţifică şi Enciclopedică, Bucarest 1976 ; Gilles Veinstein et Mihnea Berindei, L'Empire ottoman et les pays roumains, EHESS, Paris, 1987, Jean Nouzille, La Moldavie, Histoire tragique d'une région européenne, Ed. Bieler, (ISBN 2-9520012-1-9) et Raul Hilberg, La Destruction des Juifs d'Europe, p. 1410-1411.

Voir aussiModifier